‹ Huit jours a NewcastleChapitre 6 sur 7 · HL'IT JOURS · texte numérisé non relu

HL'IT JOURS

il n'y a pas de doute qu’il ne puisse rendre grand service dans nos cultures. Le larix, quoiqu’il paraisse en quelque sorte une anomalie du genre , suit les mêmes lois. Il a pour site le plus méridional les hauts Apennins en Piémont, il a une zône boréale très-grande, mais on ne le trouve jamais à une basse élévation. Probablement le pin d’Autriche ( pinus austriaca) appartient à ce groupe; mais on connait peu son histoire, comme celle du pinus satanica qui croît en Crimée. La culture des espèces de sapin les plus vivaces et les plus précieux se recommande hautement d’après les expériences du duc d’Athol,qui a trouvé que du bois d’une assez bonne qualité pour répondre à la consommation ordinaire de la marine pourrait en provenir à 100 ou 140 pour cent de moins que le prix du chêne, en faisant attention à la rente des terres et au terrain occupé, surtout quand on songe à la grande fertilité que donne le larix au sol. L’auteur établit que 100,000 acres de terres incultes pris sur les montagnes grampiennes pour la culture du larix, peuvent non-seulement suffire aux besoins de la contrée, mais encore produire un excédant propre à l’exportation, et cela, au bout de deux générations d’homme. Dans le midi et l’ouest de l’Angleterre, les pins laricio } hispanica , comme les cèdres du Liban, peuvent bien s’acclimater; mais le larix se recommande encore parce que ses feuilles tombées engraissent beaucoup le sol et le convertissent en terre arable '.

1 11 y a uuc quinzaine d'années on attirait vivement l'attention de nos cultivateurs et propriétaires de la Flandre sur la culture du larix. U n grand arbre de cette espèce fut même porté en triomphe

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IBS». 1 73

Dans la discussion qui suivit la lecture de ce mémoire, le professeur Grahnm observa que le sinus morinda supporte bien le climat d’Ecosse. Il y a deux variétés du pin de Douglas, l’une a beaucoup souffert par l’hiver dernier, l’autre moins. Les araucaria ont supporté le froid excessif de 1837-38 à Edimbourg sans souffrir. En général, il trouve que plus les arbres croissent lentement , mieux ils subissent le froid. Peu de temps avant sa mort, le célèbre Kinght, la gloire des physiologistes anglais, lui avait écrit qu’il était parvenu à greffer le pin de Douglas sur le larix , circonstance fort heureuse pour cette espèce dont les graines ne mûrissent pas, mais que les boutures reproduisent. Ce célèbre professeur écossais fait remarquer que lorsqu’on désire avoir du beau bois , il faut greffer une espèce sur une autre la plus voisine, mais que si l’on veut avoir des graines, il faut greffer sur les espèces les plus dissemblables

dans les rues de Gand et planté devant la porte d’un habitant de la rue de la vallée de cette ville. On y plaça une pierre en commémoration de cet événement. C’est à un moine et au frère jardinier de l'abbaye d'Eeckhoute à Bruges qu’on doit, en 1745, les premières cultures de larix en Belgique. En 1772, MM. Van Huerne de Schiervelde et Van den Bogaerde de Bruges écrivirent un mémoire sur cet arbre; les abbayes des Dunes, de Sainte-Gertrude de Louvain, la famille du Bue d’Aremberg et notre arboriste national, le baron de Poederlé propagèrent autant que possible une essence si productive.

1 Les autres travaux de cette section , mais d’un intérêt moins général, sont : 1° Remarques sur la classification des insectes par M. Hope. 2“ Observations de M. Sowerby sur le Lycopodium lepidophyllum et l ’ Encrinus moniliformit. 3° Mémoire de M. Striekland sur l’Ardea alba.

\ ut. 7

V' section. Sciences médicales. Président M. Headlam, lord maire de Newcastle. Parmi les travaux les plus intéressants de cette section, nous croyons devoir noter les suivants :

Mémoire sur les fonctions du tissu muqueux et de la matière noire dans les races nègres, par M. Glover. Le degré de développement du tissu muqueux et de sa matière noire, détermine le pouvoir de résistance à la chaleur excessive du soleil dans les contrées interlropicales; le nègre, l’européen et l’albinos le démontrent.

