‹ Huit jours a NewcastleChapitre 3 sur 7 · SA HUIT JOURS · texte numérisé non relu

SA HUIT JOURS

M. Redfield, poursuivant les observations de Franklin et ne connaissant pas sans doute l’opinion de Capper, assure à son tour, que lorsque les tempêtes souillent du nord-est sur les côtes de l’Amérique, le veut en soulève avec une égale violence du sud-ouest sur l’Atlantique. Suivant la tempête de Franklin vers le midi, il trouva, sur toute l’étendue de sa course , que le vent sur. les côtés opposés de la côte où la tempête régnait, soufflait dans des directions contraires, et que , au fait, la tempête entière était un tourbillon en marche, et que tous ces tourbillons tournaient constamment dans le même sens. Dans un des n°* du journal américain des sciences (pour 1831) le colonel Reid trouva réunis quelques rapports sur de sembables tempêtes, et une carte, quoique petite , montrant la marche de l’une d’entre elles. II montre à la section d’autres cartes beaucoup plus grandes où les tempêtes étaient figurées. On doit se représenter le phénomène général de ces tempêtes comme un grand tourbillon décrit par un cercle dont le centre est en mouvement le long d’une courbe ou le long d’une partie de courbe, laquelle dans une infinité de cas , s’approche de la forme d’une parabole, les cercles s’étendant toujours, en s’avançant du point initial où la tempête a commencé; le mouvement rotatoire dans l’hémisphère boréal se dirige dans une direction contraire â celle des aiguilles d’une montre, landisque dans l’hémisphère du sud la rotation a lieu dans le même sens que celle des aiguilles. M. Reid fit voir ensuite comment ses vues avaient été prouvées par la désastreuse tempête de 1809 qu’éprouva la flotte des

A -NEWCASTLE Eîf 1838.

Indes orientales, sous le convoi du Cutloden , de la fré- ' gâte Therpsichorc et de quatre autres vaisseaux de guerre anglais qui quittèrent le cap de Bonne-Espérance presqu’en même temps, dans l’intention de croiser aux environs de l’île Maurice. Quelques-uns de ces navires se précipitèrent dans la tempête pendant quelques jours; quelques autres en louvoyant s’en dégagèrent au plus vite, tandis qu’une autre partie de la flotte en prenant une mauvaise direction, plongea au centre du tourbillon , sombra et se perdit à jamais. Ceux-ci, en cinglant droit dans le calme, rencontrèrent la même tempête dans diverses parties de sa course; le vent soufflait dans des directions contraires, elles navigateurs la prirent pour deux tempêtes différentes; ceux-là, en longeant le côté intérieur de la courbe , mais au-delà du cercle du grand tourbillon, échappèrent à la tempête qui pendant plusieurs jours avait régné tout autour d’eux. L’orateur tira de là une conclusion très-importante pour la pratique eu établissant la manœuvre d’un vaisseau qui rencontré une brise et qui veut y échapper. Le colonel Reid prouva son opinion en rapportant les differentes circonstances qui accompagnèrent le grand ouragan de 1780, et en rappelant la position de plusieurs vaisseaux de l’escadre de sir Georges Rodney et celle des navires du convoi des Indes , orientales dans les- tempêtes de 1808 et 1809. Il observa que les recherches qui avaient été faites dans l’hémisphère austral, avaient fourni une explication intéressante de la remarque du capitaine King, faite dans sa traversée à l’extrémité sud de l’Amérique ; savoir que là, les clé-

valions el les abaissements du baromètre pendant les lempètcs correspondent avec les élévations et les abaissements du même instrument dans les latitudes boréales élevées , l’est et l’ouest restant les mêmes, tandis que le nord et le sud changent de place. Il considère ce phénomène comme une forte preuve de son opinion. Cinq ouragans qui se suivirent les uns les autres rapidement, en 1837, donnent le moyen d’expliquer la variation des vents. Depuis qu’il est connu que ces tourbillons tournoient d’après une loi invariable et toujours dans une même direction , on sait que chaque nouvel ouragan change le vent. Ainsi, la tempête du milieu du mois d’août 1837-, passa de bonne heure vers les Açores, avec le vent dans sa partie sud soufflant violemment vers l’ouest, tandis-qu’un autre ouragan venait du sud, emportant avec lui le vaisseau Castries avec une vitesse de sept ou huit noeuds à l’heure. Le cercle embrassé ainsi par un tourbillon qui fait la tempête , s’étend souvent à 1000 milles ; aussi les nations devraient-elles «'entendre pour étudier les lois atmosphériques. Chaque peuple maritime devrait tenir dans ses ports une note exacte de ses observations et l’on obtiendrait alors, sur une carte, la marche des tempêtes sur le monde entier. Puisqu’on a aiqourd'hui des preuves satisfaisantes que les tempêtes dans l’Itémisphère austral tournent en sens inverse de celles qui éclatent dans l’hémisphère boréal, et qu’on sait encore qu’une aiguille magnétique, en communication avec une pile voltaïque, montre le même phénomène, faisant des révolutions coulraiies aux deux pôles, ce rapprochement dorme à ces rcchcr-

