L'ANARCHIE EN BOHÊME
Domiiution et mort de Jean de Zélir. — Ruptore des Taborîtei et des Praguois. ^ L'année sanglante de Zizka, sa mort. — Diviaion du parti taborite : les Orphelins. — Anarchie et ruine du pays. ^ Le parti démocratique infldâle à son principe.
Nieder, le célèbre théologien, dont les merveilleux snccès des Hussitea n'avaient pas ébranlé la foi, attribuait h une permission spéciale de Dieu les divisions qui séparaient les hérétiques ; une chose cependant le troublait : lorsque les fidèles, disait-il, préparaient une attaque, aussitôt les anciens ennemis, comme Hérode et Pllate, redevenaient amis {1). Le fait remarqué par Nieder a été signalé par la plupart des chroniqueurs. Le même dévouement b, une commune patrie, une haine implacable contre l'Allemagne, une ar^ dente passion pour l'honneur national réunissaient pour le combat les Utraquistes et les Taborîtes, les paysans et les nobles, les riches et les pauvres. Cette union avait fait la force et les victoires des Huasites. Môme cependant dans ces premières années de calme intérieur apparent, certains symptômes annonçaient clairement que cette paix n'était qu'une coalition. Le péril extérieur était le seul lien qui rattachât les unes aux autres des factions très hostiles ; dès qu'il s'éloigna, chacun reprit sa liberté d'action, suivit sa voie particulière; de lè^ des controverses, des violences, et
(1) Niwln, Ut. m, eh. iO.
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enfin la grueire civile. Aucun des deux partis ne réussit h écraser complètement ses adversaires et à se rendre absolument maître de la situation ; la majorité, Indécise, dépendait de quelques groupes mal définis, sans convictions bien arrêtées nî idées bien claires, sensibles surtout à leurs intérêts et qui, se portant tour fe tour à droite ou à. gauche, empêchèrent l'établissement de tout gouvernement solide. Cette instabilité, ces révolutions fréquentes, cette anarchie furent fatales à. la Bohême et au Hussitisme ; elles ruinèrent et affaiblirent la nation et usèrent danâ des luttes sans issue la force de la Révolution. On a dit, très justement, & ce point de vue, que les succès des premières annéëfe avaient été pour les Cèques un véritable malheur. Des défaites ou tout au moins des victoires moins décisives auraient sans doute amené le triomphe du parti le plus avancé et le plus résistant, qui seul était capable de faire produire au mouvement toutes les conséquences qu'on était en droit d'en attendre ; rassurés contre tout retour offensif de l'Allemagne. les Praguois n'eurent plus qu'une pensée, se débarrasser de l'alliance oppressive des Taborites; il y eut sans doute souvent encore des rapprochements momentanés, des coalitions dans un but déterminé, mais ce ne furent que des trêves d'une heure au milieu d'une guerre perpétuelle.
L'histoire se ressent naturellement de cette confusion et de ces discordes ; elle n'a plus ni le môme intérêt ni la même grandeur. En même temps, les chroniqueurs nous font presque absolument défaut ; Brezova s'arrête brusquement, comme s'il reculait devant le récit de ces combats sacrilèges où la victoire et la défaite remplissent l'&me de la même tristesse; les autres écrivains sont fort incomplets, peu précis, souvent incompréhensibles, et nous avancerions souvent au milieu d'une obscurité presque complète, sans les quelques documents diplomatiques, lettres, bulles, décrets, actes officiels de toute espèce qui ont échappé au temps et aux hommes. Avant d'essayer de retracer les principales phases des révolutions qui s'accomplissent et le caractère général des événements, il est nécesssaire de revenir en arrière et de reprendre l'histoire des agitations
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— 5»~ intérieures, que noua ont fait nég'Uger Is deuxième et la troisième croisades.
