‹ HudibrasChapitre 9 sur 21 · TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

TRADUCTEUR

Extrait de t Esprit des Journaux ., janvier 1793,

pages 83 « 96 .

Ahifn de l'extrait ilj a {appendix to the Critical Review (i).)

HuDiBBAS, etc. Uudihi-as , poème écrit dans le temps des troubles d'Angleterre , et traduit en vers français, avec des remarques et des figures, en trois volumes in-12, Londres, {Paris, 1757.)

vJn pense généralement que l'on ne traduit jamais les ouvrages de génie , sans laisser évaporer dans leur passage d'une langue dans une autre, une grande partie de l'énergie , du sel, et de l'esprit qui les caractérisent. Cette opinion doit être la cause principale qu'on n'a jamais entrepris une traduction du poëme de Hudibras , qui pourrait rendre sensible aux nations étrangères l'originalité de cette composition.

Voltaire, dans une de ses lettres écrites de Londres, dit : '< Je désespérerais de vous faire connaître le poëme « anglais de Hudibras (2); c'est de tous le* livras que . j'aie jaiuaîs tus , celui où j'ai trouvé le plus d'esprit, « mais c'est aussi le plus intraduisible .... »

On ne doit donc pas être surpris qu'on se soit si peu occupé de traductions complètes de ce Viyre inimitable, puisqu'on ne pouvait pas même espérer la possibilité

(i) Toutes nos recherches u'ont pu nous faire trouver la partie dn Critical Review , d'où cet extrait est traituit. Nous l'aurions désiré pour faire retraduire plusieurs phrases que nous avons essayé de franciser un peu.

(2) Voir le paragraphe de citation , p. Vil , dms I» préface du traduc» leur (1757).

XXXIV NOTICE SUR J. TOWNELEY. j

d'une entreprise heureuse , malgré de vains efforts pour ^1 le traduire en latin , en hollandais , et en plusieurs j autres langues. t

Nonobstant cette opinion généralement répandue, \ il existait une traduction fiançaise aussi exacte qu'elle I était Iittér;ile , fuite en vers burlesques, qui servait à ' présenter tout l'esprit particulier, tout le piquant de I l'original , et qui substituait les plus heureux équl- ] valents toutes les fois qu'on ne pouvait exprimer l'idée j même dans les termes les plus appropriés. Nous igno- '■ rions cette traduction , lorsqu'un nouvel e';sai sur les ■ principes de la ti aduction (3) en fît connaître quelques '; morceaux détachés. Ces passages excitèrent bientôt ■■, l'attention publique, et la complaisance d'un de nos 5, correspondants nous procuie la facilité de rendre | compte de cet ouvrtige , que malgré notre désir nous ^ n'avions encore pu rencontrer. Nous trouvons enfin j que cette traduction, d'un poëte vraiment anglais , fut publiée il y a plusieurs années; et la singularité de I cette production rend peu nécessaire tout ce qu'on j pourrait en diie de plus. s

Cette entreprise est jugée aujourd'hui de la manière '] la plus flatteuse pour le traducteur. Il a donné un tra- i vail complet , qu'il avait d'abord commencé par frag- j ments épars. 11 a fait ce qu'on pourrait appeler plutôt < une imitation qu'une traduction, mais par-tout égale : aux parties choisies qu'on en a citées. A son honneur, ! et à la surpri'ç dp nos lecteurs, qu'on saclie donc que j c'est un g.°iitiliiomme anglais, qui, passant de bonne heure en France pour son éducation , entra au service « de cette nation; et , pendant une très-longue résidence, ' se rendit maître de la langue française, non-seulement ' delà partie moderne, mais encore de celle en usage ■ parmi les poètes anciens, et particulièrement chez ceux i qui se servirent du style maearonique , au point de pou- \

(3) Essai on the principles of translation , ( ij- lord ff^oodhouseke. ) J

fiondon, jygi , gr. in-f3°. j

iNOTICE sua J. TOWNELEY. xxxv

iroir rendre avec la plus grande facilité, et d'une manière analogue, les concetti et les fantaisies de notre poëte bizarre et singulier, qu'il joossédait supérieurement, et qu'il a su en conséquence reproduire dans la langue qu'il venait de se rendre très-familière.

Jean Towiielej { ^), écuyer, frère de feu Richard Towneley, né à Towneley, dans la province de Lancaster, fit celte entreprise singulière. Il y fut d'abord entraîné, parce qu'il avait particulièrement adopté ce poème; ensuite, par le désir ardent qu'il avait d'en rendre les beautés sensibles à des gens de lettres qu'il affectionnait le plus. Il commença par traduire les passages les plus frappants qu'il leur communiqua. Amesure qu'ils les approuvèrent il leur en présenta d'autres, jusqu'à ce qu'en continuant fréquemment cet agréable exercice , il se trouva bientôt au terme de son opération. Il se mit alors à en lier les parties, et réussit bientôt à finir sa tâche. Pour satisfaire au désir de ceux qui s'intéressaient à l'ouvrage, il consentit à faire imprimer sa version. Pour cela , et pour la faire éclaircir par les notes nécessaires , il la confia à son ami l'abbé Tuberville-Needham. Ce dernier résidait alors à Paris , et il fut très-connu dans la république des lettres, principalement dans la partie de l'histoire naturelle. Il suivit le plan tracé par Z. Grey. Il tira (5;, des remarques de ce commentateur, tout ce qui était le plus essentiel à l'éclaircissement d'un nombre de passages, et à expliquer les allusions qu'ils renfermaient. Ces notes ne sont pas imprimées au bas du texte, mais

(4) Indécis sur l'orthographe de ce nom propre , nous l'avons adoptée ainsi. 11 existe une autre famille anglaise que l'on pourrait confondre avec celle-ci , mais elle écrit Townley.

(5) Nota. L'histoire littéraire attrihue positivement ces notes à feu Larcher, le savant traducteur d'Hérodote. Le journaliste s'est mépris dans le rapport qu'il a voulu établir efttre le dernier alinéa de l'avertissement du libraire, ( 1757, voir page V ) et la phrase qui précède. L'alinéa, désigne Larcher annotateur, et la phrase : On m'a remit.... etc. , indique TuberviUe-Needham, éditeur.

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