La vraie cause de cette résistance inégale doit se découvrir en examinant les propriétés physiques et vitales de la peau. La doctrine que l’on enseigne aujourd’hui sur ce sujet, c’est que la peau noire des nègres absorbe, en vertu même de cette couleur, plus de chaleur que notre peau blanche; on dirait donc que la nature prévoyante aurait dû faire de nous de vrais nègres, de nous qui vivons dans un climat tempéré et froid, et qu’elle aurait mieux agi , pour rafraîchir l’habitant de la Zône-Torridc , de lui donner notre peau blanche. L’opinion des physiologistes est cependant que la nature a bien agi : Et ridit Dens quod esset honum, parce que la peau du Nègre est bien moins prompte que la nôtre, à s’irriter et à s’enflammer par une haute température. Le rayonnement du calorique hors de la peau noire, est plus grande d’ailleurs que hors d’une peau blanche, et celui qui porte la première se refroidit donc plus vite que le blanc, ce qui lui donne plus d’alternatives de chaud et de froid. La première partie de celte doctrine est due surtout aux observations de

sir Éverard Home qui les a détaillées dans les Transactions philosophiques. Mais M. Glover a contredit cette opinion en s’appuyant sur des expériences très-curieuses qu’il faisait sur les propriétés vésicantes de plusieurs substances colorées diversement et placées sous les rayons concentrés du soleil. Il est établi par ces recherches, que les propriétés vitales de la peau doivent être prises en considération, et que l’action n’est pas simplement physique. Blumenbach et Winterboltom ont voulu que le Nègre perspirât plus facilement et plus librement que l’Européen, et Davy était d’avis que chez les habitants des tropiques, les artères exhalantes de la peau, sont extraordinairement développées, et l’appareil sécréteur du fluide transpiratoire très-riche. Il croyait même que le sang du Nègre était moins visqueux que le nôtre , plus aqueux, qu’il passait plus facilement par les vaisseaux, et qu’ainsipar une plus abondante exhalation, la peau se refroidissait davantage. Davy soupçonnait aussi que le sang ainsi refroidi en retournant au cœur, et en allant nourrir, après en être de nouveau chassé, les parties intérieures du corps, celles-ci en devenaient d’autant moins chaudes. L’auteur du mémoire lu à Newcastle prouve que ces vues se ressentent trop du matérialisme d’un physicien et que si les Nègres ne possédaient pas une organisation particulière et des propriétés vitales appropriées à leur condition d’existence, ils ne résisteraient pas à la force stimulante de la chaleur.

Le docteur John Reid donne un aperçu sur ses investigations expérimentales sur les fonctions de la hui-

lième paire de nerfs et M. N. Farr envoie un écrit sur les lois des guérisons et des mortalités dans l’épidémie du choléra spasmodique. Ce dernier mémoire, après avoir excité une vive attention , provoqua l’une des plus chaleureuses discussions du congrès scientifique. M. Thompson , qui Usait ce travail, faisait remarquer d’abord l’importance du langage précis et laconique des mathématiques pour toutes les branches des sciences naturelles. Pour lui, le médecin devrait avoir ses formules calculées, et le seul moyen de donner à la science d’Hippocrate le caractère d’une doctrine raisonnée, c’est d’en asseoir la base sur les mathématiques. Celte introduction rappelait l’histoire de ce médecin qui mettait les fièvres en équations algébriques, ce qui, à ce que disent certains de ses confrères, guérissait assez souvent ses malades, parce que la solution du problème lui faisait perdre beaucoup de temps. M. Thompson dit que l’auteur du mémoire en question a établi ses calculs sur 9372 cas enregistrés à Rome en 1837 et publiés par le conseil de santé de la métropole du monde chrétien. Il rend un éclatant hommage, au milieu de ses concitoyens en général si intolérants pour la religion romaine, aux mesures sages et prévoyantes que le Pape fit prendre dans l’intérêt de la santé publique; il fait ressortir avec vivacité le contraste de ces précautions avec les lois anglaises et dans l’absence de l’action gouvernementale, les médecins privés et les hôpitaux devraient s’entendre, dit-il, pour établir sur une base uniforme et commune l’enregistrement des décès et des guérisons : alors la comparaison devien-

