CHAPITRE XIV
Une scène de chemin de fer. — Philadelnhie; Fairmount; an pa- ! triote ; le collége Girard ; la prison de Uherry-hill ; l’école de réforme.— Assaciations ouvrières ; l’Union-league-Club .— Les écoles: salaires des maîtres; organisation matérielle ; discipline morale : nécessités de Ja démocratie, — Un bal, un incendie, — Négociations pacifiques; l'ambassade de Blair; les corférences de Hampton- Roads. — Concessions de Lincoln ; | lutte de Stephens et de Davis. — Rupture des conférences ; fareur des confédérés ; le meeting de Richmond ; aveuglement de Davis; chute prochaine de la rébellion.
Philadelphie, 3 février.
Laissez-moi maudire une dernière fois les chemins de fer américains. Je suis arrivé cette nuit de Baltimore; jamais wagon ne m'avait semblé plus nauséabond et p'us étouffant, Imaginez une charretée de paysans et de soldats empilés dans une voiture de troisième classe et chauffés à blane par un poêle de fonte. Tous les miasmes, depuis celui’ du wiskey jusqu'à celui du tabac:et de la graisse humaine, y sont combinés avec une atmosphère d'oxyde de carbone qui pèse sut les poumons et sur les jeux comme une demi-asphyxie. Si vous n'avez pas à
votre bras le talisman magique d’un cotillor pour vous faire ouvrir le car des dames, il faut bien que vous entriez dans cette caverne et que vous vous y tassiez contre un soldat ivre ou contre un fermier trempé de fumier, car il gèle au dehors et il suffirait d’une heure passée sur la plateforme pour vous changer en un bloc de glace. Où vous asseoir? Voici une demi-place vide auprès d’un lourdaud vautré tout de son long sur un banc, où il feint de dormir pour y rester seul. Secouez cet homme, faites-vous faire à contre-cœur un petit espace à côlé de
lui et ne craignez pas surtout la malpropreté de son voi-
sinage, car il promène ses gros souliers sur vos jambes, vous tamponne dans votre coin comme le fer sous le pilon et vous envoie de temps en temps des coups de coude dans la poitrine. Des soldats en congé, qui depuis trois jours se dédommagent amplement de la sobriété disciplinaire de l’armée, jurent, crient, se collettent et vous tapent sur l'épaule, vous offrant fraternellement un baiser de la dive’bouteille. Quelques-uns sont comiques dans leur extravagance, s’injurienteux-mêmes, font de grandes dissertations politiques et militaires, prennent pour ami et pour confident le premier venu et se laissent mener comme des enfants par quiconque s'amuse à les faire parler, rappelant par leur humeur communicative l'éloge que Rousseau fait de la franchise et de la bonhomie des ivrognes. Enfin je débarque à quatre heures du matin dans le-grand vestibule de marbre du Continental-hôtel.
« 6 février.
Je suis encore à Philadelphie, où m'a retenu la cordiale et gracieuse hospitalité que j'y trouve. D'ailleurs
quitter P églises, 1 ses Vrais tilement donc céd amis, M.
offre-obli à eux tou vers la vi montre € églises, | {ravaux d'art qu le génie avant toi sont con appelé F eaux de adaptées courant.
phiens ai l'ombre ( La Schu; cade, des beau vall de maiso M. R homme € sesseur ploie vol cruteme comme jamais t
pour vous à vous ensiez Contre de fumier, passéé sur > glace. Où après d’un ane, Où il et homme, e à côlé de
de son voi- .
os jambes, ous le pilon s de coude depuis trois riété discient et vous nt un baiser niques dans de grandes at pour ami sent mener à les faire ative l'éloge nhomie des s du matin ental-hôtel.
vrier.
enu la cor- . D'ailleurs
quitter Philadelphie sans avoir vu ni ses écoles, ni ses églises, ni ses prisons et toutes les institutions qui sont ses vrais monuments moraux, ce serait m'être arrêté inutilement sur le chemin de Baltimore à New-York. J'ai donc cédé aux sollicitations aimables de mes nouveaux amis, M. Field et M. Maseltine; mais en acceptant leur offre-obligeante de services, il a fallu du moins me livrer à eux tout entier. D'abord M. Field m’a promené à travers la ville. 11 est remarquable qu’en Amérique ce qu’on montre en premier lieu à l'étranger, ce ne sont pas les églises, les palais, les monuments de luxe; ce sont les travaux d'utilité publique, à à vrai dire, les seules œuvres d'art qu'on y connaisse, les seules di moins qui peignent le génie mdustriel du pays. M. Field m'a donc montré avant tout les réservoirs des eaux de Philadelphie, Ils sont construits au bord de la Schuylkill, dans un lieu appelé Fairmount, au sommet d'un petit coteau où les eaux de la rivière sont portées par d'énormes pompes adaptées à des roues colossales qui sont mues par le courant. C’est un site aimable et riant, où les Philadelphiens aiment à venir patiner en hiver et prendre en été l'ombre et la fraicheur des charmilles qu’on y à plantées. La Schuylkill, arrêtée là par un barrage où elle fait eascade, descend avec ses eaux abondantes et limpides d'un beau vallon plein d'arbres de haute venue, de jardins et de maisons de plaisance. :
M. R... s'empare ensuite de moi. C’est un jeune homme de vingt-six ans, grave, studieux, instruit, possesseur d'une belle fortune,'mais qui depuis un an s'emploie volontairement à la rude et ingrate besogne du recrutement municipal. 11 a fait la guerre pendant deux ans comme officier d'état-major, et il me contait qu'il n'avait jamais tant appris que dans ses campagnes, lorsqu'il
DR oé de t
ne ometottrme
RM. He 20 SE eue US. JU |
passait ses heures d’oisiveté à lire sous la tente des livres qu’on lui envoyait chaque semaine et qu'il semait ensuite sur tous lés chemins de la Virginie. — Nous entrâmes d’abord aux cours de justice: J'y vis un vieil avocat de façons paysannes, — un des premiers de Philadelphie, me dit mon guide, — qui en apprenant que j'étais étranger et que j'arrivais de l’armée du Potomac, me dit avec la naïveté inimitable de l'orguneil national américain : « Quelle armée que la nôtre! Vous n’en avez pas de pareille, il n’y en a pas de pareille au monde. N'est-ce pas, monsieur, ajouta-t-il avec emphase, n'est-ce pas que nous sommes un grand peuple ? » Ma réponse apparemment dut lui paraître assez froide, car rien ne‘rabat plus sûrement mon enthousiasme que cette manière naïve de quêter la louange. Comment pourtant se fâcher d'une aussi franche ét aussi sincère admiration de soi-même? Le patriotisme est par tout pays le proche parent du chauvinisme. |
Je ne vous parle que pour mémoire de la bibliothèque Franklin, dirigée encore, suivant la règle des statuts, par un membre de la famille de son illustre fondateur. J'y vois pourtant un plan et une vue d'ensemble de la Philadelphie de William Penn, avec ses maisons clair-semées à pignons pointus et ses quelques barques mouillées dans la rivière. Nous gagnons de là le collége Girard, immense édifice de marbre à frontons doriques, où s'abrite Técole d'enfants orphelins fondée par le riche Français Étienne Girard, nom resté fameux par toute l'Amérique comme l’est chez nous celui de tel grand financier cent fois millionnaire. Vous savez que le fondateur, esprit fort à la façon du dix-huitième siècle, a formellement interdit par son testament l'accès du collége aux ministres d'aueune religion positive. N'en coneluez pas toutefois que
rique et « ‘ses plus
les trois € ce palais absolumer le directe naturelle ( des psaun testant. À gation all railles d’ est, en ré
C'est « États-Uni
. losophiqu
le culte 12 dateur da rien que
égalemen tolérantes dans les foi des cr lareligiot lui laisse vénératio quakers, baptistes sans Cor grandes ( comment des barr général
de la soc
e des livres ait ensuite S entrâmes L'avocat de iladelphie, étais étranme dit avec méricain :
'ez pas de e. N'est-ce "est-ce pas )Onse Appien ne‘rabat nière naive icher d’une soi-même ?
> parent du
ibliothèque statuts, par idateur. J'y le Ja Phila..
lair-semées uillées dans jrard, im- , où s’abrite de Français l'Amérique ancier cent , esprit fort ent interdit istres d’auutefois que
les trois cents jeunes gens pauvres qui sont élevés dans ce palais avec tout le luxe de la richesse soient privés absolument d'éducation religieuse. Tous les dimanches, le directeur leur fait un leçon de morale et de religion naturelle où il commente l'Évangile et la Bible. On chante des psaumes, des hymnes, comme dans un temple pro testant. Au moment où je visitai la chapelle, la congrégation allait justement s’y réunir pour célébrer les funé railles d'un des jeunes gens de l'école. Ce pur déisme est, en réalité, bien voisin de la foi chrétienne.
