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(seconde fahtie.)
IV e section : Président, sir William Jardine. — Poisson à quatre yeux. — Flore des îles d’Irlande. — Coquille nouvelle signalée par une dame. — Coloration des coquilles. — Insectes rares. — Histoire des taureaux sauvages du Northumberland , mœurs de ces animaux, anecdotes. — Poissons d’Angleterre. — Faucons d’Islande monopolisés par le roi de Danemark. — Chien à crinière. — Monstruosités végétales. — Actinies. — Histoire des Pins et Sapins introduction du I.arix en Belgique; influence des couvents sur l’agriculture. — V* section : Président, M. Hcodlam. — Coloration des nègres. — Statistique curieuse du choléra. — Probabilités de vivre ou de mourir quand on en est attaqué. — Influence des substances introduites dans les veines; société de médecine de Gand. — Surdité commune en Angleterre; cornets acoustiques. — Structure curieuse des dents; lois de la uature qui rap-
prochent les dents des os.— Quantité d’air nécessaire pour vivre, calculée pour les chambres législatives: construction de la chambre des communes; influence des vêtements sur la vie; mauvais effet de l’obscurité. — Discussions phrénologiques. — VI' section : Président, le colonel Sykes. — Etat des crimes a Newcastle. — Moralité de New Lanark et des mineurs. — Statistique de 1 industrie minière de la France; détails; discussions; M. Bowring. — Salubrité de Cadix. — Statistique des universités anglaises ; revenus; nombre des élèves, des cours, des professeurs; traitement et revenus de ceux-ci ; noblesse et roture. — Bibliothèques ; influence de la Belgique littéraire sur l’Irlande. — Nouvelle Zélande. — Incendies de Londres, leur statistique curieuse; leur cause, etc. — Vil' section : Président, M. Babbage. — Télégraphe nouveau. — Foyers économiques. — Ponts obliques. Bateaux à vapeur; causes d’explosion. — Constantes des chemins de fer. — Perfectionnements des chemins de fer. — Dons en argent accordés par l’Association ; ses revenus; ses progrès; son avenir.
IV 0 section. Zoologie et Botanique. Président sir William Jardine, baronnet.
Celle section de l’association était sans doute une des plus remarquables par le nombre des membres du comité et la haute renommée de beaucoup d’entre eux. MM. Ehrenberg de Berlin, Graham d’Édimbourg, Greville, le révérend Jenyns, Gray, Owen, le capitaine Ross, Yarrell, Richard Coylor, le révérend W. Hincks , etc. , sont des noms connus partout où les sciences naturelles sont en honneur. Les travaux delà section ont acquis par cela une importance particulière aux yeux du monde savant.
M. John Edward Gray, un des directeurs du Mu^ séunq britannique à Londres, et l’un des secrétaires de
la section, attira l’attention de l’assemblée sur une espèce de poisson à quatre yeux, trouvé sur les côtes de Surinam, note communiquée par M. Clarke et J. Mortimer. Les auteurs avaient remarqué l’animal qu’ils décrivent pendant une visite à Parimaribo, la capitale de la colonie hollandaise à Surinam, où les bancs sablonneux du fort Amsterdam sont annuellement visités par des légions de ces poissons quadrioculés. L’animal est couvert d’écailles peclinées au bord postérieur, comme dans l’ordre des clénodes d’Agassiz; ils ont la bouche armée d’une couche de petites mais grosses dents hexangulaires qui ressemblent à celles de la famille fossile des pycnodontes, et qui sont bien appropriées à la manducation des petits crustacés dont ce singulier poisson se nourrit. Sa longueur est de trois pouces environ, et sa couleur est d’un vert noirâtre sur le dos, orange sur le ventre, avec des bandes noires et blanches partant dans la direction des nageoires pectorales et caudales. Les yeux, au nombre de quatre, ont leur paire antérieure semblable à ceux des poissons ordinaires par leur position près des narines ; la paire postérieure des yeux est placée beaucoup plus loin eu arrière à la face de derrière d’une protubérance cornée, ou d’une crête transversale qui s’élève du sommet de la tête. Cette crête par sa position empêche les yeux de devant de regarder en arrière, et ceux de derrière de regarder en avant. Le capitaine Spandermann , de la marine hollandaise, qui assistait aux recherches de MM» Clarke et Mortimer» remarqua la singulière cir* eonstance que Us yeu* de devant sont toujours fer-
més quand ceux de derrière sont ouverts, et les auteurs ont observé à leur tour qu’aucun autre poisson n’égale celui-ci pour la facilité de fermer les yeux. Ils proposent d’instituer avec ces animaux une famille nouvelle, les Tessarophthalmoïdes.
