‹ Humanisme intégral: Le duel des sexesChapitre 13 sur 35 · JJ-TI · texte numérisé non relu

JJ-TI

HUMANISME INTE&BAL

double offensé soit au moins excusable d'un mouvement de violence tragiquemeat divin.

Ce qu'il faudrait reprocher au dit Gode, c'est, ailleurs, de considérer l'adultère féminin sous i'aspect, non d'un crime, mais d'un délit. Ily alà timidité inqualifiable, contradiction désolante. J'ailu, je ne sais oîi, que Napoléon, cœur généreux, cerveau sans chimères, voulait qu'il y eût crime. A. la bonne heure I Voilà du vrai génie — et de veine antique. On aurait pu soit lapider l'épouse infidèle comme chez les Hébreux, soit la faire dévorer par des chiens comme dans l'Inde brahmanique, soit, plus doux, restaurer simplement l'ancien droit français qui la jetait au couvent où, deux années, elle attendait le pardon marital, puis, ce temps passé, prenait le voile pour toujours, si le mari n'était venu, d'une âme évangélique, remettre le péché. Des législateurs, non désempoisonnés tout à fait de l'esprit révolutionnaire, trahirent le vœu du génie. Elle ne fut passible que d'un emprisonnement de trois mois à deux ans — comme une honorable voleuse. Au moins l'époux adultère — et dans le cas le plus grave (entretien d'une concubine au domicile conjugal) — n'eut-il à craindre qu'une amende.

Cessons de plaisanter.

Pourquoi cette inégalité dans la peine (et, à plus forte raison, pourquoi l'article 324) — maintenant surtout que la loi du divorce a fait de l'adultère un

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suffisant motif d'absolue séparation, sur la plainte de la femme comme de Thomme?

L'ancienne unité logique de Tédiflce Mariage devrait au moins se remplacer par une nouvelle harmonie dans l'édifice reconstruit. C'est, aujourd'hui, de la cacophonie architectonique : et la flèche sanglante, pour reprendre ma comparaison • de tout à l'heure, ne tient plus qu'à moitié sur un toit d'Arlequin, de même qu'on voit trembler au vent les inégales pénalités menaçant des fautes par ailleurs nivelées.

Il y a sans doute un argument à l'appui de cette différence pénale ; un seul et que fournissait déjà le tribun Faure au Corps législatif, voilà près d'un siècle : — L'adultère féminin « peut faire entrer dans la famille légitime un enfant qui n'appartient point à celui que la loi regarde comme le père. » Mais elle est irréfutable, cette réponse quil me plaît emprunter à Marat, dont Faure ignorait probablement le Plan de législation criminelle : «N'est-ce pas la même chose pour la société que rhomme aille porter un héritier chez son voisin ou que la femme le reçoive chez elle? » Autrement dit, l'argument ressassé depuis (si souvent) n'aurait de valeur qu'à cette condition : V homme s' interdisant d'aimer la femme mariée, afin de ne pas risquer d'introduire en un ménage légal un enfant secrètement illégitime. Or, les mêmes clubmen, bourgeois, ouvriers ou paysans qu'hypnotise le

sophisme ici dénoncé, n'y démêlent pas du tout cette gênante leçon, et montrent, sans passion (Tordinaire, pour le seul plaisir, un bel entrain à essayer de séduire l'épouse d'autrui, dès qu'il leur semble possible. Bien plus : nombre d'entre eux sont mariés eux-mêmes et témoignent ainsi ne faire état de l'argument qu'à leur profit, pleins de mépris là-contre dès l'instant qu'il s'agit d'un ménage étranger.

Toujours, donc, l'admirable inconséquence égoïste du mâle ! les deux éthiques, avec la femme victime !

Ou le mariage est un contrat totalement synallagmatique, signé par deux consciences également libres ; ou il n'est... que ce qu'il est dans nos sociétés d'hypocrite barbarie : une légalisation du droit de la Force.

