LE SN ENTRE RARES
à cette terre objet de tant de désirs, qui sera le théâtre de leurs travaux et qu'ils arroseront de leur sang. Les Anges tutélaires de ces lieux duren bénir leur venue e& tressaillir de joie, tandis que les démons, qui y régnaient en maîtres depuis tant de siècles, frémissaient de rage et ourdissaient déjà leurs plans pour arrêter la marche de l'Évangile.
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Le pays des Hurons.— Isolement du P.de Brébeuf. — Stérilité apparente de son sèle.
Les Hurons habitaient une vaste presqu'ile, baignée au nord par la baie Georgienne, à l'ouest par la baie de Nottawassaga, et à l’est par le lac Simoæ. Champlain trouva sa lattitude de 45 3° ; sa longitude resta plus longtemps incertaine, cependant à l’aide de l’éclipse de lune du 14 avril 1642, le P. J. Lalenian fixa à 5° 3° 3°” la distance horaire de Paris, c'est-à-dire entre le 82° 30° et le 83° de Jongitude ouest. Il se trompait de quelques mihutes.
Le pays des Hurons ne mesurait que quarante ou soixante kilomètres dans sa longueur,ett rentedeux dans sa largeur. Malgré son peu d’étendue, il répondait aux besoins de ce peuple occupé surtout de guerre, de commerce et de chasse. Les baies qui découpaient ses côtes étaient nombreuses et sûres, les eaux qui les baignaient très-poissonneuses, et ses forêts riches en gibier.
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Les Hurons, nous dit le P. J, Lalemant, devalent leur nom à la singularité de leurs chevelures. Elles n'étaient cependant pas uniformes. Les uns se rasaient la tête de manière à ne conserver qu'une touffe de cheveux au somme 'autres ne laissaient intacte que la partie qui couvre les oreilles. Le plus grand nombre se ménageaient une bande de cheveux large de trois doigts depuis le front jusqu'à la nuque, et ils la tenaient relevée avec soin en l'imprégnant de graisse. La première is que les Français les virent, ils s’écrièrent : « oh! quelle hure! » et le nom leur resta.
Le P. Sagard, Récollet, dans son Voyage des Hurons, fait une peinture plus pittoresque rncore de la cheveture et de la toilette des Hurons Les: « jeunes gens eux-mêmes, dit-il, sont aussi cu- « rieux de s’embellir et farder que des filles. 11: « huilentleurs cheveux, et y appliquent des plume: « et du duvet fort joliment. Au lieu de collet dc « fine toile, ils se font de petites fraises du mêmr « duvet, qu’ils mettent autour de leur cou, propre - « ment arrangé. Ii y en a qui pour braverie por- « tent de grandes peaux de serpent sur le front, en « guise de fronteaux (couronnes), qui leur pen- « dent par derrière une grande aulne de chaque « côté. »
Leurs villages étaiont au nombre de dix-huit, et contenaient une population qui s'élevait à cette époque à près de quarante mille âmes. Huit d'entre
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eux, les plus exposés aux attaques des ennemis, avaient pour défense une triple enceinte circulaire de pieux élevés. Le P. Sagard nous en a conservé cette curieuse description : « Quelques villages, dit, « il, sont fortifiés de longues pièces de bois à triple « rang, à la hauteur d'une longue pique, entre- « lacés les uns dans les autres, et redoublés en « dedans de grandes et grosses écorces de huit à « neuf pieds de haut. Par dessus, il y a des arbres « ébranchés, posés de leur long sur les troncs de- « bout, faits en fourchettes fort courtes pour les « Lenir en état. Puis au-dessus de ces palissades et « fermetures, il y a des galeries et guérites les- « quelles ils garnisseut de pierres en temps de
« guerre pour ruer sur l'ennemi, et d’eau pour
« éteindre le feu qu'il y peut appliquer. On y « monte par une échelle assez mal faconnée et dif- « ficile, faite d'une longue pièce de bois, char. « pentée de plusieurs coups de hache pour tenir « ferme du pied en montant. »
C'était tout ce qu'avait pu inventer l'imagination \ des sauvages pour les protéger.contre les ennemis. Nous verrons le P. de Brébeuf leur apprendr:
dans la suite à tracer des polygones avec des tours ou de petits bastions dans les angles, pour protégr les côtés.
Tel était le pays que venait évangéliser le P. de Brébeuf.
Pour contenter un plus grand nombre de sau-