Ce fait, qui serait unique chez les vertébrés, parut tellement extraordinaire à la plupart des membres du comité, qu’ils mirent en doute l’authenticité de l’observation. M. Hope observa que chez les insectes , on trouve souvent plus d’une paire d’yeux, et que chez quelquesuns les yeux sont partagés en deux par une cloison membraneuse , ce qui leur donne l’apparence de deux paires. M. Richardson est de l’avis de M. Gray, que ce sont les anableps dont les yeux sont divisés en deux compartiments par une membrane transversale, qui ont fait sans doute imaginer l’existence des poissons dont parle M. Clarke. Agassiza mèmefiguré un poisson identiquement le même, si on lui ajoute une crête et deux yeux de derrière. Cependant, M. Jardine a vu tant d’anomalies dans le monde organisé, qu’il est tout disposé à prendre en considération ce fait nouveau. L’avenir apprendra ce qu’il faut en penser.
M. Babington lut un mémoire sur la flore des îles du canal d’Irlande. Un {joint curieux de geograplné botanique, c’est que sur ces îles existent vingt espèces qui n’avaient pas encore ele trouvées en Angleterre. Il publiera cette flore.
M.Gi ay, aprèsavoir fait connaître les collections de eoquillesde Newcastle et des environs, et après avoir donné lés descriptions de nouvelles espèces britanniques , si-
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{piale un genre nouveau de coquille trouvé par mademoiselle Isabelle Mark dans l’eslomac d’une merluche pêchée sur les côtes du Northumberland. Il l’appelait Neara, mais M. Sowerby fait observer que cette coquille abonde au Danemarck, et qu’elle est décrite par le capitaine Brown dans le journal géographique d’Aainsworth.
M. Gray lut ensuite un mémoire sur la formation des lignes angulaires, sur les coquilles des mollusques. Les dessins annulaires, quelquefois si remarquables par leur beauté et la vivacité des couleurs , et ceux qui se trouvent dans la direction de la croissance de la coquille, ou qu’on remarque dans sa substance même, s’expliquent facilement par la force plus ou moins grande de la surface de sécrétion du manteau. Mais on ne se rend pas compte si facilement de la formation des lignes angulaires. M. Gray admet que toute coloration de coquille est la conséquence d’une sécrétion glandulaire, et que lorsque la coquille augmente en volume , il y a dans les glandes une tendance à diverger. Mais il arrive dans le développement que ces glandes s’oblitèrent, et la conséquence immédiate de ce fait d'oblitération est la production de glandes nouvelles : la glande est double , et par sa tendance à diverger, elle forme deux lignes angulaires qui se prolongent à une certaine distance, jusqu’à ce qu’elle rencontre une glande voisine, formée comme elle, et s’oblitère comme la première. Ce phénomène se répète toujours de la même manière et produit ainsi les lignes angulaires si communes sur les coquilles.
Le révérend M. Wailes montre lin des insectes les plus rares du monde , le Psalidognatus Frïendii. On échange des remarques sur les mouvements d’un insecte qui ronge les pommiers, mouvements qui sont circulaires d’après M. Hewitson. MaisM. Sowerby doute qu’un insecte parfait attaque le pommier. M. Gray répond que cela est fort commun chez les lamellicornes (jui se nourrissent du jus des plantes.