A MÎ'WCASl LE F.N 1838.

clics un nouvel intérêl. Le rapport apparent qui existe entre la force des tempêtes et l’intensité magnétique , comme le travail du major Sabine l’a établi, est tout autant remarquable. On avait observé souvent qu’il n’y a jamais de tempête à S ,r -Hélène. Il avait donc la plus grande curiosité à connaître le degré de l’intensité magnétique de celle île ; et il ne fut pas peu surpris de l’y trouver la plus faible qu’on eût remarquée sur le globe.Les lignes isodynamiques du major Sabine qui expriment moins cjue l’unité sont seulement marquées là, et elles paraissent indiquer, pour ainsi dire , le véritable Océan Pacifique du globe. Les lignes de la plus grande intensité magnétique, au contraire , semblent correspondre avec les localités des typhons et des tempêtes; car nous trouvons que le méfidien du pôle magnétique américain ne passe pas loin de la mer des Caraïbes et celui du pôle de Sibérie passe par la mer de Chine

A la suite de cette importante lecture, M. Bâche de Philadelphie fit quelques observations, et le D r Robinson demanda au colonel Reid s’il y a quelques faits par lesquels il peut estimer la vitesse des mouvements progressifs des tempêtes, relativement à la rapidité de leur rotation. Le colonel Reid répondit que le mouvement

1 J'avertis ici que pour mieux rendre les idées des auteurs . jVmprutile les mots mêmes de l'excellent rapport publié dans YAthc- VŒum sur les travaux de l'assorinfion. Je laisse seulement de cdté, dans cette espece de traduction libre, ce qui me parait devoir moins intéresser le plus grand nombre des lecteurs Les savants trouveront dans YAthentrnm part. 12b et sniv. beaucoup plus de détails.

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progressif varie de 7 à 20 milles par heure, tandis que le mouvement rotatoire, qui est celui de la vraie tempête, va de 60, 70 à 100 milles par heure, selon sa violence.

Avant de passer à un autre objet , nous devons faire remarquer au lecteur combien est belle celte découverte du colonel Reid et des savants qu’il a cités. L’Europe et le nouveau monde furent bien étonnés , lorsque Francklin, en expliquant la nature du tonnerre, trouva le moyen de ravir au ciel la foudre. Aujourd’hui , la science trouve la loi des tempêtes, elle explique leur cause, elle donne les moyens de s’y soustraire, en attendant un jour plus heureux qui lui permettra peut-être d’en neutraliser la fatale puissance.

Sir John Herschel, qui avait pris une part active aux observations qui avaient été soumises à la section relativement à ces lois des vents, présente lui-même plusieurs travaux bien remarquables : notamment 1° les observations et réductions de 1232 nébuleuses et amas d’étoiles, faites pendant les années 1834, 5,6,7 et 8 au Cap de Bonne-Espérance par un réflecteur de 20 pieds; 2" les observations réduites de 1192 étoiles doubles de l’hémisphère austral; 3“ les mesures micrométriques de 407 étoiles doubles principales du même hémisphère, prises au cap avec un télescope équatorial achromatique de 7 pieds; 4° une série des lieux pris par approximation de 15 nébuleuses planétaires et annulaires de l’hémisphère austral, découvertes par le réflecteur mentionné plus haut; 5° des dessins des formes et des structures des 3 nébuleuses principales de l’hémisphère du sud.

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Parmi ces nébuleuses planétaires, il y a quelquesunes quisout quelque peu allongées et paraissent être doubles. L’uned’entre elles est d’une belle couleur bleue, sa forme est si bien définie qu’on la prendrait pour une planète bleuâtre. Une autre forme un large disque elliptique, très-considérable dans lequel se trouve placée, mais hors du centre, une jolie et grande étoile. La plupart sont du reste petites et beaucoup occupent les endroits resserrés de la voie lactée qui ne présente pas moins de 80 à 100 étoiles dans le champ de vision du réflecteur. L’honorable président entre dans quelques détails sur la difficulté d’enregistrer les observations sur les étoiles simples et doubles , les nébuleuses, les groupes de nébuleuses qu’il compare, pour leur nombre , à des essaims d’abeilles au moment où elles quittent la ruche toutes à la fois. Que de sublimes phénomènes se passent ainsi dans l’espace où ces masses lumineuses s’offrent comme des embryons de soleils autour desquels circulent sans doute d’innombrables mondes qui se forment peut-être encore aujourd’hui! C’est là que la majesté du Créateur se dévoile dans son incompréhensible puissance.