Lorsque la mort de Nicolas de Huss eut enlevé aux Bohèmes le seul chef qui fût à ta fois assez intelligent, assez influent et assez ambitieux pour soumettre tous les partis h son autorité, deux hommes avaient réussi du moins h retarder les conflits, le chef des Taborites, ^leka, et Jean de ^éliv, le prêtre Jean, qui dirig'eait la Commune de Prague. A quel parti se rattachait ce moine défroqué? Il est impossible de le dire avec certitude : il paraît avoir adopté le pro^amme taborite presque tout entier, et nous savons cependant que pendant qu'il gt]UTernait la capitale, plusieurs personnes accusées de nepascroire&Iatranssubstantiation furent arrêtées et brûlées. Ses amlB,ses partisans, protestent devant le bourreau, à l'heure de la mort, qu'ils «n'ont aucun doute au sujet du Corps et du Sang* de Notre-Seigneur Jésus-Christ » (1). Peutâtre se ralliait-il à cette fraction des Taborites qui appliquât au sacrement de l'Eucharistie le principe absolu de l'interprétation littérale de l'Écriture, et conservait sur ce point la doctrine catholique. Chose remarquable, que les deux chefs du parti avancé aient été l'un et l'autre en désaccord sur un des principaux dogmes avec ceux qu'ils commandaient (2). Jean était d'ailleurs, semble-t-il, beaucoup plus hardi que Zizka en matière de foi et s'éloignait beaucoup plus que lui des Calixtins. Il partageait la haine du chevalier de Trocnov contre la bourgeoisie allemande, mais, tandis que chez ^izka cette haine était surtout nationale, elle était plutôt sociale chez Jean. Comme les Taborites, le moine de .2'éliv avait lu dans l'Écriture la condamnation des privilèges, l'égalité des droits et des devoirs. Il n'y eut à Prague, semble-t-il, aucun essai d'organisation socialiste ou communiste, mais il y eut
(1) Script. Mr. Bohtmie., 111, p, 4S3.
(S) Halgrd le pawage «té plna huit et l'aDloriCé de H. PaliMkj, je n'oMrais capeadant pa* Bfftnnerqae Jmd crût h 1& IrBDUubRbtDliatioD. BrezoT& dit SQ parlant d«B coaieillera qui aT&i«Dt i\A nomméa mui boq iuflueiiee : ■ C«rtaii» d'antre eux, àea qu'on dit, ilaiant luapeeta d'hirési» picarda >, p. 480, «t Brezo*& ttait à êma d'ètra bien renaeigné ; il ut Trai qn'il est tria hoatila k Jean.
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un effort Tisible pour appeler à la propriété et à la richesse les classes déshéritées et ponr faire passer dans les mains des petites gens, des corporations, des ouvrière, l'administration que s'était toujours jusque-là réservée, sinon en droit, dumoins en fait, la haute bourgeoisie. La Vieille- Ville, où cette dernière était plus ancienne, plus riche et plus influente, n'accepta jamais sans résistance la domination de la plèbe et Jean ne vainquit son opposition qu'en fondant la Vieille et la Nouvelle- Ville, en concentrant tous les pouvoirs dans une grande assemblée générale où les ouvriers du Nové Hristo paralysaient l'action des commerçants et des rentiers du Staré Mesto. Courageux, sincère dana son dévouement & la révolution et dans son amour pour les pauvres et les opprimés, bien que sa politique ne fût pas toi^ours exempte d'ambition personnelle, éloquent et audacieux, il exerça une très grande autorité sans titre ni pouvoir défini ; on a comparé son action îi celle des tribuns du peuple à Rome ; il serait plus juste de le comparer aux orateurs des anciennes républiques grecques, véritables ministres dirigeante, dont la puissance, purement personnelle, sans limites précises et sans sanction légale, était aussi souveraine qu'instable.