M. Hindmarsh d’Alnwick communique un mémoire du plus haut intérêt sur les taureaux et les vaches sauvages du parc de Cullingham. D’après les renseignements fournis par le noble propriétaire du parc, lord Tankewille, on a l’idée dans le pays , depuis un temps immémorial, que les bestiaux de cette localité appartiennent réellement à la race sauvage. Les vieillards de quatre-vingt-dix ans racontent que leurs grands-pères ont toujours entendu dire que cette race n’a jamais été introduite, mais qu’elle est aborigène. On pense que celte espèce a été renfermée dans les vastes enclos de la forêt, et s’y est multipliée à son aise et en toute liberté. Walter Scott supposait que ce sont les descendants des taureaux qui habitaient la grande forêt calédonienne, étendue depuis la Tweed jusqu’à Glascow, aux deux extrémités de laquelle , à Chillingham et à Hamilton , cette race a été retrouvée. Le grand romancier de l’Ecosse l’a décrite dans sa ballade de Cadyow Casllc avec ses caractères spéciaux. Toutefois , la variété d’Hamilton s’est dégénérée. Le parc de Chillingham est luimême un des plus anciennement connus. Les dotations de la cure dont les titres reposent aux records de Durham
ne rapportent à un temps certainement antérieur à celui du roi Jean , vers l’époque duquel , c’est-à-dire vers 1220, l’église de Chillingham fut bâtie. Le curé , de i’agrément de Robert de Muschamp, avait le droit de faire couper dans la forêt autant de bois qu’d en avait besoin, et cela, du meilleur chêne. La plus ancienne partie du château a été bâtie sous le règne suivant , celui de Henri III, depuis l’époque duquel ce manoir fut constamment occupé par la famille de lord Grey. On ne saurait dire avec précision à quel temps la forêt fut clôturée, mais elle le fut d’un côté par les domaines de la famille Perci, et de l’autre par ceux des Hibburne déjà établis là depuis le règne du roi Jean.
La famille de lord Grey faisant toujours de Chillingham sa principale résidence, le mariage de lord Ossi liston avec une héritière de la première maison , força les deux familles à séparer les animaux sauvages et domestiques, de sorte que la clôture de la forêt fut faite sans doute à une de ces époques reculées. En outre, on rapporte que ces taureaux sauvages existent encore ailleurs, comme au Lynce Park, dans le Cheshire, à Hamilton, au Chartley Park de lord Ferrers. Ceux de Chatelherault , près d’Hamilton , sont loin d égaler en beauté la race de Chillingham avec laquelle celle de Chartley Park offre une grande ressemblance. Ces laces primitives ont tous les caractères des bêtes sauvages et présentent des faits les plus curieux à noter. Ils cachent leurs veaux, paissent la nuit, dorment le jour. Ils deviennent furieux quand on les poursuit , quoique timides en général et fuyant vite, à l’approche
de l’homme dont ils aperçoivent la présence à une grande distance. Cependant ceci varie beaucoup selon les saisons de l’année et la manière dont on s’y prend pour les approcher. Pendant l’été, dit lord Tankewille, j’ai été pendant plusieurs semaines àguetter le moment de les voir; mais à la moindre apparence d’un être humain, ils fuient dans les bois qui leur servent admirablement de retraite. Tandis que l’hiver, quand ils viennent pour paître au parc clôturé et qu’ils ont besoin du contact des hommes, on s’en approche aisément, surtout si l’on est à cheval. Mais alors aussi, ils montrent mille caprices. Quelquefois ils entendent se nourrir en repos, et si alors quelqu’un s’en approche subitement, surtout dans la direction du vent, ils sont pris d’une peur panique, ils galoppent, se ruent les uns sur les autres et ne se reposent que lorsqu’ils ont atteint les profondes clairières de leurs