PS EN
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qui vous sont voisins, occupent vos côtés. De reculer en arrière, vous rencontres cette muraille de neige ou ces écorces qui vous bornent; de s'étendre, la place est si étroite que les jam-
« bes seraient à moitié dans le feu. Je dirai néan-
moins que le froid et le chaud n'ont rien d'intolérable; mais pour la fumée, je vous confesse que c’est un martyre. Elle me faisait pleurer nécessairement sans que j'eusse ni douleur, ni tristesse dans le cœur. Il fallait parfois mettre la bouche contre terre pour pouvoir respirer. J'ai cru, plusieurs fois, que j'allais être aveugle: les yeux me cuisaient comme le feu.
« Pour les chiens, je ne sais si je les dois blâmer, car ils m'ont rendu souvent de bons services. Ne pouvant subsister à l'air, hors de la cabane, ils se venaient coucher tantôt sur mes épaules et tantôt sur mes pieds. Étant affamés, ils ne faisaient qu'aller et venir, rôdant partout dans la cabane. [ls nous passaient et sur la face et sur
« le ventre, et si souvent et avec une telle impor-
tunité, qu'étant las de crier et de les chasser, je me couvrais queluefois le visage, puis je leur dounais liberté de passer où ils voudraient, Pendant que nous mangions, is portaient le nez daus ,9s Luelles, plus tôt que nous n'y portions la mu 1,
« La uourriture Le *aait l’occasion d'un autre geure de tou: ment, & id la chasse était So ne,
la pâture était abondante; mais le sauvage n’a ras la prévoyance du lendemain, Il mange elontontement et sans ménagement, tant qu'il lu: reste uu morceau, comme s'il ne pouvait pas y avoir pour lui de jours mauvais. Et quel sujet de moititication dans la manière dont s’apprèaient :es aliments! Passant par des mains qui ne sont jamais lavées, et dans des vases dont le cuivre n'était pas aussi épais que la saleté, elle ne devenait appétissanie pour un Européen que grâce au besoin impérieux de la faim.
« Lorsque le temps ne permettait pas de sortir, ou que la chasse ne fournissait aucune subsistance, tout le monde était condamné à passer trois ou quatre jours de suite sans autre nourrilure que des bourgeons d'arbres , quelques écorces tendres, quelques morceaux de mousse connue des voyageurs modernes sous le nom ironique de tripes de roche, qu'on essayait de faire cuire.
« C'est alors, ajoute le P. LeJeune, que quand je pouvais avoir une peau d’'anguille pour une journée, je me ienuis pour avoir bien déjeuné, bien dîné et bien soupé. » (Relat. 1632.)
Jelle fut pendant cinq mois la vie que mena le
P. de Brébeuf. Déjà dure par elle-même, elle le devenait encore davantage par l'ignorance absolue de la langue, Il se trouvait souvent dans un
isolement complet. Quand il était avec ses hôtes,
> sauvage n’a . Il mange ent, tant qu'il e pouvait pas Et quel sujet dont s'apprèes mains qui vases dont le a saleté, elle uropéen que im.
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LE P. DE RPÉBEUF. 37
œeux-ci, insouciants par nature, restaient indiffépents aux efforts qu’il faisait pour tâcher de s'instruire, ou bien s’en amusaient et même s'en moquaient, Que de fois il eut à supporter les railleries des sauvages, qui triomphaient de voir que la Robe Noire ne comprenait pas ce qui leur paraissait si clair! Que de fois ses recherches grammaticales ou ses essais de prononciation provoquaient les mépris et les insultes de ces grands enfants de la nature, qui les trouvaient puérils et même insensés | Malgré ces difficultés et ces déboires, le P. de Brébeuf n'en poursuivait pas moins opiniâtrément son but, et il put bientôt se convaincre que le Ciel bénissait ses efforts. Il écoutait sans cesse. Il lui fallait souvent prendre presque au vol des mots rapidement lancés En avait-il saisi un? il en demandait le sens, et si l'indifférence ou la malice conspiraient pour le lui refuser, il cherchait à le deviner par un geste, par le jeu du visage, par les actes qu'il provoquait. Puis il classait dans un ordre régulier les mots ainsi conquis. Il finit par en composer un petit
vocabulaire qui l’aida puissamment à construire
‘les phrases les plus usuelles, Il arriva même bien-
tôt à découvrir quelques rouages de la langue, et
sinon à pénétrer, du moins à entrevoir le mécanisme secret qui les met en mouvement. Ainsi avant de voir terminer sa campagne laborieuse, il
pense © à
LR OF, 0
tion des sauvages, et à se faire un peu comprendre.