Jean avait été le principal instigateur de la guerre contre Sigîsmond ; sa politique victorieuse h la suite des succès de 1420 et de 1431 le désignait h la faveur populaire; aussi les électionsde Prague au mois dejuillet 1421 donnèrent-elles la m^orité au parti du moine. « Tous les hommes sérieux et riches étaient confondus (1) >. Noble ville de Prague, écrivait un chroniqueur, ce n'était pas le petit peuple qui .te gouvernait autrefois. Maintenant les citoyens les plus connus par leur naissance, leurs richesses et leurs vertus, sont mis h mort ou exilés ; les tailleurs, les cordonniers, les ouvriers de toute espèce remplissent le conseil, on y trouve même des étrangers, des paysans venus on ne sait d'où (2). Jean avait été nonuué administrateur du clergé avec Jakoubek de Stribro, il avait la haute surveillance religieuse, remplaçait les curés timides ou incertains et assurait ainsi la domina-
(1) Brex., p. 480.
(!) HÔT., II, p. 8JS-318.
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tion de la fraction la plus ardente des Utraqùistes, tandis que les conseiUers fortifiaient leur position en distribuant à lenrs partisans les biens des prêtres et des émigrés. Il y avait cependant à Prague une très forte minorité hostile à Jean, et même au moment de sa plus grande puissance, lors des dernières élections, 11 n'aTait pu empêcher la nomination de quelques hommes du parti modéré. lia profitèrent de son absence, — il était alors ii l'armée, — pour faire décider qu'on enverrait des délég:ués à la diète de Cesk; Brod ; le choix de ces députés fut significatif, c'étaient Jean de Pribram et Procope de Plzen, les deux chefs de l'Utraquisme ultra-modéré (l). La diète, qui avait été convoquée d'abord à Cesky Brod et qui se réunit ensuite b Kutna Hora, avait pour objet de décider si l'on offrirait la couronne au roi de Pologne ; les modérés étaient très favorables h l'alliance polonaise tandis que Jean voyait avec une extrême défiance le rétablissement de la royauté. Il parvint & ressaisir la me^orité : Sigismond préparait une nouvelle expédition et les attaques étrauffères avaient toujours pour résultat de grouper la nation autour des chefs les plus hardis ; une ambassade que Witold avait envoyée k Prague fut fort mal accueillie, et le 14 octobre 1421, la majorité radicale accompUt un véritable coup d'état. Elle nomma capitaine général de Prague Jean Hvezda de Vicemilice qui reçut un pouvoir dictatorial : il avait le droit de changer et de remplacer les conseillera toutes les fois qu'il le jugerait nécessaire ; tous ceux qui résisteraient ou qui désobéiraient seraient chassés de la ville, jetés en prison ou condamnés à mort (2). Les modérés s'étaient rassemblés à Bethléem et demandaient, avant de reconntdtre le nouveau capitaine général, qu'il ne pût rien faire sans l'avis et l'approbation des conseillers régulièrement élus; ils furent fort étonnée de voir leur demande accueillie ; seulement, dans l'intervalle, Hvezda avait déposé cinq conseillers et les avait remplacés par cinq de ses partisans. Le lendemain, une exécution sommaire prouva à tous que les radicaux ne reculeraient devantaucun
(l)Brei.,p. 4M.
(S) Btm., p. «97.
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moyeD. Un des hommea qui avaient le plus contribué à obtenir dea Praguois qu'ils enverraient des ambassadeurs h Eutna Kora, était le seigneur Jean de Sadio. Accusé dans l'assemblée de la Commune avec une violence haineuse, il voulut se justifier en personne ; il était alors hors de la ville ; il demanda un sauf-conduit qui lui fut accordé sans difficulté, mais Éipeine était-il arrivé qu'il fut arrêté et exécuté sans forme de procès. Cette sentence inique, loin de produire sur les esprits l'impreasion de terreur qu'en avaient espéré les conseillers, ne fit qu'augmenter l'agitation et accroître les baînea. Les prêtres hostiles à Jean de ^élîv attaquèrent dans leurs sermons publics ou privés les conseillers qui avaient chargé leur ftme d'un si lourd péché. Rien ne démontre que Jean ait pris aucune part au meurtre de Sadlo et le silence de Brezova, son accusateur, semble même prouver son innocence, mais il avait certainement soutenu les^ommea qui avaient constituée Pragrue une dictature; il allait bientôt chèrement expier le crime d'avoir fait appel & la violence pour relever le parti démocratique. Les coups d'état ne fondent rien et les plus justes causes se perdent en ne reculant pas devant l'injustice et l'illég-alité.
