‹ Hugues Capet, chanson de geste;Chapitre 17 sur 27 · Carly istore en est dedens le citéd'Ais. (P. 182, v · texte numérisé non relu

Carly istore en est dedens le citéd'Ais. (P. 182, v

2. Gervinus, GeschichU der deutschen Dichtung, t. 11, p. 206.

Préface. lîx

pas antérieure à 1437. D'un autre côté , Elisabeth étant morte le 17 janvier 1456, nous devons, sans craindre de nous tromper , placer l'époque de la traduction allemande de notre poëme entre 1437 et 1456. Entre ces deux dates, il y a de la marge; mais Heindôrffer, l'éditeur de 1537, considère la traduction de Hugues Capet comme fort ancienne et la fait remonter à un siècle -, il est donc probable qu'elle suivit de très-près celle qu'Elisabeth avait faite de Loîher et Maller.

Maintenant, comment juger de l'œuvre d'Elisabeth ? nous n'avons plus son manuscrit , qui a été composé dans la première moitié du XV^ siècle et imprimé pour la première fois en i ^00, c'est-à-dire plus de 44 ans après sa mort. Conrad Heindôrffer, qui l'a publié, avoue lui-même l'avoir abrégé autant que la langue pouvait le permettre.

Il ne m'a pas été possible de me procurer un exemplaire de la première édition (i), ni même de la seconde de i$o8 (2); je n'en possède

1. Ein lieplichs lesen und ein warhafftige Hystory wie einer (der da hiess Hug Schapler un wz metzger^s geschlecht) ein gewallîger Kûng zu Franckrich ward durcli seingrose ritterliche Manheit. Und als die Geschrifft sagt, sq ist erder nest gewesen nach Carolus magnus sun Kûnig Ludwige. Straszburg, Hans Grûninger; 1500, in-fol., avec 36 fig. en bois, 2 feuillets non chiffrés 6154 feuillets chiffrés à 2 col. de 41 lignes.

2. Ein lieplichs lesen unnd ein warhafftige Hystory wie einer (der da hiess Hug Schapler un wz metzger's geschlecht) ein gewaltiger Kûnig zu Franckrich ward durch sein grosse riterliche Manheit. Straszburg, Hans Grûninger ; 1508, in-fol., 36 fig. en bois, 52 ff, à 2 col. chiffrés (langage rajeuni).

Ix Préface.

qu'un exemplaire de Tédition de i $ 37 (0 ? c'est donc en le comparant à notre poëme que je chercherai à apprécier le travail d'Elisabeth de Lorraine.

Si malgré les retranchements qu'il a subis, nous reconnaissons quelques passages qui n'existent pas dans le poëme, et si nous en trouvons encore d'autres beaucoup plus développés que dans l'original, ne sommes-nous pas autorisés à dire qu'Elisabeth ne s'était pas tout à fait restreinte au texte français, mais qu'elle l'avait quelquefois remanié et allongé, en le faisant passer dans la langue allemande.

Il y a donc des différences sensibles entre l'original et la traduction : d'abord les additions et les développements introduits par Elisabeth; ensuite , les modifications successives des éditeurs. Nous avons déjà dit que Conrad Heindôrffer, en publiant la traduction d'Elisabeth de Lorraine en 1 500, y avait fait des retranchements considérables; l'éditeur qui la réimprima en 1537 avoue dans sa préface avoir rajeuni la

I. Ein Schône unnd Warhaffte History vondem Teûren, gehertzten und Manhafftigen Hugen Schappler, welcher, von wegen seiner Kûnheit und Ritteriichen thaten, (wiewol er von seiner muter metziger's geschlecht geboren was , zûletst in Franckreich zû einem Kûnig erwôlet unnd gekrôntward. Von newem getruckt, seer Kurtzweilig unnd lieblich zû lesen. M. D. XXXVII. Strasburg, Bartholomeus Grûniger, in-foL, 59 feuillets chiffrés et 41 fig. en bois.

Il y a eu encore deux autres éditions allemandes de Hugues Capet, savoir : Francfurt am Mein , Catarina Rebartin in Verlegung Kilian, 1 571, in-8 , et celle de Leipzick, 1604, in-8 . — (Trésor des livres rares et précieux , par Grasse, Dresde, 1862, t. m, p. 384.)

Préface. Ixj

langue, devenue presque incompréhensible , en la mettant en rapport avec les progrès du temps. En cela il se conformait aux exemples de ses prédécesseurs, et s^il en a retouché certains passages , c^était pour les accommoder à l'esprit et aux mœurs de son époque; il regrette de n'avoir pu retrouver le manuscrit original ni en français, ni en italien, ni en latin ; enfin, il ajoute comme complément de sa justification, qu'il n'a osé ni changer, ni abréger l'ancien texte, mais qu'il s'est borné à l'améliorer , selon la forme et le goût actuel 5 par quelques mots intercalés qui loin d'altérer le sens de Fauteur^ s^en rapprochent autant que possible.

On peut donc croire que l'œuvre d'Elisabeth a dû nous arriver singulièrement altérée; cependant, malgré toutes ses vicissitudes , l'histoire de Hugues Capet, telle qu'elle est encore dans l'édition de 1557, suit pas à pas la marche du poëme français , on peut s'en convaincre à la seule inspection des rubriques des chapitres allemands.

Ces explications préliminaires, au moment où nous allons procéder à l'examen comparatif du poëme et de la traduction, serviront à attribuer à qui de droit les différences que nous aurons à signaler entre le poëme français et le texte allemand de 1537. — Ainsi les additions et les développements doivent être rapportés à Elisabeth, — les suppressions et les raccourcissements à Conrad Heindôrffer, enfin les modifications de forme et de goût à l'éditeur de 1537.

Voici d'abord le titre de l'édition de 1537 :

(c Belle et véritable histoire de Texcellent, cou-

Ixij Préface.

rageux et vaillant Hugues Schapler, lequel, à cause de sa hardiesse et de ses prouesses (quoiqu'il eût pour mère la fille d'un boucher), fut enfin élu et couronné roi de France. »

(( Nouvellement réimprimée et agréable à lire. »

Supprimant le préambule du poëme, le texte allemand commence ainsi :

(( L'an 8 5 1 après la naissance du Christ notre cher et béatifique seigneur, au temps où Lothaire gouvernait l'Empire romain , et Louis son frère le royaume de France , naquit dans ce dernier Etat, au pays de Lanoy (i), un jeune chevalier nommé le sire Garnier (2)^ qui n'était pas auprès du roi Louis en peu d'honneur ni de dignité, et quoique par sa race et par la lignée de ses quatre aïeux , il fût noble et appartînt à l'ordre de chevalerie, il n'eut pas honte cependant de faire une brèche à son rang, en prenant pour légitime épouse une pieuse , vertueuse et très-belle jeune fille, dont le père était un riche boucher de Paris^ car à cause de son irrésistible beauté , il s'enflamma d'amour pour elle, et fut si durement frappé du pouvoir de Vénus et des traits de Cupidon, qu'il ne lui restait plus d'autre alternative que d'épouser cette jeune fille ou de succomber à une maladie si dangereuse. »

Le texte allemand ajoute que bien loin de nuire à Garnier, ce mariage lui porta bonheur, et qu'il fut toujours considéré comme un des

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