Cependant l'hiver qui touchait à son terme, amenait avec la fin de la chasse, rendue impossible par ia fonte des neiges, le moment du retour du missionnaire et des Algonquins. Incapables de pénétrer le secret de l'héroïsme chrétien et des sacrifices qu'il inspire, les sauvages n'avaient rien compris au courage, à la constance, au dévouement de leur hôte, et surtout à son ardeur pour l'étude. Ils n'avaient pu toutefois se défendre d’un sentiment d'estime etmêmed'affection psurl’'homme de la prière, qui, sans aucune recherche d'intérêt personnel, était venu partager leurs souffrances, leurs travaux et leurs dangers. Ils finirent même par l’admirer, mais ils n'étaient pas encore mûrs pour recevoir la bonne nouvelle, et le missionnaire ne possédait pas assez leur langue pour la leur expliquer. Le P. de Brébeuf arriva à Québec le 27 mai 1626, mercredi de la Semaine-Sainte.
L'homme de Dieu trouva ses frères établis depuis deux jours seulement, da s leur nouelle
demeure quils avaient achevés jetrlaut son absence. La maison n'était as & and 3; elle ue
m'suralt ju» neufinètres de lonsueur sur treizs de largeur. O1 y avait nénag une petite chapelle dédiée à N.-D. des Aug s, à l'occasion da tabl au qui la décorait, et q1i représentait la satute Vierge saluce par les chœurs des Auges. Ce uo0,u fran
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% | ehit l'enceinte sacrée, et s’étendit bientôt à tout le . terrain concédé aux Jésuites; après deux siècles . et demi, il le porte encore.
Le voyage que venait de faire le P. de Brébeuf
: avec les Algonquins, n'était qu'une préparation et - comme un essai de la vie qui l'attendait. Le
P. Lalemant pensait toujours à lui confier la mission huronne, quand ïil serait possible de la reprendre. C’est pourquoi, sans négliger la langue algonquine, dont les premiers éléments lui avaient coûté si cher, le P. de Brébeuf voulut se tenir prât à toutes les éventualités, et il profita de la présence de quelques Hurons restés pendant l'hiver à Québec, pour se faire initier à leur langue. Il passait presque tout son temps au milieu d'eux, et grâce à sa facilité et à ses efforts persévérants, son travail fut couronné de succès. [1 obtenait en même temps un précieux résultat. Les témoignages d’intérêt et d'affection qu'il prodiguait aux sauvages, lui gagnèrent si bien leurs cœurs, qu’ils en firent à leur retour le plus grand éloge à leurs compatriotes. Ainsi préludait-il à son apostolat chez les Hurons, où nous allons enfin le voir.
Pendant que le P. de Brébeuf se préparait à partir au premier signal pour les Hurons, la Providence lui amena de nouveaux fréres, renfort précieux qui devait encore hâter l’heure de son départ. C'étaient les Pères Noirot et De Noûe, et le frère Gaufreste.