Les modérés trouvèrent des alliés inattendus dans une fraction des radicaux : une partie des Taboritea s'étaient séparés de Jean dans la question polonaise et quelques conseillers de Prague s'étaient prononcés, comme Zizk&, pour l'élection de Witold. Ils furent assez influents pour remplacer Hvezda par un partisan déclaré de l'alliaDce lithuanienne, le seigneur Hasek Ostrovsky deWaldatein (février 1423), et des élections, faîtes bous la pression de Waldstein, donnèrent la majorité dans le conseil de la ville aux adversaires de Jean. Des poursuites furent aussitôt commencées contre les radicaux les plus compromis, ils furent chassés des biens et des maisons qu'ils avaient occupés, et les vainqueurs se partagèrent leurs dépouilles. Bfais tant que Jean vivait, un brusque revirement était toujours à craindre ; ses ennemis résolurent de se débarrasser de lui.
Le 9 mars (1422), ils l'appelèrent devant le conseil sous prétexte de s'entretenir avec lui dea affaires militaires, lui
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témoi e^^èrent une grande bienveillance, protestèrent de leur désîir d^ paix et de conciliation. Jean demanda la cessation des I>cn»isuite3 commencôea et la mise en liberté des individus iïx-i-^tés; l'oubli, une amnistie générale apaiseraient les esprits Pendant cette conférence, les conjurés avaient envoya chercher le bourreau et ses aides; dès qu'ils furent a-rn."^^^ , ilsfurent introduits dansla salle et on leur ordonna de 8Hk.ï^it> Jean et quelques-uns de ses amis. Le moine wnix>x-i-t aussitôt le gTiet-apens où il était tombé, et il accti^i^j^jt 1^ mort sans trouble et sans étonnement. Il deiaaxic3.ek Sa permission de se confesser, puis, quand il eut reçu j'aosoXxjation, il recommanda au prêtre qui l'avait assisté et qui ^"t^iitun de ses auxiliaires, ds ne pas trahir la vérité.
frère, lui dit-il, je ne sortirai pas vivant d'ici, mais
j'6»X*^ar-Cî qu'il ne te sera rien fait ; cher frère, si Dieu vient à
toi*- S'^cours, prie les prêtres de rester fidèles jusqu'à la
ï'*'^*^ ^ la foule, au pauvre peuple ». Il désigna ensuite les
Q.* ^I'*i©a amis entre lesquels il désirait que ses livres
fûSs^Xk-fc partagés, serra la main de son confesseur ; « Dieu te
f ^'^Sre, cher frère, lui dit-il encore, je te supplie du fond du
*^ ^-^ï Jirie Dieu pour moi. » Il se mit ensuite à parcourir
leïi-t^Urjg^^ la salle, les mains jointes, la tête baissée. Sans
^ **^'t«, il pensait à ce « pauvre peuple » qu'il avait tant aimé
^ ^^*iuel il donnait sa dernière parole, il voyait arrêtée la
ï *-*^tition qu'il avait rêvée, brisée l'œuvre d'affranchisse-
if^^ m qu'il avait entreprise ; peut- être aussi revoyait-il
\'Vïaag>e de Jean de Sadlo, dont le sang demandait du sang.
$*>!* courage ne faiblit pas un instant ; pas un instant, il
11 eut l'idée d'essayer d'attendrir ses juges. Ses compagnons,
\% Voyant aller et venir librement dans la salle, crurent qu'on
\Q TeUcherait, un d'eux le pria d'intercéder en leur faveur.
