‹ Huit années d'émigration: souvenirs de l'abbé G.-J. Martinant de Préneuf, curé de Vaugirard, deChapitre 59 sur 91 · EXÉCUTIONS SOMMAIRES · texte numérisé non relu

EXÉCUTIONS SOMMAIRES

Les exécutions continuèrent encore le lendemain. Un silence morne régnait partout. L'activité ordinaire était suspendue et chacun restait chez soi, bien qu'il n'y eût plus aucun danger i\ sortir. Je Tus, pendant trois jours, confiné dans la maison du curé, qui, lui-même, me tenait compagnie. Nous ne sortions que le matin, pour aller dire notre messe. Nous allions et revenions ensemble.

Enfin, les troupes nous quittèrent; la vie habituelle reprit son cours et il ne resta de celte ëchaufTourét que le souvenir des mauvais jours que nous avions passés. Triste chose que ta guerre et les désordres inévitables qu'elle entraîne!

Dépari pour Hof. — Accident de diligence. — • Les nerfs d'une voyageuse. — Arrivée à Hof. — Leçons de français. — Chien et chat. — Un gentilhomme émigré. — Appréciation sur l'émigration. — Départ pour Auerbach.

Le 9 septembre 1796, je dis adieu à mon hôte et je pris la diligence qui passait. Je n'étais pas au bout de mes aventures. J'arrivai pourtant, sans encombre, à Munchberg, où je couchai. J'en repartis le lendemain. Dans mes déplacements, j'avais souvent éprouvé des accidents de voiture plus ou moins sérieux, mais, entre autres, celui qui in arriva pendant le trajet de Munchberg à Hof, est resté dans ma mémoire. S'il ne fut pas plus grave, et s'il n'y eût pas perte de vies, c'est bien à la Providence que nous le dûmes.

Nous étions au complet dans la diligence,

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