EUROPÉENNES
En exposant les vues ethniques de M. Chamberlain, nous avons indiqué qu'à ses yeux l'expression visible de la race, le sceau qu'elle pose en quelque sorte sur chacun des individus qui en procèdent, c'est la constitution mentale d'ensemble, c'est « le pli initial de la pensée », qui s'exprime principalement dans la «conception du monde », c'est-à-dire dans la philosophie et dans la religion professées par cet individu (i) . — Un peuple ou un homme, explique-t-il, doit être jugé et classé, estimé ou condamné, appuyé ou combattu suivant la valeur de sa conception du monde, car c'est là ce qui est en lui essentiel, inflexible, indélébile, imprescriptible. Au surplus, par une action réciproque, la conception du monde, une fois engendrée, façonne à son tour les individus et les
(i) L'auteur des Assises déclare préférer de beaucoup le terme purement germanique de WeUanschauungy conception du monde, à la vague expression grecque de philosophie, amitié pour la sagesse : ce dernier vocable lui paraît Théritage désormais suranné, d'une époque où la * sagesse » résumait encore toute la catégorie de l'idéal, au jugement de peuples enfants ! f j-o
peuples dont elle est issue, en sorte qu'il est pour eux indispensable de veiller avec un soin jaloux sur cet héritage des ancêtres, de le transmettre intact aux descendants, de ne le développer, en tout cas, que dans le sens de ses qualités intimes et de ses caractères essentiels, de le préserver enfin des contacts impurs et des promiscuités dégradantes.
Lorsque le mysticisme de Gobineau s'exaspéra pour un temps au contact de la pensée musulmane contemporaine en Perse, il imagina de ressusciter les spéculations alexandrines sur le Logos et de faire du langage une âme personnelle de la race, un être vivant qui se développe dans un milieu spécial constitué par nos facultés créatrices (i). M. Chamberlain accorde inconsciemmerft la même substantialité à ce qu'il regarde pour sa part comme l'âme véritable de la race, à la Conception du monde. Il a, pour se faire comprendre, cette comparaison ingénieuse : dans une expérience physique bien connue, dit-il, le champ magnétique agit sur la liipaîlle de fer pour la disposer selon des courbes régulières, en d'harmonieux dessins (2). Eh bien, la conception du monde agit de façon analogue sur les individus humains qui l'acceptent de concert : elle les répartit en ordonnances sociales ingénieuses et conformes aux secrètes lois de la vie.
Il nous faut donc examiner maintenant la conception du monde que se sont façonnés, chacun de leur côté, les trois groupes ethniques sur lesquels s'est fondé le XIX® siècle civilisé : Juifs, Méditerranéens et Slavo-Celto- Germains. Ceci fait, nous essayerons de déterminer, d'après M. Chamberlain, les perspectives d'avenir qui se dessinent devant les pas de la seule intéressante à ses yeux parmi ces vastes personnalités collectives, devant l'âme germanique, car sa préoccupation essentielle est de contribuer pour sa part à la genèse d'une religion digne de ce nom, avantage que nul groupe humain ne
(i) Voir son Essai déjà cité par nous dans la Zeitschrift fuer philo- Sophie. Leipzig, 1868.
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possède encore à l'en croire l — Nous verrons d'abord les Juifs et les Méditerranéens écartés par lui de toute coopération légitime à cette œuvre sainte : les premiers, pour leur rationalisme aride, les seconds pour leur fétichisme incorrigible. Il nous montrera ensuite les Germains admirablement préparés pour l'accomplir, au contraire, et cela, en vertu de trois privilèges qui leur appartiennent dès à présent sans conteste : l'héritage métaphysique de leurs lointains ancêtres, les Aryas de l'Asie : la capacité de comprendre les paroles, enfin sainement interprétées, d'un Christ qu'ils sauront mieux distinguer désormais de son entourage et de ses interprètes juifs ou chaotiques : enfin, les élaborations religieuses qui ont été réalisées dans le ^assé par les grands mystiques de leur sang.