‹ Hourrah!: ou la révolution par les CosaquesChapitre 50 sur 56 · SECONDE PHASE DE LA GUERRE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SECONDE PHASE DE LA GUERRE GÉNÉRALE

Itinéraire des Busses jusqu'à Paris.

K Amusez votre tzar, enfants! Celui ' ffui tuera quelqu'un, je i*en récompenserai. Et celui qui sera tué f^ur le plaisir du tzar, Dieu lui-même l'en récompen^ sera. »

Lermoutoff.

CoDstfiqïtinople prise, F Angleterre et la Turquie hoc» de combat, le théâtre de la guerre sera transporté dans TEu- Tùpe centrale..

A Vouverture de la campagne de 4 85!5, la France enverra dçux armées. Tune en Suisse etJ^autre en Belgique, pour contrebalancer les mouvements des deux puissances du Nord. — Dans la Belgique et la Savoie , sur les rives (tu Rhin, des insurrections éclateront en fiaveur de la France, qui déploiera de nouveau son vieux drapeau libéral , criera victoire, chantaiit l'ancien empire et songeaqt à réinstaller des Bonaparte sur plusieurs trônes.

..... PuiS; les hostilités cessent pendant un temps et les choses restent dans cet état de désordre et de terreur. — Cependant la Bourgeoisie française se lasse des taxes que nécessite Fentretien des troupes sur pied de guerre ; les joampagnes sont désertes, les familles se refusent à fournir des soldats. — La confiance disparaît ; les capitaux sont enfouis dans les caves ou placés à Tétranger. — Une épouvantable famine désole la France et FOccident pendant rhiver de 4856; des révolutions éclatent dans TEst, dans le Midi , dans la Vendée ; le gouvernement central n'est plus possible. — Les Jacques et les Braconniers deviennent innombrables; on s'arme individuellement, on fait la guerre aux fonctionnaires ; les cadres administratifs sont

vides ; l'impôt n'est plus payé ; des provinces entières se détachent de Paris. -*^ Le pouviotr reste Isolé, dépfécié, sans ressources, aux abois; anarchistes et monarchistes TattaqueM ; il se maintient cependant , grâce à TindifiEérence générale.

Les partis sont déchaînés, intraitables, furieux. On voit, speetoele dérisoire! des nationalités, des gouvernements et dés oppositions se constituer et se disloquer le même . jour ; <^qae heure apporte et remporte ses grands hommes. — Les vols, banqueroutes» trahisons, révoltés et assassinaf^ së êùikMeûi sans intemiptioii. Toutes tes eupidités, toutes les peurs, toutes leâatnbHioùà, toutes led sdfs, toutes les bandes noires que les malheurs publics rendent féito^ses daqtlétit dés dents, lâaâdisàeiH^ ijâdrdent^ j^ènir et VeÉdenI* ^ Le tzar « l^tfôottp dV. El lé tÈlaiii dû Cirime i^apfiesahtit sur Bônapô^rte te Mépi^isé !..;..

Mcolas sait tottt cela. Loilgtemps il harcétera la France, longtemps il y suscitera dés émeutes et des crises éommetdates ; lotigtenips il poïissera eontr'elle les peuple^ eôvieux, l'éptîisatit en cÛtéM , évitant les batailles rangées, sdon la tactique dé sa race. Car Tempire iftisse est constitué pour la guerre, tous ses habitants sont des soldats, toutes ses ressources sont disponibles, il peut se baitt-e toujours ôans jattiflîs s'affaiblir. 11 a le temps de vaincre.

Enfin, cpïand te Ttèt verra sa domftiation afitei^mie dans rOrient, et la Fiancé dévorée par l*anarchie, il s'^aiiééra d'un l)énd à lô conquête de FOcddent. -^ Le bofi glaive feit tout le contraire de la mauvaise larigue : il Wsfhthe et necriépaîS!

— Fils de l^homme, pourquoi restisr muet? Est-ce la crainte, est-ce l^atnour de la patrie qui paralysent ta langue? Pourquoi donc hésiter à dire ce que tu vois?

«^ i'ai rejeté Umta crainte kmi de moi ; je ne suis troublé par aucune prévention nationale; depuis longtemps j'ai détaché mon àme des patries actuelles où Ton souffre la Servitude et Tlnjustice. Mais Favenir s'obscurcit; les événements s'y pressent en foule, et je ne puis y lire comme je le faisais t(mt^41kdiire.

— Prends (Sourage , fils de l'homme, et achève de dire ce que tu vois.

— ie Vois l'Allemagne et les Paysf-Bas en feu. Deux armées s*y rencontrent : celle des races franco-latines, commandées par la Prance^ et ceQe des races slaves, commandées par la ftussie. Dans la première, qui vient des pays du soleil, sont les Français, irréi^istibles au premier choc, les Belges patients, les beaux honmies d'Italie, les Suisses redoutables dans la mêlée, les détachements anglais restés au service de la France, de nombreux alliés de la rive gaudie du ïlhhï , les races allemandes de l'empire d'Autriche. Une confosioii extrême règne datïs ce camp : on y parle mille langues, on y déploie mille couleur^, on s'y partage des conquêtes qu^on ûe fera jamafe, on s'y dispute les commandements; personne ne se croit dans l'obligatidtj d'exécuter des ortfres. -^ Dans la seconde armée, cdle qui Vient du Word, je revois tous les peuples qui m^avaient apparu déjà sur les bords du golfe de Finlande. Ils se pré-* parent à l'invasion ; ils sont tremblants s!o\m feurs dbefs^ Ône main sanglante les conduit f

IVoiiTell^ jojpriiée de H^Merloo.

M O malheur! 6 fatal et malheureux jour, jour lamenCaUei le [rfus douIoui«iix que j'aie eiicor» vu! O jour exécrable! il n'eQ fut jamais de plus funeste ! Malheu- . . reux jour^ malheureux jour ! » Shakspearb.

Maintenant ce que je vois «st épouvantable; mcri-mêiiie; j'en suis effrayé. Dans la plaine de Waterlop les nations se sont rencontrées de nouveau. Quels souvenirs ces champs du meurtre éveillent pour chacune déciles! Que d'alliances brisées ! que d'amitiés et de haines effacées par le Temps ! Ceux qui étaient ennemis alors s'embrassent aujourd'hui. C'est la saison des semailles, et la terré fraîchement remuée laisse voir les pointes de vieux glaives et les gueulies rouillées des canons de 1 81 5 1

Combien ne salueront pas le jour de demain I 'Combien rentreront dans leurs foyers, couverts de blessures ! Que de femmes et d'enfants verseront des pleurs amers ! Pendant combien d'années les vieillards raconteront cela dans les veillées d'hiver!

Les sentinelles vigilantes annoncent le retour de la lumière. Le soleil se lève, bordé d'un cercle de sang; son regard cruel perce les nuages, il semble se réjouir de l'œuvre des discordes. On dirait, sur les champs et les forêts, un voile sanglant !

Toute la ligne des tentes s'émeut ; l'aigre clairon .sonne le boute-selle. Vaincre ou mourir ! crient les chefs aux soldats. — Que d'orgueil et de crainte dans ces deux mots! L'homme qui va se battre est sanguinaire comme une fauve et peureux comme un insecte.

Dans la plaine, l'armée barbare se forme en épaisses phalanges hérissées de fer et de bronze.

Brillants daas. )a mkiœdyré, les civHîsés attaquent ; ils tourbHloDneht sur les fhincs^desearrés Fusses et prussiens qui s'ouvrent de lemp&à autre^ vomissent la mort et se referment iausat^i Le» homme» du Midi sont rendus furi^os. ■

Ils se rassemblent dans ob «fibvt suprême; pleins de rage, ils se précipitent sur cette muraille vivante et la trouent. L^armée russe frissonne comme un tigre atteint d'une flèche. Me^ rendus de fat^ue, déjà les Civilisés ne ae baltœi-^QSr que par^désjBspoir. Les Russes n'ont pas jBneoriB pm Vi>fifen$ive. — * tturrah ! .

-rf FUs-.de Hhomnie, :qu6 voi»4u encore?

•-^ Le soleil attMDt le milieu, de sa course. La sueui^ ruisselle. Isiir Je. cou des cbevAUX. X.es canons des fiKsils éclatent aux ntoiins des fantassins. Les mèches des canons s'iiiument toutes seules. Les Civilisés se rassemblent autour de leurs drapeaux criblés ; ils ne peuvent j^us songer qu'à la retraite; L'Empire du monde est perdu pour euxl

■ï L'armée russe s'ébranle enfin : elle entoure de toutes parts l'héroïque phalange. Des hurrahs formidables remplissent les airs. Les poitrails des chevaux touchent aux tètes des hommes ; on s'égorge dans le sang. Ëfifroyable boucherie I Non, jamais, dq)uis que les hommes se battent, les champs du carnage ne crièrent ainsi vers les Cieux ! .

La nuit vimit! La mort court par les rangs!... Enfin les canons ne voient plus dans les ténèbres, et l'œfuvre de destruction a cessé. Un noyau d'hommes fuit le champ de bataille et se dirige vers Paris à marches forcées. C'est l'état^major de l'armée détruitç qui veut défendre encore

la oapiiale (te Panden moud». Les Cosaques salaenti Fstttre des mdts de leurs chants de (riomplie; ils aitoimeiit rhymne oaUoiial et rendent grâces à i'Eternel des armées pour le succès du jour. Les cavales b^oD^^it l'herbe de la plaine et galopent entre les cadavres. La luné est louge comme Pœil du tigre altéré de sang!

-* Fils de rhomme» que voi94a mtcore?

•^ Le lendemain, à l'aidNi, ramée du Nordseraiigs en colonnes d'invasion. Elle marche à PBst en cnaaA : l^Àxml Paris ! Elle dévaste sur son passage les plaines de Picardie et les bords plantureux de la Seine. Enfin elle arrive autour de Paris et couronne les hauteurs.