forêts. Comme les bêtes fauves, ils tirent le plus grand avantage des inégalités du sol, et s’ils sont dispersés, ils parcourent tout le parc sans que vous aperceviez le moindre signe de leur présence. Leur manière ordinaire de battre en retraite, est de se lever doucement, de descendre dans une vallée et de trotter ensuite; rarement ils galoppent avant qu’ils n’aient mis du terrain entre vous et eux. Leur forme est remarquablement belle, les jambes courtes, le dos droit, les cornes d’une fine texture , la peau mince , quelques taureaux sont de couleur de crème ; leur voix s’éloigne du beuglement des taureaux ordinaires, et se rapproche plus de celle des animaux sauvages. Avec les signes d’une race su-
1 tt r. > N s
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périeure , ils en ont aussi les défauts , car ils produisent peu, et perdent inutilement leurs forces. Lorsqu’ils descendent dans la partie basse du parc où ils vont à des heures régulières, ils arrivent en file comme un régiment de cavalerie, les taureaux formant l’avant-garde, tandis que dans la retraite, ils occupent le derrière. Lord Ossulston fut témoin un jour de la manière singulière dont ils prirent possession d’un nouveau pâturage qui leur fut ouvert pour la première fois. C’était le soir vers le coucher du soleil. Us commencèrent par longer le bord d’un petit bois qu’ils paraissaient trouver à leur guise ; tout à coup ils bondissent en avant, tous à la fois et sur une ligne, attaqnant l’enclos en travers de la plaine, puis se dispersent et se mettent à paître bientôt après. La ténacité de leur vie est prouvée par la circonstance suivante :
Un vieux taureau devait être tué $ un des vachers voulut le séparer du reste du troupeau avec lequel il paissait dans le parc extérieur. L’animal s’en aperçut, et comme il avait vainement tâché de rejoindre ceux que le vacher avait éloignés de lui , en se mettant entre le troupeau et le taureau , manœuvre des plus inconsidérées , il perdit patience, se rua sur le gardien et le terrassa. Alors il lui donna trois violentes secousses, et enfin s’agenouilla sur lui et lui cassa plusieurs côtes. 11 n’y avait d’autres témoins à cette déplorable scène qu’un jeune garçon qui lâcha prise à un chien de chasse de lord Ossulston. Le chien courageux se précipite sur le taureau et lui mord les talons , ce qui le force à quitter l’homme, lequel ne dut sa vie qu’à cette circoro-
HUIT jouas
stance. Cependant le taureau ne se tenait pas pour battu, il entourait incessamment le vacher, s’approchant peu à peu de lui et de temps en temps se ruant de nouveau sur sa victime. Pendant ce combat , et tandis que le chien , par une admirable sagacité et un indomptable courage, chassait le plus possible l’animal furieux , un messager se rendit au château d’où sortirent tous les hommes avec leurs fusils et carabines ; on fit feu de toute part et l’on distingua surtout un bon tireur qui se plaça à trente-six aunes de distance pour abattre le taureau. Celui-ci ne tomba que lorsqu’il eut six ou sept balles dans la tête , et dont l’une d’entre elles était passée par l’œil. Durant toute l’action, l’animal n’avait pas fléchi ni abandonné le terrain ; seulement, quand il recevait plusieurs coups, il secouait la tête. Lord Tankewille aurait pu , dit-il , raconter encore plusieurs anecdotes semblables , mais ceci suffit pour donner une idée de ces singuliers animaux. A ces renseignements M. Hindmarsh ajoute ceux de l’éleveur M. Cole, qui déclare que le troupeau se compose d’environ 80 bêtes, dont 25 taureaux , 40 vaches et 15 bouvillons. Les yeux , les cils des paupières et les pointes des cornes sont les seules parties noires, le museau brun , l’intérieur des oreilles rouge ou brun et tout le reste de l’animal blanc. Même les taureaux n’ont pas de crinières, mais seulement des poils courts au cou. Ils se battent pour avoir la suprématie jusqu’à ce qu’un petit nombre des plus forts soit parvenu à vaincre les autres et l’autorité , dès ce moment , n’est plus disputée. Quand deux taureaux sont séparés par hasard , s’ils se rencontrent