C'est qu'il est bien difficile de faire pénétrer aux États-Unis la libre pensée à la française, le dédain phi-
. losophique qui traite la religion de chimère. En revanche,
le culte laïque et abstrait qu'on professe en dépit du fondateur dans le temple élevé par lui à l'incrédulité, n'a rien que d'assez conforme.à l'esprit religieux de l'Amé-
rique et d'assez acceptable pour les instincts libéraux de ‘ses plus fervents sectaires. L’Américain en général est
également contraire et à la grande ferveur des sectes in= tolérantes et à la révolte philosophique qui ne fleurit que dans les pays où la religion s'impose. Il fait dériver la foi des croyances individuelles, et, mettant la source de religion dans le témoignage de la conscience de chacun, lui laisse le sentiment de l'indépendance avec celui de la vénération. 11 y a toute espèce de sectes à Philadelphie : quakers, wesleyens, swedenborgiens, indépendants, anabaptistes et Lant d'autres noms plus où moins barbares, sans compter l'Église catholique et les quatre ou cinq grandes communions protestantes. Je vous ai déjà montré comment cette extrême division conduit à l'abaissement des barrières de doctrine, et comment un christianisme général et philosophique ressort des diversités infinies de la société religieuse aux États-Unis. Je vous ai parlé
de ces églises où, comme à Girard college, on ne s’astreint aux formules d'aucune secte, mais où l’on s’assemble pour prier et lire la Bible en commun. C’est Je seül. culte officiel qu'on connaisse dans les établisse. ments publics. Tandis que les congrégations se multiplient au point que Chaque pasteur est, pour ainsi dire, le père de sa propre église, les préoccupations d’orthodoxie s’ef. facent, et le christianisme tombe dans le domaine public. C'est là le terme naturel, la forme la plus épurée des religions positives et la fin dernière de cette grande révolution protestante qui n’a pu-s’accomplir pleinement qu'en Amérique, à la faveur d'une liberté religieuse illimitée. Si l'Américain éprouve une sorte de -répulsion pour celui qui s’avoue sans croyance religieuse, c’est l'antipathie naturelle de l’homme qui a fait son lit pour l'incendiaire et le démolisseur; mais, pourvu que vous soyez chrétien, on s’inquiétera peu de la communion où vous êtes né, et l’on s’unira volontiers à vous dans Ja prière commune, comme des propriétaires qui chacun bâtissent leur maison sur un plan différent de celui des autres, mais qui n'en restent pas moins unis dans la défense et la conservation de leur bien.
* Rien de bien remarquable non plus au fameux pénitencier cellulaire de Cherry-hill, modèle de ceux de l’ancien monde el lieu de pèlerinage consacré de tous les voyageurs étrangers. C'est une espèce de Mazas avec des murailles de forteresse, des cellules étroites, des promenoirs longs de douze pieds et de longues galeries voûtées en forme de croix. Arrêtons-nous seulement à la maison pénitentiaire ou école de réforme des petits enfants. On nous introduit dans une cour où une vingtaine de négrillons luisants s’ébattent au soleil. Sur un signe du maitre, leurs jeux bruyants cessent tout à coup, et les voilà qui,
avec un rangent emploie heures, au moir qu'en g blancs,
travail.
Nous on ne s0 fondre i ridors la dortoirs gnent di des ride dessins un air d nos collé de jeune donnés Comme pour le leurs ate gros sou sanilatr et des b titude e autant q que l’inc au CONSO rence. 1 aucun pi
Je tra!
on ne S’as- | l'on s’asin. C'est le s établissemultiplient lire, le père odoxie s’efaine public.
épurée des rande révopleinement igieuse illile -répulsion ieuse, c’est son lit pour u que vous amunion où ous dans Ja qui chacun de celui des dans la dé-
meux pénieux de l’ande tous les as avec des des promeries voûtées à Ja maison enfants. On e de négril-
du inaitre, à Voilà qui,
avec une dernière gambade et une dernière grimace, se rangent en bon ordre pour retourngr au travail : on les emploie à faire des baguettes de parapluies. A d’autres heures, ils quittent l'atelier pour l'école, qui occupe au moins la moitié de leur temps. Le maître nous dit qu'en général il les trouve aussi bien doués que les blancs, mais moins attentifs et moins persévérants au
travail. | Nous passons ensuite dans le quartier des blanes, car
on ne songe pas encore, comme au Massachusetts, à confondre ici les deux races. Je me promène dans des corridors lamhrissés, garnis de tapis de laine, dans de beaux
dortoirs spacieux et bien chauffés, le long desquels s’ali-
gnent deux rangées de jolies chambrettes avec des lits et des rideaux blancs. Le parloir aussi est élégant, orné de dessins 'et d’estampes; les enfants que jy rencoutre Ont un air d’aisance et de propreté que je vois à peine dans nos colléges. Ce ne sont pourtant que des enfants rétifs, de jeunes repris de justice, ou de pauvres petits abandonnés que la ville recueille et élève gratuitement. Comme les noirs, on les fait travailler de leurs mains pour leur apprendre un métier. Je visite plusieurs de leurs ateliers : ici ils fabriquent des bottines d’enfant, de gros souliers ferrés pour l’armée ou pour la commission sanilaire, — ailleurs des boîtes d’allumettes chimiques et des brosses de chiendent, — le tout avec une promplitude et une prestesse inimaginables. On les emploie autant que possible à ces petits ouvrages improductifs que l’industrie abandonne, où ils peuvent rendre service au consomniateur sans nuire à l’ouvrier par leur concurrence. L'établissement d’ailleurs a pour loi dé ne faire aucun profit.
Je traverse, en revenant, d'immenses quartiers mono-
E à Lu E à ! $ E «
RER TE oem t ET SES RS =
D es D Pad
nn emgrmr
. tones bâtis de maisonnettes en brique à deux étages, qui foutes se ressemblent avec leurs perrons de pierre et leurs façades rouges. C’est là, me dit-on, que demeurent les petits bourgeois et les artisans de la ville. Ces quartiers tout modernes sont dus à la puissance de l’association. Des ouvriers se réunissent, se concertent pour acheter un terrain, l'hypothèquent pour en payer le prix; puis, dans la morte saison, ils se cotisent pour acheter les matériaux, et chacun à son tour ils travaillent eux-mêmes à leurs maisons. — Les macons élèvent les murs, le charpentier établit les poutres, le plombier fait les toits et les gouttières. C’est une entreprise industricile faite en commun, car l'association vend celles des n:1isons qui ne lui sont pas nécessaires : le reste se divise entre ses membres suivant la répartition convenue i puis, la besogne faite, l'association se dissout, et hacun prend possession de son domaine. C’est, vous le voyez, une association de fait plutôt qu’une savante ct permanente organisation dirigée par des économistes philanthropes qui aiment à faire le bien du peuple en lui fournissant les bouchées toutes cuites et en lui'imposant des règlements de leur façon. Pour qui connait le mouvement industriel et agricoie de l'Amérique, le manque de bras, le haut prix des salaires, il n'est pas probable que beaucoup de familles aient besoin de se mettre ainsi à l'hôpital. L'alms-house est ouvert aux infirmes, les enfants sont recueillis dans les écoles, les valides n’ont pas besoin de recevoir la charité ni de subir la tutelle de personne. On .ne fait d'ailleurs ni rapports administratifs, ni enquêtes détaillées, ni théories savantes. Cela est bon pour nous autres Français slatisticiens et paperassiers, gâcheurs d'encre et de temps précieux, qui mettons les idées à hi place des choses et nous étonrons de l'impuissance pra-
‘même
tique q formalis nous m besogne sans pe superflu par la jamais caisse Y
J'aif relle for faire ad:
lection «
de la c:
de l’'Un cents m politique dernière Vous pai
MF des me nommé diriger tient à!
n'a pas avoir le
qui part
ages, qui pierre et emeurent
es quarl'associaent pour payer le sent pour travaillent lèvent les bier fait ndustric!le des n:aise divise nue ; puis, icun prend OYEZ, Une ermanente tanthropes nissant les règlements | industriel is, le haut *auCOUp de | l'hôpital.
nfants sont s besoin de rsonne. On ni enquêtes pour nous , gâcheurs s idées à 1 sance pra=
tique qui nous paralyse. Nous sommes de vrais Chinois formalistes qui passons üne heure en salutations avant de nous mettre à table. Les Américains vont plus vite en besogne; ils se mettent à l’œuvre dans le bloc même, sans perdre de temps à dessiner des plans symétriques et superflus. Ils commencent par le fondement, c’est-à-dire par la mise de fonds. Ce n’est pas eux qui mettront jamais une science creuse et sonore au service d’une caisse vide. à J'ai fini ma journée dans'une galerie d'histoire naturelle fondée par souscriptions, où M. Il... tenait à me faire admirer, malgré mon ignorance, la plus belle col-
Jection d'oiseaux du monde ; après quoi il m’a fallu voir
de la cave au grenier le nouvel et somptueux bâtiment
de l’Union-league-Club, un cercle de plus de quinze
cents membres, qui est en même temps une institution politique et qui a rendu de grands services, dans l'élection dernière, à la candidature du président Lincoln, …— Je vous parlerai demain des écoles.
