HORON: ET IROQUOIS
redan qu'on voit au £ 1d, a aussi des traces d’un parapet en terre le lo: g du fossé. Mais la maison d'habitation dans l'enceinte du fort devait être en bois, et laisse à peine quelques ruines de sa cheminée.
Cette résidence venait à peine de se former qu'un nouvel orage éclata tout à coup contre les Missionnaires. Voici comment il se forma. Quelques Hurons, revenant de Québec à la fin de l'été, s'étaient arrêtés sur leur route au milieu d’une troupe d’Algonqui. parmi lesquels régnait la petite vérole. Un d'eux la prit, et à peine arrivé au village de Sainte-Anne, à quatre kilomètres de Sainte-Marie, il y mourut; mais le mal ne disparut pas avec lui. Il frappa tour à tour tous ses parents, qui succombèrent. En vain les Missionnaires conseillèrent-ils aux sauvages d'isoler la maladie afin de circonscrire le mal et d'arrêter ses progrès. Ceux-ci n'en tinrent aucun compte; en sorte que gagnant de proche en proche le mal envahit tout le village, s’étendit aux villages voisins, et bientôt tout le pays devint sa proie.
N'ayant pu arrêter le fléau par leurs avis, les Missionnaires cherchèrent à le conjurer par leurs soins. Ils se multiplièrent auprès des victimes. Aucune, si rebutante qu’elle fût, ne les découragea : mais de la part des sauvages les précautions les plus élementaires ne secondant pas ce zèle, le grand nombre des malades succombait,
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Les conseils des Missionnaires avaient été : -‘etés, leur dévouement faillit les perdre. « Le mal, « disait-on, est sorti du village voisin du leur: ils « sont donc les auteurs du fléau. Ils vont partout « sans être jamais atteints eux-mêmes. Ce qui « nous frappe les respecte. A coup sûr ils portent « la maladie avec eux, et la répandent partout où
« ils passent : il faut les massacrer. » Ge fut le cri général. °
À ce cri succéda la menace, secrète d’abord, mais bientôt ouverte. On ne s'en tint pas là: on en vint aux coups. « Des sauvages, écrit le P. J. La- « lemant, sont entrés dans nos cabanes la hache à « la main, comme pour frapper quelqu'un. Ils ont « abattu les croix qui les dominent. Ils ont attendu « les Missionnaires sur les chemins, pour les tuer « sans être vus. Quelques-uns ont arraché de nos « mains le crucifix que nous portions dans nos « visites aux malades, et ont frappé à coups de « bâton ceux qui voulaient conférer le baptême. « Cependant notre sang et nos vies n'ont pas en- « core été répandus pour celui à qui nous devons « tout. » Belle parole qui, dans sa simplicité, témoigne hautement du calme intrépide et du zèle ardent de ces généreux apôtres.
Le P. de Brébeut eut sa grande part dans c nouveaux assauts de l'enfer. Il était avec le P. Ch telain à Teanaustayae, où la persécution fut encore plus violente qu'ailleurs. Il vit voler les pierres