de nouveau , ils se battent quoiqu’anciens amis et jusqu’à ce qu’une nouvelle amitié soit cimentée entre eux par ces combats. La vache engendre à trois ans, le veau telle neuf mois et les génisses les cachent pendant les huit ou dix premiers jours après leur naissance , leur donnant le lait deux ou trois fois le jour. M. Bailey de Chillingham trouva un jour un veau âgé de deux ou trois jours très-misérable et très-faible. En le caressant, il se retira à plusieurs pas en arrière et puis se rua sur M. Bailey de toutes ses forces. Ensuite il quitta le chemin et tomba , mais le troupeau tout entier accourut pour le secourir et pour forcer M. Bailey à la retraite , preuves certaines que ce sont bien des animaux sauvages. Rarement ils meurent de maladie et ne vivent guère plus de huit à neuf ans; le foin est une de leurs nourritures , mais ils ne veulent toucher aux turneps. Quand un d’entre eux devient malade ou faible, les autres s’asseyent sur lui et le font mourir en le perçant de leurs cornes. A la fin du siècle dernier , des animaux semblables existaient encore à Burton Constable , dans le comté d’York et à Duntilary , dans le Dumfriesshire, mais aujourd’hui la race s’est éteinte. M. Ilindmarsh les regarde comme étant certainement les descendants des anciens taureaux calédoniens qui s’étaient propagés dans les provinces du nord de l’Angleterre, et qui ont pu s’v maintenir grâce aux vastes propriétés boisées de cette contrée. Boelius les a assez bien décrits , excepté pour ce qui regarde l’absence de la crinière.
I\I. Swainsou pense même que ce n'est pas le genre
taureau proprement dit qui doit renfermer cette espèce, mais le genre urus ; mais M. Gray les croit tout différents des urus. M. Greville connaît des taureaux sauvages dans le Ribbles dale Park et l’un d’entre eux , empaillé, se trouve au Muséum d’histoire naturelle de Manchester. A. ce sujet, M. Webb Hall lut un mémoire des plus propres à exciter l’intérêt de la compagnie sur l’éducation des bêles à cornes , et en effet absolument contraire aux faits adoptés aujourd’hui par les éleveurs de bestiaux. Il reconnaît dans cette race sauvage une variété sut generis, retenant sa beauté , sa vigueur et sa force ; les autres troupeaux sont pour lui dégénérés. Quant à la détermination précise du genre auquel ces animaux appartiennent, elle ne saurait être décidée , et sir William Jardine s’adressera à lord Tankewille pour permettre aux naturalistes de les examiner.
M. Parnell lut un mémoire sur des poissons rares ou nouveaux d’Angleterre qu’il décrit. Les préparations sont extraordinairement belles; les animaux sont coupés par le milieu, vernis et collés sur des cartons blancs avec tant de soin et de précision , qu’on les croirait sortis à l’instant de l’eau.
M. J. Hancock communiqua un travail sur le faucon d’Islande, sous le nom duquel on a confondu deux espèces dont l’une est le faucon de Groenland, ce que les naturalistes ont ignoré parce que le premier de ces oi-
1 Motella cimbria, Pagellus a carinc, Raia cbagrinea, Raia intermedia, Raia cia va ta , Cottus scorpicus, Platcssa limandoides, Platessa pala. Mugit chclo, Trigla gurnardus. L’auteur pense ensuite ijne le Trigla Blocliii et Tr. cuculus sont dcsjcuncsdu Tr. gurnardus.
seaux est monopolisé au profit du roi de Danemark qui les fait prendre pour son propre usage.