Le mardi , le révérend William Whcwell lut un précis sur la ligne de niveau mesurée depuis le canal de Bristol jusqu’au canal de S*-Georges pendant les années 1837 et 38 par M. Bunt , sous la direction d’un comité nommé par l’association , et cette lecture qui donna lieu à une discussion animée, fut suivie d’une uote du professeur Bâche de Philadelphie sur l’effet des courants d’air détournés, sur la quantité de pluie recueil-

lie par un pluviomètre. Sir John Herschell dit à celte occasion que la jauge à pluie de notre époque ou au moins celle employée le plus communément, est le plus souvent inutile, depuis qu’on a reconnu que ses indications varient considérablement par un simple déplacement de quelques mètres. L’effel des courants tonrnoyantssur les grandes et lespeliles gouttes de la même averse doit aussi varier beaucoup, car les petites gouttes doiventavoir leur marche plus détournée que lesgrandes, et celles-ci paraissent devoir entrer dans la jauge en moindre quantité. Un autre effet de ces courants tourbillonnants est de déterminer les gouttes à se rencontrer et à se réunir pour former de grandes gouttes qui deviennent bien plus difficiles à se détourner de leur marche. Un fait qui attira surtout son attention durant son séjour au cap, était la manière avec laquelle le vent du sud-est soulevait les vapeurs de la mer. Du côté de la montagne de la table exposé au vent, les nuages s’étendaient et descendaient fort bas, mais souvent sans produire de pluie, taudis (pie le côté abrité voyait les nues se fondre en pluie sur les flancs de la montagne, produisant à mesure qu’ils se déroulaient le phénomène bien connu d’une nappe. Se promenant sous de grands sapins, dans ce voisinage, au moment où ces nuages étaient tout près au-dessus de sa tète , il était souvent frappéde voir de fortes averses tombant sous eux, tandis qu’à l’entour ne lombaitpasune goutte; les fines extrémités filamenteuses de ces arbres qui dans les circonstances ordinaires auraient agi comme des parapluies, exerçaient une action toute contraire quand

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elles étaient enveloppées par les nuages; sous les arbres on sc mouillait jusqu’aux os et quand on 11e cherchait plus leur abri trompeur, ou était à sec.

Le docteur Daubeny, professeur de botanique de l’Université d’Oxford, lit un mémoire sur le climat de l’Amérique du Nord. Quoiqu'on admette généralement que la partie orientale du Nouveau-Monde possède une température plus basse que la partie occidentale de l’aucien, l’auteur établit néanmoins qu’il reste beaucoup à faire avant de déterminer d’une manière certaine les climats relatifs de ces deux contrées. Pour prouver celte assertion, il montra un tableau sur lequel il avait indiqué la série de toutes les températures moyennes des différentes parties de l’Amérique du Nord. On 11e pouvait avoir de confiance sur presqu’aucune observation relative à cet objet. Au Canada, Waccoid en fit de bonnes et aux États-Unis, les régents de l’Université de New-York lui en communiquèrent sur les températures moyennes de pas moins de 33 endroits où des académies payées par le public avaient été établies. Ces observations sont tout aussi défectueuses, parce qu’elles ne tiennent pas compte de l’intensité de la radiation solaire qui affecte probablement la distribution des plantes et des animaux d’une manière toute différente de la température qui l’accompagne. Ainsi , quoique quelques plantes qui croissent en Angleterre, soient gelées par les hivers sous des latitudes en Amérique proportionnellement plus australes , d’autres cependant qui exigent la chaleur d’un mur ou une exposition plus chaude, ici, se trouvent

HUIT JOUHS

au Nouveau-Monde à des latitudes comparativement plus élevées. Le docteur Daubeny déplore vivement que l’appel fait par sir John Herschel aux physiciens pour instituer des observations horaires à certains jours, n’ait pas trouvé un grand écho en Amérique, et il engage l’association à faire remplir cette lacune. Sir John répondit qu’il avait néanmoins reçu des observations d’Amérique, mais faites le plus souvent pendant le jour, celles de nuit sont bien moins nombreuses.

Le secrétaire, M. Stevelly, lut ensuite une communication du professeur Poweil sur quelques points relatifs à la théorie de la lumière, et M. Dent en lut une autre sur la construction d’un pendule à mercure.

Le mercredi, le professeur Whewell Ht un rapport sur la discussion des marées, rapport entrepris sous sa direction et au moyen du numéraire payé par l’association. L’emploi qu’il avait fait des courbes pour enregistrer les phénomènes et les rendre appréciables à l’œil, fut fortement approuvé par le président du comité et les membres de l’assemblée. M, Russell d’Edimbourg fit suivre celte lecture de celle du rapport de la commission nommée pour examiner la théorie des vagues. C’est ainsi que les lacunes de la science sont indiquées par l’association elle même dont les membres, juges compétents, se chargent de les remplir autant que possible, d’une année à une autre. Il est évident que la science doit par cette marche faire des progrès rapides au plus grand profit de tous. Ce n’est plus un particulier, un savaut isolé qui trouve que tel objet n’a pas été suffisamment élucidé, c’est un corps tout entier qui

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marque l’endroit où le défaut existe; il y a plus de certitude par ce moyen qu’on s’occupe en effet de choses réellement utiles.

