‹ Huit jours a NewcastleChapitre 4 sur 7 · DIT JOURS · texte numérisé non relu

DIT JOURS

démontrent que ces feuilles y furent jadis attachées ; d’ailleurs des feuilles sont très-communes dans les formations de houille.

Plus d’une fois les économistes et les gouvernements, la chose se conçoit facilement, se sont inquiétés sur la durée possible de l’extraction de la houille , substance qui ne se régénère pas. M. James Bryce , à l’association de Newcastle, cita les calculs qui avaient été faits sur cette matière , pour le bassin houiller du Northumberland, mais les ingénieurs n’étaient pas d’accord entre eux sur ces calculs ; il aurait bien désiré avoir sur un objet de celte importance, l’avis de M. Buddle, comme étant l’un des juges les plus compétents. Mais M. Buddle ne désira pas donner au public , la réponse qu’il avait faite à la même question qui lui avait été adressée par la chambre des lords. Pour lui , il n’y a pas de calculs qui peuvent se rapprocher de la vérité, et on ne peut avoir là-dessus que des conjectures peu exactes. Le problème se présente avec tant de difficultés et se complique de tant de circonstances, qu’il n’a jamais découvert et qu’il ne découvrira jamais le moyen propre à lui donner une solution définitive. L’art du mineur, dansl’état actuel des choses, estinsuffisant pour vaincre les grandes difficultés que présentent à la fois et le grand accroissement de température qui se manifeste à mesure qu’on descend dans la terre, et le poids énorme qu’il faut supporter dans l’établissement des cavités souterraines.

La question de la durée des houillères a aussi été agitée en Belgique il y a quelque temps , et c’est une

chose intéressante pour nous de connaître les avis des principaux savants anglais, sur un objet de la plus haute importance pour plusieurs de nos provinces.

M. Lyell lut encore une notice sur les lignes verticales de flint (pierres à fusil) traversant les couches horizontales de calcaire à Norwich. Ce travail excite de l’intérêt pour nous parce qu’il nous ramène à la question d’origine des pierres siliceuses horizontalement placées dans le calcaire grossier de Bruxelles, et servant aujourd’hui de pierres de pavage pour les boulevards et rues nouvelles de la capitale. Le phénomène que présente Norwich est le suivant : Les couches horizontales de nodules de flint dans la craie blanche sont souvent croisées par des rangées perpendiculaires de flinls pli^s grands et parfois de plusieurs aunes de hauteur. Ces pierres sont nommées sur les lieux par une désignation aussi piltoresquequ’exacte,poteù)«esoupierresen forme de pot. M. Buekland en a trouvé de semblables dans la craie d’Irlande et les nomme paramoudra. A Growes- End-House, près de Horsted , ]à 6 milles de Norwich, une excavation nouvelle a mis an jour un nombre considérable de ces rangées de potslones placées régulièrement de 20 à 30 pieds de distance. Ce ne sont pas des couches siliceuses verticales, mais bien des piles de pierres à fusil placées comme des pieux dans un sol marécageux. Celles-ci sont symétriques, celles-là en forme de poires ; leur grandeur est inégale , d’un à trois pieds. Où elles rencontrent les silex des couches horizontales, elles s’y unissent comme si le tout avait été formé en même temps. Les nodules horizonlales

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HUIT JOUUS

sont entièrement siliceux, mais les potstoues ont toujours un noyau calcaire qui, dégagé de son enveloppe siliceuse, présente une surface unie comme un bois dépourvu de son écorce. Une ventriculité a été observée une fois dans ce noyau calcaire plus dur que la chaux du dehors M. Lyell attire l’attention des géologistes sur ces faits, parce que depuis les récentes découvertes de H. Threnberg, on suppose avec raison que l'origine de ces pierres siliceuses horizontales ou verticales est intimement liée à l’existence et à la manière de vivre d’infusoires antédiluviens.

Cette manière de penser est, en effet, très-juste. Ainsi dernièrement des morceaux de pierres siliceuses qui ont servi à paver le boulevard de la porte de Namur , m’ont présenté , en elfe L, des infusoires fossiles trèsbien conservés. La pierre sur laquelle nous marchons nous révèle les infiniment petits des mondes anterieurs à l’existence de l’espèce humaine!

