IV. L'Oeddent ne fera pas dà se
Eh Inen I que m'importent l'origine et le mom du peuple porta^laive qui secouera l'anarchie sur l'Europe à la lueur des torchcss^? N'est-il pas mon frère en Adam, en Christ et en Révolte? L'œuvre humanitaire n'est-dle pas de toutes les nations ? Et celles qui ont pris du repos ne se remettentelles pas au travail quand i^urs sœurs sont accablées de fatigue?
Foulant sous mes pieds libres toi;^t vain scrupule de na- Uonalité, animé du seul désir d'annoncer vrai , je cherche, dans l'Europe, une force extérieure à l'Occident, force dont les intérêts soient contraires à ceux de la Civilisation, dont les destinées soient opposées aux nôtres ; force non arrêtée dans l'engr^aage actuel; force qui ait beaucoup d'a^urations et peu de tâche encore faite; force neuve, supérieure à celle de la Civilisation, capable de lutter victorieusement contre die et d'en disperser les débris à tous
les vents du ciel. .... Afin que jamais ne soit reproduit œt odieux assemblage de Babeks et de Sodomes dans lequel je meurs au miiieu^ des cadavres de mes frères par n^liers agonisant
V. Et je ne trouve qu^une force pareille, celle qui se presse autour de la Rusiâe, force unitaire, compacte ; plus puissante que celle qui se presse autour de la France ; — force obéissante , disciplinée , tassée sous le Despotisme ; plus esclave que celle qui se presse autour de la France ; — force guerrière, conquérante, aveugle, sourde, muette, incendiaire, sans honneur de convention , sanguinaire, et plus brutalement assassine que les septem et décembraillards de France ; — force pouvant supporter toutes pertes et tous fléaux et se renouvelant sans cesse dans le corps d'une nation qui peut et veut fournir des hommes et des ressources à F infini ; ce que ne peut ni ne veut la France.
aj La force qui se presse autour de la Russie est uni-taire, compacte, plus puissante que celle qui se presse nutour de la France : — Première conditicHî de trk»nphe.
Car on ne pénètre un tronc de chêne qu'avec un coin de fer ; le métal est plus dur, plus serré, plus brut que le bois. — Je n*ai jamais prétendu faire jouer d'autre rôle à la Russie ; j'ai dit qu'elle serait la massue sous laquelle éclaterait le faisceau des intérêts occidentaux, le glaive qui trancherait le nœud gordien du monopole. Mes adversaires de la littérature au jour le jour^ ont pu seuls écrire que j'avais prêté à la force russe un rôle intellectuel. De leurs calomnies volontaires , grossièrement inintelligentes , j'en appelle au texte de mes hvres : et je passe. — Je prétends donc que la Russie est une force de dissolution ; je prétends qu'elle est le seul levier prêt pour soulever un monde;
(1) Messieurs de la Patrie,. àM ComtUutionnel, de Vjffommeei tutti quanti.
qu'elle étendra devant ses fieds la Civilisation prostituée et qu'elle dédaignera ses baisers de courtisane. J'affirme de plus que le momm* de cette force est venu, et qu'à l'heure présente, la Rusâe est la terreur de l'Occident boutiquier, l'arbitre du sort de l'Europe, l'ancre de salut de l'Humanité. — Je ne serai dém^iti que p^ la peur.
bj La force qui se presse autour de la Russie est obëis^ santé, disdpUnée, tassée sous le despotisme, plus esclave que celle qui se pr^se autour de la France : — Seconde condition de triomphe.
Car plus le despotisme est absolu, plus il est propre à la guerre ; et je prouverai que tout despotisme et toute guerre aboutissent fatalement à une révolution. Il importe que la guerre, la conquête , — et conséquemment la Révolution^ -^ soient dirigées en Europe par les chefs d'un peuple neuf. Dans la lutte actuelle, les grandes puissances occit dfflitàles sont des accidents, et leurs gouvernements, des parasites qui, sans doute, contribueront à la solution : rien de plus. La vraie guerre^ elle est ©Qtre le Despotisme tzarique et la liberté individuelle ; l'antinomie est posée entre le Gosaquisme et la Révolution. Et la solution sera : la Révolution par le Cosaquisme.*^ Car toujours les terme» d'un problème se retrouvent dans sa solution ; il ne s'agit que de les y découvrir à la place que chacun doit occuper.
c) La force qui se presse autour de la RtASsie est guer^ rière, conquérante, aveugle, sourde, muette, incendiaire ,
(1) Pénoane ne vent comprendre cette proposition si simple cependant. Le monde s'est extasié devant cette soi-disant prédiction du premier Bonaparte : KuévarU cinquante ani, la France iera cosaque ou républicaine. » Dans cet aphorisme du Memnen des Invalides , il y a autant d'absurdités que de mots. République ou Coêaquimne ! c'est toujour» une force polidque, un nont^ens, une fin de non-recevoir qui n'est plus acceptable au dix-neuvième siècle. République ou Coioquitme! £n quoi les conditions de mal-ètre actuel seront-elles modifiées par l'un de ces deux mots-lk ? — Décidément, les gpnands politiques sont de bien petits philosophes.
sans honneur de convention, sanguinaire et plus brutale-ment assassme que les septem et décembraiUards de France : -^ Troisième condition de triomphe.
Car les armées au cœur sensible, à l'oreille fine, les ar-^ mées clairvoyantes et bavardes, les armées d'bommes gras, rassasiés et riches, les armées tirées d'un pays de boutiques ne valent rien pour le travail de la guerre. Car les hommes qui ont peur du sang, ei du viol, et du rapt, et de Tinoen-^ die, et du parjure, ne sont pas des hommes de bataille.
d) La force russe peut supporter toutes pertes et tous fléaux; die se renouvelie sans cesse dans le corps d'une nation qui peut et mut fournir des hommes à V infini, ce que m peut ni ne veut ha nation française : -^ Quatrième condition de triomphe.
Car agir avec circonspection, douter, discuter, calculer, craindre, c'est d'un civilisé. Combattre et rire en mourant, c'est d'un barbare. Et le barbare, c'est le véritable soldat, celui qui totnbe à la place où il s'est battu tout le jour et atteint son but par tous moyem. Or, la Russie, c'est toute une nation de pareils hommes, nation qui croit tout entière à sa mission de conquête et de destruction. C'est la terre où, sUr la volonté d'un seul, les jeunes hommes surissent du sein des femmes et du coin des foyers pour prendre rang parmi les multitudes en armes. C'est le pays où, BUi^ le décret d'un seul, les boyards — les riches — peuvent être dépossédés sans résistance, du jour au lendemain. Et la dépossession de cette poignée d'hommes, c'est la conversion des biens de la moitié du monde en machines de guerre ! I
Que Napoléon III , le Bien-Âimé, demande donc seulement deu:t îbis aux propriétaires de son empire leurs en*
fants et leurs écus : pour voir! Au fait nous verrons
sous qudques semaines 1 1