7 février,
M. Field m'a présenté hier à son ami M. Shippen, un des membres les plus influents du board of controllers, nommé par le peuple et chargé, comme à Boston, de diriger l'instruction de la ville. M. Shippen, qui appartient à une des plus anciennes familles de Philadelphie,
n’a pas dédaigné de briguer la faveur populaire pour avoir le droit de servir ses concitoyens. 1Lme disait lui-
“même que le système de l'élection directe et populaire,
qui partout ailleurs qu’en Amérique serait regardé comme
ES
ATARI ARE MP x PRESSE
pd
PRICES
une folie, donne ici les résultats les plus heureux et les choix Les plus sages. Dans ce pays où les haines sociales ne rendent pas les classes riches et éclairées suspectes à la démocratie, le peuple sent bien que l'éducation pu-\ blique est pour lui la grande affaire, le vrai moyén de s'élever en influence et en dignité, et il en confie la direction aux plus capables, sans acception d'opinions ni de personnes.
Le premier district scolaire de Pensylvanie, comprenant la cité de Philadelphie, est divisé en vingt-cinq sections, qui nomment chacune un délégué à l'assemblée générale. Le board of controllers, issu de cette élection, nomme à son tour un bureau, composé d'un président, : d’un secrétaire, d'un aide-secrétaire et d’un messager, qui forment pour ainsi dire le gouvernement de cette petite république. Il organise en outre dix comités exécutifs spéciaux, dont le président du board fait toujours partie de droit, et qui partagent avec lui les soins de l’administration. Cependant il y a aussi dans chacune des vingt-
cinq sections un board de douze membres élus par le
peuple, et ces assemblées locales sont en quelque sorte les conseils départementaux de l'instruction publique, siégeant sous la dépe: dance et sous la direction du conseil central. Celui-ci fixe leurs attributions, limite leurs pouvoirs, contrôle leurs dépenses, exerce sur eux un droit de surveillance et de tutelle, et se réserve même absolument la décision de toutes les affaires d’intérèt purement général. Il ne peut cependant voter aucune dépense, si ce n’est sur l’avis et en confirmation du vote des boar:äs particuliers des sections, à moins qu’il ne s’agisse de l’école supérieure, sur laquelle il a plein pouvoir, ou de dépenses extraordinaires votées en dehors des services: réguliers. Vous le voyez, c’est un véritable gouvernement
fréquentées p:
maires, 450 d
PHII
fédératif et pa vernement des
Toute cette coup à celle qu gnement y csl divisent aussi |
par ordre de
Seulement, au:
— l'école prim rieure, — la 1 secondaire, in mencements d rieuses de la g
- d'ailleurs trave
compte à Phila
grammaire, 71
maires, plus à
maitres où mai mâles sont très rieurs. Le per principal, sou ou maîtressesls besoins d assistante de
de 300 dollars il est de 320 « 340 dans les é lantes gagnen principales , re
de grammaire le principal e
| les ales es À pu-\ 1 de diis ni
presec- 1blée tion, lent, :
\ger, e péuifs artie inis- | ngt-
ar le
sorte ique, Conleurs X un ême \térét e dée des gisse r, ou vices :
ment
PHILABELPHIE, LES NÉGOCIATIONS 409
fédératif et parlementaire, taillé sur le modèle du gouvernement des États-Unis.
Toute cette organisation républicaine ressemble beaucoup à celle que nous avons déjà vue à Boston. L’enseignement y est à peu près le même, et les écoles s'y divisent aussi en plusieurs degrés où l’on ne s'élève que
par ordre de mérite et après des’ examens successifs.
Seulement, aux trois ordres que déjà nous connaissons, — l'école primaire, l’école de grammaire, l’école supé-rieure, — la municipalité de Philadelphie ajoute l'école secondaire, intermédiaire utile entre les humbles commencements de l’école primaire et les études déjà séricuses de la grammar-school. Les bons élèves peuvent
: d'ailleurs traverser tous ces degrés en quelques mois. On
compte à Philadelphie 2 écoles supérieures, 58 écoles de grammaire, 70 écoles secondaires et 177 écoles pri-
maires, plus 59 écoles non classées, au total 366 écoles fréquentées par 72,000 élèves et dirigées par 1,239
maitres où maîtresses. Comme à Boston, les professeurs mâles sont très-rares et n’occupent que les emplois supérieurs. Le personnel de chaque école se compose d’un principal, souvent une femme, et d'un ou plusieurs aides ou maîtresses-adjointes, suivant le nombre des élèves et les besoins du service. Le moindre traitement d'une assistante de dernier rang dans les écoles primaires est de 300 dollars (environ 1,500 francs de notre monnaie); ilest de 320 dollars dans les écoles secondaires, et de 840 dans les écoles de grammaire ; les premières assislantes gagnent dans celles-ci jusqu'à 450 dollars. Les principales reçoivent 400 dollars dans lés écoles pri-
maires, 450 dansles écoles secondaires et 750 dans celles
de grammaire ; dans les écoles de grammaire des garçous, le principal est toujours un homme et recoit 1,500 dol-
lars. Quant aux professeurs de la high school des garcons ct de la high and normal school des filles, leurs traitements sont beaucoup plus élevés : le moïndre est de 4,200 dollars pour les professeurs mâles, de G00 pour les femmes; les principaux reçoivent même 1,800 et jusqu'à 2,500 dollars. En règle générale, le plus bas salaire des instituteurs mâles doit dépasser au moins 400 dollars. |
Dans les écoles primaires et secondaires, les garçons et les filles sont réunis ou séparés suivant leur nombre, les exigences du local et la commodité du service, Ils sont toujours séparés dans les écoles supérieures ou dans celles de grammaire. IL y a aussi çà et là des écoles hors classement, où tous sont admis, jeunes gens et jeunes filles, pour y recevoir l'enseignement sans traverser les épreuves des examens et des avancements réguliers, Dans les rangs inférieurs, ces promotions sont faites par les professeurs eux-mêmes; mais quand il s’agit de passer de l'école de grammaire à l’enseignement supérieur, c’est un des comités du board of controllers qui préside aux examens ; les filles d’ailleurs n’y sont ddmises qu'à quatorze ans, et les garçons à treize. C'est à dix-sept ans seulement que celles qui veulent faire du professorat leur carrière peuvent se présenter devant une autre commission du board, le committee on qualifications of teachers, "qui a pour mission spéciale de juger les candidats. Les diplômes qu'il leur délivre sont de première, deuxième ou troisième classe suivant leur mérite, el donnent droit à des rangs divers dans les divers degrés de l’enseignement. Le rang de principal ne s'obtient pas
avant vingt et un ans dans les écoles secondaires, avant:
vingt ans dans les écoles primaires. 11 faut enfin un an de service daus les grades inférieurs pour obtenir le di-
plome de
On voit q
ments in entretien retrouve
L'orga adnirabl lars (un } ville dép ele en « des locau et M. Shi
agréable
qüand or mes Sail propres, rail com province pauvres
gnecuses, peines,
vois une garçons
les faire phère m grave, 1 La sem:
: Concours
laquelle admises Cent jet tonaux, le pianc
bol des garfilles, leurs indre est de de G0Q pour e 1,800 et le plus bas 2" au Moins
les garéons eur nombre, service, Ils ures ou dans s écoles hors ns et jeunes traverser les s réguliers, nt faites par agit de pasnt supérieur, s qui préside ldmises qu'à t à dix-sept | professorat e autre Comfications of ger les cande première, mérite, el ivers degrés s'obtient pas
aires, avant:
enfin un an tenir le di-
plôme de seconde classe, deux ans pour celui de première,
.Qn voit quelle émulation salutaire cet ensemble de règle-
ments ingénieux éveille dès le début chez l'élève et entretient jusqu'au bout chez le maitre : partont on y retrouve l'examen ct Je concours à tous les degrés. L'organisation matérielle de ces écoles n’est pas moins adnirable que la discipline morale. Sur les 737,000 dollrs (un peu plus de 10 dollars par tête d'élève) que la ville dépense annuellement pour l'éducation publiue, le en consacre environ 226,600 à l'entretien même des locaux et des maisons d'école. J'y ai fait avec M. Field e M. Shippen une visite dont je conserverai toujours un
agréable et touchant souvenir. On ne peut plus oublier,
quand on les-a vus une fois, ces vastes édifices, ces longues salles élégamment décorées, ces troupes d'enfants propres, bien vêtus, silencieux et dociles, que l'on pourrail Comparer avec avantage à ceux de nos bourgeois de province, et qui sortent pourtant des populations les plus pauvres de la ville, — ces institutrices simples, soigneuses, modestes, quoique fières du résultat de leurs peines, et sorties souvent des rangs de leurs élèves. Je vois une frêls jeune fille de dix-sept ans dicter à de gros garçons de quatorze la composition du concours qui doit les faire passer à la classe supérieure. Quelle saine atmosphère morale on respire ici! Partout un air studieux et grave, une volonté sérieuse de s'élever par le mérite. La semaine dernière a été justement consacrée à ces
“concours semestriels, longue ct terrible épreuve après
laquelle un quart à peine des prétendantes peuvent être admises à l'école normale où se forment les maitresses. Cent jeunes filles chantaient devant nous des chœurs na- Gionaux, qu'elles venaient à tour de rôle accompagner sur le piano, quand Îles concurrentes entrèrent en courant
EE
A Test SonE À
dans la salle, apportant le résultat de l'examen. L'école où nous étions s'était signalée parmi toutes celles de h ville, elle avait gagné tous les premiers rangs. Les petites arrivaient l’une après l'autre, tout essoufflées, tant elles avaient couru dans la neige, et se jetaient dans les bras . de la directrice, qui les embrassait comme ses enfants. M. S..., l'inspecteur général, prenait une part toute paternelle à la fête : on se tenait debout respectueusement devant lui, mais personne ne semblait étonné ni efhrrouché de le voir. IL y avait parmi les élèves tels visages pâles, souffrants, quoique rayonnants d’une joie profonde, qui disaient les eflorts que ce triomphe avait coûtés. « La première, nous dit la directrice, passe depuis deux mois la moitié des nuits sur ses livres. » Puis il y eut une scène de chagrin après cette scène de joie : l’inspecteur avertit les jeunes filles qu'étant reçues à l'école normale, elles ne devaient plus revenir à l'école de grammaire, dont elles ne faisaient plus partie. La directrice intercéda pour qu'au moins la porte de son école leur restât ouverte, les enfants baissèrent les yeux d'un air triste. — Comme tout cela ressemble peu à nos écoles, toujours menacées de la férule ou de la verge, et où reténtit toujours soit la voix aigre du maitre en colère, soit le tumulte des écoliers indisciplinés ! Encore une fois, c'est l’école publique et gratuite qui fait les peuples libres, ou, si elle ne les fait pas, elle est du moins le signe et la mesure de leur liberté.