Même au point de vue des intérêts, il n^unit point; il subordonne le faible au fort^ nous l'avons assez dit et prouvé. Du moins, la dernière preuve en aura-t-elle été produite pour le mariage français, quand j'aurai cité cet article du Code : «La femme est obligée... de suivre » le mari « partout oîi il juge à propos de résider » ; puis cet autre : « La femme ne peut ester.., sans l'autorisation de son mari, quand même elle serait marchande publique, ou non commune, ou séparée de biens. »

Enfin, dans un récent numéro du Mercure de

France (1), un poète — Robert de Souza — en quelques lignes d'heureuse synthèse, établissait qu'il fallait à la femme un « immense effort admi» nistratif et politique » pour arriver à « pouvoir disposer d'elle », sous le seul point de vue particulier et supérieur de son développement psychologique dans le mariage.

Mais, ne fàt-elle point mariée, elle ne peut témoigner aux actes de l'état civil ni aux actes privés. (Mademoiselle Chauvin, docteur en droit, a rédigé pour VAvant-Courrière de madame Schmahl une proposition de loi relevant la femme de cette double incapacité.) Quant aux conseils de famille, on sait que la mère y est admise (ou bien une «ascendante »), mais non la sœur, la tante, une cousine; et Ton sait, d'autre part, que reçue, appelée même comme témoin dans les causes criminelles (ainsi, d'ailleurs, que dans les civiles), ayant àlabarre cette faculté démarquer une tête, d'un mot, pour la mort, la femme n'est pas juré (2). Cependant, disaîs-je à la Bodinière (3), «la justice virile n'estqu'une moitié de justice. — Laplus sûre? — La moins humaine, en dépit « d'emballements» parfois déplorables. — La femme n'est point Tennemi du Juste parce qu'elle a peu de goût pour la loi écrite ; elle corrige, au

(1) No 82 (octobre 1896).

(2) Il n*y a de femmes jarés qu'en Amérique dans le "Wyoming (États-Unis).

(3) 9 février 1895.

contraire, les sévérités injustes de cette loi par le sentiment vif des circonstances, des cas si divers, par son intuition psychique et surtout par ses privilèges naturels d'émotion. La justice sociale ne serait vraiment la justice que le jour où la femme, dans un des plateaux de la balance symbolique^ pourrait jeter le poids de son cœur».

Des droits politiques, maintenant, il va de soi qu'elle ne saurait avoir môme Valpha^ dans cette multiple servitude sociale (1).

Prostitution I Que de fois, jusqu'en ce chapitre, il m'est tombé de la plume ce lourd vocable sinistre, d'une chute fatale ou, si vous préférez, nécessaire!

« Pauvreté I pauvreté! c'est toi, la courtisane! » disait Musset; et les premières pages de ce chapitre ont achevé la démonstration de cette économique vérité (2).

(1) Je me reprocherais de ne pas recommander très vivement Touvrage considérable de M. Louis Frank : £ttai sur la Condition politiqtie de la Femme, C'est une véritable encyclopédie féministe, de la plus sûre documentation et nourrie d^dées. M. Louis Frank a écrit encore : La Femme dans les emplois publics ^ et Le Gî*ùnd Catéchisme de la Femme.

(2) Il me paraît bon de rappeler la trop juste apostrophe du poète aux femmes du monde sans pitié pour les misérables de la prostitution :

Vos amours sont dorés, vivants et poétiques.

Vous n'avez jamais vu le spectre de la Faim Soulever en chantant les draps de votre couche,. Et, de sa lèvre blême effleurant votre bouche, Demander un baiser pour un morceau de pain.

La sensualité masculine eut toujours {h peu près partout), pour la fournir de chairs vénales, cette incomparable proxénète : la misère spéciale du Féminin, dans le travail môme.

Et l'actuel Militarisme est venu tripler, quadrupler par l'Europe presque entière l'ancienne importance de la sexuelle « demande » soldatesque; augmentant « Toffre » à proportion.

Offre libre (si ce qualificatif n'est point, ici, d'ironie féroce) ou par la maison « de joie; » car aux plus petites villes point de caserne sans une Maison.

Le troupeau de quelques têtes claquemuré dans ce claque-dents, c'est pour le grand troupeau de l'autre sexe, en la cité campé, qu'il s'apprête à sourire, à chanter, à boire et à tous les jeux de luxure, — chaque soir.

