‹ Hugo van der GoesChapitre 4 sur 39 · VOLETS · texte numérisé non relu

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(Musée de l'Ermitage, St. Pétersbourg).

<ier Goes de laire triompher dans leur art. On sait que vers 1435 nog&r Ÿxr. der Weyden quitta Tournai pour venir s’établir à Bruxelles ou l’avaît appelé le magistrat de cette ville. H est bien le fondateur de

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t‘é<ck br^b3»vOnue c?: son action prolongée fut décisive non seulement su? les peint^res, mais aussi sur les imagiers de tout 1 ancien Brabant.

iïiiluence déborda sur les autres parties des Pays-Bas et s’étendit mérite â nluA.ieuîTj contrées -ermaniqucs. La succès lui venait surtout

dft' ifsiiKiftcalnî* s’était révélé l’éloquent initiateur. G art de i - t -rn quoique soilc, d’une façon adéquate au sentiment t>* . . f idément chrétiennes. En présence des succès qui . ... ' -tfurtfa, esl-U étonnant que sa manière ait suscité des

.'li x.-i ' ’ ' ui ne citer qu'un exemple, qu'elle ait même triomphé

, ;.v native de Thiéry Bouts I II est de fait qu’en abordant

* ' . ir -a Passion le peintre harlemois subissait la fascination

î.)ornai .;en, A son tour,* Hans Memling s’évertua tellement ^ •• .ai Mt; pxs a pas qu’il é.st parfois malaisé de distinguer ses premières ..y.i.>ciirrîR de cclle.^: de son maître; et son contemporain Hugo van . Gv*€b subit aussi l'ascçndant du peintre wallon.

Vpré.s les considérations qui viennent d’être émises, il conviendrait, M-mbk t'd. d'envisager la personnalité de rartistc sous ses divers aspecti. Seulement, avant de formuler un jugement, U nous a paru convenable d’étadicr tout d’abord scs œuvres, et nous avons même essayé de les présenter dans l’ordre supposé de leur apparition. Cette tentative ne laisse pas d’être ingrate, car on ne sait guère dater exacte-

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ment qu’une seule de ses peintures, et les liens qui existent entre ses diverses productions ne sautent pas immédiatement aux yeux ; c’est la conséquence des nombreuses lacunes qui existent dans l’œuvre de ce maître fécond qui ne se répète jamais. Mais dans cette évolution pour ainsi dire sans arrêt, il subsiste toutefois assez d’éléments pour établir quelques points de repère.

Dès le début, Hugo marche sur les traces de Roger van der Weyden ; cependant sa personnalité s’affirme par une sensibilité plus vive encore, jointe à un réalisme décidé. L’artiste gantois se distingue par un dessin délicat ou précis, et parfois par un coloris chaud et brillant. A cette phase appartiennent plusieurs peintures de dimensions restreintes conservées à Francfort, à Vienne et à Saint-Pétersbourg. Hugo travaillait encore dans le rayonnement de Roger lorsqu’il conçut la Descente de Croix que d’aucuns attribuèrent longtemps au maître tournaisien. Seulement celui-ci n’atteignit jamais à un tel degré de force, même dans son chef-d’œuvre conservé à l’Escurial.

On pourrait constituer un groupe spécial avec V Histoire de Jacob et de Racket, David et Abigdil et le Couronnement de la Vierge, de Buckingham Palace, où le maître se dîstingue surtout par des ressources de composition et de mise en scène. On y rencontre déjà des types propres à cet artiste, figures d’hommes très personnelles et fortement caractérisées, têtes de femme au grand front, à l’expression grave et recueillie, parfois mélancolique.

Enfin, au point culminant de sa carrière, on peut placer cinq œuvres capitales : les panneaux d’Holyroad, le triptyque des Portinari, le tableau de Montforte de Lemos, V Adoration des Bergers, du Musée de Berlin, et la Mort de la Vierge, du Musée de Bruges. Elles s’imposent à notre admiration par la vérité des physionomies, par l’ampleur des draperies et une facture qui, à certains moments, relève du grand style. La Mort de la Vierge semble correspondre à la fin de sa carrière, alors que le coloriste le cède tout à fait au dessinateur.

A ce groupe important on doit joindre plusieurs copies, reflets plus ou moins fidèles et de très grand mérite dont les originaux sont perdus ou égarés.

Si van der Goes fut si fortement pénétré des aspirations religieuses de Roger van der Weyden, il fut redevable à l’étude des van Eyck d’une technique très sûre ; il sut apprécier toute la valeur d’une observation exacte et d’un faire consciencieux qui consiste à donner à chaque chose son aspect et son caractère. Hugo eut-il songé à voir et à faire grand si l’étude approfondie des figures capitales de V Agneau mystique, images saintes ou portraits fidèles, n’eût été pour lui un puissant stimulant ? A l’école des van Eyck et de Roger van der Weyden, tout autre moins doué que lui eût, sinon sacrifié son indépendance, du moins perdu de son élan et de sa personnalité. Loin d’être contrarié dans son essor, van der Goes, au contraire, grâce à une étude constante et consciencieuse de la nature, affirma son indépendance au point d’être considéré comme le principal peintre des Pays-Bas pendant la seconde moitié du XV^ siècle.

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