Jamais cette vérité ne s’est montrée à moi si évidente. Il y a des gens à qui une certaine noirceur d'idées naturelle ou systématique fait envisager le progrès comme un leurre, la science comme une déception, et qui se moquent volontiers de cette nanacée universelle. Ils pensent qu’il faut mesurer les connaissances des hommes et les
poignée -
flexible «
réduire :
vrier, di riche, u pour retd calcul, e voilà bie dangeret pas le di son hum
parvenus
le ferait ciété pate texte de « jamais € avons ini nulle pa suffrage 1 naissant voteetp ment de théorie p d'expérie préféré « seule pe suffrage
des cour wander
francais !
en. L'école celles de }
Les petites |
S, tant elles ans les bras es enfants.
rt Loute patueusement nné ni effrtels visages ie profonde, vail coûtés, depuis deux uis il y eut e : l'inspecs à l'école le de gram- A directrice \ école leur ux d'un air nos écoles, e, et où recolère, soit e une fois, es peuples lu moins le
si évidente, idées natucomine un qui se m0= Ils pensent imes et les
réduire autant qu’on peut au strict nécessaire. Un oyvrier, disent-ils, ne doit pas savoir tout ce que sait un riche, un laboureur n’a pas besoin de grande science pour retourner son fumier : un peu de lecture, un peu de calcul, et juste assez d'écriture pour signer son nom, en voilà bien assez pour son usage. Plus d'instruction serait dangereux : — dangereux, à la vérité, — pourquoi ne pas le dire? — pour ceux qui veulent l’enchainer dans
son humble et misérable sphère ; — dangereux pour la
parvenus, lui interdire de s'élever au delà du cercle in-
flexible qu'ils lui tracent; dangereux enfin, puisqu'elle
le ferait sortir de sa classe, et que les lisières d’une so ciété paternelle ne pourraient plus l'enchainer sous prétexte de soutenir sa faiblesse! — Ne comprendrons-nous jamais en France les nécessités de la démocratie? Nous avons inauguré dans le monde un régime qui ne s’est vu nulle part, et que l'Amérique elle-même ignore, — le suffrage universel sans limites, le droit absolu apporté en naissant par toute créature humaine de contribuer par son vote et pour une part souvent chimérique au gouvernement de son pays. Ncus avons fait une question de théorie pure de ce qui partout ailleurs est une question d'expérience, d'utilité et de progrès social; nous avons préféré cette abstraction stérile à Ha liberté de fait, qui seule peut la rendre féconde. Nous demandons enfin au suffrage universel jusqu'à des constitutions et jusqu'à des couronnes, — et nous en SOMMES ENCOre e à nous de-
mander si nous apprendrons à lire à tous les citoyens français !
poignée-d'hommes qui veulent, au nom de leur droit de
8 février.
Je rentre du bal, et je pars dans une heure pour New- York. Hier soir, quand je me suis acheminé vers le diner qui m'attendait chez M. Field, j'avais la ferme intention de partir cette nuit même ; mais un orage de neige s’abattait sur la contrée, et tombait à si gros flocons que je craignis d'être bloqué en route. Mes hôtes aussi me représentèrent les charmes d’üne station d'un jour ou deux
au fond d’un car pris dans la neige, en compagnie de
tout un convoi de voyageurs gelés et affamés commenoi : bref, au lieu de me rendre au chemin de fer, je me laissa conduire au bal. J'y fus présenté par une dame qui n'y fit grandement mousser par son obstination à m'appeler « le comte », titre auquel je finis par répondre quand je vis qu’il s’adressait bien à moi. Vous savez qu'en Amérique, dans le monde élégant, un Français de bonne compagnie ne peut manquer d'être au moins comle ou marquis; c'est sans doute par modestie, par respect pour le démocratisme américain, qu’il se ravale momentanément au niveau des simples mortels. De même que les hommes du peuple m’appellent capitaine lorsqu'ils veulent me rendre honneur, de même les dames et les demoiselles m appellent comte, parce qu'il est invraisemblable, incompréhensible qu'un homme aussi distingué ne soit rien du tout que Gros-Jean ou Gros-Pierre. Je suis accoutumé à ces usurpations involontaires, et je les supporte sans sourciller avec un sérieux impassible. — Me voià donc au bal, ffublé d'un titre, présenté de droite et de gauche, choyé par les demoiselles, et cela sans intérêt, sans calcul possible, sans autre raison que
le désir € sait devo pressée,
retour qi leurs dan Toutes ce dont elles reuses de salon, D causeries chose, m° perdu. Di
me ramer
heures dt celte soci ‘ètre, mai:
La nei qu'une es fondante, l'eau avai de glace 1 lerrain st À en voi j'étais. J on me | tantôt cla nelgeuse, patinant Même de semblent, de nuit c m'y perd des efforts
pour Newrs le diner e intention ige s'abatons que je iSSi me reur ou deux npagnie de )mmeimoi :
e me laissai me qui n'y \ m'appeler e quand je qu'en Amés de bonne s COMIE où espect pour nomentanéme que les qu'ils veus et les deinvraisem- Si distingué Pierre. Je s, et je les assible, — résenté de Iles, et cela raison que
le désir d’être agréable à un étranger qui passe et qu’on sait devoir disparaître demain. Cette bienveillance empressée, cette hospitalité gracieuse méritaient bien en retour quelque effort de politesse. Je me plaisais d’ailleurs dans cêtle société aimable et presque européenne. Toutes ces dames parlaient un francais élégant et correct dont elles semblaient très-fières, et qu’elles étaient heureuses de faire apprécier par un bon juge. Leur conversation, peut-être nourrie de peu, comme toutes les cuseries du monde, mais roulant au moins sur quelque chose, m’empêchait de regretter les heures et le sommeil perdu. Deux ou trois fois je tentai de m’enfuir, mais en
* me ramena de force. Bref, je ne sortis du bal qu’à trois
heures du matin, emportant un excellent souvenir de cette société plus provinciale, moins à la mode peut- ‘tre, mais au fond plus délicate que celle de New-York.
La neige avait fondu. Il ne restait plus dans les rues qu'une espèce de.compote pâteuse comme une granite fondante, et sur les dalles des trottoirs, aux places où l'eau avait coulé plus abondante, des arabesques en relief de glace mouillée, le plus glissant et le plus dangereux terrain sur lequel puisse marcher un homme, J'étais venu À en voiture, avec des dames, ét je ne savais pas où j'étais. Je m'informe de la direction de Chesnut-street; on me l'indique vaguement, et je me mets en route, lntôt clapotant avec mes souiiers de bal dans la bouillie neigeuse, tantôt, et malgré des précautions infinies, patinant. sur les dalle: incrustées de glace fondante. Même de jour, toutes les rues de Philadelphie se ressemblent, et il faut un œil exercé pour les reconnaitre : de nuit c’ést un immense labyrinthe, Je ne tardai pas à m'y perdre, et je marchai longtemps à petits pas, faisant des efforts surhuniains pour conserver mon équilibre, Pas
de gaz allumé, pas d’écriteaux aux coins des rues; çà e là seulement une lanterne pâle et une solitude obseure, sans que de ces profondeurs silencieuses mes exclamations de mauvaise humeur fissent sortir un seul policeman. La municipalité de Philadelphie, qui fait ant pour Vinstruction publique, fait peu de chose pour la voirie et pour la police. Elle laisse se creuser entre les pavés rompus des trous qui forment le soir des chausse-trappes boueuses; elle laisse l’eau et [a neige s’amasser dans cette grande ville sans écoulement, sans égoûts, sans pentes naturelles, sans rien pour l'assainir que l’absorption de la terre et l’évaporation du soleil, — En même temps un immense incendie commençait à enibraser l'horizon et à rougir la moitié du ciel; la voix lente et lugubre du tocsin d'alarme planait au loin sur la grande ville endormie ; on entendait par intervalles s'élever les cris stridents ou retentir sur le pavé sonore les pas pricipités des escouades de firemen qui accouraient à la fête. C’est un magasin d'huile de pétrole qui vient de brûler en une heure; mais l’huile enflammée déborde dans les rues et inonde tout le quartier d'une mer de feu. — Enfin un passant attardé me montre ma route; et je rentre à l'hôtel tronpé, glacé, après mainte chute et maint faux pas, avec mes habits souillés et mes souliers en lambeaux. A présent vite au chemin de fer, et je serai ce soir même à New-York.