40 URONS ET IROQUOIS.
L'activité du P. Noirot était connue depuis longtemps. S'il n'avait pas encore vu se réaliser ses désirs d’être envoyé dans la mission du Canada, il avait poussé à son établissement et travaillé à pourvoir à ses premiers besoins. Il lui apportait un nouveau secours. Le petit bâtiment de soixante tonneaux nommé l’Allouette qu’il montait, avait été trêté par ses soins. Il l’avait chargé de provisions de toute nature, et ce qui était plus précieux encore, il s'était fait accompagner par vingt ouvriers qu'il avait loués et qui devaient être employés aux travaux domestiques, et surtout à la culture des terres, afin de fournir à l’entretien des missionnaires, et de les rendre indépendants des agents du commerce,
‘ Le P. de Noûe était déjà avancé en âge quand il entra en religion. Sa jeunesse s'était passée à la Cour, à la suite d’un gentilhomme. Les assauts qu’eut à y soutenir sa vertu, montrèrent de quoi est capable un cœur solidement vertueux. Il trouva ce qu’il cherchait dans la religion, le moyen de s’ensevelir dans l'humilité qui rivalisait en lui avec l'obéissance et la charité ; ses dix-huit années de mission furent couronnées par un nouveau genre de martyre. 11 mourut gelé sur les bords du Saint-Laurent, le 2 février 1646.
Le bâtiment, qui portait les Jésuites, marchait de compagnie avec la Catherine, montée par Champlain et le P. Le Garon, Récollet. Ils avaient plaidé
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de nouveau à la Cour la cause politique et relipieuse de la colonie. Les embarras dans lesquels se trouvait alors engagé le gouvernement, nuifirent au succès de leur démarche ; ils apportaient ‘du moins les sympathies et quelques secours de la mère- patrie.
, Rien ne pouvait être plus providentiel. La co- Jonie était aux abois. Loin de favoriser la culture, ‘pour demander des ressources au sol, les agents ‘du commerce l’entravaient par tous les moyens. «Is craignaient trop de manquer de bras pour leurs négociations avec les sauvages. Leur dépôt de provisions, toujours très-limité, était à la veille d’être
épuisé. Il ne restait plus qu’un peu de farine qu’on
«réservait pour les malades. Les autres n'avaient f L «qu'un peu de blé d'Inde que leur vendaient les sau-
…vages. Plusieurs colons épuisés ou découragés
parlaient hautement de quitter le Canada, pour retourner en France.
… L'arrivée de Champlain et des missionnaires, le .14 juillet 1626, releva tous les courages, et ranima “les espérances. On avait de quoi vivre au moins -zour un an. Aussi tout changea bientôt de face. : Les Jésuites mirent une telle activité dans l’empli de leurs ouvriers pour achever leur résidence “et défricher quelques champs, et le travail <e fit “avec tant d'ordre et de rapidité, que Champlain, “qui les visitait souvent, ne put retenir son admiration, et leur donna ce précieux lémoigiage à
dv qe ”
BURONS ET IROQUOIS.
« Plût à Dieu que depuis vingt-trois ou vingt. « quatre ans, les sociétés eussent été aussi unies « et poussées du même désir ! Il y aurait mainte- « nant plusieurs habitations et ménages au pays, « qui n'auraient pas été dans les appréhensions et « les transes qu’elles ont vues. »
Celui qui eut la plus large part à la joie com. œmune fut encore le P. de Brébeuf, qui trouvait dans le retour de Champlain et l’arrivée de nou: veaux missionnaires, une chance de plus de voir se réaliser ses désirs. Il nese trompait pas. Champlain prit immédiatement la chose à cœur, car le temp: pressait. La flotille des Hurons déjà descendue, pour leurs échanges, au cap de la Victoire, ne pour vait pas tarder à se remettre en route. Manque cette occasion, c'était reculer l'expédition d'une année. On fit partir les missionnaires pour re: joindre les sauvages, et essayer de trouver plat dans leurs canots. Au P. de Brébeuf et au P. de hi Rocle d’Aillon, on avait joint un autre mission: paire, le P. de Noûüe, un des nouveaux venus.
