LES PORTRAITS DES DEUX FRÈRES
(Hê’est l’heure des vêpres à Saint-Bavon de Gand. Guidées par les intonations du serpent, les voix graves des chantres et des prêtres alternent avec celles des enfants de chœur. Puis l’officiant psalmodie à mi-voix des paroles mystérieuses, auxquelles la foule dont l’église est pleine répond par un murmure contenu, profond et puissant. Une atmosphère de piété flotte sous les grandes voûtes, autour des hauts piliers encore presque romans. Les derniers répons étouffés des fidèles viennent de s’éteindre ; un chœur d’hommes et d’enfants, soutenu par la basse majestueuse de l’orgue, entonne un chant d’adoration et de triomphe qui remplit tout le vaisseau de l’église. C’est pendant cette minute de ferveur enthousiaste qu’il faudrait inviter la foule à venir admirer le polyptyque.
Profitons de ce moment pour le décrire tel que les fidèles pouvaient le voir avant son démembrement. Le bas du retable fermé reproduit (à droite et à gauche des statues de marbre blanc de saint Jean-Baptiste, précurseur, et de St. Jean l’Evangéliste, biographe de 1’ « Agneau »), les portraits agenouillés des donateurs, Jodocus Vydt et sa femme. A l’étage moyen des volets, dans une salle dont les larges fenêtres géminées laissent voir un coin de ville (probablement un quartier de Gand), a lieu la scène de l’Annonciation ; au dessus, dans des demi -lunes, apparaissent les prophètes juifs, Zacharie et Michée, les sibylles païennes d'Erytrée et de Cumes, annonciateurs du « roi d’Israël » qui sera en même temps l’Agneau
r ntorisation de la Société photographique
LE