— - Fils de l'honnie, orie dmic: Malheur sur ce riche fojs ! IfallMnr sur la Rome moderne! Eàt ^éufoulera comme Gomorrhe^ ei Niaîvet ^^ Londres qui furent sa soGîuns aînées; ette mourra c<nnme le Mrâopole et la Débauche, son père et sa mère. -«-^ Rien a'eirt îm^ mortell

Malheur sur tt>i^ Paris, admirée pour ta grâce, méprisée pour ta vénalité comme toutes les courtisanes! Coufe des statues aux héros àm v^intre ée Déoraabre ! RcDTer» tes vieilles maison», peree de grandes rues plaquées de marbre et d'or; oouvre**toi (te draperies, éôar* lates, de robes de gaze et de parures de haL lUinnlne les froatoDS des palais, déploie sur Notre-Dame la bannière tricolore t Que Monse^neur SflxMir fasse desee&dre sur l'armée les bénédictions dû Très-Haut. Cours aux dtéàtres, auxrcvixûs ; va saduer grands d^gajiairea et généraux, et grands sabres et beaux penadies! Y% admirer les coursiers qin foutent les fiemrs, et les eaux de la Seioe qpii bàndisaeiit sons les gondoles de plaisir I 7ke te canon quand tes maîtres sorteqt, et puis quand ib rmitrent, et

puis encore qmod ils «e VM^r^^nl dans l^orgie; quand il» se reproduisent, quand ils violent des femmes, quand ils . peuplent d'enfants trouvés les fftubowgs et les boBpiees ! Danse, danse, prostituée 1 AUoos ! «kslMttqoets, des fêtes, de la joie, du fou rire, amu5e4oi pour tcm arg^oi I Tomrbillonne au son du luth dans le vin et dans le sang ! Dé^ pense gjalment les soirées qui te restent ; le compte de tes jours est faiti — MànèI Thécel, PHJOiÈsi I

Paris! le ciel deviendra ténébreux de la poussière de tes décombres ! La faulx du Nord passera sous tes fonde^ ments, et le nivetn sur tes dômesf La fomée de ton embrasement se répandra dans les mers profondes qui, pen-^ dant des années et des années, exhaleront une odeur de bîtctme I Et leurs falaises seront noircies, et les terres à la ronde sans vmxliirel £t levrs eaux deviendront tnorielles aux poissons et aux baleines! L'oiseau des ^ves n'y trempera jlm de longtemps 5a grande aflie; de longtemps aucune voile ne ae dt^oîera mt leur ^sein. Les fleuves bouillcmnaals remontenoni; ve^ leurs sources, <^trati»anfc arec eux rodiors ei torrents qui so réduirait en vapeufs et s'élôveront Ym les dieux obmircis.

VoUà ce que je vois aujourd'hail El Je dis ft o^ui qui se fait appeler l'Empereur des Fraoçais: Qm. a tué par r^>ée périra par Fépée l fe dis à la Frani)e qui se proclame la première des nations : Qui a foi^ des chaires pour k$ autres pei4>les «era traînée dans la oapttvité l Je dis à Paris, la grand'ville ; Qai a vu l'avant^garde des CSosaques, il y a un demirtf ède, verra sous peu de hmxps l^fonnense corps de bataiUe ! -^ Que ceux qui ont des orales écou*tent ipa Pnédietton 1!

Et ce n'est pas ^nsunsièpte, dans un demi-siècle, dans un tiers ou dan$ un quart ^ siècle que cette prophétie

s'accomplira. Cest avant Tc^^rsittôn^ea dit amiées qui. vont fi^écouler.

Ce qui est ^ortt» est écrit !

Il faut que la Révoluibion s'âocofaïqfiUfiBe 1

Les CoéaqttM ont soif de sëtog t

Sac de Parlft. •« Famine* — Fléaux, p- Anarcliie. ^ Cbaos social*

Je vois Tannée du Nord entrant à i^nsavèc tousses canons en avant, ^nsei^es dé|rioyéâa» lancée au poings innombral^, orgœiUeuse, encore tâchée de sang» Suf toute sa roii^ «tie n'a jpas éprouvé de réskstatice ; devant Aie les paysans ont fui oonme des troupeaux^ laisëaat leurs maisons ouvertes et leurs greâiors pteins.

Je vois, dans les quartiers opulents, les rues etioomferéeB de foule, les balcons couverts de spectateurs. Les grandes dames agitent des édiarpes brillantes ; elles envoient des baisers aux offlk>iers «nnemisv Les nlalrcfaaiids étalent aux devantures de leurs boutàqoes'tout «e qn^ils^ GtA de plds précieuXi H y a des l^ilQres aux portes et dep fleurs dans les cbeVeux. Les princes de la Bourse se félicitent du Vetour de la confiance; les acadéMiéiens et les poètep câè~ brent la gloire du Tzar ; toirtei^ les maisons sont tUuttû-* hées, tous les Ffançaès se précipitent dans les théâtres pour contempler l'auguste dominateur des peu{des. Va femme du monde, délicate et frêle, la femme de Paris, n'a plus de caprice quq pour le Cosaque du Don, à la peau suiflKe. — Tout s'achète, surtoiit les capHceS des femmes.

Nation curieuse, et bavarde, et lâche I ne dis point que cela ne sera pas, car déjà cela fut. Déjà les femmes de France se sont vendues aux OoSaques dans des temps

attiiàs cwroinpud quô leé ûôtreà ; déjà les dignitaire!^ de France ^ soiit ^lioUfllés deVahl eux, et il né s'est pas trouvé, dans toute Vét^due de cette France impériale, to seul village assez héroïque pour chaèsei* les alliés par le canon ou par Finceàdie: — Les boyards scmt riches, les généraux lem^ vendront la France ; les boyards sont lascifs, les maris leur vendront leurs femmes, et les pères leurs enfoirts. — Tout s'achète ; les hommes èoûtent moins cher quo les objetSi

Cependant la Famine sévit sur les pauvres de la capitale. Toutes les ressoiu'ces sont.épuisées ; pas un gouvernement natioi^l n'est possible ; celui de la conquête ne prend pas ;5oin des vaincus. Les Cosaques exercent d'effroyables vcQgeances sur les ouvriers qui ont tiéfendu Paris. Toutes les horreurs des sièges fameux, les meurtres, les viols, les agonies lugubres, les résistances inégales et les lâches représailles ne peuvent pas donner une idée des scènes de barbarie dont îa capitale est le théâtre.

Bans les quartiers populeux» hommes femmes, enfant^ sont étepdus sur les trottoirs, pèlo-méle, nqs, sans pain. Les plus fortunés s'enta^nt dans des caves humides où ils restent sans lumière. L'air n'y pénètre pas; }e sommeil en est éloigné par la faim. Misère épouvantable ] l'homme dispute à la vermine une paille pourrie dans laquelle il moc^i pour tromper les besoins de son estomac !

Je vois des squelettes vivants qui se tralnea^t le long des murailles^ se mesurent de leurs yeux éteints, arrachant l'herbe et les écorees d'drt>res, fouilkdat dans les tas d'or- (tare, se disputant de» chiens maires et des dievaux d'Ukraine^ réduits souvent à manger et à boire ce qui sort de leur ventre I

3é vois les hèiûtaux pleins de malades et manquant de

médecms* Dans chaque Ut U y a deux 9gfmimi^9 ell^a lits sont serrés les uns coptr^ ks aiitres* Jamais ces tfisl«s Yx^tes n'entendirent tant de ritles de mort; jaotals les eaux de la Seine, qui battent les pieir^» vertes de FjQdte)^ Dieu, ne charrièrent ptais de cadavres; jamais le dmpeau ^oir ne flotta plus l<H)gteinpf au ft4^Um du sosabre asile)

La Famine, la Peste et la Guerre ont été in voilées; elles sont venues et se sont acclimatées dans nos cainpa-^ gnes. Le Meurtre aux bras nerveux, la Mort économe de temps, les suivent, moissonnant des victime^. Les Maladies chroniques, les maigres Regrets, les Désespoirs éplorés glanent après eux dans le sein des familles. U semble que jamais le rire, la joie et les fêtes niaient existé dans ce pays. Jamais on ne connut anarchie, mortalité semblables ! Le rat ne veut plus de chair humainef!

Au coin de chaque rue, derrière chaque haie, le pauvre armé d'un coutelas attend au passage le riche, de cplelque nation qu'il soit. Chacun se fait justice selon ses intérêts. Le Patriotisme, la Religion, le Dévouement servent de prétextes aux plus audacieux brigandages. Barbares et Givâisés s'unii^ent en vue du pillage et partagent loyalement le butin. Des bandes de Jaeques parcourent les provinces; les arbres fléchissent sous le poids dès pendus!

Les hommes sont pris de folie. U parait des fanatiques qui se croient difspeMs h régénérer les natioi», et qu'on renferme dans dâs maisons de fous. Des amis tuent leurs amis, parce qoe toute affection est devenue sonpQcmneuse; des mères tneut leur^ enfants, pareé qu'elles ne peuvei^ plus les nourrir; des amants se dkpntent un dernier morceau de pain. U y a des suicides inouKs.

Toutes les relatioâs sooialei^ S(^t interrompues.. LUu-

téréi domine e^fmppe; il fak vivre les uns, il (ait moiurir les attiras. — La Vérité esi dans la Disette !

Les puits et les fontaines sont empoisonnés. Des villes pétttlent dapa les flammes oomme si leurs maisons étaient de cire. Les ouragans emportent dans leurs rabes de brouillards des poutres flamboyantes I L'bomme s'accoutume à respirer le soirfre!

Les déments conspirent aussi la ruine des sociétés. Les torrents et ks cascades comblent les vallées* Les séàb^ resseSt les ]^es ûonitiaMies* les tremUements de terre r^ pandent l'eflgroi. Les réeoltes manquent. Les éclipses de-vmmrat plus fréquentes; il semble que les astres ae cachent Tun derrière l'autre pour ne pas éclairer les désastres de la terré. Notre globe tressaille comme un faonune ivre et se fend ^ur plusieurs points de sa surfaceJ

Ma vwt qui oouvfe tout, s'écrie: Terre, rends tes morts t lier, vmà^ tes morts 1 Mondes 6Uurs ^ apj^ raisseï 1 1

Pfttriotl«me des Boiir|reoift«

O la plus orgoeilleitte des Babylones I VÂle «ans cou-^ isage et sans foi, déteods^toi doacl Le ten^ est venu de se ranger en hataîHe et de fi>rger des glaives. Le voilà renneni que vous desModieE; U est venu de loin jusque sous vos niuFs; U v<»s attend, dès le matin^ au rende»^ v»ussan|(bnt I N'^parjpnes pas les balles; faites appd au peuple des faubourgs, et réveillez les morts, les morts ftl*sillés en Juin 1

Malheur et pitié I Vous aves semé la tj^rannie, vous moissonnez l'esclavage ; vous avez fait mourir les braves, que les lÀches se lèvent donc! Et qu'ils vous fassent un

reôûpart de kurs corps, uù rempart vivàiïti un rebpart devant l'ennemi î Q\ie les femmes montrent le chemin aux hommes dont les bras sont paralysés !

Voyez ! ils se voilent la faee ; ils délibèreni pour ^savmr s'ils sont sérieusement attaqués ; ils prient <lans leurs églises, ils se oàehent derrière kiwrs comptoirs; ils s'^niv vrent; ils font six repas par jour; ils s^étalent sur des divans, dans dés lieui obscènes ^ avec des femmes nues ! Us fuient devant Fépée flamboyante; ils crient phi» fert que des rein^ qui avortent ! Ils voi^ port^ des con(Utions honteuses à un ennemi dans Tivresse du succès ; ils se couchent à plat ventre sur son passage ! Les âmes sont mortes. Personne ne vient au combat! — Que le âeigneUr, votre Dieu, vous sauve de FEpée I

Alarme! Alarme partout! Parisiens, badauds, bourgeois, trafiquants et fonctionnaires ! Où sont-ils les vaU-* lants et les forts t Où fuit votre empereur) votre em^ reur héroTkjue? QuHl vous déMvre! Où courent vos braves généraux, vos rédacteurs de proclamations ténifofes? Qu'ils vous défendent I Où^ sont cachés, vos législateurs, vos prédicateurs et vos docteurs renommés? Qu'ils vous rachètent ! . . : .

