‹ Huit mois en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 53 sur 70 · LA A · texte numérisé non relu

LA A

dant qu’à être éclairée, recrutée sans cesse dans les États du Nord, c’est à elle qu'il est réservé de fonder sur les ruines de l'esclavage la nouvelle société du Sud.

2 février,

Si jamais j'ai regretté de quitter une ville, c’est ce soir en prenant congé de ceux qui m'ont si bien reçu à Baltimore. J'ai surtout à me louer de MM. Eaton et Môrris, deux des hommes les plus considérés de la ville, excellents l'un et l’autre et parfaitement distingués. Ils sont tous les deux unionistes, quoique de nuances diverses et vus très-différemment dans la société sudiste du pays. M. Eaton est un républicain, net et franc dans ses opinions, sans $2 et sans mais, voyant d'un œil juste et ferme, quoique modéré, les devoirs et les nécessités du mofent. Il a soutenu M. Lincoln dans la dernière campagne électorale, il s’applaudit de la destruction radicale de l'esclavage, et, tout en le respectant malgré elle, la coterie sécessioniste de la ville le met à l'index comme un suppôt des Yankees. M. Morris est moins décidé, moins ferme dans sa politique. Ancien propriétaire d'eselaves, démocrate et mac-clellanite, gendre du sénateur sécessioniste Reverdy Johnson, beau-frère du député radical Winter Davis, mais tiraillé par d’autres amitiés ct parentés sudistes, — c'est un de ces hommes qui regret-

par des

tent plus contre-c( cipation € tout, Kin blisseme sympathi tocrates Clellan d dans l'es rait à le ferait à |:

un pied « cains, do quels il rebelles, et de soc tion. Le moins Co pas, CO!

se prop

les patri américai y a dans çante, ul sur la ba lantes o1 bon ton | là consp leur pays

de Moun toujours

temps Ja nt suivie te classe,

États du 2 salut de

deman-'

les États er sur les

er,

, C'est ce en reçu à Eaton et Je la ville, ngués. Ils ces diversudiste du C dans ses il juste et essités du ière CAM n radicale ré elle, la ex comme is décidé, aire d'esu sénateur lu député amitiés et jui regret-

tent plus qu'ils ne condamnent, et ne prennent qu'à contre-cœur le parti inévitabic de la guerre, de l’émancipation et de la conquête. Son credo, c’est l'Union avant tout, Kintégrité de la nationalité américaine et son rétablissement à tout prix, mais non sans gémissements de sympathie et de tendresse pour les chevaleresques aris « tocrates du Sud. Il à soutenu la candidature de Mac- Clellan de concert avec les séccssionistes déclarés, mais

dans l'espoir et avee la conviction que son candidat au-

rait à Ja fois la main plus douce et plus ferme, et qu'il ferait à la fois mieux la guerre et mieux la paix. 1] a ainsi un pied dans les deux partis : d’abord chez les républicains, dont il n’est qu’à demi l'adversaire, et parmi lesquels il compte ses meilleurs amis, ensuite chez les rebelles, à qui l’unissent d'anciennes relations de famille et de société et l'alliance passagère de la dernière élection. Les unionistes de la villes ne l'en comptent pas moins comme un des leurs, car ici la question ne s’agite pas, comme dans le Nord, entre des partis politiques qui se proposent ou feignent de se proposer un même but

par des moyens divers; elle s’agite ouvertement entre

les patriotes et les ennemis déclarés de la nationalité américaine, qui ne déguisent même pas leur trahison. Il y a dans le peuple, dans la classe laborieuse et commerçante, un esprit d'untonisme qui pèse souverainemeni sur la balance électorale ; mais les classes riches et bril-

lantes ont pour mot d'ordre et en quelque sorte pour

bon ton la haine aveugle et implacable des républicains et la conspiration permanente contre ie gouvernement de leur pays.

M. Eaton m'a invité hier à diner dans sa jolie maison de Mount-Vernon-square et dans son ménage de garçon, toujours si hospitalier pour les nouveaux venus. Nous

bete 2 5 +

RS

Page 1