drait le jugement ou le verdict des autorités. Le jour de l’attaque, le jour de la guérison et le jour de la mort sont les trois points à noter avec soin. Ces points connus, on peut calculer à priori, la probabilité des guérisons futures. Ainsi, Rome est prise pour exemple et sur 100 malades, on trouve par l’observation d’une part et par le calcul de l’autre, les données suivantes :

Morts

Guéris

Observés — Calculés

Observés — Calculés

5 me jour . .

6 me jour.

7 œe jour.

D’après cela, M. Farr calcule les probabilités de la mort et de la santé dans l’invasion du choléra, en

déans des 10 premiers jours

de

l’attaque : voici sa

table , qui peut un jour nous

devenir utile, mais a

Dieu ne

plaise !

Jours.

Probabilités de la guérison.

Probabilités du décès.

l)e cette table, on peut tirer, comme ou le voit, la

durée moyenne delà maladie en général, la durée moyenne delà maladie prise à une période donnée et la probabilité de la mort à un terme donné du traitement.

Le docteur Granville, de Londres, un des membres correspondants de l’Académie royale des sciences de Bruxelles, n’est pas d’avis qu’il soit convenable d’introduire les calculs en médecine ; il n’y a pas en physiologie d’action qui se mesure comme la gravitation et dans la science de la vie la loi correspondant à celle de l’attraction n’est pas encore trouvée. D’ailleurs que de circonstances qui modifient le jeu de nos organes! L’âge, le sexe, la constitution font varier les phénomènes et sur ceux qui sont relatés dans les écrits de M. Farr, le traitement serait-il donc compté pour rien ? — M. Thompson réplique par la coïncidence remarquable trouvée entre les résultats des calculs et des observations et les lois sont si certaines qu’il les a figurées par des courbes comme on le fait pour la variation des températures.

M. James Blake lit un mémoire du plus haut intérêt relatif à l’action de différentes substances sur l’économie animale, quand elles sont introduites dans les veines. Ce travail physiologique très-étendu est d’un haut intérêt dans l’état actuel de la science. Je fus assez heureux pour engager l’auteur qui professait la plus honorable estime pour les découvertes de feu Fohmann , le célèbre professeur de l’université de Liège, à se dessaisir de son mémoire en faveur de notre pays. Je l’ai présenté, en effet, à la société de médecine de Gand, véritable académie belge , et à laquelle il ne manque

que ce titre et les subsides du gouvernement, pour s» mettre au niveau des plus laborieuses compagnies de ce genre fondées chez nos voisins. Le travail de M. James Blake V est aujourd’hui soigneusement examiné par une commission spéciale. L’auteur a trouvé que certaines substances introduites dans le courant veineux agissent sur la contractilité du cœur seulement, d’autres décomposent le sang, celles-ci portent leur effet uniquement sur le système nerveux, celles-là, comme le tabac, l’euphorbe, la digitale , exercent seulement leur influence sur la circulation capillaire ; ces corps-là ne modifient pas cependant le sang. Les docteurs Lynch et Torbock appuient de leurs propres recherches celles de M. James Blake. L’histoire encore si obscure de notre sang recevra un nouveau jour par ces curieuses expériences.

Ceux qui ont parcouru les comtés des trois royaumes, ont été frappés sans doute du nombre si considérable de personnes qui font usage du cornet acoustique. On attribue généralement aux vents et à l’humidité du climat les pertes partielles de l’ouïe , et je serais d’ailleurs porté à croire que si, dans d’autres pays, comme le nôtre, par exemple, ce mal paraît moins commun, cela tient à ce que l’usage de ces cornets acoustiques , espèces de trompettes à large limbe que l’on place devant l’oreille , est tout à fait inconnu. Le D r Yelloly fit voir un cornet semblable perfectionné. La section nomma un comité chargé d’en examiner l’effet et l’année prochaine on rendra compte des expériences.