Envoyez des courriers à leur poursuite ; montez dans les forts détachés ;' appelez les Altesses, EmineiKes» Bxoellenoes. Sciences, Connaissances, Saiut i^pr^ne I A{qpdie2 les Shres , Majestés ^ Grandeurs ^ Seigneunes ! Ôiez^ leur que le sang coule ; qu'on tue les vierges, et les aières^ et leurs enfants! Ils tous répondront: Vous n'avez que du i&t à nous offi4r; et il nous feut de l'or, de i'or du Tzar!

Paris ne peut fuir sa destinée. ".

Roule, roule, Révolution!

' Les voici ï les voici! Ils se répandent sur la France, les Slaves aux rapides coursiers I Ils y mènent vie joyeuse ; leô meilleurs vins, les plus belles filles, lès palais et les châteaux sont pouf eux. Les Français sont courbés sous lé joug* ils ne sont plus maîtres dans leurs demeures; leurs femmes surtout ne leur appartiennent plus. — Réveille-toi donc, France batailleuse, patrie des beaux guerriers, fourmilière de soMats î Dontie tort à ceux qui annoncent ta mort, étoùflb t^ ennemis dans \in cerdè de feu î Une ûation vivace ne supporte ï)a$ deux invasions!

Beau ja toi, Norm résine àrd Landes, p vos atelic Marseille venues, e çaises, hu fleuves, ] Voici les i^tavcoi

Ils avaient entendu, ils avaient vu, ils çont venus ; ils ont vaincu les peuples d'Occident 1 à la pointe du sabre, ils ont partagé TÊurope de la Civilisation I

La Péninsule sera le théâtre de révolutions continuelles dans lesquelles s'engageront des partis soldés par les Russes. De cette guerre civile il résultera que le Nord de l'Espagne dominera le Midi, et que les deux couronnes de

la Pémnwria feront réimies sm* U tète d'un Bonrboo ou d'un Brs^gance légitime.

8eule, panni les nutions civilisées, TEspagne ne prendra point de part à la guerre européenne et ne sera point épuisée. V^&pagùi^ a une très-grande mission à remplir dans le monde : elle doit prendre en Europe rinitiative de la Révolution morale, et mettre la première en {H^tîi(|ue et les fêtes universelles, et la liberté dans les rapports d'amour. C'est sur les bçcds heureux du T^, k Lisbonne, que les nations r^nérées se réuniront dans un premier congrès ; elles y viendront de tous les points du monde, i^ur des navires joyeusement pavoises. La Péninsule recueillera , développera la tradition des races francolatines ; il importe pour cela (ju'elle ne soit pas engagée dans la guerre générale, i— - La Guerre est mortelle au Bonheur.

I Cette mission fortunée, il est &cile d^ s'en rendra / compte quBuad on connaît les mœurs des Esp^gnols , leur bravoure et leur énergie, leur esprit chevaleresque, leurs tendances au bonheur, leurs sympathies bruyantes, leur extrême facilité à contracter des relations superficielles, \ leur besoin d'expansion et de luxe, la grâce et la coquet- * terie de leurs femmes, l'activité frénétique, le sérieux J enthousiasme qu^apporte ce peuple dans les fêtes et les tjpMisirs, sa prodigue ostentation. On ne saurait douter de la nécessité d'une révolution morale en Espagne lorsqu'on a bien compris ce mélange de bienveillance universelle, d'orgueilleuse fierté, de point d'honneur dominant et de vanité na^ve^uo l'immortel Cariantes nous a déertt 4e sa main de maître. Le peuj^e espagnol est beaucoup plus jeune que ses voisins ; il n'^ pas eecore poussé la Civilisation h ces conséqu^[M)es extrêmes qui causent la mort; le méli^ge du sang maure et du sang visigoth a peuplé l'6q[>agne dci la plus beUe, de \a plus 9rdente race du

monde. — Je ne vois que TEspagné qui puîââe éé^ekfpper eu Europe la révolution soëialistfr^morale parallèlenient à la révolution socîaliste'indœtrielle que fera la Russie; je ne vois que Funité Ibérique capable de eontrd)aIancer Vunité Slave par le courant de ses idées et la direction de son génie.

Quand PËspagne aura fait sa révolution intérieure, elle pr«[idra un essor incroyablement rajnde par l'exécution de ses vmes ferrée» et de sei^ canaux ; par Faccroissement de son luxe et de ses pompes , la prospérité de son cornneree, la régénération de Bm arisi et 4e sa littératore* De todsr hÊs poima de* t'Bnrdpe deS' ingéoiews et ém nnisùs s'y réh^etotA pcmr éehapper à la guerre; de hMidiaspéieiâftteurs tôremnt parti dâi immenses resseorces de son territoire; les capiCMB, me iroavant plus de fdacement ^vaalag0uxaîtte«rs,ya£Ehieffontde(tOifte8parls^ Lesp^rts du Cantabre doublereni leur popuiàliM et tmdtipHerottt leiurs rapports avec l'étranger. La marine espagnol renaîtra de ses^xlébris. Cadix et Valence seront enr relatiens tionsfantea avee tout TOrwat, Cfènes, Naples, Marseâle, l^ÀfHque et les Etats-Unis. Madrid, ee cosur si puissamment eontraetîle, qui jusqu'ici retira le sang de ses provinces, le leur renverra quand les voies d'eau et de fer pénétreront jusqu''à lui. L'expérience de cette pro£q[>érîté croissante forcera le gouvernement à faire une large part aux francbises des eommunes, au bien-être des populations, à la liberté individuelle.

L'Eiq)agne retoannera b^tél aux pouvoirs du droit divin, parce que, nuls josqa'à ce jour, l'Âbsolutijune et le Catholicisme, le itey netto el le Pape ont compris les be^ soins de luxe et de bonheur qui sont au fond do caractère eq»gDol; — parce qa'& y ont satufsHt dans une copine mesure ; — parce que l'Espagnol fier» ne sachant encore comment i^i^dre scientifiqoeiBent le problème de Vé^

lité sociale, est uopatient (je ^'assurer, ai^ roeyen du dç^ potismç politique, un uivellenoent grossier ; -^ p^çce que les comiqimes réclament leurs fueros, et qije la L^tijn^t^ trwve son intérêt à les leur accprder; —.parc^ qu'enfin, de toutes le$ forma» d'autorité, celle qui fs^jt encore le moins souffrir le civilisé pauvre, c'est l'absolutisme.

Aux prénnerç joors du priatemp» 4.Sg5, le PiéotiQnt bek- Uqueux sera réveillé par le bruit des taoïbours de guerre. La maison dé Savoie fera valoir de neuves» «ses prét^tionç mr le duehéde Milan : un gr^oid nombre. d'Italiens seronjt ei^rainés, à servie la oause ^ son aoibition. -

Sur lesi dénies de L^mbardie flofti^o^a qUiçlque jotir le drapeau sarde aiMt tiiois couleurs; Cbarles^ÂlbËart, le riii 4iia^anime que tua le désespoir et qu'acbeva l'exil, se rouira sous les voûtes sil^deuses de Supergà I , Rien ne peut donner une idée de l^anarcbie qui agitera le reste de la Péntni^ule. Les partis les plus violents en viendront aux prises. Rpis et princes dépossédés se réfugieront dans les profondeurs des Alpes ,. des Apennins et des Abruzzes, et ceints d'écharpçs brillantes, appelleront sous leurs drapeaux des bandes de Suisses et de Lazzaroni, toujours en quête de maîtres opulents. — Le siège de Saint-Pierre sera renversé..

Les tribuns et agitateurs de la Démocratie se mangeront le foie, s'accusant, se proscrivant, s'emprisonnant , s'exécutant les uns les autres ; ik ne réussiront à établir ni Confédération, ni Centralisation^ ni Constituante, ni République, ni Dictature d'Italie ; ils soutiendront avec peine leurs pouvoirs naissants contre les familles royales. Les peuples se détacberont d'eux.

- Au •Q»iU6¥( d^ cet ioMBense» dés^i^dre» Yés rois du Nord revlendroïit) effrayés du débord^mëiit des iioteesiioU Vêliez; entre leurs mains le pays se remettra à merci et miséricorde. Alors de Tltalie seront faites deux parts : une viceroyinité de :■ fl&tsI^M^fOrtrjlorp apca &;^ $ié^ à Roise, la famille de Hapsbourg rentrera dans Milan. Les Papautés catholique et démocratique seront à tout jamais détruites ; Home déviendra la Métropole du culte grec dans l'Occident; toute distinction entre les pouvoirs spirituel et temporel aura disparu. — Pendant longues années, la maltiéûrénsè Italie réparera ses forces dans un léthargique isommeii que respectera le despotisme. . )

Enfin... ô jour trois fois béni par toute créature aimanter, par tous les artîètes et par tous les poètes ! dès profondeurs dé cet esclavage abhorré, l'Italie 6e relèvera forte, unie, Redoutable, plus décidée qu'elle ne le f\it jamais pour le dernier combat. Dans les mdûts escarpés -et les colHnes ombreuses, dans les carrefours sombres, sur les portes de chaque maison se lèveront des hommes forts qui n^obéiront à personne pour réclamer leurs droits. Alors disparaîtront à jamais de FAusonie sacrée les despotismes venus des régions des frimas. Alors , fleuves , Eridan , Tessin et Tibre, vous roulerez, glorieux, vos fraîches ondes, depuis le pied des monts glacés jusqu'aux baies amoureuses des belles mers du Midi î Et vous, pins des montagnes, vous secouerez sur les guerriers morts votre feuillage ami I Et vous, Etna, Vésuve, qui ikhk ra}^)orte» ^ains vos flétiimes lestransr porte delà terre émue, vos isalves formidables fêteront le jour splendide 4ul se lèvera »ir ritâlie délivrée! f

Alors les sœurs ardentes, l'Espa^ et FAusoniej entrelaceront les nattes de leurs chev^res poires él se Uendronl la maiht Et les pépies, voyant renaître les beaux-arts, les pompes et les fêtes magnifiques, les peuples élèveront vers le ciel les tronçons de leurs chaînes et témoigneront leur

joie d«fis des dbuûta d'aaiour l Loi^e rie, gleirs et pèospérilél eneiOQt-ite, à la GoirfédératîeQ da Midi!

