L'HIVER DE
mardi, chez Antoine Michel Brandi; le mercredi, chez Barthélémy Firmbark ; le vendredi, chez Barthélémy Rosback;ces derniers, tous bateliers sur le Mcin; le jeudi, j'étais hébergé chez Antoine Reis, maître d'école. Je ne saurais jamais assez me louer de la bonté et de la générosité des personnes que je viens de nommer- Dieu veuille être leur récompense et bénir tous les habitants de cette bonne ville!
Je demeurais dans la maison d'Adam Rosback.
Il était chargé d enfants et voulut bien, quand môme, me donner l'hospitalité chez lui. J'ai passé de bons moments au milieu de cette famille simple et pratiquant les vertus chrétiennes autant qu'il est possible de le Taire, Nous "eûmes à subir, peu de temps après, les atteintes d'une saison si rigoureuse, qu'on ne se rappelait pas avoir autant souffert des frimas.
L/hiver de 1795 fut affreux. Tout le monde se plaignait, même les gens les plus endurcis aux rigueurs du froid. Tout gelait, et quand il me fallait sortir le matin, pour aller dire ma messe, je pensais quelquefois ne pas pouvoir respirer. Je m'enveloppais dans un grand manteau douHê, que mon hôte me prêtait et je me couvrais la figure autant que possible.
Je procédais de même pour aller prendre mes repas; sans cela, j'aurais été gelé. Je ne savais souvent comment me garantir. Il avait fallu Taire des chemins pour aller d'une maison à l'autre et l'on passait entre des murailles de neige glacée. Quand on entrait dans un appartement chauffé, sans transition, il se produisait une sorte de brouillard provenant de la condensalion de l'air froid. C'était surtout le soir que les sorties m'étaient pénibles et, bien que la distance ne fût pas grande, je croyais souvent avoir le nez et les oreilles gelées*
Le Meîn était hérisse de glaçons, chevauchant les uns sur les autres; on avait été obligé de prendre des précautions pour les bateaux ; les rive* étaient inabordables et tout avait un aspect de désolation impressionnant K
U L'hiver de 17ïM fut le plu^ rigoureux riu dix-huitieme siècle. Les souffrances endurées furent terribles, ce qui nVmpéelia pas nos soldat* de faire rnmpa^ne. Lr pénéral ThîébnulL qui était, â f.-ette époque, au sie>ïr de Rrcda, Tes décrit ;iïusi : i On aurait peine A croire à quel poinl, pendant les grands froids de cette glaciale année I79J, les bivouacs étaient cruels dans ce pays La terre, profondément ^elée T était couverte d «ne nciue épaisse; le givre, <|iti pendait aux moindres branches o>s arbres, avait trois, quatre eï cinq pouces de longueur..* Le seul palliatif que je trouvai fut de faire creuser des trous liorizouUiu\ dan* le sol des parties rentrantes de nos épaulcmenls, de les faire faini asseï larges pour pouvoir s'y loger deux à la fois, afin de se réchauffer mutuellement et, avec un de mes canin-