La nuit' descend, soldat! Tu es en rut, ayant reçu de « la famille », ce matin, un mandat. Il faut peu, d'ailleurs, pour aller te satisfaire là-bas. Cours. — Mais si, un autre soir ou un autre matin, t'habillant ou te déshabillant, tu pâlis au spectacle, sur toi, d'un menu signe trop terrible, ne maudis point la pauvre fille aux baisers de laquelle tu as cueilli le venin! Il est probable, vois-tu, qu'elle le tenait d'un de tes camarades ; et toi-même, j'en ai peur, après des soins grossiers, tu hausseras les épaules, dans un besoin de jouissance trop fort, et tu retourneras où l'on t'a pourri : te « fichant » de

pourrir à ton tour, car la fille malade qui t'a transmis son mal est partie, et c'est une malheureuse, encore saine, que sans doute tu vas étreindre...

La caserne I la Maison! Celle-ci produit de cellelà ou, si Ton veut, annexe indispensable et, pour ainsi dire, fraternelle.

11 est des villes où la décence administrative a même toléré, par surcroît de tolérance, une proximité rendant manifeste ce lien moral.

Lucien Descaves, en des pages de Sous-offs, d'un burin solide et fin a fait saillir cette parenté : « La Maison se couchait quand s'éveillait le Quartier ; Talternance des services était combinée à souhait pour l'hygiène et la récréation du serviteur de l'irréfragable Patrie. Une édilité complaisante avait même encouragé le voisinage des deux collèges, les jugeant incomplets l'un sans l'autre, les rapprochant, rêvant une contiguïté d'édifices plus parfaite... » Et dans la fin de la phrase se trouvent, ne pouvaient pas ne point se trouver, deux mots dont je me suis servi : le substantif annexe, l'épithète fraternelle. Mais Descaves, poussant plus loin que je n'ai à le faire ici, applique l'adjectif à la vie comparée du soldat et de sa Vénus prisonnière : à leur analogue, à leur « harmonique » imbécillité forcée.

De tous les hommes, en effet, qui favorisent la prostitution-métier en usant de la fille, les serfs de la caserne sont les plus innocents.

Mais la fille à soldats peut quand même répondre, comme toutes les autres filles : « Si je vends, c*est qu'on achète. » Formule prêtée par Clemenceau, dans le Grand Pan^ à une « bête de plaisir » qu'il fait se défendre devant un tribunal.

(Le plaidoyer de cette bête humaine ne remplit que deux pages ; et, du reste, il n'y est pas question de la Maison. O'est une fille du trottoir qu'on entend. Il faut se rappeler, pour les maîtresses cloîtrées du soldat, l'admirable étude oratoire d'Ajalbert dans la Fille Elisa.)

Oui, je me vends parce qu'on achète de la chair

de femme, des caresses et des étreintes de misérables comme moi... Et je suis au lupanar (ou dans la rue) parce que les circonstances m'y ont entraînée; circonstances dont votre ordre social tout entier est responsable. J'ai eu faim, ou j'ai eu peur d'avoir faim : peur trop fondée. 11 faut que je mange, n'est-ce pas ? J'ai bien ce droit de vouloir manger. Or, le mâle en quête ou facilement excité nous donne le pain — et Teau-de-vie ou l'absinthe, nos consolatrices. Puis, si vous l'ignorez, apprenezle : plus d'une, parmi nous, est devenue ce qu'elle est par surprise. Plus d'une, aussi, parce qu'elle fut séduite et lâchée. Laissez-nous donc essayer de vivre sans nous insulter après avoir joui de nous, car votre mépris est de trop, vraiment. Et vos lois

contre nous sont monstrueuses — de la première à la dernière. Tout être est libre de se vendre, qui le juge utile; et cela n*est pas utile, mais nécessaire à des centaines de milliers de femmes, par votre Europe et même en Amérique.

Ainsi, justement, selon moi, parlerait une fille consciente, intelligente; dressant en quelques phrases, contre Thomme et la Société, un acte d'accusation sans réplique.

