‹ Hurons et Iroquois [microforme]Chapitre 22 sur 30 · AURONS ET IROQUOIS · texte numérisé non relu

AURONS ET IROQUOIS

très-dévoués et très-influents. Il 4onna à la nouvelle résidence le nom de Saint-Joseph, retiré à Jhonatiria.

Il se présenta hardiment à la première assemblée des capitaines, et leur fit part de sa résolution. Non-seulement elle fut accueillie favorablement, mais on lui promit une cabane. La cabane du brave Etienne Totiri, qui devait plus tard être le compagnon de captivité et de souffrances du P. Jogues, en tint d’abord lieu. C’est chez lui que le 25 juin, la divineVictime fut offerte pour la première fois.

La semence évangélique produisit de suite des fruits. Dès cette année, cette Église naissante put compter de fervents néophytes. Ils voulurent même devenir apôtres. On en voyait plusieurs précher eux-mêmes la foi à leurs compatriotes, et partager les travaux et le zèle des Missionnaires.

Ce furent cependant des étrangers qui devinrent les prémices de ces succès. Il y avait alors dans ce village plusieurs prisonniers Iroquois, destinés à passer par les horreurs du supplice. Les Missionnaires voulurent commencer ñar eux leur ministère, et Dieu eut cette offrarde pour agréable. Sa grâce disposa le cœur de onze d’entre eux, et il leux ouvrit par le baptême son Paradis.

La fondation de la résidence de Teanaustayae fut le dernier acte important de l’administration du P. de Brébeuf, Le P,. Jérôme Lalemant qui

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venait d'arriver aux Hurons, le remplaca comme supérieur le 26 août 1638. Pour lui il fut nommé Père spirituel de la communauté, mais sans cesser d’être l’homme important de la mission. Il l’avait commencée avec deux de ses frères. Aujourd'hui elle comptait neuf missionnaires, les Pères de Brébeuf, Le Mercier, Chastelain, Garnier, Jogues, Ragueneau, Fr. Dupéron, Le Moyne et enfin le R. P. J. Lalemant qui venait gouverner cette héroïque phalange. Chacun d’eux avait reçu son nom huron, sous lequel il était connu des sauvages. C'est leur usage pour éviter des difficultés de prononciation, ou pour rappeler soit une belle qualité, soit un événement mémorable.

Le P. Lalemant distribua les missionnaires en deux bandes, cinq restèrent à Ossossane, et quatre furent fixés à Teanaustayae avec le P. de Brébeuf à leur tête. Celui-ci desservait en même temps les deux villages voisins, Saint-Michel et Saint- Ignace.

Le P. Lalemant eut l’heureuse idée de faire vers cette époque le dénombrement du pays des Hurons, et d'en dresser la carte. Le moment de l’automne était favorable. Tous les sauvages rentrent alors dans leurs foyers. Envoyés deux à deux, les Missionnaires parcoururent tout le pays en comptant les villages et leurs habitants, et en faisant la topographie des lieux. A leur retour on réunit tous ces documents, et il en résulta que le pays des Hurons

comprenait alors trente-deux villages et comptait environ douze mille habitants. C'était à peine le tiers du nombre que les Français avaient trouvé quarante ans auparavant, lorsqu'ils avaient mis le pied dans ces contrées; mais les guerres continuelles et sanglantes, et les épidémies meurtrières dont nous avons dit quelque chose, avaient décimé la population. Quant aux observations géographiques elles servirent à former une carte (1) qui malheureusement n'est pas arrivée jusqu’à nous. Les principaux villages reçurent en même temps des noms de Saint, pour leur donner un protecteur dans le Ciel, et les préparer ainsi à recevoir avec les lumières de l'Évangile les terribles épreuves qui devaient fondre sur eux.

Cependant après l'essai de fondation des deux résidences d’Ossossane et de Teanaustayae, les Missionnaires s’aperçurent bientôt que cette division ne répondait pas à leurs espérances ni à leurs besoins. Ils songèrent en 1639 à former une seule résidence, mais isolée des villages sauvages, et dans une position centrale et complétement indépendante. [ls seraient là à l'abri des importunités des sauvages; ils pourraient plus facilement se

(1) Cette carte a peut-être servi à celle qui porte la date de 1660, et qui fut dressée pour l'ouvrage du P. Ducrcüx, (Historia canadentis). Quoique tracée sans échelle et avec de grandes altérations dans les noms, elle est précieuse pour reconnaître la position relative des principaux villages.

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concerter sur les mesures à prendre. Ceux dont les forces auraient trahi le courage, y trouveraient un lieu de repos, et ceux qui voulaient se retremper dans la retraite une tranquille solitude.

Le cardinal Richelieu ne se contenta pas d’açlaudir à cette résolution, il l’appuya très-efficacement par une somme considérable destinée à faire de cette résidence un poste fortifié, à l'abri des invasions fréquentes et imprévues des Lro: quois.

Il existait au nord-est de la presqu'îie huronn?, sur les bords de la rivière Wye, un terrain soiilaire que sa position rendait très-propre au plan projeté. Un vaste enclos rectangulaire fut tracé et garni de pieux serrés qui lui servaient de première défense. Ils protégeaient quelques champs cultivés et le lieu de sépulture des chrétiens. Des croix avaient été plantées aux quatre angles.

Au centre s’élevait un fort bastionné qui coinprenait la résidence des Missionnaires, celle des Français et la chapelle. Le tout reçut le nom dc Résidence Sainte-Marie.

Les ruines de cette construction française se voient toujours au milieu de la forêt. Nous en avons levé les plans en 1859. La partie régulière du fort bâtie en pierre s'élève encore à 1",50 audessus du sol. Les fossés qui conduisaient à la rivière et qui servaient comme de port aux canots sauvages, sont faciles à reconnaître. Le vas'e

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