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tête de la navigation des lacs et tient dans l'Est la même MS ,r de place que Chicago dans l'Ouest. Tous les produits de ents l'Ouest viennent y aboutir etséjourner dans ses entrepôts, ESS vider
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d'où ils se répartissent dans l'intérieur ou gagnent par # les canaux le marché de New-York. De quelque côté M qu’on regarde l'horizon du lac Érié, on le voit toujours parsemé de voiles grises et de colonnes de fumée noire, !
Rufalo est une des villes les plus rigides des États- # Unis. L’ardeur religieuse de ses habitants est proverbiale, 8 ainsi qué l'âpreté des secies nombreuses qui s’y disputent les âmes. Méthodistes, baptistes, indépendants, épisco- M paliéns, unitairiens, presbytériens, catholiques, ete., 4 luttent de sermons, de pamphlets, de vociférations et ss d’austérités. Le dimanche, les congrégations sont en M permanence, la moitié de la population vit à l’église : # c’est pourquoi la ville est déserte. En revanche, quel sab- # bat dans les temples ! Toute la journée j'ai entendu des # hurlements, des exclamations, des cliquetis de voix, puis des chants, puis des cris incohérents, sortir du toit d'un M édifice que mes fenêtres dominent. Qu'est-ce donc? Un à cembat de coqs, une boxe, un meeting, une salle d'armes? MSN fare Le dimanche rendait toutes ces suppositions impossibles. MSN dents 4
Enfin, à la faveur du silence du soir et d’une inspira- une c: tion plus bruyante de l’orateur, le sens de ce vacarme à 4 pénétré jusqu'à mes oreilles à travers mes fenêtres et mes Mi volets fermés. Cet édifice est la salle de prières d’une M congrégation pieuse, et cette voix aigre, gutturale, gla- 4 pissante, semblable à celle d’un fou furieux, est celle "M d’un saint ministre ou de tout autre inspiré de l'esprit 4 J'ai divin qui adresse avec « enthousiasme » une apostrophe Msentat suppliante au Seigneur. F'entends ce mot : 46 Lord, reve- 6 crates nir sur toutes les notes du glapissement pleurard ou du M à leur hurlement frénétique, Cet homme a sans doute les pieds dans
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ur des charbons ardents. On entend aussi des frémisseents, des murmures, des cris étouffés dans l'auditoire. videmment ce père de l’église est fort goûté de ses ileles, et l'on se répétera demain combien la veille sa arole était savoureuse. Puis on chante un hyre sur outes les notes fausses connues et possibles. Enfin unc autre voix s'élève, une voix de femme cette fois, que les aurs de l'édifice étouffent, mais que j’entends assez pour omprendre qu'elle imite avec succès les lamenttions et les frénésies du prophète. Celui-ci ébranle encoreune fois a voûie des cieux, et un hymne nouveau elôt la séance, Aqui s'achève en ce moment même. Anabaptistes, mor- Bnons ou trembleurs, je ne sais pas à quelle secte appartiennent ces possédés. Ce sont à coup sûr de grands insensés où de grands imposteurs, peut-être l’un et l'autre à la fois, tant la nature humaine est complexe! Les Américains aiment les crises de nerfs : en religion lcomme en politique, le délire est pour eux la suprême élaquence. Vous rappelez-vous les prédicateurs napolitains de San-Gaëtano? Ils ont des poumons et une furie à faire tomber les murailles de Jéricho : leurs rages de dents sont pourtant à ces convulsions surhumaines comme une canzonette légère à quelque grand morceau de Verdi.
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New-York, Z2 novembre.
