‹ Hugues de Saint-Victor;Chapitre 33 sur 75 · XXXVIII. — DE BEAT^ MARIEE VIRGINITATE PERPETUA LIBER · texte numérisé non relu

XXXVIII. — DE BEAT^ MARIEE VIRGINITATE PERPETUA LIBER

EPISTOLARIS.

Les Bénédictins proposent d^enlever encore cet opuscule au recueil des OEuvres de notre chanoine, pour l'attribuer à Hugues de Fouilloi \ Mais c'est une proposition qu'ils font sans la justifier. Nous avons prouvé que nous ne sommes pas trop curieux de grossir ce recueil avec des pièces apocryphes : cependant nous ne voulons rien retrancher, sans de bons motifs, à l'édition de 1648. Or, vainement nous recherchons ce qui a pu décider les Bénédictins à rejeter le Livre Épistolaire de la Virginité pe^yétuelle : ils ne le disent pas. Venant après ses anciens confrères, dom Brial fait remarquer quelque différence entre la doctrine soutenue dans la Somme des Sentenees et celle du Livre Épistolaire. Or, la Somme des Sentences est incontestablement du Victorin ; donc le Liv7'e Épistolaire est, suivant dom Brial, du chanoine de Saint- Laurent ^. C'est une conclusion bien précipitée.

Il est d'abord certain que l'auteur du Livre Épistolaire s'appelait Hugues, puisqu il entre en matière par ces mots : a Sancto PontificiG.-Hugo, beatitudinis suse servus. » Et comme il y a plusieurs manuscrits de cet ouvrage qui remontent au douzième siècle, il faut en rechercher l'auteur parmi les maîtres de ce nom qui parurent avant le treizième.

1 Hist. Litiér., t. XII, p. 68.

î Ibid., t. XIII, p. 502.

Eh bien! nous n'en trouvons qu'un seul, Hugues de Saint- Victor, à qui la tradition donne un traité sur la virginité perpétuelle. Jean de Saint-Victor s'exprime à cet égard sans équivoque : « Fecit (Hugo de Sancto-Victore) de Perpétua » Virginitate sanctœ Mariœ librum unum. » A ce témoignage Henri de Gand joint le sien : « Respondit (Hugo de » Sancto-Victore) cuidam beatee Virgini Marine cum dero- » gatione obloquenti et calumnianti, quod Virgo virginum » diceretur. » Jean de Tritenheim et l'auteur du second catalogue publié dans le Bulletin des Comités * , disent la même chose. Or a-t-on jamais attribué quelque ouvrage sur la virginité perpétuelle au chanoine de Saint-Laurent? Jean de Tritenheim, et les autres bibliographes gardent à cet égard le même silence.

C'est une autre question de savoir si l'opuscule, publié par les éditeurs de 1 648 sous le nom du chanoine de Saint- Victor, est bien l'ouvrage dont nous parlent la plupart des anciens. Un manuscrit de la bibliothèque de Laoii contient plusieurs traités de notre Victorin copiés et réunis au douzième siècle, et le Liber Epistolaris y occupe sa place ^, Nous désignerons pareillement le numéro 301 de la bibliothèque de Troyes, où le même traité se présente joint à d'autres écrits de Hugues, dans un volume du même siècle ^ On le voit encore, sous le nom de Hugues de Saint-Victor, dans le numéro 2566 de l'ancien fonds de la Bibliothèque Impériale, manuscrit qui paraît aussi contemporain de notre docteur. Enfin on le rencontre, avec d'autres œu-

i Juin 1851, p. 187.

' Catal. desMss, des Bibl. publ. des départements, Biblioth. de Laon^ n» 463.

î Ibid., L II, p. 143.

vres du même chanoine, dans la plupart des recueils formés au treizième siècle *. Voilà des autorités de quelque poids.

Il reste toujours la contradiction signalée par dom Brial entre quelques phrases de la Somme des Sentences et le Livre Épistolaire, Mais, nous l'avons dit ailleurs, la doctrine du Liber Epistolaris est, sur ce point, vraiment catholique,' vraiment orthodoxe, tandis que la doctrine de la Somme est une opinion paradoxale, faussement attribuée à s^int Augustin, qui ne Ta jamais soutenue ^. Est-il donc invraisemblable que notre chanoine, reconnaissant l'erreur qu'il avait commise dans la Somme, ait composé, pour la rétracter, un traité spécial?

Page 1