12 février.
Depuis trois jours, je n’ai pas touché une plume ni un livre. Ce grand New-York est un gouffre qui dévore les heures. Cependant les événements se’pressent, s’accu-
mulent ; contradic de théâtr srandes chain, d’ niaques ( un drame jours. Co et que le nous en 1 les chose:
l'opinion à DOS ESP Quand bassade « là paix in amiable € n'y croya Richmont pas de li sine qud gouverne nienne, € Horace G que je res inspirer à ls négoc pour que mérique lantasque ma raiso Blair ou Sud ce pi
rues; Çà el de obseure, es exclamaseul policeait tant pour * la voirie et e les pavés asse-trappes masser dans goûts, Sans ue l'absorp- — En même à enibraser oix lente et ur la grande s'élever les les pas prient à la fête.
nt de brûler rde dans les de feu. — > etjerentre ite et main souliers en et je serai ce
février.
plume ni un qui dévore les sent, S'accu-
PHILADELEHIE, LES NÉGOCIATIONS 417
mulent ; l'anxiété de la paix ou de la guerre, les rumeurs contradictoires, les négociations, les ruptutes, les coups de théâtre imprévus de Davis, l'approche d'ure ou deux srandes batailles, enfin l'évidence d'un dénoûment prochain, d’un radoucissement forcé dans les fureurs démoniaques du gouvernement confédéré, jouent devant mor un drame tragi-comique dont l'intérêt augmente tous les jours. Comme aujourd’hui la bombe mystérieuse a éclaté et que les rapports des deux présidents à leurs peuples nous en montrent à nu l’histoire secrète, je puis vous dire les choses telles que je les ai vues, telles que les a jugées l'opinion publique, telles enfin que le résultat les montre à nos espérances désappointées.
Quand j'éfais à l’armée, il n’était bruit que de l’ambassade de M. Blair Tout le monde en atigurait, sinon la paix immédiate, au moins un grand pas vers l'accord amiable et le rétablissement de l'Union. Pour ma part je n'y croyais guère, car j'avais lu dans les journaux de Richmond de telles invectives contre quiconque ne ferait pas de l'indépendance des États confédérés la condition sine qud non de la paix, que je ne pouvais supposer le gouvernement rebelle, qui est l'âme de la presse virginienne, en disposition de se sacrifier pour le bien publie. Horace Greeley d’ailleurs-était mêlé à l'affaire, et si bien que je respecte ses eflorts persévérants, infatigables pour inspirer aux confédérés l'esprit de paix et de soumission, ls négociations de Niagara sont encore trop récentes pour que j'aie grande confiance dans la diplomatie chimérique de cet esprit élevé et convaincu, mais rêveur et lantasque. Ce que je me figurais plu” volontiers et ce que ma raison pouvait admettre, c'est que l'ambassade de Blair ou toute autre semblable démarche fortifierait au Sud ce parti toujours grandissant de la paix, dont l’in-
subordination menaçait de renverser Davis. Alexandre Stephens, le vice-président malgré lui de la prétendue république, pouvait saisir celte occasion de se mettre à ]a tête des convertis et faire à l'obstiné dictateur une opposition domestique qui aurait bientôt paralysé tout à fait le corps malade.et mutilé de la rébellion; mais je Comptais sans la faiblesse de l’un et sans l'énergie dominatrice de . l'autre. Ce qui devait être la ruine du président Davis à été pôur cet homme extraordinaire l’occasion de ressaisir tout son ancien ascendant sur les timides et de pousser devant lui le t'oupeau de moutons enragés qu'il a mordus.
M. Blair revint, puis s’en retourna, puis revint er.core, et déjà l'on ne semblait plus y songer. New-York seule, comme tous les centres financiers donf l'instabilité s’é-
branle aux moindres secousses, se partageait entre l'es- À
poir et la crainte, et, tout en souhaitant la paix, redoutait déjà qu'elle ne fût trop prompte. Les journaux, aux aguets de tous les bruits qui peuvent remplir leurs colonnes, donnaient par métier vingt récits et conjectures opposés à un public incrédule et indifférent. Quelquesuns, prenant le contre-pied de la rumeur courante, s’'amusaient à la travestir en manœuvre financière et à nier même que Blair fût parti, — quand tout à coup une dépêche arrive de Fortress-Monroë, annonçant que le vice-président Stenhens, le juge Campbell-et le sénateur Hunter sont dans les lignes fédérales et sollicitent l'autorisation d'aller jusqu'à Washington porter des propositions de paix. M. Seward est allé à leur rencontre avec les pleins pouvoirs du président. On va même jusqu'à énoncer les conditions qu'il leur porte : il exige tout d'abord que les rebelles mettent bas les armes, qu'ils se soumettent aux lois des États-Unis, telles que la révo-
Yaudraiei
Vice-prési( Hampton-
age, etp
lution le pour le:
confédéi enncessi l’indemr valeur € aujourd” les État:
les enga désespér ce seril une vale capital e et consic l'intérêt belle. il s
États-Un plutôt, a} recevraie cadeau d que s’est lequel on l'humiliat leur paye obstinati fant proc blies (4).
(1) Ces
100 millio
Alexandre \ prétendue mettre à la
une Oppotout à fait le je comptais minatrice de lent Davis a ion de resmides et de nragés qu'il
evint e1.core, -York seule,
stabilité s'é- |
it entre l'esix, redoutait UPNAUX, AUX lir leurs cot conjectures t. Quelquesr courante, ancière et à
t à coup une |
içant que le t le sénateur licitent l'aur des proponcontre avec ême jusqu'à il exige tou mes, qu'ils se que la révo-
PHILADÉLPHIE, LES NÉGOCIATIONS 419
lution les a faites; il offre en revanche une compensation pour les esclaves émancipés et l'adoption de la dette confédérée par le gouvernement ‘:s Etats-Unis. — Ces concessions sont exorbitantes; mais on explique comment l'indemnité sera minime et proportionnée à la présente valeur de cette propriété des esclaves, plus onéreuse aujourd'hui que profitable, — comment, d’autre part, ls États-Unis ne promettront jamais de remplir tous’ les engagements illusoires qu'a pris un gouvernement
désespéré. Ils reconnaîtront le principal de la dette, et
ce sercit déjà un bienfait immense que de donner ainsi une valeur réelle et la certitude du remboursement à un capital emprunté au taux de l'usure la plus extravagante et considéré depuis longtemps comme perdu. Quant à l'intérêt de 10 p. 109 qu'a promis le gouvernement rebelle, 1l serait réduit à 3 p. 100 qui, en monnaie fédérale,
vaudraient encore vingt fois le revenu actuel. Aïnsi les
États-Unis achèteraient la soumission des rebelles, ou plutôt, après les avoir désarmés, réduits à merci, ils les recevraient dans l'Union en leur faisant un magnifique cadeau de bienvenue et en les aidant à réparer la ruine que s’est attirée leur folie ! Voilà le joug intolérable sous lequel on a voulu faire passer les rebelles, voilà l’insulte, lhumiliation qu'on a voulu leur infliger ! C'était presque leur payer les frais de .lx guerre et les punir de leur obstination criminelle en les admettant, comme l'enfant prodigue, à une plus grosse part des bienfaits publies (4). |
(1) Ces détäils ont été confirmés depuis par le récit que le vice-président Stephens a fait lui-même des négociations de Hampton-Roads. IL paraît que le président Lincoln lui offrit -
100 millions de dollars d’indemnité pour l'abolition de l’esc'avage, et promit au Sud six ans pour l’accomplir. M. Stephens,
| L2 , . Cependant les journaux de Richmond, obéissant à un
commun mot d'ordre, faisaient les dédaigneux et les sceptiques. La Sentinelle, porte-voix accoutumé du président Davis, appelait Stephens et les autres « les soi-disant commissaires du gouvernement confédéré ». — « Nous ne ferons pas, disait-elle, la paix sur une autre base que celle de l'indépendance, et toute autre proposition de l'ennemi sera considérée comme une insulte. Notre gouvernement n’a ni l'intention ni même le droit de traiter avec les Yankees. L'ambassade officieuse du vice-président ne servira qu’à montrer que la paix est impossible, et que la guerre à outrance est le seul parti qui puisse nous sauver. » Ces rodomontades, assaisonnées de quelques injures chevaleresques à la façon de l'aristocratie rebelle, paraissaient dans le journal officiel de Jefferson Davis à l'heure même où ses émissaires portaient aux fédéraux des paroles de paix et des’espérances de soumission. Quelle politique était done la sienne? Quel dessein inconnu s’enveloppait de ce double langage, et de quel côté enfin était le mensonge?
