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Saint-François, coule à pleins bords au fond de la vallée; l'autre, qui vient du lac Memphremagog, tombe de la colline ch cascades, au milieu des buissons, des cottiges et des moulins.
piquet nie ct à cha-
buis le nt sur
Montréal, 14 octobre.
fin la
x sai- ; , | s'abat C'est toujours le même temps lamentable. Je renonce pno- décidément aux lacs, aux montagnes, aux paysages, et je Lists prends le chemin de fer de Montréal. J'émerveille la fille
a ‘ut d'auberge en lui mettat dans la main utie pièce blanche; ntage. je fais ouvrir de grands yeux au garçon qui porté fn4 impo- malle à la station en lui donnant trente sous pour sa peine. ttes et « Cest trop!» fait-il naïveinent, ct il s'en va répandre mille lé bruit qu’un prince a passé pat Sherbrooke. u tion À Bonnes gens que les Canadiens! je m'ettasiais sur ns ai leur honnêteté primitive et me sentais le cœut ouvert à inhos- une bienveillance générale pour les paysans abrités avec lement moi de la pluie battante sous l'auvent du chemin de fer, trange Is n'étaient cependant pas jolis : la rudesse de leur clintagne mat sibérien semblait avoir passé dans leurs accoutreiolette ments ct jusque dans leurs figures. Leurs gros habits de seules laine, leurs grandes bottes bouetses, leurs casquettes de elles fourrures qui leur donnaient un air hérissé, faisaient sunà des ger à la Laponie ou à la Norvége. Les Français s’agaçaient a mal de plaisanteries et jouaient comme des enfants aux comsoleil bats simulés. D'autres, plus graves, plus refrognés, se es des promenaient en silence. L'un d'eux, un Anglais pourtant,
m'accoste et me demande... un quarter dollar pour
US un s'acheter du tabac. Adieu alors l'honnêteté cattadienne ! lines . C'est le premier mendiant que j'aie rencontré en Amé-
rique.
ivière
Le chemin de fer de Montréal descend la riche vallée de Ja rivière Saint-François, à travers des forêts de sapins et des prairies. Le torrent bondit de rapide en rapide, avec une allure vive et capricieuse. Plus loin, on s'engage dans une plaine vaste et monotone : à gauche s'élèvent des collines pointues qui dans leur isolement semblent de grandes montagnes. On arrive enfin à Montréal.
La métropole du Canada ne m'apparaît point sous un bel aspect. Vieille sans être pittoresque, elle n’a pas l’apparence d’une ville de plus de cent mille âmes. Les rues sont étroites, à la française, bordées de trottoirs mesquins, les boutiques laides et villageoises, les maisons N, Le Can
basses et pauvres, comme les masures de nos petites villes es
de province. Par ce temps gris, les Loits en fer-blanc franc semblent couverts de neige. Enfin une mer de boue en- renc) i vahit la ville en octobre, et, respectée par le balai, ne
lique
“Ja quitte plus qu’en mai ou juin. Les journaux se plaignent, dien le public murmure, et la municipalité délibère. On se SR promène dans les rues en grandes bottes, comme dans un égout. On montre avec orgueil le palais de justice et la banque, grands bâtiments de pierre grise des plus insignifiants, et le Victoria bridge, le fameux pont tubulaire, où je viens de passer en venant de Sherbrooke.
C’est un long tunnel de trois quarts de lieue environ : Je telle est ici la moindre largeur du Saint-Laurent. Les im- mais | menses massifs de maçonnerie qui portent les tubes res- à set semblent à des pyrimides. Le tout a coûté environ trente- cages cinq millions. En hiver, les glaces cucombrent le fleuve, nom, et sans ce coûteux ouvrage Montréal resterait quatre mois trave privé de débouchés. A qu quoi m'em
vallée êts de ide en Din, on gauche lement Mont-
ous un as l’apès res s mesaisons s villes blanc ue enlai, ne ignent, On se e dans stice et US insituburooke.
viron :
es im- 28 l'CS-— trentefleuve, 'e mois
CITAPITRE XIV
Le Canada e! les colonies angluises ; projet d'union fédérale; les délégués à Québec. — Le Haut et le Bas-Canada ; anciennes rivalités des deux provinces; assimilation anglaise ; Québec, une vieille ville française. — La société; un bal officiel ; les chutes de Montmorency. — Sagesse des Anglais ; institutions locales ; le clergé catholique, la dîme; seigneurs et seigneuries ; l’université, les écoles. — Lorette, un vilage indien. — La Chaudière; l'habitant cana-
dien ; le parti rouge; souvenir et oubli de la France. — Retour à
Montréal ; fêtes et banquets; clôture des conférences ; projet de
constitution, — L'’annexion aux États-Unis.