Pour les maisons publiques, où certains voudraient enfermer toute la prostitution, au nom de la Pudeur (et de la Santé virile), rien de plus ignoble déjà que l'officielle faveur dont elles sont Vobjet; car c'est là réellement une complicité. Mais la police des mœurs fait davantage. Active à seconder les tenancières ou tenanciers dans leur chasse commerciale, elle va jusqu'à inscrire des mineures, morceaux naturellement de haut goût pour les hommes un peu mûrs et les vieillards. Et elle ne s'inquiète pas des moyens employés pour amener ces enfants, vierges quelquefois, à se laisser embaucher. M. Yves Guyot, dans un livre excellent d'un bout à l'autre, qu'il n'écrirait peutêtre plus aujourd'hui (il était socialiste alors), a exposé les ruses diverses, toutes abominables, des pourvoyeurs ou pourvoyeuses; montrant, par le récit des procès intentés à Bruxelles en 1881 contre douze proxénètes, que la police et parfois des médecins de dispensaire lerment les yeux sur les pires

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infamies d'illégalité. Puis, il y a la dette, sous laquelle la fille, une fois internée, est chaque jour écrasée ub peu plus : suite de vols savamment combinés, dans leur impudence, que protège la police; car s'il arrive à quelqu'une de ces femmes, s'évadant, d'emporter soit du linge, soit une parure, soit ses propres vêtements qui ne sont point à elle {rien rCesi à elle), la police, sans enquête, sur la seule plainte de la matrone, condamne la délinquante à plusieurs mois de réclusion. Le but de cette police, c'est qu'à une créature tombée en cet enfer de la prostitution, il soit impossible matériellement de remonter au jour, à la vie libre...

Quelle autre forme de l'esclavage, dans nos sociétés, comparable à celle-ci?

Mais, en outre, des spécialistes ont établi que l'argument sanitaire, unique raison d'apparence sérieuse invoquée par les défenseurs du « système » (c'est leur mot), est un odieux mensonge. En ces bagnes de pseudo-sûreté vénérienne, les maladies du môme nom fleurissent, au contraire, à miracle. Et l'observation doit s'étendre aux filles soumises de la rue. Le docteur Charles Mauriac l'a démontré (1), ne cesse de le répéter. Fournier le démontrait. Le docteur Laborde, tout récemment, saisissait l'Académie de médecine d'un vœu d'affirmation collective mettant le fait hors de doute

(1) Voir la Prostitution, par Yves Guyot.

pour le public -^ et les pouvoirs publics. Enfin, ces jours-ci, lisant Touvrage du docteur Barthélémy (1) sur la Syphilis, j'y trouvais que les '4,000 inscrites, sur les 100,000 femmes environ qui vivent à Paris de la prostitution, seraient peut-être « à elles seules plus dangereuses que toutes les autres ».

Aveu grave de la part de l'éminent médecin, puisque son livre a pour objet de faire instituer une loi sanitaire internationale, dirigée contre la syphilis. Et je ne dis pas que si Ton suivait exactement ses conseils, quelque bien ne serait pas obtenu. Mais le difficile serait de les suivre exactement. On n'arriverait,* voilà la vérité, qu'à rendre plus malheureuses, sous un régime de terreur, l'immense majorité des prostituées. Et cela, contre l'éternel droit : car il faut y revenir, se vendre est un droit aussi bien que se donner, droit absolu; et l'assimilation est sophistique, du commerce de son corps chez la fille à un autre commerce, quel qu'il soit.

A rhomrae de se garder; c'est un peu plus digne, et je ne sache pas qu'en Angleterre, où n'existe aucune sorte de réglementation, la Syphilis soit un plus grand péril que chez nous. Il n'y a qu'une s'olution, la solution de liberté ; en attendant que

(1) Le docteur T. Barthélémy est « Médecin nommé au concours de Saint-Lazare ». — Son livre : Syphilis et Santé publique » parut en 1890.

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les causes économiques profondes et les causes morales de la prostitution se soient évanouies.