Le sort des petits Etats est réservé à la Belgique et à la HoUaade. Elles souSriroat des querelles des grands ; eUcs ti^y prendront jamais part que contraintes et forcées, tan-r tât par Talliance du Nord et tantôt par celle du Midi ; maïs leurs plainei^ verdoyantes serviront de théâtre aux ba^ tailles des nations. — Les^ Flandres sont le tombeax^ d^ armées!

..... Dans la reconstitution de l'Europe par Tépée^ la Belgique et la HoUande seront diviséesr barbarement entre les drconscripUons allemande et française gouvernées par le ctei^tisme* Enfin » lorsque les peuf^ seront libres de se développa selon leurs tendsoaces et de vivre dans le groupe national qui leur sera sympathique, la partie française des Pays-Bas r^ialtra parmi les races franco-laUnes ; tes parties flamande et hollandaise, parmi les races allemandes.

Prédtcttoii tonekant 1» Suisse*

La Suisse allemsn^ éÉimn^r» les viUes c^ les grsmdes (MMSàBces qui l'entourent par s» rérâtanee ^oineuse. Les montagnards des Waldstâtten soutiendront rud^âoent le choc des années envahissaiiies. Us eomlbattnynt kâ Russes eomme il faut les eofld»ttre, avec des blocs de rocher,, par le fer et la flaHunOy l'empoisonnement et le massacre. Les hommes de Schwytz. sonneront comme autrefiois h trompe deSf idontagiiés et rassen^blaront an cœmr de la VieUle Co»fédératicm les derniers de S0s défenseurs !

Qmdali à kStqsseriobe ei Indusiiieuse de k Cçoiédération nouvelle, elle fera cause commune avec les puissances oeoidQntAka et s«ra militeàremèiil occupée par leurs armées. En ce temps de panique boui^eoise, M. Druey, le roi des Suisses, exercera sur ses concitoyens la dictature de la prudence et de rhumiliation.

Dans le rçmao^pABl sM^^ 4^ FË9iE;ûp«^ la Suisse subira le sort des puissances occidentales ; elle sera divisée. Les fwrties française, allemuide et îtaBemie seront «uMixées, cbaoune d'api^èe sa langue et ses mœurs, aux BOHveaux empires sertis de riavasioa. •»- Gar la Susse aetueUe n^est que la e&alition fbroéede people&et dUnté-^ réis ineonc^Miïdes. Et les puissance divisées périssent.

Seufev les pdits cMitonSQOiiterverontleuriDd^ndanee au prix d^une lutte nehxtjptée, longue, sanglante, {.es despotes envâfaissBurs se laœeront enfin 4^éptiiser leurs ar* mées contre ces hommes de £er qui n'ont pour tout bien que l'inexpognat^ reiçpart des hautes Alpes couronnées ' de glaciers. Le drsqf)eàu de la CSonfédératîoQ ^isse sera conservé dans la chapelle de GialliiUQie Tell à plssnacht, jusqu'à ce que le WaldsMJitten redevienne le centre d'une nouvelle alliance entre les ^abitanCa de foutes les vdUées des Alpes b^vétiipies.

... Moi, perdu, maudit dans cette société sans entrailles^ je te salue, Suasse , dans Tavienir 1 1

Alpes immenses, mères des fleuves, Qancées des tem^ pétes^ scmyerain^des aMoies, belles ruines aux diadèmes d' aident, p vpus salue I

Jejte salue, finlktli, mont sacré! WmMrieel^ licaa parn^ les mûrtels» je Jte salue ! Grandes ouvres d^ héros de Ja Liberté! ie vousactere!

Helvétie future! patrie des ténçiécair^s ^et des forts, dbs .robasi99Urs, des ai^iatos eit des guerriers! Tu seras protégée par 1^ morts que tu V'énéreras, et bénie par les

vivants qui aiment les Ames fières et les peujdes mdomptablesl

Suisse future! de toutes les larmes de mon cœur/ salut!!

PrMiettoii teiickant PAllemagrné*

L'alliance du gouvernement autrichiai avec les Impuissances occidentales répond à un Imt providentiel. Dans une guerre contre la Russie, Tempereur François-Josepb ne sera suivi que par ses huit millions de sujets allemands.. Les six millions de Hongrois et les cinq mi^»is dltaliais se révolteront ; la disette et la banqueroute allumeront la révolte par tout FEmpire. Les quinze millions de Slaves autrichiens rouleront, avec les flots de Tinvasion russe, sur le monde civilisé. — Hurrah !

L'Autriche n'a d'un empire que le nom, la caducité fardée, les oripeaux écarlates. C'est une vaniteuse débilité, un mythe «ifanté par l'imagination de la diplomatie, un assemblage impossible de peuples ^missants, un obstacle à toute solution générale par la guerre ou la révolution. A l'union des impuissances occidentales, l'Autriche n'apporte rien que sa propre impmssance, ses embarras financiers, ses complications révolutionnaires, ses peurs et ses trahisons. Cependant les bourgeois civilisés saluent de leurs cris de triomphe cette adhésion su^>ecte ; ils ne savent plus taire le total de plusieurs zéros ; ils ignorent qu'au premier souffle de la guerre l'empire d'Autridie sera détruit, parce qu'il a été élevé par l'oppression des peuples et les calculs d'une ambition monstrueusement perfide. — Sois bénie. Révolution !

Il fallait que l'empire d'Autriche s'engageât dans la guerre européenne à la suite de l'Occident : pour que

rOccident pût continaer la lutte ; — pour que la guerre devint générale ; — pour que les peuples divers sur lesquels pèse le gouvernement de Ytenne fussent libres enfin de reioumer à leurs alliances naturelles au milieu de la confusion des nations soulevées ; — pour que le travail de la nouvelle ethnographie d'Europe fût accompli par une race unie, forte et neuve en civilisation, comme est la* race Slave ', — ' pour que Je gouvernement de la conquête fût 4espptique et libre de ses actes autant qu'il est possible ; — pour que tout, ce qui est entaché de civilisation succombât av0c la Civilisation; r- pour que le Nord dé-^ bordât sur rOccidept sans mélange d'autres peuples. — y^utiri^he, c'ast la contre-Révolution.

Il est nécessaire que la; politique de FAllems^e soit incertaine; que son action soit lente, tiraillée, difficile; il iieiut qm la Prusse, rAutricbe et les traite-sept états souverains se paralysent les uns par les autres. Dans la future révolution européenne, TÂllemagne ne peut servir que de pivot entre les deux termes extrêmes du problème social, entre TOri^it slave et TOccident franco-latin, entre la Barbarie et la Civilisation, entre la Destruction et la Conservation de tout ce qui est.

Après la prise de Constantinople, tandis que l'armée du Nord s'avancera contre l'alliance occidentale jusqu'aux frontières des Pays-Bas, une partie de FAUemagne voudra mettre à profit l'absence des troupes pour se révolutionner. — Dans le pays de Bade, la Prusse Rhénane, la Hesse, le Holstein, le Wurtemberg, la Hongrie, la Pologne prussienne et autrichi^me, le parti démoci^tique se soulèvera derrière l'armée des rois. — Les étudiants de Vienne r€^veront les couleuR^ éclatantes de la légion académique; Berlin tremblera. Le Hanovre favorisera ce

mouvemeai insurrectionnel. — Bfab la Kussie esl tin vértlabte réservoir d'homnids ; une nouvelle armée rtuse eiiitrera dans rAUeoiag^e et eompràn^a ja Révolution républicaine, — La Démocratie, c'est la centre4iévo-' lution.

La France vainoue et partagée^ la Rtxsirîe is^empa-

rera de la Pologne, de la Prusse orientale ei septenlrioiiale, du Kecklembourg , du Hobtein, de TOldenbourg, du Hanovre, du Danenurrck, de la plus grande partie de b Hongrie et de la Gallioie. — L'Autriche se détacbera bientôt de Talliance dvilifiée vaincue; ^e redevienAra Slave, et, répétante, rentrera dans la Confédération du Nord. Le Tzar ne Vy recevra plus qu^avee d^ance et mépris. — An partage qui suivra la conquête, PAutrtdie se trouvera ou non dédomittagée par la Baviôre, le Wurtemberg et les nouveaux terF^K>ires qui lui seront aecordës en Suisse et en Italie. — La Prusse vatUante sera réoc^n^ pensée de sa fidélité par une partie de la Belgique, la Hollande, la Lorraine^ NeuchÂtel, Pribourg et la plupart des états d'Allemagne sur lesquds s'étend aujourd'hui sa protection. La Russie se réservera un poste d'observation sur les frontières de la Suisse, dans le Wurtemberg et le pays de Bade, La Russie s'appellera le Lion !

..... Mais ce violent partage ne durera pas plus que tous ceux tracés par la pmnte de l'épée, La Révolution conloQGbTa vainqueurs et vaincus; ette (ransfonBera l' Allemagne en une véritaUe Confédération d'états libres dans laqtiellB entreront les penses après s'être afiOratnehis dies tyrannies imposées pqr la conquête. -^ Cetle aourVetté

Confédération remplira dans Inhumanité une mission très^ importante ; elle répandra les nouvelies idées sur la Vie future, la Liberté individiieUe, le droit d'examen, la soli-^ darité des peuples. — L'Allemagne servira de lien entre les races franoo-latines et la race slave. Sa position géogra- }riiique, ses mœurs, ses tendances fédératives et généralisatrices , l'esprit cosmopolite de ses habitants , leur détachement de la terre natale, le contraste très-prononcé qui existe entre l'^iemagne du Nord, raj^rochée par son {[énie des peuidas rosses, ^ l'AUemag^ du Sud, plus sympathique à la France, fimt sufiisanunent pressentir cette mission.

l^réûletàon tovchant la Stiètf e et la Morwè^e*

Après la dostmcticm de la poissanoe britannique, beau-* coup d'Angiass CugBits aborderont en Scandinavie et s'y birotA place par les armes. ->-^ Puis, à la guerre soooédara rallianee, profitaUe aux deux pouj^eSi — La Russie trop vaste ne pourra plus se> défendre dans toutes ses posseGH sions ; la Suède lui reprendra la Laponie et la Finlande restées Scandinaves par le génie. — TJn gouvernement fédéral reliera les Iles Britanniques et la Presqu'île glacée. Londres et Stockholm deviendront les succursales de Constantinoj^e dans le Nord.

L'alliance des Anglo-Scandinaves, rendue très-puissante par rmdustrie, jettera des comptoirs dans toutes les Iles et sur toutes les cétes des mers. Ces étabiiss^nents serviront d'entrepôts de commerce pour tous les peuples. Leur fettction sociale d^XMûUée du caraetèiie d'accaparement qsi la rend ii]^uste et odieuse ac^ourd'hui, les Anglo-Scan^ dinaves deviendront le peuj^ cosmo|K>lite par excdlence^ l'inslrmnent le plus actif de la eircnblion gén^le et du

croûseineDi des races. Partout ils seront aocuâUîs avec empressement. On poussera des cris de joie d'aussi Iota qu'on apercevra leurs vaisseaux qui causent mainteni^t répouvante du monde.