J'ai assisté hier en chemin de fer à une petite représentation de politique intime. Six ou huit soldats démocrates montèrent dans le wagon et mirent leurs langues à leur aise. Ces scènes grossières ne peuvent être rares dans un pays où l'observation des convenances est livrée,
comme celle des lois, à la bonne volonté individuelle. A - d'une 1 suis même étonné de rencontrer tant de soldats décent M ont et paisibles, quand aucune discipline ne les force à se bia (est tenir, et qu'ils peuvent si aisément prendre le haut di pavé. Mes aimables compagnons se mirent donc à causer & k à blasphémer politique, se damnant l’un l’autre à chaque parole, et damnant surtout les nègres, auteurs de LS; ils r guerre civile. Un brave homme qui voyageait avec sa fi je ofte s'impatiente et s'approche d'eux poliment. « t’entlemen, ES, ;litaird je vous rappelle qu’il y à des règlements contre la gros treme sièreté de langage. » Là-lessus, tolle général : ces genile-BN, Deux men ne souffrent pas qu'on leur enseigne les bonn Œ jirent 1 manières, ni qu'on fasse avec eux l’aristocrate. « He is a. ssez so damned black republicun (1)! — Dieu nie damne sinon 1 ento avons dit un damné mot qui puisse p'esser l’oreille des on éne dames! — Es-tu ministre, o/{d man? » et tout ce qu'un Ê rateurs soldat peut vomir d'injures sans en avoir honte. Cepen- DS éssayait dant, intimidés malgré eux, ils se levèrent au bout de SN panière quelques minutes et passèrent, tout en jurant, dans le svait er: car voisin. Un seul resta, un tout jeune homme, un peu SE Leurs co ivre, qui se mit à attaquer successivement chacun de nous ragés p: en répétant : « Je tue l'homme qui ne dira pas : Hurrah plaignai pour Mac-Clellan! » £e premier qu'il entreprit était un SE crâce à vieux fermier en cheveux blanes, qui le remit à sa place D tion de avec bonté en se penchant vers moi pour maugréer $ disait-o contre « ces diables de soldats ». Je fus le second à sou- D la justis tenir l'attaque : notre homme s’assit brusquement près BR On ] de moi, et, me mettant le poing sous le nez, me demanda À nant-g( si j étais républicain : mon silence obstiné le découragea. sement
Amériqi content nessee,
Il alla gesticuler plus loin, jusqu’à ce que le conducteur, | engagé M démocr (4) Black republican, républicain nègre; c’est l’injure habi- eun Ju,
tuelle adressée par les démocrates aux abolitionistes, fier las
d'une mine souriante et gracieuse, vint lui faire quelques emontrances. Personne n’osa le jeter dehors.
C'est que l’uniforme commence à être redouté en Amérique. Ici, dans l'État de New-York, les soldats se contentent de faire du bruit; mais ailleurs, dans le Tennessee, dans la Louisiane, en général dans tous les États où ils règnent du droit de la guerre, ils tuent, et ce sont des offenses vénielles. Le vice-président et gouverneur militaire du Tennessee, André Johnson, harangua dernièrement à Nashville un meeting de gens de couleur. « Deux personnes, raconte paisihlement le journal, y perdirent la vie. » L’un d’eux, un soldat, venait de crier assez sottement : Hurrah for Mac-Clellan! W fut aussitôt entouré et shot, comme le dit la langue anglaise avec son énergique concision. L'autre jeta des pierres aux orateurs, et la garde l'abattit à coup de fusil comme il essayait de s "enfuir. On ajoute qu'un mulâtre fut tué en manière de vengeance par les camarades du soldat qui avait crié hurrah for Mac-Clellan ! Cependant les orateurs continuaient leurs harangues. De tels actes, encouragés par l'impunité, ont une signification terrible. Ne se plaignait-on pas l'autre jour que le président eût fait grâce à un officier confédéré qui devait périr en rétaliation des crimes commis par les rebelles? La justice, disait-on, vent que ce prisonnier périsse. Étrange idée de la justice chez une nation chrétienne!
On parle aussi de l'arrestation arbitraire du lieutenant-gouverneur du Kentucky Jacobs, et de son bannissement au pays des rebelles. Je le crois depuis longtemps engagé dans une complicité coupable avec l'ennemi. Les démocrates se plaignent de ce châtiment sommaire qu’aucun jugement n’a prononcé, et que ne suffit pas à justifier la suspension extraordinaire du droit d’habeas corpus ;
s force à se bie dre le haut dl donc à causer a À autre à chaque auteurs de ait avec sa fill À . « Gentlemen, @ contre la gros-| ral: ces genilene les bonnes A rate. « He às ak : damne si nous ser l'oreille des t tout ce qu’un É honte. Cepen-| ent au bout de B urant, dans le omme, un pet chacun de nous a pas : Hurralh reprit était un mit à sa place our maugréer second à sousquement près , Me demanda e découragea, le conducteur,
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ils y voient un attentat criminel à la constitution et aux libertés publiques. Ces mesures pourtant sont inévitables dans un pays où les lois laissent le gouvernement dé- à sarmé.