Sir David Brewsler fit deux communications, l’une sur une nouvelle espèce de polarité de la lumière homogène, l’autre sur les préparations de l’œil, telles que les avait faites M. Clay Wallace de New-York. Il montra à l’assemblée une magnifique suite de préparations anatomiques de l’organe visuel. M. Clay Wallace parait avoir découvert les véritables appareils par lesquels l’œil peut voir les objets placés à des distances différentes. Dans les yeux qui ont des lentilles sphériques, l’effet est produit par un muscle en forme de faux attaché seulement d’un côté de la lentille et qui par sa contraction porte le cristallin plus près de la rétine. Dans ce cas, il est évident que la lentille recevra un léger mouvement de rotation et que le diamètre, qui se trouvait dans l’axe de la vision, avant la contraction du muscle, se trouvera hors de cet axe, après le mouvement, de manière qu’aux différentes distances de la lentille à la rétine, il y a différents diamètres qui viennent se placer dans l’axe de vision. Et comme les diamètres d’une sphère sont tous égaux et semblables , M. Clay Wallace établit que la vision est également parfaite le long des différents diamètres du cristallin porté par la rotation dans l’axe visuel. Quand le cristallin n’est pas une sphère, mais un corps lenticulaire, comme dans l’œil humain et dans ceux de la plupart des quadrupèdes, M. Clay Wallace pense que l’appareil, pour ajuster l’œil à la vue, est celui desprocès ciliaires

UUIT JOURS

auquel on avait déjà attribué cette fonction, mais sans avoir les preuves apportées par l’oculiste des États- Unis. IJn des faits les plus curieux pour l'histoire des sciences et qui n’est pas, il faut le dire, le seul de ce genre, est que précédemment sir John Herschell, pour savoir expliquer d’une manière convenable le phénomène de la vision, avait dû supposer, c’est le mot propre, l’existence de fibres dans la rétine, le vêtement nerveux sur lequel on reçoit l’impression des images qui retracent les objets extérieurs; mais rien ne démontrait ces fibres, sinon la théorie; c’étaient des êtres de raison, une supposition, une hypothèse. Or, M. Clay Wallace a trouvé ces fibres indiquées par la théorie de Herschell, il les a rendues aussi visibles que possible; elles divergent de Ja base du nerf optique et entourent le trou oval de Sœmmcring à l’extrémité de l’œil. Il faut qu’une science soit bien parfaite pour prédire les découvertes, pour les forcer à naître, pour faire suivre l’observation à la théorie, elle qui n’est ordinairement qu’un résultat déduit de faits remarqués.

Après une communication de sir William Hamilton sur la propagation de la lumière dans le vide, communication qui a pour but d’avancer nos connaissances de la vraie loi de l’attraction et de la répulsion que les particules de l’éther exercent les unes sur les autres, sir John Herschel lit une note sur la structure de l’humeur vitrée dans l’œil du requin. Des expériences faites par l’illustre astronome sur les yeux d’un requin qu’on avait pris pendant son passage sur l’Atlantique lui ont appris, chose du reste déjà connue,

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que l’humeur vitrée ne présente l'apparence gélatineuse que parce qu’un vrai liquide est renfermé dans les cellules cluses par des membranes : l’humeur vitrée est donc véritablement aqueuse et la consistance qu’elle offre vient , non de son état , mais de sa structure. Sir W. Bréwsler rappelle à ce sujet que dans beaucoup de poissons, il trouva l’humeur vitrée colorée par un grand nombre de teintes; il y en a de vertes, de roses, etc.

La séance de ce jour se termina par la lecture d’un mémoire de M. Bail sur la signification des symboles arithmétiques du zéro et de l’unité, tels qu’ils sont usités en algèbre.

Il* Sectiox. Chimie et Minéralogie. Président : le rév. W. Whewell. Nous ne pouvons pas, à cause de leur spécialité , parler d’un grand nombre de lectures bien importantes qui ont été faites dans cette section ; mais il en est une d’une utilité trop grande, même pour notre Belgique, que nous ne devons pas passer sous silence ; c’est celle sur un nouveau procédé d’extraction de l’argent hors des minerais de plomb, inventé par M. Paltinson

1 Voici les objets dont la section s’est occupée : 1° sur le diarseniate de plomb par Th. Tomson: 2° observations sur la constitution du carbonate d’aininoniaquc du commerce par M. Scanlan ; 3° sur le noircissement du nitrate d'argent par l’action de la lumière par le même; 4° examen du sphcnc par M. Tli. H ir bar s ni: 5° sur la pesanteur spéci.'u|iic de l’azote, oxygène, hydrogène, chlore, etc., par Tlu Exlcy ; G° sur le sucre dc*diabètes par le docteur Thomson ;

sur les sels de mercure par M. West; 8° sur les produits de I action de l’acide nitrique sur l’alcool par M. Golding-Bird: 9“ sur la