— Par le haut sentiment qu'ils ont de leur valeur personnelle, par leur opiniâtreté à toute épreuve dans k but qu'ils se proposent, les Ànglo-Scandtnaves sont, de tous les peuples, les plus prq)res à cette fonction de commissionnaires universels. — Le travail d'échange est dans leur tradition. Les Danois, Normands, Saxons et Angles descendirent dès sommets j^cés des Dofrines, et par leurs belliqueuses dévastations, ajoutèrent longtemps à l'aïiarchie de l'Europe barbare. — Lorsque les nations continentales eurent fixé leurs frontières, les hommes du Nord s'établirent sur les points les {dus ridies du Vttoeal de l'Atlantique ; ils occupèrent la verte Ërin, l'Ecosse riche en forêts, la Normandie, les Bretagnes abondantes en pâturages et en moissons. Dans le commencement du IX*' siècle, nous les voyons arriver aux end»oudiuiias de tous les grands fleuves et stationner dans les baies les plus spacieuses des mers.

^.... Quoique fasse la Russie d^RÛs 484ô pour diviser les races Scandinaves, ^uoi qu'elle ait entrepris dans ce sens par le traité de Golmar et la Diète germanique, cpioi qu'elle ait tenté dans la questi<m de Holstein, elle a échoué, elle échouera toujours. Les jeunes générations Scandinaves tendeni à former une Confédération dont la Norw^ démocratique jettera les bases entre les royaumes de Waldemar-le- Victorieux et les lies viHsines.

Cette union se produira dans le mouvement gâoéral ées peuples, et l'on verra de nouveau les bateaux des hommes du Nord sur la Tamise, la Sdne, la Loire, le TanaSs et le Volga. Les Anglo-Scandinaves seront répandus parnn les

nalkHis comme agents de di^cuktion universelle. — Eux seuls passeront par la République pour arriver à la Liberté.

IPrMteilon touekani 1» Pologne*

« Moble SQBur, Vanorie 1 eUe Mt Biorte po«r nous,

» Morte, un fusil en nuûn, sans fléchir les genoux,

' i> Morte en nous maudissant k son heure dernière,

» MoHa en baignant de pltnrft l'aigto de sa bannière, M Sans «Toir #nl«idu patare cri de pitié 1 »

BAATBiuufT. — Némùii.

La Pologne ne renaîtra pas ; elle ne peut renaître maintenant. Me plaçant au point de vue social et universel , je soutiens €[ue Tannexion de la Polo^e à la Rusâe devait avoir lieu ; qu'elle a grandement contribué à révolution du progrès 'parmi les races slaves, et que les souverains qui; depuis Catherine-4a*6rande, scellèrent chaque jour davantage cette union sanglante, ont favorisé le mouvement de rapprochement des peuples*

'— Qu'était en effet la Pologne avant sa réunion à Tempire russe?

Qu'on en juge par ce passage de Jean-Jacques, Fécrivain qui traçait si largement les caractères des hommes et des peuples :

<( La Pologne est un grand Etat environné d'Etats en- 1» core plus considérables qui, par leur despotisme et par » leur discipline militaire, ont une grande force offensive. » Faible au contraire par son anarchie, elle est, malgré la 9 valeiHr polonaise, en butte à tous leurs outrages. Elle n'a » pdnt de places fortes pour arrêter leurs incursions ; sa » dépopulation la met presque hors d^état de défense. Aui> cun ordre économique, peu ou point de troupes , nulle » discipline militanre, nul ordre, nulle £^bordination ; tou-

» jcpurs (Uviflée aurKleddnâ» l^uj^rs mcnaoée «i-dehdrs, » elle n'a par ette^néoie auoiuie coiisistanci^ei dépend éa » caprice de ses voisins, d

Et socialement, la Pologne, comme les autres nations slaves, n'était rien qu'une république unitaire, divisée en une aristocratie nunérîqueiDeat tnte^biWeet une popu* lation de serfis innombrables. Le gouvern^nent monarchique éloctif, qui représentait cet ordre de choses, était dur aux ^Uvres, despotique, ennemi des réformes et du bienêtre général autant que puisse Fétre l'absolutisme le plus cruel. Dans lèi guerres d'iiàdépendanoe que soutinrent contre la Russie les nobles de Pologne, jamais il ne fut question d'améliorer le sort du peu]^ mw scmlém^nt^de conserver à l'aristocratie tous k^ privilèges nationaiox* £o Pologpe, la masse déshéritée i&'a rien perdu» jem'âsflire^ à rœavre d'iniquité de Catherioe-Ja-Gratide» de Frédéric et de Kaanite^ Sa nati<«0lité hii fttMlle oonservée, lé peuple pokmais n'en serait pas moins i)o«rbé oomste devant sQus la tyrannie fé^dalo de ses hauto^barons^. Et d'autre part , que fus^^t devenOs las Slaves russes isolés des peuples de leur race? Gomioatnt l0Ofs idées se s«|raient« elles modifiées? Qui eût déposé dans leurs cœurs œ levaiq -de liberté qui doit y fermeater bîealét?

la coi^uéte russe fut un éwéAefmmi prcrvideiitîd peur les Slaves ; ils seront bien plus forts, réunis, qu'ils ne po^ vaient l'être sous des de^[>6ftii3mes d^r^it«* Lés esclaves ont toujours à ^gner aux ciroonsteinceB violentes qui les placent sous un Joug unique ; ils peuvent tineux se cob^ certer pour se venger. Plus la tyrannie est pesante v {AUs elle est absolue , phis aussi elle sarexcite ks haîneë des peuples» plus elle les pousse èi des efiforts surhUmstirs pour conquérir leur délivrance.

lo^uissant est l'absolutisme ii nnoopre les iieni naUureb qui unissent les ti^mmes* S'il parvient aduvept à armer les

nations \^ uûes contre les ftutred et à les assoctei* dansiès malédictions qui «'élèvtot eonlre hii , ces ceforres de violence <ie dorent pas. Les peuples se pardonneront de grand cœor les Mmès que l^amour-^repre national leur a ftfit eonimettre, le jour où^ Hï feisatoi la somme, ils se trouve^ ront aussi coiipaiEileB et at^ innocents les Vfùs que les autres el se retourneront eoûire ceux qui les ont diTisés.

Cette tendance se manifeste visiblement dans toute WËû-^ rope; elle est appréciable là même où Ton désespérait de la rencontrer jamais. « Dans les déserts de la Sibérie, dit » M. Mlckîewickz, Russes et Polonais se pardonnent : vic- » times du même despotisme , ils ne forment plus qu*une » seule nation qui s*appelle la nation malheureuse; ils » s'assistent et se consolent. Russes et Polonais, de retour, » savent qu^ib ne sont paâ nécessairement ennemis, et que )) le pouvoir qui tes frappe tous les deux est aussi celui i> qui les a feit sfe hatr. »

Lorsqu'on suit le mouvement des races humaines, certes le cœur s'afiQige à voir les nations parvenu^ au plus haut degré de splendeur livrées en proie à des hordes barbares et féroces. On se demande avec efifroi si c'est la loi, la loi fatale, la loi du tigre. Et puis Von se convainc de plus en plus que la Mort suit son horrible route sans dévier jamais; qu'elle frappe tout ce qui penche, le vieux tronc aux fruits succulents et le vieillard aux conseils expérimentés ; Rome hier, aujourd'hui Varsovie , Paris demain. — Ce qui brille sur terre attire son regard sombre ; sa dent meurtrière veut du sang !

Une {dtrase pleine de scandale et de rés%nalion tombe de ma plume. U fallait que la Pologne suUt six partages, il fallait qu'elle fiit écartelée, crucifiée, p^irce que Son éUwle rei^teiMiissait trop. U fallait que ses tronçons fùss^it (Ksperses parmi tes Slaves, afin d'exoiter leurs vengeances.

afin de resserrer encore le faisceau de leurs haines, afin d'ouvrir leurs yeux aux lumières de Taveiiir.

Pologne I nation martyre 1 tu brillais trop sous le crépuscule du Nord ! L'ai^^ de Russie s'est abattu sur toi ; de ses serres d'acier , il t'a clouée sur cette crcâx vers laquelle sont montées les prières du monde 1

Mais rien ne se perd. Dsms le sein de la Mort tout palpite et s'anime. Il y a plus d& chaleur dans les glaces de la Sibérie que dans les boudoirs et les clubs bavards des capitales !

Pologne I nation brave entre toutes ! tu ressusciteras, tu reparaîtras sur les bords de la libre Yistule, entraînant les Slaves à la conquête de l'Europe occidentale ! Et ta postérité sera nombreuse comme celle des enfants d'Israël!

Les nations civilisées sont tombées à genoux quand , de la pointe de son glaive, le bourreau traça trois lignes sur ton corps nu et les parcourut ensuite avec le tranchant. Elles ont tourné vers toi leurs regards et leurs voix pleureuses, et dans leur lâche oi^ueil, elles t'ont nommée leur sœur !

Elles n'étaient pas tes sœurs ! Si elles eussent été fières comme toi, elles ne fussent pas demeurées entre leurs frontières, gémissant comme des femmes prostituées, alors que tu succombais comme une vierge de Saragosse I

Elles n'étaient pas tes sœurs! elles n'avaient pas ta force et ton cœur belliqueux, elles qui pensaient que, mus par un sentiment de justice, tes envahisseurs t'épargneraient ; elles qui croyaient arrêter le glaive de la tyrannie par leurs réclamations procédurières !

Elles n'étaient pas tes sœurs ! elles qui pleuraient et te jetaient un linceul , alors que tu t^épuisais par tes propres victoires!

Eltes n'étaient pas tes sœuns ! Tes sœurs sont au Nord. Et tu leur pardonneras un jour le suf^lice qu'dles t'ont

fait subir. Car c'est par elles que tu fus arrachée à la cor-^ n^>Uon qui t'envahissait ; c^t avec elles que tu revien-' dras, plane de gloire, sur les champs de bataille de l'Europe l

E^les n'étaient pas tes sœurs ! Quand Nicolas de Russie répétait dans sa brutalité sauvage : Je 9ms roi de Pologne, je la roulerm. £t quand il te roulait dans ton sang, elles répondaiait par une strophe dé la Marseillaiie ou de la Némésis, elles fermaient leurs boutiques en signe de oop^ misération ; elles s'écriaient par la bouche d'un ministre boui^eois : le sang de ses enfants n'appartient qu'à la France!

J'ose le répéter : la Pologne ne renaîtra pas maintenant ; elle ne renalti^ pas seule ; elle refleurira dans la couronne du monde slave !

IPrMtetioii tovcliAiit 1» France*

La France aivahie ne reviendra plus à ses princes légitimes; on redoutera tellement son influence révolution* naire, qu'on ne lui laissera plus d'exûtence propre. Elle sera donnée à un archiduc d^ Russie avec la R^gicpie, la Suisse française et l'ancienne Confédération du Rhin.

