PERSÉCUTION
Quand je paraissais dans le salon où la famille était réunie, ee qui n'était pas fréquent, M. le baron ne manquait jamais, après des observations sur la dépravation et le luxe du clergé français avant la Révolution, de irTattaquer sur divers points de l'Écriture Sainte qu'il pensait pouvoir retourner avec le plus de facilité contre notre sainte religion. Soutenu par l'instituteur, il arrivait ensuite à la politique et prétendait qu'on avait eu raison de nous enlever les immenses richesses dont nous nous étions f/orgés , peur végéter dans la paresse et Vidolàtrie* Celaient les termes dont il se servait souvent.
Je tâchais d'éviter le plus que je pouvais ces propos haineux, auxquels il m'était h peine permis de répondre et je regagnais ma chambre, où je déposais aux pieds de Jésus-Christ les tristesses de tout ordre, que je devais endurer en son nom» Je le priais de me donner la force et le cou* rage nécessaires, qui, heureusement, ne m'ont pas manqué et je le remercie encore aujourd'hui de mavoir soutenu dans les jours si sombres que j'ai vécus cette année-là.
Hélas! combien de fois ai-je dû endurer ces déboires et ces mauvais traitements! Ces quelques mois ont été pour moi les plus durs de mou
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exil, relégué flans une chambre haute, sans feu, sans aucune aide, méprisé même par les domestiquas qui ne se gênaient pas pour me faire sentir qu'on nie faisait l'aumône et qui plaisantaient sur mes vêtements usés et le peu de linge que j'avais pu conserver !
Je me couchais aussitôt que possible el j'étais réduit à garderie lit, quelquefois pendant douze heures de suite, car les grands froids qu'il fil, à relie époque, dans cette partie de l'Allemagne, me faisaient souffrir cruellement- Je ne pouvais, en dehors des heures des leçons, me présenter dans la chambre des enfants, et quand je nie risquais auprès du feu de la cuisine, les valets, qui voyaient comment leurs m: lires agissaient envers inoin me bousculaient ou tenaient de tels propos que je devais me retirer.
Enfin, lassé d'entendre insulter ma religion, et de subir de tels traitements, j'allais partira l'aventure, quand la Providence me fit rencontrer M. le baron Henry de Mulhz de Walden, seigneur de Wclhoiïet de Sleingrab, qui avait déjà entendu parler des mauvais traitements que j'essuyais. Il se montra obligeant et compatissant pour moi et me dit qu'il voulait me donner an a9Île che2 loi, en attendant que nous puissions