^1 lui fit signe de h; main :« Crois-tu que je sorte vivant d'ici?
je vous en prie, mes chers frères, repentons-nous de nos
péchés, nous irons ensemble i. Dieu, Notre Seigneur ». Us
se confessèrent ; quand ils eurent fini, ils l'appelèrent; il les
suivit sans un mot de colère ou de plainte. Il priait : « Notre
père qui es au ciel, je te remercie de mes souffrances. > Il
s'agenouilla devant le bourreau ; « Cher frère Jean, lui dit
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celui-ci, donne-moi tea mains que je les lie, je ne puis rien faire sans cela >. Il lui attacha les mains derrière le dos et lui trancha la tête et après lui, h ses neuf comparons (1). Ainsi périt un des hommes les plus remarquables de la révolution bohème. L'histoire qui offre de si nombreux exemples de morts coura^uses, n'en connaît ^ère de plus simple dans son héroïsme et de plus touchante. Le parti démocratique perdait dans le prêtre Jean un chef énergique et convaincu ; avec lui disparaissait l'espoir d'arriver pacifiquement au triomphe des idées radicales qui avaient fait la force et l'honneur de la révolution h son début, et de maintenir l'alliance des Utraquistes et des Taborites ; Pragxie redevint le centte des modérés : elle avait été jusqu'alors la capitale des Hussites, elle ne fut pins que la capitale des Galixtins.
Pendant que s'accomplissait le drame de l'Hôtel-de- Ville, une sourde figitation s'était répandue dans la ville; comme il arrive ordinairement, de va^es nouvelles circulaient ; la foule, anxieuse, pressentait une catastrophe, l'on sonnait déjà le tocsin h quelques égflises. Une bande se forma dans la Nouvelle- Ville st se dirig-ea vers le Staré Mesto. Elle se grossit en route de tous ceux qu'avaient attirés le bruit et le tocsin; les rues étaient garnies de soldats étrangers dont la vue irritait la fureur populaire. Hasek essaya de calmer la foule en lui assurant qu'il ne manquait rien au prgtre Jean, mais on demandait avoir le moine; Hasek se troubla, et effrayé de l'attitude hésitante doses soldats, monta à cheval et disparut; ses troupes le suivirent. Les partisans de Jean restaient maîtres delà ville. Ils avaient enfoncé les portes de l'Hôtel-de- Ville et découvert le cadavre du prêtre. « A cette vue, il s'éleva un tel cri, un tel bruit etde telles lamentations, que nul homme ne peut les dépeindre. » Quelqu'un prit la tète du moine, et la foule furieuse se répandit dans la ville après lui. Partout où il passait, les femmes, les enfants, éclataient en sang'lots ; un grand nombre d'hommes tombaient
(1) C« récit eit l'analjM du rapport fait par 1« prêtre qui asùita Jean i Ml dernien iuitanta. Il s été publié danl !«■ Script, rer. Bohem., ni| p. 480-S5.
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évanouis etprîvésde sentiment. Le lendemain, quand on ensevelit le supplicié, le prêtre Jacob prit pour texte de son sermon: Ils enterrèrent Etienne, un homme craignant Dieu, et à ces paroles, il s'éleva un immense cri de douleur; les sang-lots et les lamentations recommencèrent; beaucoup durent être entraînés hors de l'église, h demi-morts, d'autres perdirent la raison. La douleur de la foule se changea bientôten colère, et alors eurent lieu des scènes de désordre qui, pendantplusieura jours, remplirent Prague de terreur et de sang. Plusieurs conseillers furent massacrés, les maisons des modérés dévastées ; des bandits, comme il s'en mêle à toutes les émeutes, se ruèrent sur le quartier juif, le pillèrent et égorgèrent un certain nombre d'habitants. Il sembla ainsi un Instant que le meurtre de Jean n'aurait d'autre résultat que de fortifier à Prague le parti démocratique et les modérés, épouvantés, ne donnèrent pas signe de vie jusqu'au mois de mai (1422). Mais legroupe radical flottait sans programme et sans direction, les excès populaires rallièrent & l'opposition tous les indécis, et le 17 mai, Jérôme Srol et Jean Charwat, les deux conseillers les plus influents, furent déposés, et Korybut fut reconnu par la Commune.