Ainsi la Révolution sera rendue parmi les peuples. — Car les races slaves descendront par grandes masses sur le Midi ; elles se creuseront avec les races franques, parleront leur langue, la modifienmt et la rendront universelle. —

Mais plus tard l'excès de populaticm et l'augmentation des besoins forcenmt les hommes à adopter un nouveau mode de répartition des richesses*

Dans ce temps-là domineront les idées de la minorité socialiste Irançaisie ; elles seront recueillies avec ardeur par les serfs de Russie, qui les feront triompher dans des révo-

liUion» profondes. L*oi^nisiiie da Fhmnanité sera eonn plètemenl cbaDgé, et la phase sociale du lfoti<q»p1e<MiCîè^ rement parcourue* la propriélé sera clépoiattée de moêè caractère aubanial ; le signe d'échange ne rapportera ptes d'mlérèt uauraire. La Morale «naistera (kns le dévcîoppendent. ioiégral des facultés hamakues, dans la garantie de la liberté pour Tindivida, «bis la «atisfaetiondes besofas et des tendflÂoes des aocMés. -^ La dernière faeore des aiiitorités despotiques et des religions divines aura sonné par toute rEorope !

L'Europe XnDsiatmée présentera t^ unités n^

tionales :

Au Nord , Tunité Scandinave , comprenant les races anglo-saxonne, danoise, finlandaise et laponne. Cette famille de peuples étendra sur tou§ les «oi^timnts le riche réseau de Puniverselle Circulation.

Au Midi, TiinHé Lotine, eoaaprenant le midi de la France aotueUe, TltaUe, la P^kisiile Ibédque. Sous rinfli:Mfiœ initiatrice de i'Espagne, cette âonille de peuples accooi^ flÀrjà la révolution morale et aitistîqae sur le ecntinae^ européen.

Au Centre, rtudté Sto^, dominant le mélange des races franques , ^ermaniqifês et slares produit par le déplaoément ethnographique. Cette famille de peup^sdéveloppem la Rétolietion organique, industrielle et littéraire de VExh* rq>e; elle devi^ddra le centre de la^yiksâ^on socialiste et produiita Taccord entre Tutiité scandÎBai^ et l'unité la^ tine. Ces trois unités engrèneront au moyen de peuples à earaetères ambigus :

L'unité Skiye et TiHiké Latine par les Prov^ençaux et Romans^;

L'ionté Sl«ve «t Fimilé Seandioave par les Danois et Allemands du Nord. .

Les trois {«rtiés dô rAnden Monde seront aussi r^îées par des raeeiâ mobctes :

UB^pg^e twppnehBva l'Enrope de T Afrique ;

La AuBsie orientale, établie à Constantmq^e, rappro^ ^»ra VËurope cle PAsie. •

Les Tord rapprocheront FAsie de FÀfrique.

Bôle dc# Ktuts-UiiU d'Amérique*

n y a parmi les hommes, comme parmi les plantes, des espèces que j^appellerai traçantes^ parce qu'elles se développent rapidement et $e projettent au loin sans jamais arriver à une grande plasticité d'organisation. La race des Saxons ^st de ce nombre. A peine descendue des Alpes glacées de la Scandinavie, elle peuple de ses rejets plantureux les lies de la Grande-Bretagne. — A peine organisée provisoirement par Vfteptarchie saxonne , elle débarque sur tous les rivages de TEurope ses grands pirates blonds qui descendent, le long des fleuves, au cœur des empires du moyen-àge, les rançonnent, les remplissent de terreur et fondent, au milieu d'eux, en France, en Russie, en Italie, partout, des dominations temporaires. — A peine enfin redoutables à l'Europe^ les fils des Bohémond, des Robert-Guiscard, des Tancrède, des Rurich, abordent sur les plages de TAmérique encore vierge et jettent les fondements de TUnion, cette puissance géante, aujourd'hui majeure et prête à prendre son essor au milieu de Pflumanité.

Les «araot^es i^jqfiqued et moraux das Saxbos indin quent^ofiisamment leur mission cdpnisatiice. Ces bompnes

âont d'un corps frèle^ d'une* poitrine étnyke, d'un sang peu plastique, rosés de chairs, graisseux de musdes; ils croissent en longueur, ils sont tout exlr^nkés; on voit qu'ils ne peuvent prendre racine nulle part. — Morade-» ment aussi, ib se d^eloppent principa^âieiit au dehors; ils évitent de s'immobiliser dwas leurs rëlatîoska eA leurs affections présentes ; ils passent au mitiea dcfs peuples les plus divers, aj^renant leurs lances, se pliant momentanément à leurs coutumes, mais ne perdent jamais le type de leur race ; ils ont la remarquable faculté de se concentrer en eux-mêmes dans quelque milieu qu'ils se trouvent, à quelque distance qu'ils soient de leur métropole. Le sentiment national semble pour eux un symbole, un mot de ralliement, un moyen, plutôt qu^un amour et un but. Dans sa religion, l'Anglais supplée à la passion par la rigidité, à la foi par le raisonnement, à la pompe du culte par la régularité des exercices. Ne pouvant éprouver d'émotions violentes et rapides, il lui en faut de douces et de continues. Dans ses amours même, il est plus sensation que sentiment, plus devoir que désir, plus fonction que caprice; il est presque toujours fécond, presque jamais artiste. L'Anglais a beaucoup de graisse partout ; cela rend ses formes régulières et son humeur égale.

Le Saxon possède une persistance de caractère assez grande pour remplir sa mission tout seul, où que ce soit. De là sa hardiesse loin de chez lui, sur les mers lointaines, dans les forêtà vierges ; de là ses mœurs, sa religion, sa langue marquées au plus haut degré d'un cachet transitoire et individuel. De là sa prodigieuse aptitude à fonder en courant ; de là cette tendance incessamment progressive qui le pousse vers son but à travers tous les dangers, par tous les moyens; de là cette impassilûlité de caractère qui lui permet de s'immobiliser au milieu du mouvement.

5dO

Au point de rue de Finduslrie, duFanI toute la phase de civilîsatiou monopolisée que Thumanité vient de parcourir, les Saxims sont bien certainement les peuples qui ont le mieux su comprendre, braver et exploiter le mouvement social. AusiH ce inonde britantticpie, dont toute la pmssance repose tiur tme fiction^ remplit-il l'Univers d'étonnemeot et d'épouvante.

Mais par cela même que le caractère dooânantde ces races est de s'étendre beaucoup, il en résulte qu'elles durent peu sous la même foro^, qu'elles ébauchent toujours et n'achèvent jamais, qu'elles s'émisent rapidem^it en procréant diaque jour. Elles sont essenti^ement propres à jeter partout le specmen de leur civilisation; à fcmder des empires lomtams, aux bras gigantesques, au cœur débile; des empires qui viennent et s'en vont en eau.

To be ornot to be. — Etre ou n'être pas. — Or, être, pour l'Anglais, c'est se mouvoir *, c'est se frayer un passage, avec la hache, à travers la forêt vierge ; c'est diriger vers des plages inconnues la poupe de ses vaisseaux. Ne pas être, ce serait s'étendre, comme les peuples du Midi, aux mélodieux accords des lyres, sous des cieux inondés de lumière.

La race saxonne a peuplé comme les plantes traçantes ; des émigrations nombreuses sont parties de ses métropoles, comme des rameaux diffus partent de la tige des fraisiers. Ces émigrations n'ont jeté tout d'abord dans le sol nouveau qiie des racines peu profondes. Puis, devenues plus stables et plus puissantes, ralliées à de nouveaux centres pour les besoins de défense et de vie communes, elles se sont séparées de la nation-mère, et les liens qui les y rattachaient se sont desséchés; elles ont suppléé à leur peu de durée par leur extrême multiplication.

Les E:cat$4Jni94'AmérkiwTeiQpUroaW dam FkQœajAté, te r^ qu'a remfii TAD^terre reprenaot elleHQaème la ttcbe da Cartbage, de Veiûs» , de k ligne Aaaéaiicpie, de la Hollande, etCM eie. Vais à motsare que la race hu^

que la Graoda-Brelagake a fondé im empira flm vairta ifM les puissances maritimes qui la préeédèreot^ de même lei Etats-Unis embrasseront dans le monde des possessions iofinneiift plus étendnes q«e ofUe» de FAn^eCj^re ac- ^«0Ue. Et oomme THuiiMtBité gagne à mesure qo'eHe ayanoe en âge, la CiviUsatmi amérieaiBe parcourra beau- (mifi pbia rapideodfBt et jAm libraiieot soaévolatkm que la GivaisaÉiim an^ise, qui reposait ecpendani sof ks mètoes princtpes de oaoBopde iaduatûçl et d^aimepoii patitique. — Car aucune pbasa seeial^ n'est défiBÔtivemeat inutilisée dans le mouvement hun^anitaire; sMlement toutes se modifient diaprés les temps et les ni^ux dans lesquels elles se dévdoppent à nouveaïi. Le Patriarohat et la Civilisation, mortels aujourd-hui au^ peuples d'Ëun^, s'ont pas îaât. encore leur oouvre partout, et le Gontinent américain doit prospérer longtemps encore par le Mouopole.

Depuis FHeptarchie saxonne jusqu'aux CionstitutidiMGialismes actuels de \à Qraode^Sretagne et des Etats-I^is, les Anglo^xons m% adopté partout le systèM^e fioliJÂ^e de la€o&f^ération> qm laisse Tiodi^vida maître de jses ^koits e( assur0 à ta société la jowbsaoce des resseiarces d'uiUlité générale. Le système lédérattf est éminemment pnopre à l'annexion constante de noirveaux 'états. Car ks p^i^ies, de même que les individus, prêtèrent te Pndétanart à rEsdava^; il leur répugne de se remettre sans coaditkfm aux mains de plus forts qu'eux, et tocgours; ils se joindront plus volontiers à <ies états unis qu'à des états do-

m»^rh Vhn§eXene<fi'ii lll&^Qga^ à rAniéri<|iie qu'à ia

Il est des p9i^e3 assuiîés coatre la aervitiide p^r leur positicm même. Ce so^ ceux qu0 TIiiiv^fflâQ ne peut atteindre qu'à de jgcandes disla^pMoae, ^t (^'\is liabilent des continents nouveaux, soit que Fimmensité des mers protège leur iqdépe^dai^ce. Destinais l» ip(vé]kx>polisatioo devient impossible da^fi^ la^ mondes vierges et les lies dont les habitants ,so^t in$truiis<le leurs droits. La souffrance des oolonies sw lesquelles s'exerce eqci^ce Fautorité des glandes pi|issances œariUmes nous apprend assez que le Patriarchat doit ceisser jp&mi les peuples coHune parmi les bfiyounes. M se peut que la Golpnisatioi^ ait été un mal nécessaire alors que les nations étaient trop jeunes et trop ignorantes pour conquérir leur liberté et assurer leur bien-être ; mais, aujourd'hui, la Coionisatioo est un nonsens aussi énorme gue le F$mUiçme et le Tzari^e.