Quand le travail nourrira la femme, lui assurant aussi le gîte et le vêtement, et que l'homme en elle respectera Thumanité, qui, moralement, n'a pas de sexe, il n'y aura plus de prQS^tUution. Jusque-là, vouloir même réprimer laiplois cation, comme dit le docteur Barthélémy, c'est ^vouloir affamer la misère.

Et pour les hommes, encore une fois, qui risquent leur santé aux bras de ces raccrocheuses — s'ils sont majeurs — tant pis I Si mineurs, punissez la femme : le droit commun vous arme, je crois.

Des victimes innocentes dans la famille, épouses, enfants, vous émeuvent? Avec vous, autant que vous, je les plains. Mais qui fut donc coupable : la fille en son métier, ou l'époux, le père — ou encore le jeune homme, mal guéri, qui, d'imprudence scélérate, se marie quand même ?

D'ailleurs, la syphilis, combien d'hommes ne se font aucun scrupule de la propager I sans l'excuse du pain quotidien à gagner, il me semble; pour un instant de plaisir, voilà tout.

Et ce sont les filles contaminées par ces « joyeux » qu^on accusera !

Puis, la provocation, vous demande Clemenceau, où commence-t-elle, où finit-elle ? « Emprisonnez les filles du ruisseau, que ferez-vous des autres? » Et il met dans la bouche de sa racoleuse imagi-

paire ces irréfutables propos : « Ce qui vous choque, c'est la prostitution apparente... Ce qui m'étreint, moi, c'est la déchéance de la défaite sociale. Quand vous m*aurez contrainte à la cacher, en sera-t-elle moins douloureuse, et de quel bienfait croirez-vous a^^ ^^ doté Thumanité en l'éblouissant du vice heuri'^ *- la privant des salutaires réflexions que pou: ait suggérer l'autre? »

Enfin, n'oublions pas que la vraie guerre noble h la prostitution fut entreprise et continue d*ètre menée par des femmes. Guerre double : par rOEuvre qui relève ou qui préserve en même temps que par l'incessante affirmation du droit de la femme à disposer de son corps.

Elles ont des alliés très ardents ; elles en eurent dès la première heure. Mais à qui M. Yves Guyot croyait-il devoir l'hommage public de son livre ? A madame Joséphine Butler, « secrétaire général de la Fédération pour l'abolition de la prostitution officielle », qui, bien avant d'organiser cette Fédération, fondait à Liverpool des asiles pour les jeunes filles jetées à la rue par la misère. Et qui donc, chez nous, a créé « l'OEuvre des libérées de Saint-Lazare », dirigée aujourd'hui par madame Bogelot? L'ardente abolitionniste, mademoiselle Pauline de Grandpré.

Le Congrès de Genève, dont mesdames Butler et Venturi furent l'âme, avec MM. Stansfeld et Humbert, vota (1877) que « l'inscription d'office est une

atteinte à la liberté et au droit commun » ; que « la Tisite médicale obligatoire est un outrage à la femme »9 et que de « l'inégalité monstrueuse » ainsi établie entre les sexes, tout le résultat, par dérision, se trouve être ce développement du péril vénérien. Il faut, notait encore ce Congrès, ouvrir « à la femme tous les emplois industriels qui peuvent la soustraire, par le travail, à la misère et à la prostitution ». Il faut ne lui fermer a aucune branche d'instruction et d'éducation ». Il faut multiplier les « œuvres de secours », fonder partout des « Homes dont le système soit aussi peu que possible pénitentiaire » (1); etc.

Dans la Cité de nos songes d'avenir, songes scientifiques, ces Homes seront inconnus, étant inutiles ; mais dans le duel présent des sexes, où l'homme a toutes les forces sociales au service de sa force, nul moyen de réaction n'est à dédaigner pour la victime, l'esclave.

Il me resterait à dire quelques mots de « la femme seule », qui ne se prostitue point; des vieilles filles dont les parents sont morts, ou qui luttent pour la vie loin d'eux ; des veuves...

p) Voir le texte complet des résolutions votées en ce Congrès mémorable, dans le livre de M. Yves Guyot : La Protti' tution»

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