Le professeur Owen communiqua son grand travail

sur la structure des dents et la ressemblance entre l’ivoire et les os , illustré par des observations microscopiques sur les dents de l’homme , des animaux existants et de ceux de races éteintes. Partout ailleurs qu’en Angleterre un mémoire de cette nature aurait été lu dans la section des sciences naturelles , mais ici l’anatomie comparée est regardée comme une dépendance des sciences médicales. Pendant quelques temps nos universités belges , même depuis leur réorganisation , ont suivi aussi cette direction qu’on a peine à s’expliquer, mais aujourd’hui elles sont rentrées dans une voie plus rationelle. Les naturalistes eu Angleterre déploraient aussi cette irrégularité et le jour de la lecture du travail de M. Owen, si haut placé dans l’estime les zoologues du continent et des Iles britanniques, ils se rendirent à la section de médecine.

O 11 a été longtemps dans l’opinion que nos dents se composent de lamelles concentriques et superposées les unes sur les autres, mais Malpighi au dix-septième siècle voulait déjà qu’elles fussent formées de vaisseaux tissés comme un filet. Tous les jours on s’aperçoit que dans une foule d’observations Malpighi apportait la plus grande justesse. Leeuwenhoek en 1683, aperçut que les prétendues fibres des dents étaient réellement des tubes. Puskinje, en 1835 , reconnut de nouveau la structure tubuleuse de l’ivoire. Le professeur Müller de Berlin étudia aussi les tubes des dents de l’homme et la nature de la substance qu’ils renferment. Le professeur Retzius qui a aussi admis la substance dentaire et les tuyaux, a trouvé que ceux-ci étaient logés dans un

milieu transparent et selon un arrangement radié; les tubes primaires sont ensuite dichotomes , c’est-à-dire divisés toujours en deux branches; ils s’anostomoscnl entre eux et avec les cellules calcigèrcs à la surface de l’ivoire ou à la partie osseuse de la dent.M. Owen pense ainsi que la dent se nourrit et se conserve par les courants qui s’établissent dans toute sa substance au moyen des forces capillaires qui s’exercent dans ces petits organes. Le fluide vient de la pulpe intérieure et de la surface externe de la dent. L’avis de l’auteur est que l’anatomie des dents d’animaux fossiles est destinée à jeter un grand jour sur la structure de notre appareil dentaire ( , et il appelle à son secours les dissections microscopiques des dents de l’orang-outang , du léopard , de la taupe , du paresseux, du mégathérium, de l’alligator à museau pointu ( crocodylus aculus ), du Lamna , du carcharias tnegalodon , de Yacrodus nobilis > du psammodus , du ptychodus latissimus. L’auteur a bien établi par ces comparaisons que, quelle que soit la diversité entre les dents de la plupart des animaux , diversité telle que sur elle seule, M. Frédéric Cuvier , a établi les caractères différentiels des genres, parmi les mammifères, la structure tubulaire est un fait général , hors de toute contestation. La loi générale de la modification organique est la suivante : plus «m'animai s’éloigne de l’homme , plus la structure de ses dents se rapproche de celle des os, de sorte que dans la race humaine la différence entre Fus et la dent est arrivée à son plus haut degré d’expression.