L’exploitation du plomb est une chose si importante pour l’Angleterre et notre pays qu’il ne faut rien négliger des connaissances nouvelles que la science apporte à l’art de son extraction, surtout si l’on tient compte de l’énorme quantité de ce métal extirpée annuellement de nos mines. M. Pattinson rappelle à ce sujet qu’en 1828 la quantité de plomb fournie par l’Angleterre montait à 45,500 tonneaux, répartie de la manière suivante : mines d’Alston Moor, Weardale, Derwent, 22,000 t. ; Swalefield, Grassington-Palety, etc., dans le Yorkshire, 4,700 t. ; Derbyshire , 3,000 t. ; Shropshire, 1,800 1. ; Devonshire et Cornwall, 2,000 t. ; le pays de Galles, 12,000 t. Total, 45,500 tonneaux. Depuis cette époque, cette quantité a peu varié et tout ce plomb contient de l’argent. Des 22,000 tonneaux des mines d’Alston Moor , Weardale et Teesdale , environ 16,000 contiennent de l’argent à raison de 6 à 12 onces par tonneau, la moyenne étant d’environ 5. Les 4,700 tonneaux de Swaledale, etc., en renferment 2 onces par tonneau. Le plomb de Derbyshire et Shropshire recèle presque une once et le dernier environ 11/2 d’argent, mais celui de Devon et de Cornwall en montre jusqu’à 20 à 30 onces par tonneau, etc. La méthode ancienne de séparer cet argent était la coupellation et le raffinage; elle dépendait de la circonstance bien connue que le plomb, à la chaleur

possibilité d'obtenir par l'action voltaïque des métaux cristallisés par le même ; 10° sur la composition des sels par le prof. Grahom ; 11® de l’influence de l’action voltaïque sur les combinaisons chimiques par le docteur Andrews . etc.

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rouge , est facilement converti en oxide ; tandis que l’argent à cette température , conserve son état métallique. Elle consiste ainsi à exposer le plomb à une entière chaleur rouge, avec le libre accès de l’air, de manière que toute la quantité de plomb se change en oxide et se sépare de l’argent qui s’extrait à l’état de pureté. L’oxide mélangé avec du charbon et chauffé au rouge dans un fourneau approprié à cet usage, est réduit à son état métallique et devient le plomb raffiné du commerce. Mais, il est impossible de procéder à ce raffinage sans une perte considérable de plomb , parce que son oxide est très-volatil et qu’il s’échappe en grande quantité de la surface raffinée sous la forme d’une épaisse fumée jaune. Sur 18,000 tonneaux de plomb d’Alston Moor, Devonshire , Cornwall et du pays de Galles raffinés en 1828, la perte par le raffinage a été de 1 ,000 tonneaux. L’importance de découvrir quelque moyen de raffiuage sujet à moins de perte , saute par cela même aux yeux. On imagina d’abord de distdler le plomb, mais on reconnut qu’alors il emportait avec lui de l’argent qu’on voulait cependant en séparer. On tenta d’autres expériences, mais le tout sans succès, jusqu’à ce qu’en janvier 1829, l’auteur voulant obtenir du plomb en poudre, employa le moyen connu d’agiter une portion de plomb fondu dans un creuset , jusqu'à ce qu’il se refroidisse audessous de son point de fusion , ce qui fait qu’on l’obtient alors dans un état extrême de division. En opérant ainsi , il fut étonné de la circonstance que , lorsque le plomb se refroidit jusque près de son point

ni’IT JOUR*

de fusion , quelques particules de plomb solide se présentent sous l’apparence de petits cristaux répandus parmi le métal liquide et devenant d’autant plus nombreux que la température s’abaisse. Après avoir observé ce phénomèue une ou deux fois, il conçut qu’il était possible de trouver quelque différence dans les proportions d'argent contenu dans la partie cristallisée et dans la partie liquide. D’après cela, il divisa une petite quantité de plomb en deux proportions, en le fondant dans un creuset et en le laissant refroidir doucement tout en l’agitant constamment jusqu’à ce qu’une partie considérable se cristallisât, tandis que la portion restée liquide s’écoulait. Un poids égal de ces portions fut alors soumis à la coupellation et le fond d’argent obtenu du liquide était beaucoup plus considérable que celui provenant du plomb cristallisé. C’est ainsi qu’il découvrit le fait curieux que du plomb liquide contenant de l’argent en solution, en laisse échapper une portion sous certaines circonstances dans sa solidification. Le plomb sur lequel il fit son expérience primitive était regardé comme très-riche en argent. Il contenait 4 onces 15 dragmes 8 grains par tonne et fut divisé en une portion cristallisée qu’on trouva contenir 25 onces 4 dragmes 21 grains, et en une portion liquide qui renfermait 79 onces 1 1 dragmes 12 grains par tonneau , la seconde de ces portions étant nécessairement plus petite eu quantité absolue que la première. En 1833, l’auteur appliqua son procédé à l’extraction en grand du précieux métal, et il communiqua à l’association les résultats de

