‹ Hugues de Saint-Victor;Chapitre 28 sur 75 · XXXIII. DE POTESTATE ET VOLUNTATE DEI. — DE QUATUOR · texte numérisé non relu

XXXIII. DE POTESTATE ET VOLUNTATE DEI. — DE QUATUOR

VOLUNTATIBUS IN CHRISTO.

Ce sont deux opuscules, que les éditions de 1648 et de i 853 nous présentent dans cet ordre, et cet ordre ne paraît pas le meilleur. En effet, le second, qui traite de la volonté de Jésus-Christ, commence par ces mots : « Quseris » de voluntateDei et de voluntate hominis similiter; » et le premier, qui traite spécialement de la puissance de Dieu, distinguée de sa volonté, a pour incipit dans tous les manuscrits : (( Queeritur etiam, de potestate Dei, an major sit » voluntate ejus?» Nous proposons donc d'appeler à la première place celui que les éditeurs ont mis à la seconde. C'est ainsi, d'ailleurs, que nous les offrent les numéros 348 de la Sorbonne et 1 37 de Saint-Victor.

Casimir Oudin, y remarquant l'emploi fréquent de ces formules conjonctives amplius, msuper, prœterea, les croit d'un auteur du treizième siècle. Il ajoute : « On m'assure » que c'est un fragment détaché des œuvres de Guillaume » d'Auvergne, évêque de Paris ; mais je n'ai pas eu le loisir » de le vérifier. » C'est une vérification que nous avons cru devoir faire, et nous n'avons pas retrouvé dans les œuvres de Guillaume d'Auvergne ces deux traités, ou ces deux chapitres. Il est bien vrai qu'ils paraissent avoir été dictés vers le commencement du treizième siècle, et plutôt par un logicien que par un mystique. Mais c'est une apparence qui doit être trompeuse. En effet, tous les manu-

scrits attribuent ces deux traités à notre chanoine , et ils sont portés à divers catalogues de ses œuvres '. Ce ne sont pas là des preuves décisives, on en convient ; mais on peut en fournir une autre qui présente ce caractère. Un témoin tout à fait digne de confiance, lorsqu'il parle de ses confrères en mysticisme, saint Bonaventure, dissertant à son tour sur cette subtile chimère des quatre volontés, s'exprime en ces termes : a Quod sint non tantum duse, sed » etiam plures quam très, videtur auctoritate Hugonis^ in » libello quem fecit de Voluntatibus Christi, ubi ait sic : » — Fuit in Christo voluntas deitatis, etvoluntas rationis, » et voluntas pietatis et voluntas carnis ^. » Or, nous retrouvons la phrase citée par saint Bonaventure au commencement du traité De quatuor volu7itatibus in Christo, Les éditeurs ont donc été mieux avisés que les critiques.

Page 1