ADORATION DES MAGES LAMENTATIONS SUR LE CORPS DU CHRIST
Livre d’HeureS (Munich, Hofbibliotheek (Cim. 41) commencement du XVI® siècle).
(Munich, Hofbibliotheek (Cim. 41) commencement du XVP siècle).
Le Musée de la Manufacture nationale des Gobelins possède deux tapisseries remarquables de la seconde moitié du XV® siècle qui figurèrent en igo5 à l’exposition d’Art ancien bruxellois. Elles furent tissées sur des modèles que nous avions cru pouvoir attribuer à Hugo, et nos arguments se trouvent dans l’Album qui fut publié en suite de cette exposition, M. Max Friedlânder ne se rallie point à cette façon de voir et il songe plutôt à Roger van der Weyden, Il est certain que la Vierge de V Adoration des Mages explique cette opinion, seulement les types des personnages accusent une autre intervention ; et le paysage dans la scène de l’arrivée des mages, se rapproche plutôt de ceux de Thiéry Bouts ou de Hugo van der Goes qui était sous ce rapport dans la même voie que le peintre de Harlem.
Tapisserie représentant V Adoration des Mages, trésor de la cathédrale de Sens. — Nous croyons reconnaître l’influence de Hugo dans cette œuvre 'd’art ; au point de vue historique, rien ne s’y oppose. On a vu aussi dans l’œuvre des réminiscences de Thiéry Bouts, et le fait n’est pas inconciliable avec l’intervention de Hugo. Que ce dernier ait subi l’action du maître harlemoîs, c’est chose reconnue d’ailleurs par M. Friedlânder à propos du triptyque de la galerie Liechtenstein. On remarquera la tête du roi vieillard, elle évoque celle du vieillard à barbe blanche de la Mise au tombeau du Musée national de Naples. Les mains de ce personnage comme de plusieurs autres dénotent une observation tout à fait remarquable. Les deux paysans qui regardent par la lucarne sont aussi conçus dans l’esprit du maître.
Dans une étude parue aux moîs de juin et juillet 1912, dans V Art flamand et hollandais, sur Juste de Gand, nous avons publié une très remarquable tapisserie de la seconde moitié du XVI® siècle appartenant au Musée des Beaux-Arts de Boston, États- LFnis, et représentant quatre scènes : la Création d'Eve, le Baptême du Christ, la Nativité et le Crucifiement . Ces divers sujets sont précédés chaque fois à l’avant-plan d’un prophète et d’un apôtre portant une banderole, sur laquelle est reproduit un
passage des prophéties ou du Credo. Par voie de rapprochements avec la dernière Cène d’Urbino, il nous a paru que cette pièce pouvait être restituée à Juste de Gand ou Josse van Wassenhove. D’autre part, la Nativité évoque, par la composition, la manière de notre maître, et tel ange s’apparente à ceux du triptyque de Florence et à ceux de la cène dont il s’agit. — Nous inclinons à voir aussi l’intervention de Juste de Gand dans la tapisserie de l’ancienne collection Gavet qui a été reproduite dans la même étude.