..... Les Etats de l'Amérique du Nord déposséderont l'Europe des lies qpii se trouvent à portée de leur action civilisatrice et les réuniront toutes sous le drapeau de l'Union, aux étoiles brillanteis , qui porte la devise : De phiribus wiwn. Ainsi finira, parmi les peuples, la plus odieuse, la {^ brutale des exj^itations, celle de la tutelle, de l'interdit, de la fourrière, de la servitude à distance, de ia M£TROPOL£SATior( enfin.

L'action de la République américaine, dans le prodiain nKHivement ethnographique, sera toute de contiguïté. Les Etats-Unis ne sont pas encore assez peujdés, assez à l'étroit chez eux pour être contraints aux conquêtes lointaines. Ce n'est que lorsqu'ils étouffent entre leurs frontières et qu'ils regorgent de richesses que les peuples émigrent vers de nouveaux mondes. Avant de s'immiscer

Di^itized byCjOOÇlC

activem^t dans les aiiaâres de TEurope, les Américains ont à conquérir à Findustrie plus de la moitié de leur territoire, cette immense étendue de terrains vagues qui les séparent du Canada ; il leur reste encore à délivrer les lies voisines, à s'assurer une influence dominante dans toute TAsie occidentale, à prendre en Océanie d'importantes positions.

Dans ses ^itreprises, Tfaumanité procède toujours du

' simple au composé, de proche en proche, de prochainement en prochainement; les notions de provisoire et de définitif, de voiân et d'éloigné se correspondent ; la même mesure comparative est applicable au temps et à l'espace. Il sera donc plus facile à rAmérique de prendre tout d'abord possession de pays encore inoccupés et inexploités, que d'agir à grandes distances, sur le continent européen regorgeant d'hommes et de misère. En ethnographie, comme en physique, le vide attire, le trop plein repousse ; les hommes ont horreur des foules humaines.

Je sais que, porté par la vapeur bruyante, le génie de la Civilisation marche plus rapidement qu'autrefois ; je n'ignore pas que les plixs grandes d^tances et les plus difQciles entreprises se réduisent de nos jours à des questions de métal. Quoi qu'il en soit, j'aflSrme que les Etats- Unis ont bien assez de travail autour d'eux et chez eux pour la fin de ce siècle, et que ce n'est pas avant de l'avoir terminé qu'ils peuvent songer à prendre une part active et directe dans les affaires de l'Europe. Bien certainement l'Amérique nous rendra les envahissements que nous lui avons fait subir ; — cela rentre dans les lois de l'évolution humaine. Mais la prochaine révolution d'Europe sera faite par la Force, par la Centralisation, par la Russie ; celle que doivent opérer la Liberté, le Fédéralisme et l'Amérique ne viendra que bien longtemps après, quand

*les conséquences de la première seront épuisées. Les

Ëlats-Unis pourroot bten agir sur l*Europe par defr coalitions de capitaux, par des initiatives individuelles, par des expéditions-Lopez, par des encouragements indirects à rinsurreetion, par des influences semi-K^cieUes — ainsi qu'il est dans les tendances et dans la politique de la race anglo-saxonne. — Mais, bkn certainement, les Ëlats-Unis n'auront aucune influence gôuvernemaatale et décKâve sur les immenses événements révolutionnaires qui vont bouleverser le Vieux-Monde. Le moment appartient à la Russie.

En vérité, rien n'est plus curieux à observer que l'attitude prétendue démocraticjue des ambassadeurs américains en Europe depuis la pr^idence Pierce. Ces diplomates sont républicains , audacieux , ouverts, sympathiques à la Révolution; oJQQciels quHls sont, ils veulent bien être officieux pour la Démocratie ! Ils lui offrent des navires , des fusils, des. capitaux, tout ce qui peut affaiblir les gouvernements européens sans les compromettre eux-mêmes. Mais qu'on leur demande une armée, un homme, une goutte de sang pour sceller le pacte fraternel , ils répondront que ce ne sont pas là des artides d'échange. Et cependant la jeune Europe célèbre les vertus républicaines des Saxons et attend sa délivrance de leur initiative. Les Américains sont les traînards de la Civilisation; ce sont des monopolistes , des exploiteurs , des commissionnaires, des civilisés perfectionnés et anglais. Et l'on sait comment les Anglais affranchissent les hommes !

L'Amérique ne conquiert pas avec le plomb , mais avec l'argent, la plus meurtrière des machines de guerre. Elle achète des Etats comme des ballots de coton ; elle exploite la misère des nations déchues, comme le capitaliste suce le sang du prolétaire malade. Défiez-vous des nations qui enchaînent avec l'or; c'est avec l'or qu'on forge les chaînes

les plus durables ! Dëf ez-^veus des nations qui aohèieut des esclaves noirs et font mourir de. faim les «sdaves blancs ! Défiea^TOUs des républiques qui sanetifient le gouvernement, la propriété, et l'usure, etTaubaine, des républiques hostiles au Soeialisme, à TËgaltté devant le TjravMl et le Bien-Etrel Déflez-vous des naltous saxonnes et <les gouvernements constitutionnels 1 Leur i^e n'est pas de délivrer les hommes I

— Fils de l'homme, que vois-tu?

— Je vois au Nord des Etals-Unis l'immense territoire de la Nouvelle-Bretagne âé<^iré par la Guerre. Chassés de toutes les parties du monde , les Anglais s'y sont réfugiés avec les débris de leur marine et de leuns troupes. Ils veulent déposséder les habitants. Ceux-ci appellent la Confédération des Etats-Unis à leur secours.

Je vois deux armées sur le point d'en venir aux mains. L'une occupe les rives des mers qui ceignent le Nord du Nouveau-Monde ; l'autre s'avance par les lacs et les grandes plaines situées entre l'Union américaine et le Canada. De nombreux combats se livrent ; la guerre civile confond ses clameurs avec la guerre nationale. Les uns veillent se réunir à la république américaine ; c'est le plus grand nombre ; — les autres veulent rester sous la protection de l'Angleterre ; ce sont les fonctionnaires et propriétaires ; — une très-faible minorité se prononce pour l'indépendance.

Je vois les Anglais fôrcés de reculer. Je les vois qui se sauvent dans les Montagnes^Rocheuses ou remontent sur leurs vaisseaux fins voiliers. Par terre et par mer ils sont poursuivis. Ceux qui échappent s'embossent contre plu^ sieurs points des côtes , s'emparént de quelques villes , les fortifient, s'y maintiennent, et plus tard les font {H*Qspérer par le commerce. Puis, les Anglais se méleM insensiWe-

mêDt aux popnlaAions €pii le» entoureat. Et'ei^ le Canada se réunil à la Coofédération américaine^.

Pendant la guerre européenne, les Etats-Unis s'em^

pareront des Antftles et de Cuba ; iîs se créeront un parti nombreux à Saint-Domingue, où ils exciteront des révolutions sanglantes.

Dans toute TAmérique du Nord, la République des Etats-Unis ne reconnaîtra plus d'autre adversaire que la Russie. Entre les deux peuples, des frontières seront fixées diplomatiquement. Au Nord du Continent américain, le principe de liberté individuelle, représenté par la race anglo-saxonne, se trouvera eu présence avec celui de solidarité humaine représenté par la race slave. Le contact de ces deux extrêmes nécessitera plus tard un nouvel accord.

Entre temps, ^A^lériq^e du Sud e3t convulsée ^r des révolutions continuelles. La Liberté parcourt les Andes « appelant à la lutte les esclaves de toutes races qui mordent leurs freins rouilles et écument sous des tyrannies sanguinaires. Les républiques de BoUvar forment une alliance à laquelle viennent s'adjoindre, les uns après les autres, tous les Etats du Sud. Entre la Confédération du Nord et celle du Midi , entre la race anglo-saxonne et la race espagnole, de nombreuses commiinica tiens s'étabHssenI enaiite* Dans le nouveau continent , cofiNfoe dans l'ancien, une famille intermédiaire met en rapport les deux races espa-^ gnol© et dave. En Europe, c*est la famille allemande ; en Amérique, c'est la famille anglo-saxonne.

En Asie, mêmes luttes nationales ^% civiles aboutissant, comise dans tes antres mondes, à la position d'nnpro-* bfôooe eCbaique.

Dès que les Anglais auronl évacué Teiâpire des Indes,

les Russes et Américains envahkont le territoire asiatique.

Les premiers, alliés de la Perse, y arriveront par leurs

possessions du Nord ; les seconds , maîtres de la mer, y

pénétreront par le Sud. — Des révolutions interminables

agiteront la Chine. Les deux peuples envahisseurs cher-

cer une influence sur le résultat de ces ré-

înfin, le Céleste Empire ne pourra plus se

uence des autres nations. Le monde chinois

médiaire en Asie aux deux races slaVe et

îbndront les civilisations d^Europe et d'Asie. )bi, de TAItaï à FHimalaya, la vapeur ennvois innombrables. Les grandes mers du L fleuves sacrés des Indes seront battus par les roues de milliers de vaisseaux ; FOcéan glacé sera conquis à la navigation

Tlslon toucliAlit l'Océanle.

C'était le matin. — Parmi les nuages d'or qui sommeillent au-dessus des mers arctiques, j'étais porté par une gondole de feu. Près de moi se tenait l'Ange des révolutions qui, de son doigt divin, attirait mes regards sur le merveilleux spectacle étalé sous nos pieds.

Et comme mon admiration s'exhalait en paroles entrecoupées Parle nettement, me dit-il, en face des Cieux,

de la Terre et des Eaux I

Et voici : je parlai d'une voix sonore comme un éclat de trompette. Et si je me souviens bien, voici ce que je dis :

Je vois la plaine sans bornes où se débattent les flots bruyants. L'Océan me parait un bouclier d'or sur lequel un grand artiste aurait gravé les traits brûlants du soleil.

Pdr milliers les Ues de corsdl sor(>ent du sein des eaux. Et, diflérentes de nos pauvres femmes, les eaux enfantent dans Uallégresse I

Jamais soleil de printemps ne me parut aussi jeune que ce jeune soleil ; jamais fière Andalouse ne réunit sous sa mantille traits de vierge et de mère plus parfaits que ceux de la jeune Océanie.

Amant fidèle, TOcéan presse sa fiancée dai^s ses bras verts, et baise avec respect ses pieds cambrés !

— Et me tournant vers TAnge des Révolutions, je m^é^ criai : Grandi trois fois Grand ! sois loué par les hommes, toi qui tires les mondes des abîmes sous-marins ! 1

Et de ses mille voix l'Océan chantait avec moi I Et de ses mille vagues il dansait^ approuvant mes paroles ! I

Et je dis encore :

Voici : la mer sourit. Sur sa face de cristal je vois beaucoup de rides ; des vaisseaux innombrables la sillonnent ; les vagues bondissent autour et répètent les dameurs bronzées des canons.