M. Sykes entretint l’association d’un rare animal de l’Amérique méridionale, décrit par Azara comme le chien à crinière, canis jubatus. Il diffère cependant du chien, par ses habitudes solitaires et nocturnes. Sa taille est plus grande, son corps plus épais, sa tête plus plate, ses yeux plus étroits, son nez plus pointu, et tout l’animal plus grossier que le chien. Il ressemble ainsi encore moins au renard et au loup , et l’auteur l’allie au genre hyène, ou bien si l’on ne veut pas y voir une hyène , ce doit être un genre nouveau qui représente celui-ci en Amérique. Cependant M. Gray y voit toujours un chien.
Le révérend W. Hincks d’York fit connaître son travail sur quelques monstruosités végétales qu’il classe en cinq divisions: 1° cas de cohérence et d’adhérence de parties non unies naturellement, ou séparation de celles qui sont normalement unies; 2° anomalies dépendant du développement comparatif des parties d’un même cercle; 3° transformations anormales d’organes; 4° exubérances monstrueuses de croissance par lesquelles le nombre de parties s’altère, indépendamment de la transformation , ou le nombre des cercles d’organes s’accroît ou l’axe s’accroît irrégulièrement; 5° avortements anormaux oxi suppressions d’organes ordinaii-ement développés dans l’espèce. M. Hincks donne des exemples de chacune de ces classes.
Le troisième jour de l’association. M. Tyale communiqua son travail sur les corps gemmifères et les fila-
ments vermiformes des actinies. Il s’attache surtout a décrire les plans musculaires qui supportent l’estomac et ceux des corps gemmifères pris faussement pour des ovaires. L’animal est formé d’après une symétrie bilatérale, car son estomac est partagé en deux parties latérales. Les gemmes sont au nombre d’environ 200. Chacun se compose de plusieurs plis ou duplicatures horizontales qui , dé roulées avec soin,montrentà la loupe leur constitution; ce sont deux couches délicates d’une membrane enveloppant une couche compacte de gemmules. Après avoir enveloppé ces derniers, les couches membraneuses sont placées en opposition et forment le mésentère par le moyen duquel les corps gemmifères s’attachent au feuillet. Les gemmules sphériques ou anguleuses par compression mutuelle ont une dépression centrale qui indique la situation de l’ouverture orale mais privée de tentacules. Les filaments vermiformes sont attachés par un mésentère des plus délicats au bord interne de chaque corps gemmifère , et sont formés par des circonvolutions très-nombreuses. Pendant la vie , ces filaments ont un mouvement vermiculaire, même après avoir été séparés du corps, car dans l’eau marine ils jouisssent d’une force locomotive extraordinaire aussi longtemps que leur contour ne devient pas obscur, mais après 24 heures il se réduisent en une substance floconneuse. L’auteur les conserva en les séchant sur du verre , mais leur fonction est entourée d’obscurité ; ils ne lui paraissent pas être des oviductes, parce que leur extrémité est trop fine et que jamais on n’y a trouvé des œufs. La reproduction des
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actinies, selon M. Tyale, est une gemmiparité qui libère les gemmules mûres hors de leur enveloppe, et les loge dans les espaces interdcplaux où elles sont arrosées par l’eau de la mer, ce grand stimulant de leurdéveloppement ultérieur. M. Tyale regarde ces filaments comme des glandes folliculaires analogues aux follicules solivaires, pancréatiques et lépatiques. Toute l’assemblée admire la beauté des préparations de ce naturaliste qui explique son procédé. Il consiste à saisir l’animal quand il est moribond, à le diviser et à le déposer dans de l’alcool.