Il y avait, nous disions-nous, deux partis en présente . à Richmond, dans lé peuple, dans l’armée, dans la législature, et jusque dans le pouvoir exécutif : celui de la
qui aurait voulu accepter ces propositions, dut les repouster pour obéir aux ordres de M. Davis. Quant à leur delte, les rebelles n’ont plus le droit de se plaindre qu’on les oblige à la répudier : ifs l'ont condamnée eux-mêmes le jour où ils ont repoussé les offres trop généreuses du président Lincoln. Ils ne se sont d'ailleurs jamais fait illusion sur le sort probable de leurs expédients financiers, Le discours prononcé autrefois par M. Stephéns dans la législature de la Géorgie pour l'exhorter à prendre sa part de l'emprunt confédéré, prouve très-bien que les États. rebelles savaient, en contractant cette dette, qu'elle était perdue si la guerre tournait contre eux.
redditic COMpOs combie:
poids d feu), cc chefs a dans let factions rait la] trop la :
vice-pré sans vol Ces reb instrume à force :
de dévor l'éloquer vention inaccout ambitie satellite.
confédé la sécess M. Stepl exemple unc foi peuple c iévitabl sensé de prononc:
d'illusio sion, le dernières
sant à un ux et les atumé du tres « les nfédéré », X Sur une pute autre né une inai méme le à officieuse la paix est >. seul parti , ASSAÏSONa façon de rnal officiel Saires por- "espérances la sienne?
)le langage,
n présence ins la légiscelui de la
es repousier ur dette, les ks oblige à la ar où ils ont Lincoln. Ils ort probable ncé autrefois bur l’exhorter rès-bien que dette, qu'elle
FHILADELPHIE, LES NÉGOCIATIONS 42l
reddition pure et simple et du retour docile à l'Union, composé des hommes prév oyants ei éclairés qui savaient combien peu de temps la corde tendue pouvait résister au poids de la guerre, et celui des fire-eaters (mangeurs de feu), composé d’une masse ignorante guidée par des chefs ambitieux et fanatiques, volontairement aveugles dans leurs efforts pour aveugler la foule. Entre ces deux factions extrêmes flottait la multitude indécisé qui désirait la paix sans oser la faire et faisait la guerre sans trop la vouloir, cette multitude docile et molle dont le vice-président Stephens, intelligence sans caractère et sans volonté, était à la fois le chef et le représentant. Ces rebelles à contre-cœur sont depuis quatre ans les instruments de la volonté puissante qui les gouverne, et à force y obéir ils se sont fait par habitude une espèce de dévouement à la cause qu’ils défendent. On se rappelle l'éloquent disevurs d'Alexandre Stephens dans la convention de la Géorgie contre la sécession, et la violence inaccoutumée avec laquelle il dénonçait alors comme des ambitieux criminels ceux dont il s’est fait depuis l’humble satellite. Aujourd'hui que les désastres essuyés par la confédération rebelle justifient sa résistance première à la sécession et que le jour de sa revanche est arrivé, M. Stephens et tous les hommes débiles qui ont suivi son exemple. n'osent pas encore relever la tête et répudier une foi qui n’est pas sincère. Au lieu de montrer au peuple ce qu'ils voient, ce qu'ils comprennent, la ruine inévitable qui s'approche, et de renier le mensonge insensé de l'indépendance, ils n’osent parler de paix qu’en prononçant «ensuite ce mot chimérique qui entretient tant d'illusions funestes. Il savent que la paix sera la soumission, le retour à la nationalité première, l’abolition des dernières traces de l’esclavage et la fin du nom confédéré,
LÉ De: | |. | à | [1
— qu'en revanche la guerre ne peut aboutir qu'à l’'extermination, et qu'il ne reste plus aux survivants de cette lutte fatale qu'à se livrer eux-mêmes, en acte de repentir, à la générosité des États-Unis, on bien à faire parade d’un faux héroïsme et à s’engloutir dans un naufrage théâtral et criminel. Ils le savent, mais ils n’osent pas le dire, et ils encouragent toujours l'espérance chimérique d’une paix à termes égaux, servant ainsi par leur opposition timide l'adversaire même qu'ils veulent renverser. Pourtant le nombre de ces partisans honteux de la paix a tellement grandi depuis les dernières défaites, ils ont élevé si haut la voix dans le congrès et dans la presse, que le gouvernement pouvait craindre qu'ils ne jetasseut le masque. Davis, malgré sa dictature et l'appui assuré du général Lee, commençait à chanceler sur ce fauteuil présidentiel qu’on l’accuse d’avoir voulu changer en trône. L'ambassade de Stephens et de Campbell, sineère ou non, était évidemment conçue pour rallier à lui lés mécontents et raffermir le pouvoir entre ses mains.
Ici toutefois revenaient les doutes. N’était-ce qu'une feinte, une ruse de guerre, comme le disaient les journaux de Richmond, et fallait-il prendre à la lettre cet
article de la: Sertinelle, qui, pour mieux déguiser la’
vérité, aurait pris le malin parti de la crier sur les toits? Davis n’avait-il voulu que prendre les pacifiques dans leurs propres filets et adopter un instant leur politique, pour les réduire ensuite au silence en leur démontrant l'impossibilité de leurs espérances? Quand les commissaireé confédérés ont traversé les lignes, les deux armées les ont acclamés avec enthousiasme, unissant dans un cheer pacifique leurs voix accoutumées aux provocations du cri de guerre ; mais il ne faut pas croire que l’armée
rebelle la sout rants ( Jamais conféd:
ont fini leur as vaine, jours a Davis, raient à sa défai arrêté, tions in à l’enne de la ré que amè ét le pe de sa fl perdu :
ne peut lenteurs peuvent vue çah Cepe 'acontai de conci de le Co auspices qu'un sc on appri secrétai Monroë,
l'exter-
le cette
epentir,
parade
naufrage
sent pas
chiméri-
par leur ent rennteux de défaites, t dans la qu'ils ne et l'appui er sur ce u changer ampbell, ur rallier entre ses
ce qu'une les jourlettre cet éguiser la’ r les toits?
ques dans politique, lémontrant 18 commisaux armées at dans un rovocations que l’armée
rebelle, en siluant l'espoir de la paix, entendit applaudir la soumission. On a tant de fois répété aux hommes ignorants du Sud que jamais on ne pourrait les-vaincre, que jamais leurs ressources ne seraient épuisées, ni la nation confédérée subjuguée par le conquérant yankee, qu'ils ont fini par croire à sa durée et par s’imaginer que la paix leur assurerait cette indépendance qui maintenant serait vaine, mais à laquelle ils tiennent, comme on tient toujours aux hochets inutiles pour lesquels on a combattu. Davis, alors même que tout espoir et toute énergie l'auraient abandonné, ne pourrait pas sans transition avouer sa défaite à son peuple. Le flot populaire, soudainement arrêté, se rejetterait contre lui avec la fureur des réactions inatendues, et les commissaires pacifiques n’iraient à l'ennemi que sur le corps de l’auteur criminel et détesté de la rébellion, car les changements soudains de politique amènent la ruine de ceux mêmes qui les conseillent,
et le peuple détrompé voit dans les anciens instruments de sa folie les autceurs-premiers de l’égarement qui l’a perdu : justice brutale, mais rigoureuse, à laquelle Davis ne peut échapper, s’il ne la conjure par les détours, les lenteurs, les mensonges prudents et bien ménagés qui peuvent amener son peuple du fanatisme de l'erreur à la vue calme et sensée de la vérité.
Cependant la première conférence avait cu lieu. On acontait que Stephens n'avait tenu partout qu'un langage de conciliation, qu’il avait pris congé des officiers chargés de le conduire en « espérant les revoir sous de meilleurs auspices », que même il avait dil : « Nous ne sommes qu'un seul et même peuple. » L’anxiété grandit quand on apprit que le président Lincoln, sur une dépêche du secrétaire d’État, était parti subitement pour Fortress- Monroë, La paix était-elle si proche? Les plus incrédules
se rendaient à demi, et l'on s’étonnait que sur cette grande nouvelle l'or u'eût pas soudainement baissé de 50 p. 100.