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ses travaux. En appliquant son procédé à la masse totale de plomb extrait dans la Grande- Bretagne , comme elle a été déterminée pour 1828, on trouva qu’une bonne partie de celle masse peut servir à la séparation lucrative de l’argent. Tout leplomb d’Alston Moor, etc., Devonshire, Cornwall, Duwesl, Cumberland et du nord du pays de Galles, faisant ensemble 36,000 tonneaux, desquels, si on réduit la quantité raffinée, on obtient un produit de 18,000 t. ; et en supposant que ceux-ci contiennent, d’après la moyenne la moins élevée , 6 onces d’argent par tonneau et qu’on mette 3 onces pour couvrir les frais d’extraction , on obtient un gain net par celte industrie de 54,000 onces d'argent par année. Et le plomb ainsi purifié dev.ent par cela seul meilleur, plus doux et plus ductile.

Quand on se rappelle que les trois provinces si riches en minerais de tout genre, celles de Liège, de Namur et de Luxembourg renferment de nombreuses exploitations de plomb , et que celles de Longvilly et de Yedrin sont devenues célèbres sous le rapport de leur produit, on doit souhaiter que les expériences de M. Potlinson, une fois connues de nos chimistes et de nos industriels , soient répétées et appliquées aux minerais du pays. M. Potlinson emploie dans son procédé de grands vases eu fer et donne dans son travail , que publiera l’association, toutes les indications désirables.

IIPSection. Géologie et Géographie. Présidents: pour la Géologie M. Lyell, pour la géographie lord Prudhoe. La section de géologie est toujours celle de toute l’association qui attire le plus de monde. La plusgrande salle vu. 5

lui est ainsi réservée et là des centaines de dames et près d’un millier de messieurs se donnent rendez-vous. En Angleterre plus qu’ailleurs , il est de bon ton d’être initié tant bien que mal aux mystères de la formation du globe, et il sied à une jeune demoiselle desavoir son Bucklaud par cœur. Les quakeresses surtout raffolent d’oryctognosie, de paléontologie, de géognosie; la question du déluge vient sans cesse sur le lapis, et leur sommeil serait interrompu si elles pouvaient douter un instant que l’homme ne fût pas la dernière création sortie des mains de Dieu. Aussi leur costume sombre et pudique, leurs chapeaux en pain de sucre ^ gris ou noirs, leurs schals blancs ou bruns viennent-ils dans ces assemblées moitié graves, moitié gaies, contraster vivement avec les toilettes élégantes des dames anglicanes ou presbytériennes. Ce public si nombreux et si varié paraît ne pas rester sans influence sur les orateurs, car ceux-ci, depuis quelques années , ont apporte dans leur discussion un esprit de vivacité de repartie et d’originalité que ne présentent pas les autres sections. Ici, le véritable humour anglais se déchaîne dans toute sa pétulence, et si l’on se rend à la section de mathématiques pour voir les traits aujourd’hui si révérés de sir William Herschell, on vient à la section de géologie pour se désopiler quelque peu la rate. Les géologues deviennent ainsi et presque à leur insu, les savants les moins sombres , les moins rêveurs des trois royaumes. Mais , en dépouillant les communications scientifiques de ce vernis caustique et piquant que les géologues leur donnent, sans doute pour conserver à leur science de prédilec-

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tion une popularité qui ne lui est pas inutile, on trouve encore que les objets dont elles traitent, méritent une sérieuse attention. La géologie anglaise est, en effet, bien haut placée dans l’estime des savants , et certes ce n’est pas sans raison , si l’on considère les grands travaux, les caries magnifiques, les nombreux ouvrages auxquels l’Angleterre a donné le jour. Il n’est pas de pays dont les entrailles soient mieux connues , mieux explorées; et lorsqu’on jette un coup d’œil sur les différents objets dont l’association de Newcastle s’est occupée, on conçoit facilement combien vite doits’éclaircir l’histoire de ce sol que nous foulons aux pieds et qui nous dévoile pourtant, aulantque la chose est possible, le mécanisme de la création.

La première communication fut celle de M. Long sur une description d’une caverne à ossements des Mendip-Hills. Cette caverne est située au sommet de l’une des collines Mendip dans un rocher calcaire. Elle fut découverte dans une chasse aux renards, en poursuivant un de ces animaux qui , pour chercher un refuge, entra dans une fissure perpendiculaire de trente pieds de profondeur. D’une large chambre au fond de cette fissure, un chemin voûté conduit dans une autre salle de laquelle un passage mène à la surface extérieure par une ouverture qui paraît avoir été l’ancienne et primitive entrée. Les os se trouvent généralement dans une boue molle, dans des trous percés au fond de la grotte, mais quelquefois aussi dans une stalactite. Leur plus grand nombre vient de bœuf, cheval , cerf, renard , sanglier, etc., mais la circonstance la plus inlé-

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ressante est l'existence d’ossements humains qui oui clé trouvés au-dessous des autres. On y découvrit jusqu’à neuf crânes humains. Beaucoup de ces os tombèrent en poussière, quand on y touchait, et il est à remarquer qu’aucuu d’entre eux n’appartenait à quelque espèce eleinle.