Québec, 17 octobre,
Je voulais attendre à Montréal que le ciel me fit grâce; mais les nuages gris ont continué à rouler obstinément et à se distiller en pluie fine sur les rues changées en marécages. La Montagne-Royale, d’où la ville a pris son nom, n'apparaissait que comme un contour indécis à travers la brume. A quoi bon y monter peur ne rien voir? A quoi bon yisiter le village indien de Caghnawaga? A quoi bon enfin rester les bras croisés à Montréal? Je m'embarquai donc avant-hier soir sur le paquebot de
Québec. Je pus an moins, du pont du steamer, considér.: à la nuit tombante les quais et le port de Montréal, qui ne manquent pas d’une certaine grandeur. Il y a là un hôtel de ville couronné d’une coupole; à cette heure, les ombres, les lumières qui s’agitent, les bruits du port, le mouvement de la rivière n’annoncent point le village de province caché dans les rues centrales. Montréal, situé sur son ile, au confluent de toutes les grandes voies liquides du pays, est d’ailleurs la capitale naturelle et le centre de tout le Canada. La population, qui s’y multiplie avec une extrême rapidité, prouve que ce n’est pas là un de ces établissements artificiels que nous avons semés à tous les coins du globe. Il s’y bâtit chaque année de cinq à six cents maisons. Si le gouvernement anglais ne se
payait dé chimères, au lieu de reléguer l'administration
dans ce désert d'Ottawa, dont les communications sont interrompues à l'heure présente, il la mettrait dans cette ville mi-française, mi-anglaise, qui représente le double élément de l'union canadienne.
Le choix de la capitale est d'autant plus grave aujourd'hui que l'Angleterre aspire, vous le savez, à réunir en un seul faisceau toutes ses possessions de l'Amérique du Nord. Les délégués des provinces sont en ce moment même réunis à Québec pour discuter le plan de la confédération nouvelle. Ils sont tous logés dans l'hôtel où je demeure, et trois ou quatre fois le jour le waiter, faisant
l'office d’huissier, frappe bruyamment à leurs portes pour
les avertir que l'heure de la réunion est venue. Hier on me fit l'honneur de me prendre pour un délégué, et je fus averti que la séance allait s'ouvrir. J'aurais été fort curieux. d'y assister, car ces messieurs se sont donné parole de garder le plus grand secret, et rien ne transpire de leurs délibérations que quelques propos insigni-
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fiants, Ils veulent, paraît-il, se mettre d'accord avant de rien livrer à la publicité; mais ce qui ne peut rester caché, c’est que le sentiment général de la délégation, comme du pays, est favorable à la fédération. Ce mot à tant de pouvoir et pour ainsi dire de magie, que les oppositions les plus violentes de l'intérêt local s’effacent devant la seule idée d’un gouvernement général et indépendant de toutes les provinces anglaises de l’Amérique. Les Anglo-Américains ont une ambition, celle de tenir tête aux États-Unis et de balancer leur influence. Ce projet d'Union nationale flatte leur orgueil, blessé par les. pitiés dédaigneuses de leurs voisins redoutables, Ils comptent avec satisfaction le nombre déjà imposant des citoyens de la république nouvelle : quatre millions dès
à présent, qui, selon la proportion d’accroissement ob-
servée depuis cinquante ans, seront huit millions au moins dans une vingtaine d'années. Ils mesurent aussi (ceci est plus futile) l'étendue du territoire que doivent embrasser leurs frontières, et, mettant ensemble les déserts glacés du Nord, les forêts inhabitées du Labrador et les solitudes encore presque impénétrables de l'Ouest, ils forment avec orgueil un total supérieur à la superficie de l’Union américaine.
Les Américains, de leur côté, voient avec une indulgence hautaine les efforts de leurs voisins pour se constituer en grande nation. Ils affichent la certitude que l'union des provinces britanniques est uu premier pas vers Jeur absorption dans Île grand corps fédéral. Cette prétention des Yankees n'est pas la moindre cause de l’ensemble avec lequel on travaille ici à aplanir les difficultés et à concilier les rivalités locales, Les Acadiens (tel sera probablement le nom du nouveau peuple) veulent prouver aux Américains qu'ils peuvent se soutenir et
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