L'or, à vrai dire, faisait bien d'attendre. Le Herald, l'Express, les paradoxaux et les haussiers de la presse, avaient raison d'opposer à l'espérance générale leur moqueuse incrédulité. Le.lendemain, négociations rompues; — Lincoln et Seward s’en retournaient à Washington, disant tout haut que la paix n'était pas possible. Stephens et Hunter rentraient dans leurs lignes, et, suivant le lieu commun tant rebattu des journalistes, « Grant, Thomas
“et Sherman étaient redevenus les vrais commissaires et
les vrais négociateurs de la paix. » Que s’était-il passé? Maintes rumeurs avaient couru; mais en attendant le message officiel que le président préparait pour le congrès, il fallait se contenter du fait laconiqueset des narrations de fantaisie qui couraient la presse. Les premiers détails nous arrivèrent de Richmond : à peine les négociateurs avaient-ils reparu dans la ville que tous les journaux en masse avaient ouvert à pleines bordées un feu préparé d'avance. Je ne puis vous décrire ce délire d’indignation
calculée, ce déluge d'invectives et d'injures qu'ils se mirent à vomir, comme des batteries chargées j jusqu’! "à la gueule que le canonnier allume au premier signal. On eût dit que le Nord avait dévoilé au dernier moment des prétentions si inattendues, si odieusement exorbitantes, que l'ambassade avait reculé épouvantée. Lincoln, le tyran yankee, leur avait tendu un abominable guet-apens. Il avait refusé de reconnaitre l'indépendance des États du Sud, il avait exigé des rebelles un retour absolu et immédiat aux lois des États-Unis, poussant même l’insolenee jusqu'à leur promeiire, en cas de soumission, l’indulgence qu'on doit à des frères égarés, — L'indulgence
«les vil.
la nati étail ç «sang citoyen outrage extermi osé viol La fu
La veill soufflait tendues l'incorri:
guerre i tendent « négociat allait hu paix, S'il sont pas mal apré vantés. I combattu Yaise for ment mê le serre à montrer 1 Le rap publié, a Ministre monde pt poussé le rebelles e à Hampto
ur cette aissé de
Herald, a presse, leur mo- FOMpues ; shington, Stephens nt le lieu , Thomas jssairas et il passé?
tendant le e congrès, narrations iers détails gociateurs purnaux en eu préparé ndignation qu'ils se . »
jusqu'à la signal. On 1oment des orbitantes, in, le tyran t-apens. Îl s États du lu et immél'insolence ou, l'indul- ’indulgence
des vils Fantees ! Les Fankees oser se dire les frères de la nation chevaleresque du Sud ! Évidemment ce piége était calculé pour fournir à « l'ignoble Lincoln» et au « sanguinaire Seward » Poccasion de souffleter les nobles citoyens et le sublime peuple des États confédérés : outrage qu’il fallait laver dans le sang et venger par une extermination universelle de toutes les armées qui avaient osé violer la terre sacrée de la rébellion!
La fureur et l’injure ne dispensent pas de la logique. La veille, ces mêmes journaux, ce même Davis qui leur soufflait leur opiaion, parlaient avec mépris de ces prétendues négoriations qui ne serviraient qu'à montrer l'incerrigibls arrogance de l'ennemi et la nécessité d’une guerre impitoyable. Aujourd'hui ils vocifèrent, ils prétendent qu'on les a déçus, que Lincoln, pour attirer leurs négociateurs dans ses lignes, leur faisait croire qu'il allait humblement se soumettre à leurs conditions Ge paix. S'il est vrai qu'on ait voulu les tromper, ils ne s’y sont pas laissé prendre, et cet air d’innocence leur sied mal après la hautaine condescendance dont ils se sont vantés. Il serait bien étonnant d'ailleurs qu'après les avoir combattus quatre années, dans Ja bonne et dans la mau-
aise fortune, on choisit pour s’avouer vamcu le mo-
ment même où on tient le loup par les oreilles et où on le serre à la gorge; mais c’est peine perdue que de démontrer leur folie et de dénoncer leur mauvaise foi.
Le rapport du président Lincoln au congrès fut enfin publié, avec une lettre écrite par M. Seward à M. Adams, ministre des États-Unis près la cour d'Angleterre, et le monde put voir jusqu'où ce Tibère et ce Séjau avaient poussé le délire de la tyrannie. — Les plénipotentiaires rebelles et le président des États-Unis se rencontrèrent à Hampton-Roads, sur la rivière James, à bord du bateau
à vapeur qui les avait amenés; leur entrevue fut cordiale, franche, bienveillante; ils burent ensemble du vin de Champagne, et quand ils se séparèrent, Seward poussa l'ignominie jusqu'à dire, à la façon américaine, à son ancien ami Hunter, qui lui serrait les mains : God bless you, Ilunter ! — « Mieux vaudrait, s’écrie le Richmond Dispatch, -la malédiction de l'enfer que la bénédiction de Seward ! » — M. Stephens avait commencé la conférence avec un sincère désir que la paix y fût conclue: mais il conservait une grande illusion : il se figurait que le gouvernement des Etats-Unis pouvait reconnaitre temporairement l'existence et la légitimité du gouvernement rebelle, lui accorder une amnistie, retirer ses armées, lui rendre le territoire auquel il prétend toujours, et sttendre patiemment, sur la foi d'une promesse verbale, que les choses et les hommes fussent mûrs pour reconstruction proposée. En attendant, la confédération se serait ‘alliée aux États-Unis pour appliquer sur le continent américain la politique de la doctrine Monroë, c'està-dire pour affranchir le Mexique de l'occupation des armées françaises et peut-être même s'emparer du Canada contre les Anglais. Le président Lincoln dit dans son message qu'en général les commissaires confédérés ne se sont ‘point positivement refusés à l'union, mais qu’ils ont demandé seulement d'ajourner et de réserver le différend. M. Seward aussi dit en propres termes que M. Stephens a proposé pour compromis un traité d'alliance politique et d'action commune contre les puissances qui attaquent la doctrine Monroë. De cette facon, la guerre aux puissances européennes eût été employée comme dérivatif pour donner aux haines engendrées par la guerre civile le temps de s'effacer et de s'évanouir. Voilà la bienveillance des rebelles pour leurs bons amis
d'outre-" récompen deni-coir tique qu’ plus enco nant à les se donner sident Da devant l| rideau de abusés.
Quant.
souci de offre est :
tible avec mées et médiocre Enfin n° sanglante en prix d en leur « national :
pis AUX V lettre du prêt à nés dent Lind entendait mune, il parole, I devaient sulte et qui veul paix qu’
cordiale,
u vin de
rd poussa ine, à son
God bless Richmond énédiction s la confét conclue; igurait que reconnaitre gouvernerer Ses ard toujours,
messe vVerûrs pour la ufédération sur le connroë, c'estupation des mparer du oln dit dans confédérés union, mais de réserver termes que traité d'ale les puiscette façon, té employée rendrées par s'évanouir.
s bons amis
d'outre-mer, amis-timides, j'en conviens, mais qui, pour récompense de leurs secrètes espérances et de leur demi-complicité, méritent mieux que la haine systéma-
ltique qu'on semble leur avoir vouée à Richmond bien
plus encore qu'à Washisgton. On ne songe plus maintenant à les flatter pour obtenir leur aide, encore moins à se donner à eux puur les forcer à prendre parti. Le président Davis a compris qu’il ne gagnerait rien à ramper devant l'Europe, et voilà les sentiments que cachait le rideau de’ flatterie oflicielle qui nous à si longtemps abusés. 7
Quant aux États-Unis, qui n’ont pour le présent aucun souci de !1 ,2rre eurapéenne, le marché qu'on leur offre est au profitable, qu'inadmissible et incompatible avec leur dignité. L'assistance des populations décimées et des belles finances du Sud serait d'un prix médiocre dans l'hypothèse même d’une guerre extérieure. Enfin n'est-il pas étrange, après quatre ans de luttes sanglantes pour le maintien de l'Union, de ne leur offrir en prix de la victoire qu'une vague promesse d'alliance, en leur demandant d'abandonner le principe et le nom national même pour lesquels ils ont combattu? Ce n'est pas aux vaineus de faire la loi aux maitres, et quand à la lettre du président Davis annonçant à M. Blair qu'il était prêt à négocier une paix entre les deux peuples le président Lincoln à répondu par la même voie détournée qu'il entendait rendre la paix au peuple de leur patrie commune, il était bien clair qu'il ne reviendrait pas sur cette parole. Les commissaires confédérés savaient done où devaient savoir ce qui leur serait proposé, et s’il y a insulte et arrogance, c'est plutôt du côté de ces vaincus qui veulent dicter aux vainqueurs les conditions de la paix qu’on leur accorde.
Er EEE
D ‘ ï “ HN 4:
nm, F' hr 1!
Lh
zu.