M. le docteur Smith qui a vu ces fliuts depuis trentecinq ans, ailleurs qu’à Norwich, dans des puits arté-

1 11 se pourrait bien que tics pierres semblables appartinssent aussi au solde la Belgique et notamment à celui du Brabant. Burtin dans son ovyctoyvosie, pl. XXIX , et page 114, figure a décrit une pétrification analogue pourvue aussi de veutriculités. Notre ancien naturaliste bruxellois y voyait un arbre de pays chaud, un pommier, une monocotjlédonc, percé de tarets au centre. Le jeune Galcolii dans son mémoire sur la coushluhon tjcolotjique du Brabant, a négligé de parler de ces pièces qui se rencontrent cependant a Mclsbroeck oii j’en ai trouvé deux. Mais je ne les ai pas vues en place, de sorte «pic je ne sais dire si elles étaient verticales ou dirigées autrement.

siens, a pensé qu’il est plus vraisemblable que ces potstones sont des éponges pétrifiées analogues à ces corps singuliers, conservés dans nos musées et appelés vulgairement coupes de Neptune. Ces corps se sont reproduits par des jeunes qui croissent sur les lèvres des anciens, et les jeunes à leur tour multiplient l’espèce de la même manière, les morts se convertissant en chaux ou en silex , de manière à former une série verticale. Les paramondras de M. Bucklaud n’auraient aussi pas d’autre origine. Le docteur Buckland luimême, dit à ce sujet que ce fut M. Mac’Donnelle de Belfast, qui le premier attira l’attention sur ces corps singuliers et que lui , M. Buckland , donna le premier l’idée que ce sont des corps organisés, quoiqu’aujourd’huul les regarde plutôt comme des ségrégations chimiques d’une matière siliceuse , séparée d’un mélange siliceo-calcaire. Pour prouver cela, il cite l’expérience faite par hasard par M. Wedgewood : une masse pâteuse préparée par la faïence avait été abandonnée pour quelque temps, on trouva la matière siliceuse entièrement séparée et au fait un silex avait été produit. Mais M. Lyell observa que le fait de la poterie de M. Wedgewood avait été souvent cité et qu’on s’était trop hâté d’en tirer des conclusions. M. Faroday avait conçu quelques doutes sur l’expérience , il chercha l’explication du phénomène par des recherches chimiques, et trouva que les circonstances ne sont pas toujours si heureuses, au point qu’aucune personne digne de foi n’a pu voir depuis un fait semblable. M. Wedgewood est même prié maintenant de la répéter.

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M. Webb lut une notice sur les volcans de la lune. 11 avait examiné il y a quelque temps la lune par une excellente lunette achromatique, et avait remarqué plusieurs bouches volcaniques qui ne se trouvent pas dessinées sur la carte de Schroeler; et en outre que d’autres bouches ou soupiraux , représentés par Schroeter, étaient maintenant élargis dans leurs dimensions. Cependant, en général, il considère que la lune et la terre se ressemblent sur ce point, que l’action volcanique est maintenant moius violente qu’elle ne l’a été aux périodes antérieures.

M. Lyell fait observer que la valeur de ces remarques dépend de la confiance plus ou moins grande qu’on peut avoir dans l’exactitude de la carte de Schroeter, bien qu’il pense qu’au temps où elle fut faite, elle était exacte; cependant on ne saurait le dire positivement. 11 raconte à ce sujet que sir John Herscbell lui avait dit dernièrement que les montagnes de la lune n’étaient pas plus élevées que celles de la terre, et qu’elles conservent le même rapport avec la dimension de l’astre que nos montagnes le font avec notre globe.

