‹ Huit mois en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 70 · BOËR · texte numérisé non relu

BOËR

talent du ti dientèle d pasteur lui alors com

qux fidèles font ses pé lui-même, chimérique se construi

| amitié. Si sait leur 1 prédicateul mille dolla vant, il dai À je dévouen VOUS POUTV en leur der mille, qui

Pl La somme

Je vous gnez pas t textes, et chose ne «

À traordinai Vous que salarié ct et ses pa ni élixirs vendent 2 temps, le N qu'ils ne 21 sont des

Le er EE à

om. J'entra 'S, de larges ir-SeMé, On

Monsieur } moi, ouvre oitié déclauri. J'ai raaffectés plus nnerre, les aphores basi dire batétait moins parleur, qui obe et sous le dans son uefois sereux que là monte sans

choisi pour un peuple.

le billet et eues : « Le nt-Temple talent; il ents d’endivine ne nbrassent lucrative el clergyst Comme e notaire uivant le

LE 20 à He

talent du titulaire. Elle se forme ou se disperse comme la clientèle d'un avocat ou d'un médecin. Quelquefois le pasteur lui-même est propriétaire de l’église; il l'exploite alors comme un théâtre, en louant ou vendant les places aux fidèles. D'habitude il vit d’une rente annuelle que lui font ses paroissiens, et qu’il sait à l’occasion réclamer lui-même, sans fausses prétentions à in désintéressement

à chimérique. Lorsqu'il veut établir son fils, doter sa fille,

se construire une maison, voyager même en Europe, il l'annonce en chaire à ses ‘idèles et se recommande à leur amitié. Si les souer! ‘arrivent pas assez vite, il sait leur mettre ‘ # la main. M. X..., célèbre prédicateur de Bic vif obtenu de ses ouailles dix mille dollars por: : , Europe. Le dimanche suivant, il daigna les remercier. « Depuis quinze ans, dit-il,

À je dévoue ma vie au bien de vos âmes; il est trop juste que

vous pourvoyiez à mes besoins temporels, » et il conclut en leur demandant dix mille dollars de plus pour sa famille, qui en son absence allait rester sans ressources.

P} La somme fut souscrite séance tenante.

Je vous entends pousser les hauts cris, Ne vous indignez pas trop. Êtes-vous bien sûr que sous d’autres prétextes, et avec moins de franchise peut-être, la même

: chose ne se fasse pas chez nous ? Qu’y a-t-il au fond d'ex- 2 traordinaire à recevoir le prix de ses peines! — Direz-

vous que c’est trafiquer des choses saintes ? — Le prêtre salarié commet donc une shmonie? Le révérend M. X... et ses pareils ne vendent ni amulettes, ni iudulgences,

| ni élixirs de vie, ni faveurs devant le trône céleste : ils

vendent leurs conseils, leurs sermons, l'emploi de leur temps, le travail de leur esprit, marchandise spirituelle qu'ils ne peuvent vous donner pour rien. Les Américains

D sont des hommes positifs qui voient les nécessités de la

PANIERS MN La

vie, el qui aiment mieux les avouer hautement que & chercher à les déguiser. Ils ne preunent pas à la lettre h parole de l’Écriture où il est dit que Dieu nourrit sy saints comme les oiseaux du ciel et les habille comme les lis des champs. S'il y a dans la forme du marché une certaine brutalité mercantile, au moins n’y entre-t-il pas

d'hypocrisie, ni de supercherie sacrilége. Ce qui nous l

choque si fort paraît tout simple aux Américains. Ils ne croient pas la dignité du pasteur humiliée devant ses fi. dèles pour recevoir immédiatement de leurs mains ls salaire qu’il a mérité; mais ils la croiraient gravement com: promise, s'il avait à mendier les faveurs d’un ministre

ou d'un chef de bureau : affaire d'usage et de convention! |

Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous park sirarement de la religion? Pour une raison bien simple: c’est que, malgré la multitude des églises, il est fort peu question de religion en Amérique. On ne s’y occupe ni des concordats, ni du pouvoir temporel, ni de la sempiternelle controverse des rapports de l’Église et de l'État. La question n'est pas, comme chez nous, pendante; elle est résolue depuis longtemps, à la grande commodité de tous, dans le sens d’une absolue liberté. Chez nous les partisans mêmes de cette solution radicale n’entendent rien à la pratique de la liberté qu'ils préconisent. Ils font de h liberté religieuse un droit à part, un privilége de la conscience humaine, autour duquel il s’agit d'élever une barrière immobile. Ils refusent à la politique toute influence sur la religion, à la religion toute influence sur la politique; c’est la condition de son indépendance. On veut bien que ses ministres soient libres dans l'enceinte de leurs églises et de leurs sacristies; mais, s'ils tentent jamais d'en sortir, nos libéraux sont les premiers à crier à lusurpation. La religion et la

Page 1