PORTRAIT D’ARNOLFINI ET DE SA FEMME
(National G aller;, Londres}.
venait d’épouser depuis peu, et qui, d’ailleurs, avec ses lèvres minces et son nez pointu, n’offre pas l’étroite ressemblance qu’on a cru voir entre elle et Jeanne Arnolfini.
Revenons au chef-d’œuvre. C’en est un de tout point : Jean van Eyck a été rarement mieux inspiré. Parmi ses portraits, l'Homme à l’œillet mis à part, on aurait peine à en trouver un seul aussi vivant par la puissance du caractère, surtout aussi harmonieusement riche de couleur, aussi magistral par la distribution de la lumière et la justesse de la perspective aérienne.
Dans ce tableau, la somptuosité de la couleur est merveilleuse. Les tons, aujourd’hui rompus par l’action du temps, ont des profondeurs d’émail. On y trouve toute la gamme des rouges carminés : plus clairs dans l’étoffe du lit ; plus rompus et plus sombres dans la garniture et les coussins du siège qui occupe le fond de la salle; plus assoupis et non moins riches dans le pourpre du manteau d’Arnolfini; plus éclatants, mais avec douceur et sans dissonance, dans les chaussures en cuir rouge du second plan.
Et que dire de la lumière! La haute fenêtre, vue obliquement, qui laisse entrevoir par une étroite échappée la verdure d’un jardin et la profondeur d’un ciel, illumine le fond de la pièce et réveille dans la pénombre les riches ciselures d’un lustre de cuivre jaune suspendu au plafond. Jean avait décidément un appareil photographique dans ses yeux d’artiste épris de vérité.
Si quelque chose égale dans ce miracle de peinture la beauté de l’effet d’ensemble, c’est le soin du détail. Les moindres objets y sont traités avec minutie. Dans le bois blanc des patins neufs, on sent la main de l’ouvrier, on voit chacune des entailles, encore fraîches, faites par l’outil. Une minuscule statuette de femme, agenouillée, mains jointes, sur le montant de la tête du lit, projette son ombre sur le mur. Les fleurs du tapis, toutes menues, les manches de la femme, les fourrures des deux vêtements, sont d’une finesse dont Jean n’est guère coutumier; de même
l’époussette suspendue à la tête du lit, avec ses brins faits un par un, si fins qu’on les voit à peine, et le collier ou chapelet en cristal de roche, mis à cheval sur un clou, dont les trente grains ont chacun leur reflet, chacun leur ombre portée avec un foyer luminieux au centre. « Comment ces gens-là trouvaient-ils le temps de manger? » demandait un grand artiste en admirant le détail d’une composition de Gérard de Saint-Jean. Il aurait eu cent fois plus raison, s’il eût dit la même chose en présence du portrait des Arnolfini.
Et pourtant, tout cela n’est rien. Nous trouverons mieux avec le miroir convexe appliqué au mur du fond. Ce miroir reflète tout le tableau, dans un espace moins large que le creux de la main. On y voit, en petit, de dos, les deux époux; à droite, l’image du lit; au milieu, la porte d’entrée, dans l’embrasure de laquelle apparaissent deux personnages, l’un tout en rouge, robe et chapeau; l’autre tout en bleu, vêtu d’un justaucorps serré à la taille qui descend jusqu’aux genoux, et dont le bonnet, à l’ancienne mode, a encore un pan d’étoffe tombant sur l’épaule. A gauche, est le reflet d’une fenêtre, non pas de celle que l’on voit dans le champ du tableau, mais d’une autre, invisible, percée dans le même pan de mur ; car la direction des rayons qui éclairent les visages et les mains des deux époux suppose une source de lumière qui les frappe de côté, même un peu par devant et non par derrière, comme le ferait la fenêtre visible.
Jean a rehaussé son tableau de dix compositions importantes ! Dans la bordure du miroir, dix petits cercles en creux, chacun de i5 millimètres de largeur, renferment les dix scènes suivantes :
Le Christ au jardin des olives; Le Baiser de Judas ; Le Christ au prétoire ; Le Christ à îa colonne ; Le Christ portant sa croix ; La Crucifixion ; La descente de croix ; La Mise au tombeau ; La Résurrection ; L’Ascension.
Hubert est donc dépassé en finesse ? Non. Même dans ses personnages les plus microscopiques, dont certains atteignent à peine un millimètre, Hubert conserve la souplesse et le sens du mouvement qui le caractérisent;
xdy3 kav vîAa[
.23UQ3UJ 3Q 30H3IV AJ
.(oi*li-iB*->7olonjn^ t ,lsb*}3 iaiütnlï «b sè«nM)
l’époussette suspendue à la tête du lit, avec ses brins faits un par un, si fins qu’on les voit à peine, et le collier ou chapelet en cristal de roche, mis à cheval sur un clou, dont les trente grains ont chacun leur reflet, chacun leur omb port avec un foyer luminieux au centre. « Comment ces ger -uvai« e temps de manger? » demandait
un grand artiste n ; i ant 1 * i I d’une composition de Gérard de
Saint-Jean. Il au iî eu cent foi b raison, s’il eût dit la même chose en présence du p '.tttdesA ' i .
Et pourtant ut cela :t\ ien. Nous trouverons mieux avec le miroir convext appliqué au m du fond. Ce miroir reflète tout le tableau, d:\i moi as I que le creux de la main. On y voit,
en petit, de d- •:>, les cio? x époux à droite, l’image du lit; au milieu, la porte d’entrée u b;asui< < • .iquelle apparaissent deux personnages, l’un \ et au; l’autre tout en bleu, vêtu d’un
justaucorps se qui 1 jusqu’aux genoux, et dont le
bonnet, à l’anc < : d’étoffe tombant sur l 'épaule.
A gauche, est le re, n - a pas de celle que l’on voit dans
le champ du tablea tre, inv ble, percée dans le même
pan de mur; car la >i s* qui éclairent les visages et les
mains des deux époux su, ;- .i source de lumière qui les frappe de côté, même un peu par d* v * par derrière, comme le ferait la
fenêtre visible.
Jean a rehaussé son tableau d t impositions importantes ! Dans
la bordure du miroir, dix petits cerclt ux, chacun de i5 millimètres
de largeur, renferment les dix scènes suie antes :
Le Christ au jardin des olives; Le Baiser de Judas; Le Christ au prétoire; Le Christ à ta colonne ; Le Christ portant sa croix ; La Crucifixion ; La descente de croix ; La Mise au tombeau ; La Résurrection ; L’Ascension.
Hubert est donc dépassé en finesse ? Non. Même dans ses personnages les plus microscopiques, dont certains atteignent à peine un millimètre, Hubert conserve la souplesse et le sens du mouvement qui le caractérisent ;
Jean van Eyck