A la séance du mercredi, M. le capitaine Washington lut un mémoire sur les récentes expéditions aux mers antarctiques. Ce travail était accompagné d’une carte circumpolaire du pôle austral, faite sur une large échelle et indiquant les voyages de tous les navigateurs antérieurs depuis Dirk Gherrilz en 1599, jusqu’à M. D’Urville en 1838, et notamment ceux de Tasman en 1642 , Cook en 1773, Bellingshausen en 1820, Weddell

A KEWCASTI.E ES 1888.

eu 1822, Biscoe en 1831. Cette carte montre un large bassin presque égal en étendue ii l’Océan atlantique et inexploré par aucun navire anglais ou étranger. L’écrivain prouve que dans ces régions la glace est loin d’être stationnaire. Bellingshausen a navigué à travers un large espace en dedans du 60" de latitude , où Biscoe trouva de la glace qu’d ne put pénétrer. Où D’Urvilie a trouvé dernièrement des barrières de glace, Weddell en 1822 avança sans difficulté à la latitude de 74" 1/4, ou en dedans de 16 degrés du pôle. D’après les récits de tous les navigateurs antérieurs, il est évident qu’il u’y a pas de raisons physiques pour ne pas atteindre les points indiqués par la théorie, qui sont probablement le pôle magnétique austral. Ce mémoire fait aussi mention de l’expédition dans les mers du Sud qui revient de ce pays, équipée par plusieurs marchands et principalement par le zélé M. Enderby. Ce dernier ordonna d’aller à la recherche de terres australes . et de tâcher d’atteindre la latitude la plus australe possible. M. Washington termine par un vigoureux appel à l’association britannique, pour que les glorieuses découvertes du capitaine Cook ne restent pas imparfaites ; l’Europe entière, dit-il, a les yeux fixés sur le problème du magnétisme terrestre, qui dans l’hémisphère antarctique serait ainsi résolu.

M. Murchison donne un aperçu sur une carte géologique des comtés d’Angleterre et du pays de Galles voisins de la mer. Le terrain supérieur de transition prend chez lui le nom de Silurien et se partage en quatre groupes. Le calcaire magnésien manque et le calcaire

carbonifère ne contient pas des lits de houille comme à Newcastle. Les fossiles de ce système silurien sont différents de ceux du système carbonifère. M. Murchison a reçu dernièrement de sir John Heschell des fossiles du cap qui lui ont prouvé que ce système silurien prend sur le globe une grande extension.

M. Griffith fournit les détails sur sa carte géologique d’Irlande et ses sections dans le midi de l’ile. Les coupes principales montrent du grès rouge, et des conglomérats placés horizontalement sur les sommets inclinés des rochers ardoisicrs, un grès contenant des plantes fossiles succède au conglomérat, et les cavités dans les collines sont souvent remplies par des couches de calcaire carbonifère. Ces conglomérats ont souvent 800 pieds d’épaisseur et constituent les sommets des plushautes montagnes, comme parexemplele Carnloul, la plus élevée de l’Irlande, qui a 3,409 pieds. Au sujet de ce mémoire, M.Buckland fait remarquer les analogies géologiques que présentent l’Irlande et le duché de Nassau, où le système silurien est aussi développé, comme il l’est aussi en Amérique.

M. Lielharl de Newcastle lut ensuite un mémoire sur la stratification des roches. Selon lui, le galvanisme a présidé à l’arrangement déterminé des couches de terrains, arrangement nommé stratification. Les couche# alternatives de différentes matières semblent être , aux yeux de M. Lielhart, des plaques d’une pile galvanique réalisée par le globe lui-même. Il cite une de ses nombreuses expériences où il mit diverses matières terrestres dan# un tube étroit de verre à l’extrémité duquel

A RKWCASTLE BH 1888.

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il appliqua ensuite la chaleur. Après quelques jours il trquva ces matières stratifiées, et celles du milieu du tube plus dures que celles des extrémités.

M. Trimmer fit connaître ensuite la découverte de coquilles marines au-dessus des restes de mammifères terrestres dans la caverne du Cefn dans le üerbighshire. La caverne est creusée dans le calcaire carbonifère; les os de rhinocéros, d’hyène, etc., sont contenus dans des couches argileuses et des stalactites, et au-dessus d’eux des fragments de coquilles marines démontrent l’irruption dans la caverne du courant diluvien. Cette communication excite une discussion entre MM. Buckland , De la Beche et M. Smith sur les vrais caractères des restes du déluge.

Ch. Morrex.

( La fin au prochain numéro).

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