Ils furent accueillis avec joie par les sauvages qui étaient fiers de voir les Français recherche leur alliance et demander à demeurer au miliei d'eux. Déjà des agents de la compagnie des mar chands, avaient trouvé place dans les canot Comme toujours, les intérêts matériels qu'ils met taient en jeu leur rendaient les esprits favorables taudis que le trafic tout céleste auquel se livraiei
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uquel 8e livraiel
les hommes apostoliques, n'offrait aucun attrait * sensible à ces grossiers habitants des forêts. La
vertu, qui a toujours son langage éloquent, la
1 charité surtout, et avant tout la divine influence “de la grâce du Ciel, pouvaient seules faire triom-
pher leur cause. Il y eut en effet quelques oppositions au moment du départ; on parvint à en triompher avec des présents. Elles donnèrent lieu à un incident, qui eut son côté plaisant, mais qui faillit devenir fatal au P. de Brébeuf,
Il était de haute taille et très-puissant de corps. “Sa présence dans les canots légers des sauvages, et ‘pour ce long voyage de près de huit cents kilo- Imètres, en remontant des cours d’eau très rapides et sur des lacs très-dangereux, pouvait être un surcroît d'embarras et de difficultés. Après l'avoir examiné de tous côtés, le chef du canot qui lui était assigné, fut effrayé: « Tu es trop lourd, lui dit-il ; tu nous feras chavirer, » et il refusait de le prendre, mais la cupidité et la gourmandise furen plus fortes que la crainte du naufrage. Quelques présents calmèrent ses frayeurs, et le P. de Brébeuf put trouver sa place dans l’étroit esquif. Comme ses frères, il allait en payer durement le prix par de rudes fatigues et des sacrifices de tous genres. Mais, grâce à l'esprit de zèle qui les an ait, rien ne coûtait à ces cœurs généreux.
$ Le nombreux convoi, formé de tant d'éléments
divers, se mit enfin en route. Il quitta le Saint-
Laurent, au nord del’île de Montréal, pour s’engæ ger dans la rivière appelée Des prairies, du nom d'un Français de Saint-Malo qui s’égara dans ce cours d'eau, l’ayant pris pour le Saint-Laurent, C'était un bras de la rivière des Ottawas qui descend du nord, et qu’il fallait remonter pendant environ 350 kilomètres pour se rapprocher du pays des Hurons.
Comme toutes les rivières du Canada, celle-ci traversait de vastes solitudes couvertes de forêts séculaires, et abondait en sites variés et en tableaux grandioses et pittoresques. Son lit s'élargit quelquelois et forme de vastes lacs ; ailleurs il est semé ü iles fertiles. Ses eaux sont souvent calmes et tranquilles, souvent elles coulent avec violence sur un plan très-incliné ; c'est ce qu’on appelle un rapide.
Les deux plus curieux spectacles que rencontrèrent les voyageurs sur leur route, furent la chute du rideau et le saut de la chaudière. La première est formée par une petite rivière qui. tombe dans l’Otiiwa d'une hauteur verticale de plus de vingt mètres. La rive formée de rochers escarpés a une arête vive à son sommet, et la nappe d’eau qui en descend, ressemble à un grand et magnifique rideau aux plis onduleux et variés, qui baigne sa frange argentée dans les eaux de la grande rivière. Cette ressemblance lui a valu son nom.
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LE D. DE RRIDEUF. 45 À quelques tuilles pius loin, près de la cité actuelle d'Ottawa, capitale de la confédération du Canada, un spectacle bien plus imposant vient frapper les regards, et s'annonce au loin par le ‘bruit terrible des eaux de l’Ottawa. C'est la rivière entière qui, resserrée tout à coup entre deux rochers élevés, se précipite d’une hauteur de treize mètres avec une extrême violence dans le gouffre profond qu'elle a creusé. Comme ce bassin a uns forme demi-circulaire, les sauvages appelaient cette chute asticoz, et les Français chute des chau- ‘dières.
