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l'essence même de la mesure qu'on atlaque. On dit qu'elle nuirait plüs aux États-Unis qu'à leurs voisins, que la balle rebondirait contre le tireur. Rompre maintenant le traité après réparation de l’insulte, ce n’est plus user de justes représailles, c’est faite un acte de mauvais voisinage ; c’est le faire gratuitement, puisqu’on n’a plus rien à venger, aveuglément, puisqu'on doit y perdre plus que le voisin. Le commérce international a décuplé depuis l'ouverture du traité : le rapport des exportations aux importations est à l'immense avantage des États-Unis; l'élévation des tarifs fera perdre ce profit. Le revenu que le trésor tirera des exportations frappées de droits sera done acquis au prix de grands sacrifices. Si l’on a besoin de quelques millions, mieux vaut les prendre directement dans la bourse des contribuables : les tarifs sont la façon la plus ruineuse de faire de l'argent. Tout se réduit done à une rancune, à une colère qu'on veut contenter à tout prix : petit et méprisable motif, aussi impolitique qu’indigne d’un grand peuple, qui, justement jaloux de son honneur, ne doit jamais faire une offense ‘inutile ni un tort systémalique à ses voisins. La rupture du traité de commerce pouvait être excusée comme une représaille, presque comme une mesure de guerre, à l'époque où le Canada semblait provoquer les États-Unis. Elle n’a plus de raison d'être aujourd’hui, et ne peut être considérée que comme un acte de politique rancuneuse qui fera peu d'honneur au pays (1).
(4) La rupture fut votée peu dé temps après par une forte majorité des deux chambres. M. Sumner et les auteurs de la mesure n’y voyaient qu'un expéñiont financier pour grossir le revenu ; ils se déendaient de’ {Lt acssein hostile et de toute
arrière-pensée d'annexion. Au printemps de 1865, la convention internationale de Détroit, en émettant des vœux pour la
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A la chambre des représentants, c’est toujours l’escla. vage qu'on discute. L’amendemént semble enrayé, et depuis plusieurs jours n’a pas avancé d’une ligne, malgré tes énergiques efforts de ses partisans. Il est probable, à la tournure que la discussion semble prendre, que la querelle se prolongera jusqu'à ce qu'on en soit fatigué et qu'un vote quelconque l'envoie dormir jusqu'à la session prochaine. Il s’en faut de cinq voix à peine que’la mesure n'obtienne les deux tiers exigés ; mais sur ces limites extrèmes le terrain est difficile à conqu'rir, et l’on n'avance que pas à pas. Cependant la lutte s’envenime entre les deux débris du parti démocrate. Les uns, MM. Yeaman, Oddell, Smithers et autres, acceptent l'abolition evime un fait, et l'amendement comme une nécessité ; queiquesuns y voient même un acte de justice et €: réparation. Les autres, les coryphées ordinaires du parti, Wood, Voorhees et Pendleton, suivis du gros bataillon, repoussent avec indignation ou avec un demi-sourire de scepticime découragé ce qu’ils appellent la violation des droits constitutionnels des États. Je ne comprends pas, je l'avoue, leur raisonnement, car si la constitution a pourvu
elle-même à la forme de ses modifications futures, on ne
reprise des anciennes relations comi-rciales, à témoigné une fois de plus de la solidarité d'intérêts qui règne entre les deux peuples. Tout donne à croire que les hauts tarifs ne seront
maintenus qu'autarit que durera la nécessité financière qui les
à fait adopter, et que les États-Unis n’en veulent pas faire une arme de guerre contre la nationalité canadienne. Malgré les menaces et les rassemblements armés des Irlandais fénians sur la frontière, le Canada peut dormir tranquille : son autonomie n’est pas encore sérieusement menacée. Elle le serait le jour où les États-Unis voudraient faire de leur puissance commerciale un moyen de conquête et bloquer systématiquement leurs voisins derrière la frontière des lacs.