On sait que dans le trafic infâme des Nègres, on cal-

culait ce qu’il fallait précisément d’air à un homme pour vivre. A fond de cale, ils ne trouvaient pas un pouce cubique de plus que ne l’exigeait leur respiration. Les recherches que les savants entreprennent aujourd’hui sur Cette matière, ne trouvent plus sans doute le crime pour application, et c’est dans un but honorable qu’ont été entreprises les expériences sur ce sujet par le docteur M. Reid. Le peu de personnes employées dans les recherches faites sur ce sujet jusqu’ici, a toujours rendu le résultat assez douteux. D’ailleurs, la diversité des constitutions, les degrés d’humidité de l’air, l’état de la perspiration insensible et le mélange des gaz étrangers, etc., peuvent rendre les données très-peu certaines; ainsi un mélange de d’hydrogène sulfuré est propre à produire dans Une chambre close les plus dangereux effets. Le degré de lumière apporte aussi de grands changements, et dix pour cent d’acide carbonique, produit une grande oppression dans l’obscurité, tandis que, sous l’influence de la lumière, l’effet en est tolérable. Le docteur Reid cite le cas singulier qui lui fut communiqué par sir J. Wily, qu’à St-Pétersbourg dans une grande barraque, la proportion des morts était de trois à un le long du côté obscur, avec celui qui était éclairé, et cela pendant plusieurs années. Lorsque les hommes sont réunis en grand nombre dans un local , celte considération devient importante; le docteurReid cite à cet égard les chambres des députés , des représentants, etc., et fait remarquer que c’est par suite de ses recherches qu’on a donné à la chambre des communes de Londres, une ventilation particulière. Il explique

son système par des diagrammes et par un modèle de cette chambre construit en verre. Le courant d’air frais peut être introduit, soit par en haut , soit par en bas, et se répand uniformément, non par des bouffées violentes, mais par degrés insensibles, de sorte que le renouvellement se règle par le contrôle delà quantité introduite. L’air, qui a servi à la respiration des législateurs et des foyers, sort par une direction opposée à son entrée.

On conçoit que les recherches de M. Reid sont trop directement applicables à toute société délibérante pour que l’association de Newcastle négligeât de faire au docteur quelques demandes ultérieures. 11 avoua qu’il n’avait pas fait entrer en ligne de compte les produits de la combustion des foyers et que dans tous les calculs précédents leurs effets avaient été également passés sous silence. Pour les effets de la température, il s’était servi du chauffage à l’eau chaude circulant dans des tubes de fer et jamais au-dessus de 150° (Fahrenheit). Plusieurs questions lui furent adressées sur l’influence des habits et il reconnut que les vêtements devaient en avoir dans ces circonstances. 11 établit que ceux qui sont d’une nature poreuse et qui admettent par cela une application insensible de l’air sur la peau de tout le corps doivent être les plus salutaires.

La phrénologie était destinée à venir interrompre la gravité des débats qui avaient eu lieu jusqu’alors. Une lecture du docteur Inglis sur le crâne d’Eugcne A ram devint l’occasion de la division qui s’établit entre les membres de l’assemblée. L’orateur prouva, comme il le put, l’authenticité du crâne. Le docteur Dalton avait en-

voyé ce crâne â Spurzheim qui le prit pour celui d'une femme. Selon M. Inglis, les facultés intellectuelles indiquées par le crâne sont précisément celles de l’individu; tout son caractère se dévoilerait pas ses bosses. Une conversation sans ordre ( desultory conversation) suivit cette lecture; les uns niaient Tauthencité delà tête et les autres déclaraient hautement que la phrénologie devait être dénoncée comme une science chimérique et absurde.

VI section. Statistique. Président : le colonel Svkes. Le premier écrit lu devant l’assemblée était un état des crimes à Newcastle pendant les dix derniers mois écoulés, par M. John Stephens, surintendant de police, Sur une population de 60,000 âmes, le nombre de délits est d’un peu plus que 3000 ou 1 sur 20 de la population; 1274 condamnations. 20 acquittements et 875 renvois; pour les délits de police, il y eut 284 condamnations et 98 renvoyés de la plainte; 351 condamnations pour ivrognerie et pertubation du repos public, 134 id. pour avoir été trouvés ivres morts dans les rues. Depuis le mois d’octobre, 78 personnes vagabondes avaient pris de l’emploi dans l’industrie et 175 avaient disparu. En général, les récidives sont nombreuseset il est à déplorer que le nombre d’individus privés d’éducation soit si considérable.

M. Owen oppose â cet exemple le fait curieux vérifié à New Lanark qui contient une population de 2500 âmes. Depuis 29 ans, il n’y a eu ni crime ni délit suffisant pour consulter un juge. On remarque que les populations de mineurs sont en général exemptes de

4 xxwtumx ex J8S8, 88

crimes et sir Charles Lemon croit que cet heureux état provient du travail plus constant et plus régulier, des gages plus élevés, d’une instruction plus parfaite et de l’absence de toute hostilité contre les machines.