On sait quelles conclusions religieuses le savant professeur Wiseman a tirées de ces sortes de découvertes intéressantes, mais il paraît quelles sont peu connues en Angleterre où les travaux de feu notre compatriote M. Schmerling sont aussi ou ignorés ou oublies complètement, car, son mémoire si curieux sur les crânes fossiles des cavernes de Liege ne fut pas le moins du monde cité dans la discussion que provoqua la note de M. Long. Le professeur Sedgwiek observa qu’aucun ossement humain n’avait été trouvé jusqu’à présent dans quelque ancienne caverne, sans qu’il n’y ail eu des circonstances qui prouvent clairement leur introduction récente, assertion que le travail de M. Schmerling dément complètement. M. Sedgwiek partant de celle supposition, pensa que la caverne signalée par M. Long, était une ancienne sépulture où les corps gisaient dans une couche de gravier et d’argile. M. Lyell rappelle à ce sujet le fait bien connu d’un gisement analogue dans les cavernes du midi de la France.

M. John Buddle lut un mémoire sur le bassin houiller de Newcastle qui occupe dans les comtés de Northumberlaud et de Durham 700 milles carrés et dont toutes les couches de houille sont continues. Ce travail

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d’un haut intérêt local excita vivement l'attention des auditeurs cl le professeur Pliilipps fit remarquer, après la lecture du mémoire, ce fait mis maintenant hors de doute que les couches de véritable houille s’étendent au-dessous des séries de calcaire magnésien; il établit que la meilleure houille employée à Londres venait d’au-dessous ce terrain. Il fit voir aussi que les autres bassins houillers d’Angleterre et d’Écosse montrent un parfait accord avec celui de Newcastle, sous le rapport delahauteur etde la puissance des couches. L’épaisseur de charbon paraissant être environ de 50 pieds avec les matières interstratifiées et le nombre total des couches de 280 à 260 brasses, montrant en moyenne une puissance de 5 pieds. Une discussion s’engagea ensuite entre MM. Murchison , Pliilipps, sir Philip Egeston et M. De la Beche sur les caractères des fossiles de la houille et du calcaire magnésien.

Le professeur Von Baer de S'-Pétersbourg communiqua à M. Hamilton des Données récentes sur le sol gelé de Sibérie. Cette pièce fut lue par le secrétaire de la section, le capitaineWashinglon. Les professeurs Von Baer cl Adolphe Erman de Berlin avaient précédemment prouvé que la gelée s’étend aux environs de Yakutsk à 400 pieds de profondeur. Les trois grandes rivières qui forment les traits physiques principaux de la Russie asiatique coulent dans la direction du nord, presque parallèlement l’une à l’autre par le 20 e de latitude; toutes tombent dans le bassin polaire et sont l’Obi, le'Ycnisei et la Lena. Celte dernière, la moins étendue, prend sa source dans les montagnes qui forment la

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côte nord-ouest du lac de Baikal , où elle se dirige vers le nord-est d’environ 1000 milles, et puis se retourne brusquement au nord sur une longueur de 600 milles où elle atteint la mer arctique. A son angle oriental , à la latitude de 62° nord, longitude 130" est, se trouve la ville de Yakutzk , sur un banc occidental de la Lena, ou une plaine d’alluvion entourée de montagnes qui la ceignent à la distance de 10 à 12 milles. Sa plus petite distance à la mer polaire est d’environ 600 milles et à la mer Okhotz de 400 milles géographiques en ligne directe. C’est dans cette ville que le puits où l’on constata le fait ci-dessus mentionné se trouve creusé. M. Von Baer fait connaître les mesures prises par ordre de l’académie des sciences de S‘-Pélersbourg sur les profondeurs où les températures périodiques de l’été et de l’hiver se fout encore sentir et surtout les limites où l’on observe encore l’influence de la chaleur de l’été qui, dans ces latitudes si boréales, est encore plus forte qu’on ne le pense communément. Deux thermomètres enfoncés, l’un à 1 pied, l’autre à 6 pieds dans le sol, furent placés depuis 1, 3, 5, 10, 20, 50, 100, etc., et 350 pieds au-dessous de l’ouverture du puits, et les observations étaient faites chaque jour. M. Von Baer fait remarquer ce point curieux : si , comme c’est le cas à Yakulsk , le sol ne dégèle jamais à la profondeur de trois à quatre cents pieds, tous les points courants dont les eaux superficielles sont à l’état liquide seulement en été, doivent être entièrement sans eau en hiver; et vice versa, on peut conclure que loulesfles rivières qui ne viennent pas loin du sud et dont le

