XXIV. — DE NUPTHS LIBRI DUO
C'est encore un livre que le critique de Leyde retranche des œuvres du Victorin , pour l'attribuer à Hugues de
Fouilloi. Mais il ne justifie pas cette attribution. Cependant, on n'a pas à produire ici contre les éditeurs de 1 648 les témoignages d'Albéric et de Jean de Tritenheim. Ce dernier paraît même inscrire le traité Des Noces au catalogue du chanoine de Saint-Victor, sous ce titre qui rappelle un ouvrage inséré dans les OEuvres de saint Augustin : De Nuptiis et Concupiscentia liber unus. Mais dom Brial remarque que les plus anciens manuscrits de ce traité portent le nom de Hugues de Fouilloi, et il en désigne trois qui sont, en effet, conformes à la description qu'il en donne ^ C'est une preuve assez forte. Nous ajouterons que le style du traité Des Noces a beaucoup de rapports avec celui du Cloître de VAme, C'est la même surabondance d'images, le même abus de la répétition, la même emphase et le même verbiage. Restituons-le donc, avec Oudin et dom Brial, à Hugues de Fouilloi.
Ce n'est pas sans étonnement que nous avons rencontré dans le premier chapitre de cet ouvrage un résumé presque fidèle du Lysis de Platon, Hugues de Fouilloi n'ayant pu lui-même connaître le Lijsis, Mais, en y regardant de plus près, nous avons constaté que tout ce premier chapitre est littéralement extrait du traité de saint Jérôme contre Jovinien ^.
' Numéros 2494 et 2495 de l'ancien fonils latin de la Bibliothèque Impériale, et un volume de Saint-Victor qui doit porter le numéro 69. ^ Contra Hœreses Joviniani, lib i, c. 29 et 30.