C'est là justement le défaut, quelques-uns disent l'a- | vantage de la démocratie américaine. L'autorité du gou- |
vernement y est pour ainsi dire élastique, et pourvu que Mideux de l'opinion générale la soutienne, l'arbitraire peut s’y éta- BSS'élu im blir à la faveur même de la liberté. La loi n’a rien prévu. BSRttats, il La licence et l'arbitraire se donnent la main contre elle Spa const et s’entr'aident à empiéter sur un domaine qu’elle ne sait MSouvoir pas défendre. L’imprévoyance, il faut le dire, est le vice Musé de c
naturel d’une législation de hasard, improvisée pour subvenir aux premiers besoins d'une société nouvelle, |
qu'il est Me l’élec
comme ces maisons de bois grossières qui servent d’abri BSespons: provisoire aux pionniers. Il est aussi dans la nature du Sremplac
règne populaire d'imprimer à la législation une allure 5 violente, capricieuse, une instabilité qui la discrédite. Enfin la diversité, les contradictions flagrantes des lois! locales, le conflit perpétuel qui s'élève entre la loi de l'État et la loi de l’Union, rendent illusoire l'emploi de la répression légale, et impossibie, aux époques troublées, ki l'usage de cet instrument compliqué. Tout se fait alors | par exception. Ni principes, ni mesures générales, ni régularité dans l’emnloi de la force : la société vit d'expé- h dients, au jour le jour. \ Est-ce là notre idéal ? Ne faisons-nous pas une confi- # sion entre la théorie du gouvernement démocratique à M l'américaine et la théorie dite constitutionnelle des gou- # vernements libres de l'Europe? Celle-ci veut que less représentants de la nation gouvernent par l'entremise de 3 la loi qu'ils ont faite, et dont l'autorité suprême fait plier un pouvoit eAécutif qui n’est qu'un instriment. Que f
rage po lu mêm ratie vi mmédia aire qu eut de mocratiq Ancien d
UNE VISITE AU PAYS DË L'HUILE 7i
Avovons-nous ici ? En face de ces corps électifs qui font les ois se dresse un autre pouvoir, non moins émané du suffrage populaire, non moins autorisé à s’en dire le représentant, dont les fonctions peuvent s’élever jusqu’à D'exercice de la dictature. La république française s’est donné un président élu directement par le peuple, et nous savons comment elle a péri. Malgré la fiction des cet pourvu que deux degrés, le président des États-Unis est lui-même e peut s’y éta- MSS’élu immédiat du suffrage populaire. Dans chacun des n'a rien prévu. BRÉtats, il y a un gouverneur directement élu par le peuple. ain contre elle Ba constitution des États-Unis donne bien au congrès le qu’elle ne sait MSouvoir de déposer le président; mais quand donc a-t-on lire, est le vice usé de ce droit terrible? Ce n’est pas devant le congrès visée pour sub- qu'il est responsable, mais devant le peuple, et au jour iété nouvelle, Me l'élection seulement. Les ministres sont de purs agents, servent d’abri Sesponsables envers lui seul, et qui ne peuvent étre ns la nature du remplacés que par lui. Il y a même des États où le sufion une allure MSrage populaire les désigne en même temps et les investit | la discrédite. Sklu même prestige que le magistrat suprême. La démorantes des lois Seratie veut avoir dans le pouvoir exécutif un serviteur entre la loi de ESS mmédiat, dépendant d’elle seule, un agent révolutionire l'emploi de paire qui puisse au besoin braver les lois. Ce serviteur ques troublées, Mbeut devenir un maitre, quand aux instincts de la déut se fait alors Suocratie ne se joint pas, comme en Amérique, l'usage snérales, ni ré- SSncien de la liberté.
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titution et aux à ont inévitables | vernement dé- à
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