UN SOUS-OFFICIER DE DUMOURIEZ
m'engageaient aimablement à venir dire la messe dans leurs églises. C'est ainsi que je me suis plusieurs fois absenté, et M. de Welhoff poussait l'obligeance jusqu'à me faire conduire chez mes confrères. Je fis ainsi différentes excursions dans le pays et aux environs.
Le 28 mai, je me rendis à Kulm ; le i5 juin, à Frauenreilh ; le 5 juillet, à Frippens,etàPlauen, du 6 au 11 juillet.
A Kulm, un des rares Français qui se trouvaient dans la contrée, vint me voir chez le curé.
Depuis deux ans, il habitait cet endroit et parlait assez bien la langue. C'était un ancien sousofficier de l'armée de Dumouriez, qui avait suivi son capitaine, lorsque ce général et son étatmajor passèrent la frontière. Ses opinions n'avaient pas changé et il était resté royaliste. Son maître étant mort, il s'était trouvé seul et sans ressources au milieu de l'Allemagne. Il avait essayé de bien des métiers, obligé, comme nous, de changer, à chaque instant, de résidence. A la fin, il était venu, par hasard, à Kulm, où, se souvenant de son ancien apprentissage de menuisier, il avait été recueilli par de braves gens, fabricants de meubles, chez lesquels il travaillait et avait le vivre et le couvert. Il comp-
Lait bien revoir la France, car Texil lui pesait, COOlfnê & presque tous les émigrés, et je lui donnai alors des espérances qui ne devaient pas se réaliser de silùL
Une autre fuis, à Plaucn, le curé voulut me conduire voir un de ses paroissiens, qui jouissait d'une réputation bien méritée. Le brave homme avait 120 ans, du moins le curé me l'affirma h diverses reprises et toutes les personnes, que j'eus l'occasion de voir, me le confirmèrent.
Cet âge était, en effet, si exceptionnel que je fus curieux de contempler un mortel d'une Ion* gévité aussi extraordinaire. On ajoutait que sa santé était aussi bonne qu'au temps de sa jeunesse et qu'il n'avait aucune des infirmités habituelles de la vieillesse.
Je m'acheminai avec le curé vers la demeure de ce vieillard* Arrivé devant la porte, le curé souleva le loquet et nous entraînes sans cérémonie. M* lilmann (c'était son nom) était là, en culotte et gilet. Le curé le salua et lui dit le motif de notre visile. Le bonhomme parut llatté et me dit quelques mots qui prouvaient que s'il avait encore bon pied, bon œil, il avait aussi l'esprit ouvert et la parole facile.
C'était un homme de grande tailles un peu