M. Porter lut ensuite un long mémoire intitulé: Vues statistiques sur les progrès récents et sur P état actuel (les mines et de leur industrie en France. L’auteur regrette que sa nation, si industrieuse, néglige d’annoter les statistiques des différentes productions de la Grande- Bretagne. Cette négligence va au point qu’on ne sait pas d’une manière précise ce que produit l’Angleterre en houille, le pays le plus riche en houillères, et l’on hésite entre 15,000,000 à 30,000,000 de tonnes par année. La loi de 1833, promulguée en France, donne tous les moyens de publier de bonnes statistiques connues de la Direction générale des ponts-ct-chaussés et des mines, et contrôlées par le Ministre du commerce et des travaux publics. Chaque ingénieur fait son rapport annuel au Ministère et les ressources minérales de la France sont ainsi exactement déterminées d’année en année. Depuis que ce système d’inspection a été mis en usage, l’accroissement de la valeur du charbon, du fer, du plomb, de l’antimoine, du cuivre, du manganèse, de l’alun , du sulfate de fer a été de 105,750,995 francs (4,230,039 1.) en 1832 , à 1 54,228,455 fr. (6, 169,1 38 1.) en 1836, ou 45 pour cent en plus. La France a produit en :

Charbon, lignite, anthracite, f’r. 16,079,670 fr. 26.607,071

Fer et acier 37,312.991 124,384.616

Vil I. 8

Argent et plomb ....

Antimoine

Cuivre

Manganèse

Alun et sulfate de fer

total 105,750,995 154.228,455

Charbon. Il y a maintenant de connu 46 bassins houillers en France et 30 départements qui fournissent du combustible. Les départements les plus riches sont ceux de Loire (812,914 tonnes en 1835), du Nord (531,605 tonnes), Saône et Loire (142,149 tonnes) et l’Aveyron ( 1 1 9, 1 52 tonnes). Le Lot en fournit 60 et l’Aude 22. II y a 45 établissements ou mines séparées qui s’étendent sur une superficie de 42,038 acres ( mesure anglaise). En 1836, le nombre total des exploitations était pour les

Charbon de terre 189 employant 19,813 ouvriers.

Lignite 44 — 1,181

Anthracite 25 — 919

En ce moment, de vastes établissements se forment dans le bassin de la Loire et des moyens de communication mieux appropriés à l’étal actuel de la société apporteraient à ce département un développement extraordinaire de richesses. L’auteur donne à ce sujet une table des augmentations qu’ont acquises les valeurs de la houille, de la lignite et de l’anthracite depuis 1814 jusqu’à 1836, et une autre des accroissements des produits depuis 1815 jusqu’en 1836. Le commerce spécial

importait en 1815 , 245,653 tonnes de houille et en 1836 , 949,373.

Fer. Aujourd’hui , la France occupe le second rang parmi les pays qui produisent le fer ; l’Angleterre est , sous ce rapport, infiniment plus avancée que la France. On y compte 12districts où l’on s’occupe de celte industrie, savoir: 1° groupe du Nord-Est, 2° du Nord-Ouest, 3° les Vosges , 4° le Jura , 5° la Champagne et la Bourgogne , 6° le centre , 7“ l’Indre et la Vendée , 8° le sud , 9 U le Périgord, 10° les Alpes, 11° les Landes, 12° les Pyrénées. Les forges sont au nombre de 894 , les ouvriers qu’elles emploient 15,738, le charbon de bois qu’elles consomment 598,855 tonnes, le coke, 112,383 tonnes, la houille 232,399 ici., le bois 34,061 stères. Elles produisent 303,739 tonnes de fer fondu, 201,691 de fer forgé, 2,725 d’acier , le tout pour la somme de 5,585,737 livres sterlings. Cependant si l’on tenait compte des ouvriers employés dans toutes les manufactures où le fer est travaillé , le nombre ci-dessus indiqué ne serait que le tiers du chiffre total. La table suivante exprime les données

n. d’ouv.

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