PETIT PORTRAIT D’HOMME EN BUSTE
(Musée de lierlin).
Une nouvelle probabilité vient s’ajouter aux autres, si l’on tient compte des « supputations » de Carel van Mander, qui place vers 1410 l’invention par Jean, sinon de la peinture à l’huile, comme le voulait ce biographe, du moins des perfectionnements qui rendirent commode ce procédé auparavant très long et très ennuyeux. Est-il possible de croire que cette invention soit l’œuvre d’un jeune homme de vingt ans? Quatre ou cinq ans de plus ne seraient pas de trop. La date de naissance i386 s’accorde donc mieux, sur ce point aussi, avec les données connues.
On ne saurait rien de plus sur la jeunesse de Jean, si M. G. Hulin n’avait pas fait récemment une découverte, petite en apparence, importante en réalité, celle d’un passage de catalogue où est cité un « Roi maure peint en 1414 », aujourd’hui perdu.
La rareté de ses œuvres pendant sa jeunesse s’explique facilement, si l’on admet comme très probable qu’il a longtemps servi de « varlet » à son frère. Néanmoins, il est de toute évidence que Jean avait déjà produit des œuvres originales importantes quand il fut appelé à La Haye (1422) par Jean-sans- Pitié.
La première peinture conservée où l’on ait reconnu la main de Jean est le petit Portrait d’homme en buste , du musée de Berlin, qui représente un homme d’âge mûr, aux yeux bleus, au visage massif et sanguin. Les festons de l’étoffe du bonnet, la forme du petit collet de la robe et l’exécution moins parfaite font présumer pour cet ouvrage une date voisine de 1420, sinon même notablement antérieure.
Rappelons encore une fois, en passant, les miniatures de notre sousgroupe des Heures de Turin, (1422 à 1424), trop médiocres d’ailleurs pour laisser supposer que Jean y ait mis la main. On arrive ensuite, sans transition, à la Vierge- Rolin du Louvre, fleur adorable du génie des deux frères.
Une série de voyages interrompt ici la production de Jean; puis viennent, marchant parallèlement, (1430-1432), les admirables Anges chanteurs , les incomparables effigies d’Adam et d’Eve , dont nous avons dit qu’elles sont l’expression la plus puissante de son génie « sculptural » ; et les deux portraits du cardinal Albergati, dont on va voir l’intérêt spécial au point de vue des procédés de travail de Jean.
Depuis 1884, sur la foi de l’inventaire, fait en i65g, de la collection de l’archiduc Léopold-Guillaume, gouverneur général des Pays-Bas, l’admirable portrait d’ecclésiastique du musée de Vienne, attribué déjà à Jean van Eyck, était considéré comme celui de Domenico Capranica, cardinal au titre de la Sainte-Croix de Jérusalem. Cependant, Kaemmerer avait constaté un manque absolu de ressemblance entre ce portrait et l’effigie du cardinal sculptée sur son tombeau à Sienne. M. James Weale a résolu la contradiction. Il s’agit évidemment de Nicolas Albergati, né à Bologne en i3y5, procurateur-général de l’ordre de la Sainte-Croix de Jérusalem depuis 1407, qui, en 1431, fut envoyé par le Saint-Siège en ambassade auprès des souverains de Bourgogne, de France et d’Angleterre pour négocier officieusement la paix entre ces princes. Au cours de son voyage, cet habile diplomate, qui était en même temps un saint, s’arrêta à Bruges pendant trois jours, du 8 au 11 décembre 1431. Telle fut l’origine de l’étonnant portrait au crayon aujourd’hui conservé au cabinet des estampes de Dresde (1).
Nous avons tenu respectueusement dans nos mains, examiné avec une attention émue ce document unique dans l’œuvre de Jean, le seul portrait
(1) Le musée du Louvre possède un Portrait d'homme au crayon, très remarquable sinon tout-à-fait admirable ; mais, à notre avis, il suffit de le comparer avec le dessin de Dresde et la Sainte-Barbe d’Anvers, pour se convaincre qu’il n’offre pas la magistrale puissance de dessin de Jean van Eyck. Faut-il penser à Hubert? Cela n’a rien d’inadmissible, ni, il est vrai, de certain.
xoy3 wav /Aa|
ITA0H38JA JAtflCIHAD Ud TIAHTH03 .(no^Bio ub riisasb)
■(sixain sbeitulé
Une série de voyages interrompt ici la production de Jean; puis viennent, marchant parallèlement, (1430-1432), les admirables An.; es chanteurs , les incomparables effigies d'Adam et d'Eve, dont nous avons dit qu’elles sont l’expression la plus puissante de son génie « sculptural » ; et les deux portraits du cardinal Albergati, dont on va voir l’intérêt spécial au point de vue < procéd travail de Jean.
Depuis 18S4. « la fo; lire, fait en 1 65g, de la collection
de l’archiduc . .1 Gu ; gouverneur général des Pays-Bas,
l’admirable portrait d’ccclés» astique du musée de Vienne, attribué déjà à Jean van Eyck, était commit comme celui de Domenico Capranica, cardinal au titre de !-,i Sa: :iî * de Jérusalem. Cependant, Kaemmerer
avait constaté ur. r tnque al-oh» de ressemblance entre ce portrait et l’effigie du car» sur son tombeau à Sienne. M. Jam< V eale
a résolu la contra ci 'it é\ idcmment de Nicolas Albeigati, né
à Bologne en i375, r r- < e général de l’ordre de la Sainte-Croix de Jérusalem depuis 1407, qui, : : r, lut envoyé par le Saint-Siège en ambassade auprès des souver* • - Bourgogne, de France et d’Angleterre pour négocier officieusem*1 entre ces princes. Au cours
de son voyage, cet habile diplomate, qui ait en même temps un saint, s’arrêta à Bruges pendant trois jours, du 8 au II décembre 1431. Telle fut l’origine de l’étonnant port ; t au crayon aujourd’hui conservé au cabinet des estampes de Dresde (1).
Nous avons tenu respectueusement dans nos mains, examiné avec une attention émue ce document unique dans l’œuvre de Jean, le seul portrait
(1) Le musée du Louvre possède un Portrait d'kommt au crayon, très remarquable sinon tout-à-fait admirable ; mais, à notre avis, il suffit de le comparer avec le dessin de Dresde et la Sainte-Barbt d’Anvers, pour se convaincre qu'il n'offre pas la magistrale puissance de dessin de Jean van Eyck. Faut-il penser à Hubert? Cela n’a rien d’inadmissible, ni, il est vrai, de certain.
Jean van Eyck
PORTRAIT DU CARDINAL ALBERGATI (dessin au crayon).
(Musée de Dresde),
J EAN VAN EYCK