‹ Hugo van der GoesChapitre 21 sur 39 · DE CARTONS DE TAPISSERIE · texte numérisé non relu

DE CARTONS DE TAPISSERIE

Van der Goes a-t-il fait des enluminures ? Cette question n’est pas nouvelle. A. Wauters lui attribuait déjà sans hésitation Y Adoration des Bergers du bréviaire Grimani ; « c’est par une association d’idées assez » bizarres, dit-il, qu’on a mélangé ici ces anges, les uns agenouillés, » les autres descendant du ciel, avec des paysans dont les figures » apparaissent entre les piliers. J’inclinerais à voir dans cette peinture » une œuvre de Van der Goes qui a traité le même sujet dans son » tableau de Florence » (i). Cette opinion n’est pas soutenable, le bréviaire Grimani datant, comme le fait est établi, du premier tiers du XVI® siècle. La composition et l’esprit qui la pénètre rappellent à n’en pas douter le génie du maître gantois (2) ; il n’y a pas jusqu’à la présence, au premier plan, de la botte de paille qui ne soit tout à fait suggestive, ce détail se rencontrant dans une série d’œuvres émanant du maître. U Adoration des Mages du même manuscrît semble, dit Wauters, une répétition du tableau du Musée de Munich, sans doute du tableau de Gérard David d’après van der Goes. Cette fois Alphonse Wauters ne parle plus de cet artiste comme enlumineur, mais il devine très justement un fait qui, comme on l’a vu plus haut, a été établi plus tard par M. Friedlânder.

(1) Recherches sur l’histoire de l’école flamande de peinture de la seconde moitié du XV siècle, p. loi (1882).

(2) Voir nos Recherches sur les enlumineurs flamands, — le Bréviaire Grimani, Bulletin des Commissions royales d’art et d’archéologie, t. 3o (1891).

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En ces dernières années il a encore été question du concours de Hugo dans l’illustration de manuscrits. Au mois d’août 1904, dans le 11° 32 de \' Art moderne, M. Sander Pierron émit l’opinion que le moine artiste avait enluminé de « nombreuses miniatures » dans les vies des saints du Brabant par Jean Gielemans, prieur de Rouge- Cloître. Le principal argument était que l’écrivain du XV® siècle n’avait pu négliger de faire appel au talent d’un artiste qui vivait sous son toit. Or, cette raison de pure convenance ne fut pas agréée par un collaborateur très avisé de la revue Durendal (1). Celui-ci fit remarquer que les manuscrits dont il s’agit, conservés dans la bibliothèque privée de l’empereur d’Autriche, ne contenaient en réalité que trois miniatures. Il y en a une dans le premier tome de V H agiologium Brabantinorum , fol. III; une autre dans le tome deuxième du même ouvrage, fol. IV, et une troisième dans V Historioligium Brabantinorum, fol. III.

La première, pourvue d’une ligne explicative en latin, nous montre Charlemagne figuré en empereur et vêtu d’un manteau dont les pans sont tenus d’un côté par saint Albert, l’évêque martyr de Liège, de l’autre par saint Louis, évêque de Toulouse; et, sous les plis de ce manteau, s’abritent d’une part saint Louis, roi de France, saint Arnould, évêque de Metz, et saint Guillaume ermite; et d’autre part sainte Gertrude, sainte Begge, sainte Gudule et sainte Amalberge.

Dans la seconde miniature apparaît un arbre au tronc élevé. De ses fleurs émergent des saints qui n’appartiennent pas, comme nous l’apprend une inscription, à la race des ducs de Brabant, mais qui ont une autre origine; nous citons sainte Ode, vierge, saint Rombaut, saint Gommaire confesseur, sainte Vivinne, abbesse, sainte Ludgarde, moniale, saint Théodore, évêque et martyr, et saint Lambert, également évêque et martyr.

La troisième miniature représente une rue de Jérusalem. « Ces

(i) Août igo5, pp. 5o5 et 5o6.

Hugo Van der Goes (copie). D’après Hugo van der Goes.

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