XXI. — LIBER DE MODO ORANDI
Le même traité se présente encore sous ces autres titres : De Virtute Orandi, de Virtute Oratioiiis, de Orationey de Modo et Virtute Orandi, de Virtute et génère Orandi, Vincent de Beauvais, Jean de Saint-Victor ', ainsi que Jean de Tritenheim, l'attribuent au chanoine de Saint-Victor^ et ils ne sont contredits par aucun manuscrit. Cet opuscule a été publié, pour la première fois, par Josse Clichtoue^ chez Henri Etienne, en 1 506. Les auteurs de V Histoire Littéraire le goûtent peu et nous n'en ferons pas un grand éloge. Comme on l'estimait bien davantage au treizième siècle, on en a fait beaucoup de copies, dont quelques-unes sont des abrégés. C'est un de ces abrégés que renferme le numéro i 455 de la Sorbonne.
XXIL LIBELLUS SPONSI AD SPONSAM DE AMORE.
C'est une paraphrase sur quelques versets du Cantique des Cantiques. Les auteurs de V Histoire Littéraire la classent parmi les écrits supposés du chanoine de Saint-Victor. Ce qu'ils pensent justifier d'une manière suffisante en disant: «Le style bas et rampant de cette piècC;, les réflexions » puériles dont elle est farcie, les allégories indécentes
^ Sous le faux titre de : De Virtute ordinis.
» qu'on y emploie, décèlent un auteur sans jugement, et » très-peu versé dans l'art d'écrire •. » Nous ne voulons pas défendre Touvrage que les Bénédictins censurent avec tant d'âpreté. Il est vrai que c'est une allégorie continue, où il y a profusion de métaphores vulgaires, puériles et indécentes. Mais c'est le défaut de la plupart des gloses composées sur le même texte, et les docteurs les plus chastes, les Pères les plus saints, l'ont tous interprété sur le même ton, avec la même liberté. Ils n'avaient pas nos scrupules. Nous ne pouvons donc souscrire aux motifs qui ont porté les Bénédictins à rejeter le Libellus sponsi ad sponsam de Àmore. parmi les ouvrages faussement attribués au chanoine de Saint-Victor.
Ce qui semble prouver qu'il est de sa plume, c'est qu'on y retrouve des passages évidemment imités de ses autres écrits. Il est, d'ailleurs, mentionné dans quelques anciens catalogues de ses œuvres^, et, dans tous les manuscrits où nous l'avons rencontré, il est associé à d'autres opuscules du même docteur. On peut consulter à cet égard les numéros 2479, 2531 , 2532, 2566, 2945 et 3007 du fonds du Roi, 757 de Saint- Victor, 346 (A) et 722 de la Sorbonne, et 301 de la Bibliothèque de Troyes. Les numéros 2531 et 2566 du Roi sont deux beaux volumes du douzième siècle, écrits avec le plus grand soin par des copistes exercés, qui, presque contemporains de Fauteur, méritent d'autant plus de confiance.
Le même ouvrage est encore intitulé : Eulogium sponsi ad sponsam, Eulogium sponsi et sponsœ, Tractatus de sponso et sponsa, et Libei' de amore sponsi et sponsœ,
» Hist. litt.,L XII, p. 70.
2 Bulletin des Comités^ 1851, p. 185. — Trilhemius^ De Script, eccles.