Qu'ils sont agiles et bien parés tous ces navires ! Les cygnes ne sont ni plus brillants ni plus rapides î Que de voiles et de pavillons au vent ! Que d'hommes balancés sur Tétemel abîme 1 Que de chants variés dans l'immense harmonie I

Sahit I Océan , père de la vie , berceau de toutes ces Ues qui dorment, paisibles, sur ton immensité !

— Et me tournant vers l'Ange des Révolutions, je m'écriai : Grandi trois fois Grandi Sois loué parmi les hommes, toi qui pousses des peuples vers les mondes nouveaux 1 1

Et de ses mille voix FOcéan chantait avec moi I Et de ses mille vagues il dansait, approuvant mes paroles I î

Et je d^ encore ;

Sur la mer trattspflrtf!iite4e lourd vaisseau de ha«^bo?d, le rapide va^ieur aux nageoire&defer, la jonque cbnH)is6 et la légère pirogue du Polynésien se renconlrettt. De tous les poit» du moflde, je t^MS les hommes accourir vers rOcéanie Ibrtufiée.

Nombreux sont les Anglais , héroïques spéi^lateurs ; nombreux les Américains, leurs frères; nombreux les HoHandais, économes exploiteurs des mers du Sud; nombreux aussi les Cihinois, ôbj^ d^étminemi^t potr les autres peuples. Je distingue aussi la planète de tes fils, ô âialfaeuréwse ErinI tel prière d'amour de l'Altemand, le ba^ïirdage du Français, Fempfaase de TË^pagnol... Le Suisse ne dit rien, mois n^en calcule pas moins.

La plupart sont arrachés pair la misère au rivage natal, à la paix du foyer. Tremblants de convoitise, beaucoup se dégagent xies étreintes de la femme aimée cpû leur tend ses en&nt» comme ua reproche amer. — Soif damnée que cette soif de Tor !

Ceux-ci sont téméraires, ceux-là désespérés; les uns calculent sur la chair des autres* Comblas fuient les guerres et les révolutions européennes, de ceux qui les ont déchaînées comme de ceux qui les ont combattues ! Combien laissent derrière eux le théâtre de leurs crimes, de leur mauvaise fortune ou de leurs souffrances î — Nuages des cieux, vous seuls recevez toutes ces confidences et les emportez loin de nous I

— Et me tournant vers TAnge des Révolutions, je m'écriai : Grandi trois fois Grand! sois loqé parmi les hommes, toi qui réunis vainqueurs et vaincus^ assassins et victimes ; toi qui ramasses , dans tes bras géants, peuples du Nord et du Midi, peuples du Couchant et de l'Aurore, et confonds dans un seul leurs ardents transports ! I

Et de ses mille voix l'Océan chantait avec moi I Et de ses mille vagues il dansait, approuvant mes parioles î f

E^ ;^ dis eoBOore :

Quel est te ponton <pn fond si pénibleaiei^ la vàgoe ée»tndnte? DesoQ poi^ à sa cale il regorge de passagers. Tous S0fil pauyres, mais pteins d^espoir. Et vers i^smsr des deux leurs rm unies s^âdveat en aooonfe virils 1

Oui, le mvûre est vieux, mais jeunes ceux qui le moni&ûi^ et plus \emies^ ettcore leurs idées I Sur leur bcave drapeam je fi» cette fiamboyante devise : AriNm I Et je salue leur drapew, <|uelle que scÀi la disposition de ses. oouteurs sur s» hampe éfancéé !

Salut! proscrit?, enfiants et pères des peofdesl mes frères soetaliates, jalot ! salut J !

Ah! les flots sont moftis bari)are8 que les Européens! Ha ^'abaissercmi, doeiles, sous la quille de v(^e embar^ oation délabrëe; fisvoralilesi-les vents ei^ront vos voâlea; et du pkn himt dea cieux^ te Génie de la Nature secondwa voseffijrts!

€!our«ige, frères! pe» vous ont précédés, mais des natiens mtières voussmvroat! Vous êtes la fleur, la sève de l'humanité^ le plus pur de son sang ! A vous scmt les mondes vierges ! Vous serez le ciment des nouveaux édifices, rarc-en--eielqlii ralliera les hommes ^memû&f

En avant I Votre àiisBion est grande ; eDe voas donnera la victoire sur les^tempétes et les cUmats, et joyeux, voi» passerez sur les abîmes. En avant !

— Et me tournant vers l'Ange des ftév^ilutions, je m'écriai : Grand ! trois fois Grand ! sofe loué parmi les hommes, toi qui sauves les justes des grifies de leurs persécuteurs, pour les glorifier î !

Et de ses mille voix l'Océan chantait avec moi ! Et de ses mille va^es il dansait, approuvaht mes paroles! !

Et je dis encore :

Ils se rapprochent les beaux navires ! Aux enrfioudiures

de la rivière Charmante et du fleuve des Gy^nes, dans les golfes dorés et les lacs de cristal, ils abordent* Riant est Farcbipel qui les reçoit , car les étoUes du firmament se mirent dans s6s lies, vertes» et ses plaines se fendent sous le fardeau des fraits, des moissons et des fleurs.

— Ah ! si j'avais le courage de revivre^ Australie I je voguerais vers toi. Mais Tlniquité de ce iwmde m'a brisé. Oh ! pardonne, fiancée des ferts, si je prél^eà toi la Mort, la vieille décharnée, sans voix et sans pudeur !

Les voilà dans les ports , les beaux navires ! Os piaffent sur leure sùt^es comme des coarsiers capti&u De leurs entrailles profondes les passagers sortent en se pressant.

Je vois débarquer le prêtre ^ ie médecin, noirs comme les baies des plantes vénéneuses; — le trafiquant et sa pacotille, présents funestes; — le joamaliste et Favocat verbeux ; — le Juif et le professeur; — la fiUe galante et la vieille qui raccompagne ; — le prolétaire maigre ; — le paysan qui pleure sa chaumière ; — l'ingénieur et le mécanicien , menaçants pour la Nature vierge ; — rimprkneur et le {Ailosophe ; — ^ le prince et le tribun frappés de li^ainnissement.

— Et me tournant vers l'Ange des Révolutions, je m^écriai : Grand I trois fois Grand! toi qui peux faire le Bien avec les instruments du Mal I Que les hommes te louent !

Et de ses mille voix l'Océan chantait avec inoi. Et de ses mâle vagues il dansait , approuvant mes paroles ! !

C'est alors, qu'étendant sa droite veors la quatrième partie du monde, l'Ange des Révolutions me dit : Ecoute, fils de l'homme, et pèse mes paroles en ton esprit î

a A ma voix les mondes s'élèvent du fond des abîmes.

' » Ënoore humide de l'eau des mers , TOcéaûie résume les caractères de 4ioules les sociétés qm Font précédée. Là vivent à la fois : Thomme noir qui se prosterne devant un manitou ; — le Mongol et le Malais cuivrés ; — le Polynésien à la tmlle haute; le chrétien et Ye mahométan; — le civilisé qui vénère Mercure, et le socialiste qui ne reconnaît d'autre Dieu que lui-même.

— « Les mondes et les hommes enfants se ressem-

tions.

» Vois ! Les races se croisent, les langues s'altèrent, les fils ne reconnaissent plus les mères qui les ont apportés de si loin dans leurs flancs. La Force tend sa main rude à la Science dédaigneuse ; la négresse ardente attire sur son sein le froid Européen. — L'amour folâtre n'a point de race ; il déchire dans ses doigts roses les titres de noblesse des nations. —

» Entre mes mains, continue l'Ange, cette terre sera comme un van , et je ne laisserai pas reposer les hommes et les choses qui sont à sa surface.

» Jusqu'à ce que, de toutes ces races et de toutes

ces langues sortent trois langues et trois nations nouvelles qui entraîneront toutes les autres dans la sphère de leur activité , étonneront le monde par leur puissance gigantesque et feront respecter leurs étendards partout.

» Car je suis, fils de l'homme, l'éternel Dieu vivant, le

Dieu un Mouvement et de la Bévoiutioa qui transforme sans eesse et les mondes et moi-niêDie^ et qin me dérobe ainsi aux hypocrites supplications doni les mortels poursurvent les autres dieux ! »

Ainsi dit l'Ange. Bt moi, pauvre diaUe de prosent,

j'écrivis ses paroles.

... .Le nuage qui nous portait , l'Esprit et moi, s'éleva dans Téther sublime, et de nouveau s'arrêta.

Le Soleil étendait ses rayons rougeç sur la mer retentissante^ comme un guerrier qui repose sur sa couche ses membres raidis de fatigue.

Dans le crépuscule du soir les mondes immenses m'apparurent.

Et je ne vis plus les frontières qui séparent les nations. Et je n^entendis plus qu'une immense harmonie formée de mille rumeurs diverses.

Les continents se tenaient embrassés. Sous la vapeur les monts avaient abaissé leurs cimes. Les rivages des mers communiquaient par des vaisseaux si nombreux qu'il semblait que les hommes eussent construit un pont de bateaux sur l'Océan.

Libres et heureuses, les lies ne tenaient plus aux continents que comme les chaloupes aux grands navires qui les protègent contre les redoutables caprices de la mer.

Des aérostats traversaient les airs dans tous les sens, conduits par la main des enfants.

Et je vis un grand lac de sang alimenté par les veines de tous les hommes confondus.

Et les Cieux, la Terre et l'Eau célébraient à l'envi les glorieuses destinées dé notre espèce î !

Oh! grande esit rBumanité, éternel F Avenir, immenses les Mondes bercés dans l'Espace infini I . . .

Et bien pelâts mras sommes , Civilisés éphémères qui pp^ndoDS imposer des lob à l'Univers et des bornes au Temps!...

Mais qui donc étes-vous , illustres monarques et profonds législateurs d'Occident, qui vous croyez les premières et les dernières des cr^tures vivant sous le Soleil?

Misère et pitié ! Mais n'entendez-vous pas gronder l'abîme de feu qui vomit les révolutions parmi les hommes, l'abtme toujours ouvert, toujours affamé, toujouné vengeur? FI engloutira vous et vos systèmes menteurs, et vos vanités de maîtres d'école. Car tout système est faux , et tout systématique, oppresseur I

Nous ne souffrirons plus de Gouvernement , de Mendicité , de Maîtrises. Qui que vous soyez : Césars, Jésuites, Communistes, Traditionnaires ou Phalanstériens, n'aspirez plus à nous conduire. L'homme est enfin sorti de Fécole de l'Esclavage î

Derniers rhéteurs d'un monde à l'agonie, ehefs de sectes, dorez la pilule du Privilège comme vous voudrez : nous la reconnaîtrons et personne ne nous la fera plus avaler. — Le Bourgeois, c'est l'Ennemi !

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