La dit aussi que M. Stephens a essayé d’une autre issue, non moins impraticable et non moins ridicule que ‘la pren | ’e. Il a fait entendre que les États confédérés reviens cu à l’Union en temps et lieu, si le gouverne ment des Etats-Unis voulait d’abord reconnaître leur souveraineté individuel'e absolve et Icur droit inaliénable à la sécession ; ce quiteyenait à dire : « Vous aurez gain - de cause, à la condition d’avouer que vous avez tort. » Admettre la souveraineté absolue des États, c’eût été non-seulement un acte indigne d’une nation qui à afñrmt sa propre souveraineté dans cent batailles, mais la plus Ampolitique et la plus funeste des concessions! Cette clause, purement théorique en apparence, n'aurait pas tardé à ranimer le fléau proscrit des nullifications et des sécessions d'Etats, elle aurait fait une révolution dans le droit constitutionnel des États-Unis et rendu l’autorité nationale impuissante contre les fantaisies d’une rébellion nouvelle. Ces prétendus compromis ne sont que des façons ingénicuses -de désarmer le gouvernement de l'Union et de lui arracher un med culpd dont on n'aurait pas manqué ensuite de se prévaloir. Je ne crois pas qu'il y ait un homme assez insensé dans Île gouvernement rebelle pour s’imaginer que ces termes fussent acceptables, et qu'on pût sans dérision les offrir à un président réélu pour avoir déclaré qu’il ferait triompher l'autorité nationale tout entière. A ces propositions dérisoires M. Lincoln a répondu et devait répondre un non poss"mus irrévocable, et personne ne peut de bonne fai s'étonner qu'il l'ait prononcé.
Il a fait, en revanche, toutes les concessions qu'auto-
risaient l'honneur national et le mandat qu'il a reçu du.
peuple, exigeant seulement que la loi des États-Unis fût souveraine dans les Etats dits confédérés, que le gou-
encore sur
vernement des États, dement Co du droit pul du jour où les trois qu ensuite qué l'applieatgo
rompatible op rigou droit de les qu'il aider ses ruines.
leur gouver sen prenne
Voilà les du présider rebelles. C’ les détails « niâtreté int Hampton-F duants con de celui qu les plus odi
| l'héroïsme
William Si Billy Smat immense # que leur a Unis », en lenter de | les États d
d'une autre ridicule que confédérés > SOUVErnenaître leur inaliénable aurez gain avez tort. »
, C'eût été ui à afürmé nais la plus ions. Cette aurait pas Lions et des ion dans le u l'autorité ne rébellion nt que des nement de on n'aurait 1s pas qu'il ivernement il acceptah président r l'autorité
dérisoires on poss"bonne foi
}s qu'auto-
a reçu du.
{s-Unis fût ie le gou-
W pHILADELPHIE, LES NÉGOCIATIONS 499
vernement de la confédération fût dissous, — non ceux des États, — que l’armée mit bas les armes, que l’amendément constitutionnel fût adopté comme le fondement du droit public, et l'esclavage aboli dans les États rebelles, du jour où suivant la constitution, qui est la loi suprême, ks trois quarts des États l’auraient ratifié. Il promettait ensuite que dans la pratique et l’exécution des lois, dans l'applieatgon surtout du décret de confiscation qui pèse
encore sur les rebelles, il userait de toute l’indulgence
rmpatible avec son devoir et ferait grâce des peines op rigoureuses, pourvu seulement qu'on admit son iroit de les infliger. On dit même qu’il a donné sa parole qu'il aiderait de tout son pouvoir le Sud à se relever de ws ruines. Rien ne suffit aux envoyés du Sud. Puisque kur gouvernement veut l’usurpation ou la guerre, qu’on
| sen prenne à lui du sang versé!
Voilà les faits tels qu'ils ressortent du rapport succinet du président Lincoln et des récriminations même des rebelles. C’est aux journaux de Richmond que j "emprunte ks détails qui témoignent le plus hautement de leur opinâtreté intraitable. Les récits qu’ils font de l'entrevue de Hampton-Roads sont les actes d'accusation les plus conduants contre eux-mêmes et les plus claires justifications de celui qu’ils appellent le tyran Lincoln; car leurs excès les plus odieux sont à leurs yeux les actes les plus nobles
| lhéroïsme patriotique. Le gouverneur de la Virginie,
William Smith, plus connu sous le sobriquet d'Extra- Billy Smith, à convoqué le peuple de Richmond à un immense meelfing « pour répondre dignement à l'outrage que leur à fait (aux gens du Sud) le président des États- Unis », en ne les suppliant pas humblement de se conenter de l'indépendance et de ne plus vouloir conquérir les États du Nord, Le général Lee et tont son état-major
one nes mines L ans onpme--reercie-5e 0 nissan s- À - Mt CC Me AE EU FE ES te EPS PS, TPS TNT pe US ES iarée = = = HE & es STE Re Et Fr ss se Er. Der Le: Gr ÉRPES Dr LP tm de % are s e PE dun PP as DR ° “à F à “ MS RTE F4 Es tr Er * pe Ds code. Mo c MS S s à DE : D FSI à NOTE fee Rare me M ESS dog 5 ic ‘ir . F eee re created mt unule coms CEE EAN CH EE 2 PROPEDEE SP
y sont venus en grand appareil, et 40,000 personne : vnt voté par acclamation qu’elles ‘ejetaient « avec l’indignalion que mérite une aussi grossière insulte » les conditions que Lincoln a mises à la paix entre les deux peuples, Jefferson 1 ‘is a parlé. « Tout, dit-il, doit être sacrifié sur l'autel .e la patrie. Nous prouverons bien à Lincoh que nous sommes ses maîtres. On verra bientôl que Sherman a conduit en Géorgie sa dernière armée. Avant l'été, ce sera l'ennemi qui nous mendiera des conférences et des occasions de lui dicter nos lois. » MM. Benjamin, Hunter, Oldham, d'autres encore, ont parlé, tandis que les journaux faisaient feu de toutes leurs batteries. La Sentinelle, dans un article éloquent et insensé dû à h plume de Jefferson Davis lui-même, fait appel aux souvenirs de l’histoire romaine, et propose aux rebelles l'exemple des héroïques vaineus de la bataille de Cannes. « Les lâches, dit l'Examiner, doivent être pendus à h Janterne. — On ne peut, dit l'Enquirer, nous ravir le droit de remplir une tombe glorieuse. » Puis des indigna. tions burlesques : « Sommes-nous des rebelies ? sommesnous des traitres? » Le dessein du président Davis en jouant cette comédie pacifique apparaît dans son audacieuse et habile impudence : il a voulu clore la bouche aux :. mis de la paix et mettre encore une fois le feu l'opinion publique. Il a momentanément réussi. Stephens, résigné à la guerre, va, en docile instrumént d'une politique qu’il déteste, révolutionner la Géorgie. Lee fai blanc de son épée; le peuple de Richmond est reveni au fanatisme des premiers jours. Malheureusement ce grands coups de théâtre sont bien connus; on appel cela fire the southern heart (enflammer le cœur du Sud), et chacun de ces beaux incendies a toujours laissé des cendres et des ruines. Tandis que Jefferson Davis pons-
sait à Rich
voix, Sher:
d'Augusta
Potomac fa vements m ntercepter:
qu'on se pr contre les
paient pas 1 d'où ils don où les négc
nie, la légi
iquement ls autres
même, deu président, pompe, rep tele” d’arn avec Davis, Ceux même seront les p de faire ho
erSOnne : ent ec s'indigna- » les condieux peuples, être sacrifié en à Lincoln tôL que Sherrmée.. Avant s conférences L. Benjamin, é, tandis que patteries. La sensé dû à la pel aux souaux rebelles le de Cannes.
e pendus à là ous ravir le ; des indignaies ? sommes.
ent Davis en ins son audapre la bouche fois le feu à ssi. Stephen, t d'une poligie. Lee fai id est reven eusement ces s; on appel œur du Sud), Durs laissé des 1 Davis pons-
ait à Richmond son «ri de guerre, répété par dix mille voix, Sherman coupait à Branchville le chemin de fer d'Augusta à Charleston, et la gauche de l’armée du Potomac faisait autour de Petersburg un de ces mourements modestes qui, deux ou irois fois répétés, intercepteraient les communications de Lee. Tandis qu'on se préparait à prendre des mesures rigoureuses ntre les déserteurs et les réfractaires, ils n’en occupaient pas moins les montagnes de la Caroline du Nord, d'où ils donnent la main à l'ennemi. Enfin, à l'heure même où les négociations officielles étaient rompues en Virginie, la législature de la Caroline du Nord nommait paciiquement cinq négociateurs tirés de son sein et invitait ks autres États à suivre son exemple. À Richmond mème, deux.jours après les mass meetings belliqueux du président, le-congrès, qui s’y était associé en grande pompe, repoussait unanimement la proposition renouelée’ d’armer les nègres. Les négociations ont échoué avec Davis, mais elles réussiront ailleurs avec d’autres. Ceux mêmes qui jurent de résister jusqu'à l'extermination seront les premiers à faire leur paix quand le jour viendra de faire honneur à leurs serments téméraires.
PRE QI OT SE See PE de te Sgen ds mem RAR EE SOL DS RE PE Se he: SAR ATEMRR -HES. EE EDS r DE à
ET ae Ps SG lse AP PE A ÉTTE
se"
La fin de la
æ | Lincoln. —
président Je
100,000 doll.
des territoire
président; il.
ralion; fure
ciennes quer
caine; dange
des noirs, -—
tablissement
i les noirs: ot
ciale. — Ra
. d ture du cong députés du
sage préside]
constitutionn
thousiasme p
du pfésident.
tatives de co
dicaux; reto
taires; le sel
° . M Quand je | 1865, la gue T. Il