BIENFAITEURS ET COMITES DE SECOURS IU
Si nous eûmes à supporter la froideur et Téloîgnement* en revanche nous eûmes aussi le bonheur de rencontrer des cœurs dévoués, qui partagèrent avec nous la bonne et la mauvaise fortune, et il y eut assez de ceux-là pour nous consoler des autres.
Affreuse époque, où quelquefois des questions de personnes et d'autres, moinsavouables encore, venaient s'ajouter aux misères des malheureux proscrits! yue de larmes cachées, répandues dans le silence des nuits sans sommeil, sous des abris de hasard dus à la pitié et qu'on devait souvent abandonner à la hâte, dans la crainte de tomber dans des mains plus redoutables M
1. La comtesse de Saisseval, dame d'honneur de Mme KM sabelh, réfugiée en Hollande, avec sa mère, fui sur le point de tomber entre les mains des républicains, faute d'argent pour payer son passage en Angleterre. Mme Victoire lui envoya» heureusement, un col lier de pe ries dont la vente paya leur passage. " Us débarquèrent par un froid rigoureux, au milieu d'une neige épaisse dont les flocons ne cessaient de couvrir la terre glacée. Ils durent errer, elle et sa famille, une partie de la nuit sur le rivage, sans trouver un cite. Fis semblaient si misérables qu'un passant mit une pièce de monnaie dans la rnain d'une des petites Allés, qui s'écria aussitôt: y Maman ! je puis dire maintenant que j'ai faim, puisque voila de quoi acheter du pain 1 ■>
Pendant plusieurs années Mme de Saisseval lulla contre la misère par le travail. Sa mère (léchissait sous le poids de l'âge. Son mari avait perdu la raison, a La *uite de blessures reçues à l'armée de Condé. Elle était seule à gagner la vie de sa famille. Elle peignit des miniatures qui trouvèrent des amateurs. Elle confectionna des chapeaux qui
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La grande majorité du peuple nous fut toujours favorable : c'est là un de mes souvenirs les plus consolants. Nous trouvâmes, la plupart du lemps, chez les artisans et les ouvriers, des sentiments d'une délicatesse et d'un désintéressement au-dessus de tout iMoge. Un fait qui tue toucha beaucoup et dont je me rappelle encore avec émotion, est le refus que me fit un jour un petit garçon, couvert de haillons, auquel j'avais demandé un léger service, de recevoir ta modeste gratification que je lui offrais et dont il me remercia, mais que je ne pus parvenir à lui faire accepter.
Quelques familles de la haute société furent aussi une providence pour nous. Je ne manquerai pas d'adresser à celles qui voulurent bien me recevoir et près desquelles je trouvai un réconfort moral et physique, le juste tribut de ma reconnaissance.
Si jai vécu, dans cette ville, ce n'est que par les bienfaits de quelques flmes charitables, qui venaient à notre secours. Tous les mois, je recevais, pour payer ma pension chez M lie Molle,
eurent une grande vogue. Elle broda ensuite dea robes d'organdi* Chacune était vendue uae guinée. » { Vicomte de lîroc. Dix An* de ta vie d'une femme.)
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deux louis d or. Cette gomme provenait d'une souscription volontaire en faveur des ecclésiastiques français. J'ai même reçu l'étoffe et. l'argent nécessaires pour mé faire faire un habit noir.
Parmi nos bienfaiteurs, je nommerai l'abbé de Vilîers, chapelain de Sainte-Gudule, qui a fait en faveur des prêtres français au delà de ce qu'il pouvait, puisqu'il a été obligé de répondre avec son mobilier, conjointement avec l'abbé Levis, de la communauté de Saint-Sulpice, à Paris, qui était très considéré h Bruxelles. Voilà les instruments dont s'est servi la Providence, el qui ont fidèlement répondu à son appel. Au moyen d'une souscription, on avait loué un refuge à l'abbaye de Forcst *, où étaient un très grand nombre de prêtres et de jeunes gens que l'on instruisait dans la philosophie et dans la théologie-
1. L ancienne ahuave de fera Rioct.de Tordre de Saint-Benotl. située à Forent, a 4 kilomètres en sud-Hud-oneal de Brui<*iles H datait de 11W et ne*i*te plo*. Elle n été fermée, par Jadmi nistralk» tiraçaUe, en 17WS. Les bâtiments, sauf réfriiee, qui cat devenu*» étffise |#aroieftinle, s<kiI des de* meures de partir»! ter*. Dans la partie principale une brasserie a été étal) lie.
