DÉPART POUR PARIS
rances. Il m'invitait à venir le trouver à Constance» où il résidait, et d'où nous partirions ensemble pour rentrer en France 1 , Je n'hésitai pas, et, persuadé que là série de mes maux allait avoir un terme, je dis adieu à T honorable et compatissante famille de WelhofF, dont j'avais reçu tant de bienfaits.
Je me mis en roule, pour retourner à Paris, le môme jour ou j'en étais parti en 1799, cVslà-dire le 14 septembre, époque que je croyais être pour moi île bon augure. J'étais muni des secours que j'avais reçus de MM. de Mulhz pour faire ma route et mon généreux bienfaiteur eut môme la bonté d*^ me conduire lui -m 6 me jus-
1. Au printemps de 1797, de tous eûtes le vent pour le* émigrés était à la rentrée. (Voilant le cours de celle aimée, le Directoire semblait de jour en jour vouloir faire oublier la Convention. Beaucoup demigrés rentrèrent alors en France, mais, malgré la bienveillance de certaine» autorités, ils étaient encore sous le coup lit- terribles menaces- Les lois, non encore rapportées, auxquelles ils essayaient de se soustraire, nu moyeu de passeports délivrés avec complaisance* ou de faux certificats; de résidence, dont ïa faïiricalîon était une véritable industrie, le* menaient à la merci du moindre incident , Sur une simple dénonciation, l'émigré pouvait élre arrêté et fusillé dans la plaine de (.irencllc.
On pouvait, à la rigueur, être inscrit sur une liste dt j surveillance; mais il fallait subir le conlrole ombrageux de ta police et s'exposer, par des papier* suspect a, aux sévérités d'un comîLë qu'animait toujours l'esprit révoluliunnaire> Le IX fructidor vint bienUM.au reste, couper radicalement cours aux espérances des émigré* et la seconde Terreur commença.
SM> SOCVEtfîHS DE L'AfiBÉ DE PRENEUF
qu'à Eger, où m'attendait une bien désolante nouvelle. J'y appris le bouleversement qui s'était opéré h Maris le f\ septembre. On disait que Iti complot, formé par les royalistes et les Cl i chien a (c'est ainsi qu'on les nommait dans les feuilles publiques), avait été découvert; que Paris avait été cerné par les armées républicainep; les représentants du peuple massacrés et les membres du Directoire favorables a la bonne cause, guillotinés.
La République, affirmait-on, était sortie victorieuse de la lutte, et nous étions retournés aux temps aflVeux de la Convention, On ajoutait bien d'autres choses ; toutefois, comme on exagère toujours, je pensai d'abord que ces bruits étaient faux et que je ne tarderais pas à être rassuré.
Cette situation était bien pénible et je ne pouvais croire à Te (Tond renient de toutes mes espérances; mais M. de WelhofT, s'étant rendu auprès des autorités, me confirma la vérité des bruits qui couraient. 11 un fallait pas songer en ce moment a rentrer en FranceXes lois contre les émigrés allaient être exécutées avec la plus extrême sévérité*
J'ai appris, par la suite, que beaucoup d'émi-