cours s’étend entièrement dans ces contrées qui sont préservées des glaces perpétuelles et qui cependant ne cessent pas de couler en hiver, doivent recevoir leurs eaux de plus grandes profondeurs que celles qui persistent dans l’état de glace. Il est clair alors que ce 3 veines d’eau pénètrent le sol perpétuellement gelé. C’est un fait intéressant pour la théorie de la formation des sources. Dans une narration manuscrite des voyages de l'amiral Wrangel , on a noté l’existence de rivières considérables dans des pays très-froids, qui se trouvent sans eau en hiver, de môme que nos petits fossés ou marais. Il voyageait vers le nord de Yakutsk , à environ 65° de latitude, sur la glace d’une grande rivière, lorsque tout à coup la glace se rompit et le cheval glissa dessous. Il ne fut lui-méme sauvé qu’en se jetant sur la glace au moment où son cheval disparut. Comme il se lamentait sur la perte de sa monture aux Yakutskis qui l’accompagnaient, ceux-ci se prirent à rire en lui disant qu’il aurait bientôt la bête de retour et même sans qu’elle eût le poil mouillé ! Ils prirent quelques perches pour casser la glace qui montra le lit de la rivière entièrement à sec, et aussi sec que l’était le cheval et la selle. Les Yakustkis savaient donc qu’il n’y a pas d’eau en hiver au fond des rivières de celte grandeur, et, dans ce cas, l’eau devait avoir disparu avant que la glace n’acquît assez d’épaisseur pour porter des chevaux chargés. Ce fait doit être connu des voyageurs anglais qui parcourent l’Amérique du nord. M. Von Baer donne ensuite ses recherches sur les limites orientales des glaces perpétuelles de l’ancien monde. S’il est vrai,

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dit-il en terminant, qu’il y a des places dans des forêts où le sol ne dégèle jamais qu’à un pied de profondeur, cela doit démontrer combien il est peu nécessaire à la terre de dégeler pour que des arbres croissent dessus. Le développement des feuilles et de la végétation dépend moins de la température du sol que de celle de l’air au printemps. Il est seulement requis que le sol se dégèle assez pour permettre aux arbres de prendre l’humidité nécessaire à leur existence.

Le mémoire de M. Buddle sur le bassin houiller de Newcastle avait ramené les fameux géologues présents à la séance à la question de la formation de la bouille. M. De la Beche réveilla les idées sur celte origine. Les végétaux ont-ils crû où nous trouvons la houille, ou sont-ils venus de loin ? Il ne donne pas d’opinion définitive sur ce sujet, mais il cite les positions verticales de beaucoup d’arbres fossiles pour étayer la première théorie, et il cite l’avis de M. Adolphe Brongniarl qui est plus convaincu d’année en année que les couches de houille.se sont formées comme nos tourbes le sont eucore aujourd’hui. Dans nos contrées, nos tourbières ne présentent pas sans doute de termes de comparaison, mais tel n’est pas le cas des tourbières des tropiques. Le professeur Philipps soutint l’idée du charriage à une petite distance. Il montre comment dans la théorie contraire , les alternances des lignes de bouille avec des sables et matières sédimentaires exigeraient pour être expliquées l’hypothèse d’un grand nombre d'élévations et de dépressions successives du sol. La théorie du transport lui parait plus rationnelle, elle explique la

nature des couehes terrestres formées mécaniquement, et le fait signalé par M. Buddle relatif à la grande bande d’Eworth qui est fine où elle est mince, et grossière et caillouteuse où elle atteint la grosseur de 18 brasses. M. Lyell fait remarquer qu’il y a des exemples d’élévations et de dépressions alternatives, comme la théorie de M. Brongniart en exige pour expliquer la formation de la houille ; mais il reconnaît que le charriage est un phénomène beaucoup plus commun et parait dans ce cas devoir expliquer la vraie cause de l’origine de la houille. Des arbres peuvent flotter sous l’eau et cependant se fixer dans une position verticale, comme on le voit encore tous les jours au Mississipi. M. Lyell attire l’attention sur ces arbres verticaux et rappelle qu’ils avaient des tiges creuses dans la cavité desquelles était tombé du sable qui s’était changé en grès, tandis que l'écorce était devenue du charbon; l’écorce par sa faiblesse était incapable de supporter la pression exercée à l’intérieur et souvent se rompait en produisant des accidents dans les mines. Il dit aussi qu’il est important d’observer, que les arbres fossiles qu’on a trouvés dans une position verticale n’étaient pas tous placés par leur base sur le même niveau horizontal. M. Buddle remarque ce fait que ce sont seulement les sigillaria qui ont été trouvées verticales; on les a rencontrées aussi dans d’autres positions, mais pas d’autres arbres qu’eux n’ontélé vus dans la position verticale. Le D r Buklaud ajoute à ces observations le fait décisif qu’on n’a jamais rencontré des feuilles de sigillaria, quoiqu’il y ait sur leur tige des traces qui

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