C'est dans celte ef*Ji*e que se truuve une des plu n grande» cuhomUw arehéfjïOtfi<jue« de U Belgique. In tombé île sainte Aline, datant, de 11*3. La même enlise renferme i-galement une tomhe au*si célèbre, -celle d'Alain de Hier^is, taort en 1164, \Noit oummuni^uè^ par M. U cheuuiier Ed, Mar- <rkaU tïcrètairt perpétuel dt l'Académie Royale de Belgique j
116 SOITVEMHS DE LABRE DE Ï'RÉNEUP
Au nombre des personnes qui concouraient à ces bonnes œuvres, se voyaient S. À. R, Tan'liiduc Charles, frftre de l'Empereur 1 , M. de Métiernîch, son ministre plénipotentiaire- ; Mmes de Lannoy, Hcnnery, mortes toutes les deux au cours de leurs charitables occupations, et beaucoup d'autres persoanes de marque. Il faul aussi distinguer Mme Tabbesse de Cortembcrg^,
L Charles <rnrehiducj, troisième Mis do l'empereur Léopold ll t néû Florence le ■"* septembre 1771, lit- ses premières armes ù lâmmape*, AJdeohovru, Nenv inden. En 171* t, il eloil a In bataille de Ftourus, Élevé <iu rang de feld-rnarcclial en i7H*ï, il commanda larmée du IUiin t et battit Moreau et Jourdan. tt.dtu en lLiilie, il fui sauvé d'un désastre par le traité de Gatupo-Formîo. Après Hohenlindcn il réussit;! contenir Moreau jusqu à la paix de Luné vil Je. Il commanda an chef, en Italie, pendant la campagne de 18uô et contre Napoléon en Itfosi, a EfcmOl, EôaUng et Wngram*
Il verni depuis dans la retraite et mourut le 3d avril 1847. Il laissa plusieurs ouvrages renommés de stratégie, el Tut un des plus constants et des plus redoutables adversaires de Napoléon I er .
2, Met terri ich {le prince ûà), homme d'État autrichien, né à Coblentz, en 1773, ministre d'Autriche a Dresde, puis a Berlin et entln a Pari*, en 18UG. Chancelier et président du Conseil en i8<ft>; conçu l la première idée du mariage de Napoléon t" et de Marie-Louise: se retourna, en 1813, contre la iïranee et re<;ul, ;iprt>s Leipsïek, le litre de prince: présida, en 1814 et IMI.j, le congrès de Vienne. H représenta l'Autriche aux Congre* d'Aix-la-Chapelle, en 18]tf, de Carlsbad, an 18PJ, de Troppau et de Laynach^ en 1820 ; de Vérone, en 1822 et aux Conférences de Prague. El abandonna le pouvoir en 1*48, après avoir joué un rôle considérable. Ou l'appela il le grand préoâl de l'Europe* 11 s'éteignit en 1850.
;i L'ancienne abbaye de Cortembcrg ètaïl située au nordest de Bruxelles, sur la roule de Louvain, à 22 kilomètres de la capitale du Brabant: elle a été fermée en 171M>. Le bâtiment principal «erl aujourd'hui de brasserie. 11 ne subsiste
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qui avait une douzaine de pnHres ou de religieuses dans sa maison, cl Mme l'AMiesse de Forest, qui nous a également fort secourus.
plus du nionantt*rp mr Y me \\u? \n gronde porle Uenlrcc ogivale. Cettti flbttfiye "lirait du ter du commencement du treizième *ièrlc,n <m ju^er nnr une tflttfriptîon tyU&ftë 1i*nU ?ur une flfl« colonnes de régHse, déhuiLi- en 1584 par les iconoclastes flette irise riplinn portait le milk^imc de K2$t. C>si à Corfornhi'r^que Herëunmsftii te Irïbttna] institué par le duc de Hrabant, Jean H» le 17 senlemnre Kl 12. Ce conseil formait, en i|ueïf|ue snrle. une dépulation permanente des Êtald du duché de lïrananl. \Aale rommimiqufo par .V. te chevalier Ed. Marchai, Ktcréfairc perpétuel de l'Académie Royale de Behjiqut.)
Les métiers et les émigrés. — Un bal en Haute Franconie. — La chapelle de Salazar. — Les libraires Collard et Le Maire. — Un émigré bibliophile. — Jubilé de 1794.
J'avais bien cherché à m'occuper et à trouver des leçons d'histoire ou de littérature française chez les particuliers, mais il y avait une si grande quantité de prêtres réfugiés qui tâchaient, comme moi, de se créer des ressources parle même moyen, que toutes les places étaient prises et qu'il me fut impossible de m'employer.
Parmi les émigrés, beaucoup savaient assez bien la musique, et, principalement, le violon. Aussi les professeurs en cet art étaient-ils fort nombreux. Toutefois, ils étaient, la plupart, empêchés par le manque d'instruments. Parlis précipitamment sans avoir pu emporter ce gagne-