Le capitaine J. E. Cook lut un mémoire sur les pins et sapins. Pas moins de soixante et dix espèces de pins et sapins ont été introduites récemment en Angleterre , et appartiennent aux cinq groupes qui partagent la distribution de ces arbres à la surface de la terre , savoir : 1° ceux de l’ancienne Amérique qui renferme les États-Unis, le Mississipi et le Canada avec le Labrador; 2° ceux croissant entre les océans Pacifique et Atlantique dans le district connu sous le nom de Montagnes rocheuses , arbres appartenant à la tribu qu’on pourrait appeler les dotiglasiens; 3° les hauts plateaux de Mexico ; 4° les monts Himalaya et 5 ° l’Europe. Le premier groupe contient environ vingt espèces , dont neuf peuvent produire du bois de construction de seconde qualité. Ce sont de beaux arbres dans leur pays natal, mais ils dégénèrent en Europe. Le second groupe, ou les douglasiens, sont au nombre de quinze et possèdent toutes les qualités du bon bois ; ils sont toujours verts et croissent vite et par ce qui arrive actuellement
dans les jeunes plantations de ces espèces en Angleterre , on peut présager le succès futur de leur culture dans nos contrées. On a cependant peu de données positives sur ces arbres. Les espèces du troisième groupe, celles de Mexico, sont peu nombreuses et, de plus, on ne connaît presque rien de leur histoire. Les pins et sapins de l’Himalaya sont aussi et peu nombreux et peu connus. Quelques-uns s’acclimateront sans doute iei. Vabies webbiana est un arbre gigantesque, mais il n’a pas supporté l’hiver de 1837-38. Vabies tnorinda l’a supporté et tous deux se propagent par bouture. Les pins et sapins d’Europe sont après tout encore les plus précieux. Dans ce groupe en général , la qualité des bois est en raison de la facile résistance des arbres aux froids de l’hiver. Les meilleures espèces viennent donc du nord ou d’une situation analogue sur les montagnes du midi. Aucune bonne espèce n’a été trouvée ni aux bords de la Méditerranée, ni sur ceux de la Baltique.
La première place parmi ces pins européens doit être donnée aux pinus cenibra et p. uncinala qui croissent dans les forêts pyrénéennes et alpines et même on doit les estimer plus que le pinus sylvestris ou pin d’Ecosse , quoique les trois soient excellents pour les qualités du bois. Ce pin s’étend depuis le cercle arctique jusqu’à Sierra da Guadarama en Espagne. Le pin suivant, toujours en qualité, est le pinus laricio qui croît dans les montagnes de Corse à une haute élévation, et à 43° de latitude sans descendre au niveau de la Méditerranée. Le pinus hispanica ou d’Espagne appartient
aux mêmes latitudes et aux mêmes hauteurs, et s’associe au premier. Sa zone est ainsi du 39° au 43 a d. N. lat. et s’étend jusqu’au pied des plus hautes Pyrénées. London a copié l’erreur des botanistes français en disant que cet arbre existe en France; il en est séparé par des lieues de distance et des milliers de pieds d’élévation. Ces deux espèces forment ainsi la zone du milieu de l’Europe, et leur bois occupe aussi le milieu pour les qualités entre les espèces dont nous avons parlé et celles qui suivent. Le pinus pinastes vient après et va jusqu’à Sierra da Guadarama. Ce n’est pas un aussi bon bois qu’on pourrait le supposer, surtout quand il a crû dans les vallées sombres et les situations défavorables. Le pinus pinea ou pin pignon , appelé encore le pinpierre, est un bois voisin du précédent. Son habitation la plus boréale est la vieille Castille où il existe en trèsgrande abondance, et quoiqu’il atteigne une hauteur moyenne, il croit comme le précédent dans des endroits ombragés, comme il s’en trouve en Andalousie, etc. Enfin le dernier pin de celte série, est le pinus alpensis qui s’étend surtout aux bouches de la Méditerranée. On n’a pu soumettre les sapins à la même étude, parce qu’ils sont moindres en nombre et en développement. Les espèces d’Europe sont certainement inférieures en qualité aux pins proprement dits. Vabies exce/sa est le plus vigoureux, et résiste mieux dans un sol humide que le pin silvestre. Vabies pectinata a été trouvé plus au sud , tandis que la première espèce ne s’avance pas plus que la Savoie ; l’autre se trouve aux Pyrénées et en Navarre, et une de ses variétés existe en Céphalonie.