‹ Houston-Stewart Chamberlain: le plus récent philosophe du pangermanisme mystiqueChapitre 19 sur 36 · La genèse du peuple juif · texte numérisé non relu

La genèse du peuple juif

L'auteur des Assises n'a fourni qu'une seule application historique de ces règlements, si contestables en euxmêmes, et l'exemple choisi par lui n'est pas de nature à nous persuader de leur valeur. Il a scruté la formation de la nation juive, tj^e, à ses yeux, d'une race qui se fait ellemême, qui se constitue de toutes pièces pour ainsi dire, par l'orientation en grande partie voulue de son histoire et par les prescriptions de ses codes. Il s'est principalement inspiré des suggestions hardies d'un anthropologue du nom de Luschan et voici les résultats de son enquête.

Tout d'abord, il croit discerner, à la base de cette race aujourd'hui si homogène les trois éléments humains dont l'anthropologie germaniste des Lapouge et des Ammon (i) sait aussi peu se pa3ser pour ses exégèses mystiques que Gobineau de ses trois teintes d'épiderme, la blanche, la jaune et la noire : il rencontre dans la région chananéenne au temps des origines israéhtes des bruns à crânes longs, des bruns à crânes larges et des blonds à

(i) Voir sur cette école, les études que nous avons publiées dans la Revtte des Deux Mondes et reproduites dans notre volume : Les Mystiques du Néoromantisme.

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crânes longs dont la psychologie respective et les dispositions morales supposées correspondent d'ailleurs à peu près à celles dont l'auteur de V Essai sur les races dotait ses nègres, ses jaunes et ses hommes blancs.

Dans la préhistoire juive, le dolicho-brun s'appelait le Bédouin : le brachycéphale était le Hittite ou Hétéen, (homo Syriacus) : le dolicho-btond. Aryen d'origine, était l'Amoritain ou Philistin I — Israël serait sorti du brassage de ces trois éléments dans la région palestinien^e ; et, comme ils n'étalent nullement apparentés entre eux, comme d'autre part, à l'exception du troisième, ils sont considérés comme de médiocre quaUté par M. Chamberlain, ce fut, à son avis, ime assez triste mixture que celle qui résulta de leur fusion. J-a magnificence proverbiale de Salomon lui vaut encore im brevet d'aryanisme, au moins partiel, de la part de l'auteur des As^ses : c'est donc à cette limite dans le temps que s'arrêtent ses complaisances pour le peuple de Jehoy^. Jusque-là presque tout lui semblait acceptable dans l'Ancien Testament pour un adepte du germanisme mystique. David, en particulLe^-, lui inspirait une visible sympathie, car le roi-poète ét^4t blond et de sang principalement amoritain ou philistin, par conséquent : constatation qui avait inême permis à notre philosophe-historien de rectifier en passant une erreur manifeste du Uvre saicré. Il n'iest pas vrai, dit-il, que David ait tué Goliath de sa fronde, ce lâche procédé de combat n'étant pas digne d'un Aryen : une si déshonor^te victoire n'a pu être attribuée que par une oonfiasâpn des chroniqueurs hébreux à l'héroïque berger de Bethléem. Quant à Goliath, sa taille exceptionnelle et son courage certifient son origine aryenne I — N'est-il pas singuUer de voir M. Chamberlain, qui plaisante 4 yolpflitiei::^ les naïvetés de ses précurseurs en aryanisme mystique, les dépasser de beaucoup à l'occasion par 1^ f ^nta^sie çle ses gratuites assertions. ^J^

Bientôt disparurent^au surplus du sol chananéen les derniers rejetons des races pures et originelles. Il n'y resta que ce mélange confus dont les prêtres despotiques

de Jud^ allaient développa et fixer, par leurs stricts règl^m^its de caste, certaines qualités incontestables, mais un plus grand nombre de défauts dont nous verrons bientôt le fruit dans l'histoire européenne. L'auteur des Assises hasarde même à ce propos une thèse singulière : si, ditril, le Juif mit à la base de sa théologie la notion du péché originel qu'il nous faut considérer comme purement aryenne, selon de Schopenbaùer, et qui jure, par conséquent, avec les conceptions étroites de la « monolatrie » sémitique, c'est que le peuple d^ Jéhovah a répété sans la coi^pren4re cette belle affirmation métaphysique : il l'a même déformée sous l'influence des remords de sa conscience ethnique, après sa traii^ession des lois qui font les races nobles ; dans le judaïsme, le péché originel n'est plus que l'aveu tapite de cette monstruosité initiale, de ce crime contre les destinées de l'espèce humaine que fut l'alliance de sang entre Bédouins, Hittites et Amoritains. Sur le tard, les Juifs ont reconnu cette impureté initiale de leur être ; ils ont cherché à y porter remède par une sévèfe prohibition de toute immixticMi étrangère dans leurs généalogies. Mais, comme lady Macbeth, ce fut sans pouvoir effacer la tax:he accusatrice, la tare imprimée à jamais dans la chair de leurs aïeux. De là, le mythe de chute successive d'Eve et d'Adam ! — On conçoit commi^t les Israélites d'outre-Rhin ont pour la plupart accueiUi des commentaires d'une telle malveillance appuyés sur une base aussi parfaitement fantaisiste.

Tout ce développement des Assises ia'est au surplus qu'une longue in&délité au principe de l'auteur qui déconseillait précédemment les recherches d'origine et posait que la valeur morale seule est décisive en matière de race! — Voyons-le appliquer soudain, par une volteface imprévue, ce critérium tout spirituel à certaines branches de la race juive e^aboutir à des conclusions toat à fait contradictoites avec les résultats qu'il vient d'afficher sous nos yeux. Il est un rameau de la souche israélite qu'on aj^Ue les Juifs espagnols ou Sephardim,

et voici ce que nous en lisons dans les Assises (i) : « C'est par l'aspect et par la fréquentation de ces hommes qu'on est conduit à mieux comprendre l'action exercée par le Juif dans l'histoire du monde. Voilà de la noblesse dans le sens le plus complet de ce mot, de la pure noblesse de race. Belles têtes, tournures imposantes, dignité de la parole et du geste, honnêteté scrupuleuse. Qui voudra connaître par ses yeux ce que c'est qu'ime extraction noble doit faire appeler, à Salonique ou à Sarajevo, le plus pauvre des Séphardim, puis le comparer au baron X... ou au conseiller Y... Il constatera la distance qui sépare la noblesse conférée par la race de celle que les monarques octroient 1 » Les Séphardim auraient-ils donc si pleinement restauré leur race depuis le temps de la Diaspora par TappUcation des cinq règles chamberlainiennes? On ne nous le dit pas, et nous restons donc stupéfaits devant cette fleur raciale éclose sur la souche pourrie du mélange palestinien. Constatant cette exagération en sens contraire de la précédente, nous admettrons plutôt que l'artiste seul a parlé cette fois dans le philosophe des Assises et que ses pénibles déductions ethniques ont été pour un moment oubliées de lui.

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