Ce lieu était redouté avec raison par les sauvages, car les accidents n’y étaient pas rares. Les malheureux voyageurs qui ne prenaient pas de loin leurs précautions en descendant, étaient entraînés par le courant, et se trouvaient bientôt dans l'impossibilité de lui résister. Ils étaient infailliblement précipités dans l'abime. L’imagination grossière de ces enfants des forêts avait attaché à ce lieu une idée superstitieuse. Ils croyaient à la présence d’un génie mystérieux, qui demandait des sacrifices aux passants, sous peine de se venger de l'oubli où on le laissait. Pour gagner les bonnes grâces, les sauvages ne manquaient jamais de se livrer à quelques pratiques idol4triques. Ils se réunissaient en cercle sur le rivage,
ét un des chefs, tenant à la main un plat d’écorce,
Fecueillait las offrandes qui consistaient ordinaire=
16 HURONS ET IROQUOIS, ment en un morceau de tabac. Puis le plat étant placé au milieu de l’assemblée, on commençait les danses et les chants, qui étaient suivis par les récits légendaires toujours nombreux et éloquents chez les sauvages. Ils racontent l’histoire du uouffre et des nombreuses victimes qu'il a dévorées, puis les dangers auxquels tant de voyageurs ont été exposés, et combien d’entre eux ont dû leur salut aux sacrifices offerts au génie du lieu. Le plus ancien des chefs prend ensuite le plat, s'approche du précipice, et jette les offrandes dans l’abîime, au milieu des cris de joie de toute la troupe.
” Témoins de ces cérémonies superstitieuses, les Missionnaires ne pouvaient que gémir et prier Dieu de hâter le moment où il leur serait donné d’arracher ces pauvres aveugles à l'idolâtrie, pour leur apprendre à connaître et à honorer le vrai Maître de la vie. En attendant, ils étudiaient avec soin leurs mœurs et leurs usages, pour les bien con- \ naître, et s’ils le pouvaient, les réformer un jour. Cependant le voyage avançait, mais au prix de bien pénibles fatigues. Elles étaient moins épargnées au P. de Brébeuf qu'à ses frères, parce qu'il paraissait plus fort et plus robuste. Ses grossiers conducteurs ne comprenaient pas qu'avec une pareille apparence de vigueur, il pût être exempt de partager leur travail. On lui mettait la pagaie à la main, et on le forçait à nager pendant des jour-
s le plat étant )mmençait les vis par les réet éloquents l'histoire du qu'il a dévode voyageurs ux ont dû leur je du lieu. Le » le plat, s'apffrandes dans e de toute la
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nées entières. Il ne lui restait souvent d'autre moment pour dire son bréviaire, que le soir à la lueur du foyer, lorsqu'on campait sur la rive.
Mais le travail le plus pénible consistait à faire portage, c’est-à-dire à transporter sur les épaules au delà des obstacles que l’on rencontrait dans la rivière, les bagages, les marchandises, et jusqu'au canot lui-même. On en comptait trente-cinq sur la route des Hurons. « Nous avons eu quelquefois, « écrit le P. de Brébeuf, quatre trajets semblables « à faire par jour, chargés au-dessus de nos forces, « et de telle sorte que nous n’en pouvions plus, « mais Dieu, ajoute-t-il, nous faisait goûter alors « les consolations du Paradis, »
A la hauteur du lac Nipissing les voyageurs quittèrent le bassin de l’Ottawa, pour gagner ce lac qu'ils ne firent que traverser, et ils descendirent par la rivière des Français dans le lac huron. Ce lac que les sauvages nommaient Karegrondi, avait recu de Champlain le nom de Mer douce (1). Il porte même dans quelques cartes le
nom de Lac d'Orléans, mais celui qu'il doit à la nation huronne, qui habitait sur sa rive orientale, a prévalu.
La flottille aborda bientôt au sol huron, et les
. Missionnaires eurent enfin la consolation d'arriver
+ (1) Ce lac a près de deux cents kilomètres de long, sur deux cent quarante daus sa plus grande largeur. Sa profondeur est de soixante mètres,