‹ Huit années d'émigration: souvenirs de l'abbé G.-J. Martinant de Préneuf, curé de Vaugirard, deChapitre 50 sur 91 · UN EMPIRIQUE · texte numérisé non relu

UN EMPIRIQUE

dans ma chambre et dans mon lit assez longtemps. Mes confrères me soignèrent avec dévouement ; mais, voyant que leurs remèdes ne provoquaient aucune amélioration, ils m'amenèrent un montagnard suisse qui guérissait infailliblement, disait-on, ces sortes de maladies.

J'hésitai quelque peu à me mettre entre ses mains ; toutefois, je n eus qu'à m'applaudir de lui avoir accordé ma confiance. En effet, au moyen d'herbes, appliquées sur les membres malades, et d'infusions qu'il préparait lui-même et qu'il me faisait prendre plusieurs fois par jour, je fus, en peu de temps, en assez bon état pour me lever. Bientôt, toute trace de rhumatisme disparut et je pus vaquer à mes affaires comme auparavant.

Je regrette de n'avoir pas eu connaissance des ingrédients qui composaient ce remède ; je les eus consignés ici. C'est un des plus efficaces que j'ai jamais connus. M. de Juigné, sujet à des douleurs pareilles, l'employa également et lui dut la santé.

Vie à Constance. — Incendie. — Sauvé par miracle. — Capture et exécution d'un gentilhomme français. — Un grenadier de Louis XV. — Son histoire. — Les prisonniers du Helder. — Nouvelles de Maëstricht.

Je vivais assez tranquillement à Constance, lorsqu'il m'arriva un accident où je faillis perdre Iîi vie. Une nuit, pendant que je dormais profondément, je fus réveillé, en sursaut, par un bruit

range qui ressemblait à des craquements et aux pétillements de la flamme. Dans la maison, j entendais des voix qui appelaient et la rue se remplissait de gens qui couraient. Je ne fus pas longtemps à me lever et à ouvrir ma croisée : le feu consumait la maison voisine. Je me hâtai d'achever de m'habiller et de descendre au plus vile. Une chaîne était déjà formée et Ton essayait de combattre les progrès du feu.

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