‹ Hurons et Iroquois [microforme]Chapitre 12 sur 30 · CT PHURONS ET IROQUOIS · texte numérisé non relu

CT PHURONS ET IROQUOIS

Comme pour défier Dieu, Kerkt fit faire à ce malheureux de magnifiques funérailles auxquelles assistèrent tous ses soldats ; mais la vengeance de Dieu sembla poursuivre le coupable jusque dans la tombe. Les sauvages furent son instrument. [ndignés de la conduite de ce traître envers le P. de Brébeuf, ils sortirent de terre son cadavre aussitôt après le départ des Anglais, et pour accomplir sans le savoir les imprécations du blasphémateur, ils le suspendirent aux arbres de la forêt, et peu après le jetèrent aux chiens, comme une pâture immonde.

Les Missionnaires, ramenés par les vaisseaux anglais, furent déposés à Calais à la fin d'octobre 1629. Les Jésuites recurent sans tarder leur destination pour différents colléges. Le P. Masse reprit son ancien poste de ministre à la Flèche. Le P. de Noûe alla à Bourges. Quant au P. de Brébeuf, il rentra au collége de Rouen, théâtre de ses premiers travaux. [Il les reprit avec un nouveau zèle grandi par les années et les épreuves. La ville “les environs en recueillirent pendant deux ans les fruits abondants.

C’est alors que dans cette ville, qui avait été le berceau de sa vie religieuse, et où il avait pris ses premiers engagements sacrés, il lui fut accordé de se lier au service du Seigneur par de nouveaux serments qui ne furent pas plus sacrés, mais plus solennels que les premiers. Nous voulons parler

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06 LE P, DE BRÉBEUR. 73 miss des derniers vœux qui se font dans la Compagnie ce de de Jésus, alors que l’homme ainsi que le religieux, dang | mûri par l’âge et par l’expérience de la vie, est à lie même d’accepter plus librement et de connaître > de Ë plus complét nent les devoir£ et le bienfait de sa ssitôt vocation.

gatis è Le P. de Brébeuf prononca les vœux de Coadjuils le é teur spirituel le 30 janvier 1630, dans la chapelle après ë du collége, entre les mains du P. J. Bertrix, alors im- Ê recteur.

ï Pendant la retraite qui prénara le P. de Brébeuf eaux à cet acte solennel, Dieu prodigua ses bénédictions d’oc- | à son serviteur. Fidèle aux conseils de saint Ignace, nt il notait dans un petit journal les lumières et les ne bons mouvements que lui envoyait le Ciel. Nous Le n'en possédons malheureusement que de courts

Bré l fragments. En voici un qui témoigne de la haute | vertu où s'était élevé le serviteur de Dieu.

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« J'ai senti, écrit-il, un vif désir de souffuir veau | : Fi Il « quelque chose pour Jésus-Christ. J'ai craint ville À :

« d’être réprouvé , parce que Notre-Seigneur ans re ue « m'avait traité jusqu'à présent avec tant de douél « ceur, en pensant surtout que j'avais grièvement e , ° Q Q 4 22 F4 « offensé sa divine Majesté. J'aurai confiance dans S ses « mon salut, quand Dieu me donnera des occasions é de ie « de souffrir.

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à « Ayant cnsidéré mes péchés si graves et si ous Mic M « nombreux, j'ai cru voir de l’autre la divine mirler

« séricorde me tendant les bras pour m embrasser

e avec bonté, me pardonnant par armistice tous « mes péchés passés, enfin m'’invitant à lier avec « lui une étroite amitié, et me disant comme au- « trefois à Paul : tu seras pour moi un vase d'élec- « tion et tu porteras mon nom aux nations.

« Alors j’ai remercié Dieu ; je me suis offert et « j'ai dit : faites-moi, Seigneur, un homme selon « votre cœur. Enseignez-moi ce que vous voulez « que je fasse, Rien maintenant ne me séparera « de votre amour, ni la nudité, ni le glaive, ni la « mort, etc.

« Faut-il que moi, membre de votre sainte « Compagnie, moi destiné à être votre apôtre du « Canada si j'avais été fidèle, moi à qui vous avez « donné non le don des langues, mais une très- « grande facilité pour les apprendre, j'aie pris si « peu de soin de moi-même!

« Je n'ai trouvé en moi aucune affection pour « quelque péché véniel, de manière à le com- « mettre avec plaisir.

« J'ai prié Dieu de ne pas me couper comme un « arbre inutile, mais de m'’accorder encore cette « année, et j'ai promis de porter de meilleurs « fruits. »

Le désir de s'unir toujours de plus en plus à Dieu, occupait surtout ce noble cœur. Nous le trouvons formulé dans les notes de sa retraite de l’année suivante, sous la date du 12 mai 1631. C’est une admirable protestation de fidélité par la-

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quelle il s'engage à ne plus servir jamais que celui qui l'appelle, et pour donner à ce témoignage comme un éaractère d'amour plus sacré, il voulut l'écrire et le signer avec son sang. La voici traduite du latin :

« Seigneur Jésus, mon Rédempteur! vous « m'avez racheté par votre sang et votre mort « très-précieuse. C'est pourquoi je vous promets « de vous servir toute ma vie dans la Compagnie « de Jésus, et de ne jamais servir aucun autre que « vous. Je signe cette promesse de mon sang, dis- « posé à vous le sacrifier tout entier, aussi volon- « tiers que cette goutte.

« JEAN DE BRÉBEUF, Soc. J, »

Promesses sacrées, qu'il ne violera jamais; arrhes sanglantes, gages du martyre que Dieu lui réserve dans l’avenir. Pressentait-il dès lors la faveur que Dieu devait lui accorder un jour ? Nous ne le savons pas, mais ce qui est sûr, c’est que toutes ses pensées, tous ses vœux se portaient vers ces missions sauvages. Il communiquait cette pieuse ardeur à ceux qui l’entouraient, et les jeunes religieux surtout brülaient du désir de partager un jour ses travaux.

Ce feu sacré trouva un nouvel aliment dans la présence du P. Charles Lalemant à Rouen. Après ses tentatives infructueuses pour aller au secours de la mission du Canada, et les deux naufrages dont il faillit être victime, il avait été chargé de

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