Il gouverna d'abord sans opposition, les partis réparaient leurs forces et sa prudence, sa bonne volonté lui gagnaient peu k peu de nouveaux partisans. Lorsque cependant il dévoila son intention de gouverner avec la noblesse et de tenter une réconciliation avec Rome, les radicaux reprirent la lutte et, soutenus cette fols par les Taborites, essayèrent de reconquérir l'administration de la ville. Bohuslavde Schwamberk futrepoussé (octobre 1422); mais, quelques mois après, Korybut fut rappelé de Bohême. Les deux partis, radicaux et modérés, Utraquistes et Taborites, restaient en présence, livrés ^ leurs seules forces et libres pour quelque temps de tout souci étranger.
.Z'îska, lorsqu'il s'était rapproché de la Lithuanie et de Korybut, avait espéré la formation d'un empire slave assez fort pour protéger la religion nouvelle contre toutes les attaques de l'Église romaine, et d'une royauté assez indépendante de la noblesse pour défendre contre les abus dé la féodalité le
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peuple des villes et des campagnes. Il voyait les difficultés de constituer une république bohème et d'ailleurs, n'avait lui-même aucun sentiment d'hostilité contre la royauté. Ancien conseiller de Vaclav, il croyait que Korybut se montrerait, comme le dernier souverain, favorable ^ la petite noblesse, aux paysans ; une expérience de quelques mois lui démontra son erreur: il comprît qu'une réconciliation avec l'Eglise romaine ne s'obtiendrait que par l'abandon des principes mêmes du Huasitisme, et qu'une restauration royale ne se ferait que par la noblesse et pour elle. Dès ce moment, il rompit complètement avec toute pensée de négociation; tous ceux qui essayèrent de se rapprocher du catholicisme ne furent plus à ses yeux que des hypocrites, des tr^tres, qui méritaient un châtiment plus sévère que les ennemis déclarés de la Réforme. L'histoire des dernières années de Zizka, (de 1422 à 1423) peut ainsi se résumer dans la lutte qu'il soutient 6. la tête des Taborites contre tous ceux qui veulent et cherchent une transaction. Le parti modéré, redevenu maître de Prague après la courte réaction qui avait suivi le départ de Korybut, se rapproche, pour résister à Zizks,, des seigneurs qui, satisfaits de leurs conquêtes, ne rêvent plus que de les faire sanctionner par les autorités régulières, en se mettant à l'abri des revendications radicales. Les hostilités commencèrent dès les premiers mois de 1423, mais elles furent suspendues presque aussitôt ; au moment de s'engager dans une lutte fratricide, les deux partis éprouvaient des doutes et comme des remords; ils essayaient de retarder le moment où < l'arche combattrait contre l'arche. > Ce n'est pas un des caractères les moins curieux de ces guerres civiles bohèmes que les trêves, les traités, les colloques, toujours inutiles et toujours recommencés. Les adversaires ne se résignaient pas à la rupture, s'efforçaient d'échapper h la fatalité qui les armait les uns contre les autres, de trouver un terrain neutre, mais leurs principes étaient trop différents pour permettre une réconciliation de quelque durée et chaque tentative de rapprochement ne servait qu'il mieux établir les différences et les cod.
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Dans cette année 1423, un péril nouveau qui menaçait lea BohêmeB détourna un instant l'attention des affaires iutérieures. Sigismond, fort mécontent de la conduite des électeurs allemands, cherchait des alliés d'un autre côté, et il avait conçu le projet de vaincre les Slaves par les Slaves, la Bohême par la Pologne. Fort activement secondé par la cour romaine et les évéques polonais, il avait conclu avec Wladlslav une alliance contre les hérétiques. Le roi de Danemarck, le margrave de Misnie, à qui Sigismond venait de donner l'électorat de Saxe, Albert d'Autriche et Witold avaient adhéré à la ligne, et l'entrée en campagne avait été fixée au 21 juin (I). Une pareille attaque pouvait être dangereuse ; les Silésiens, les Misniene, les Hongrois, les Polonais et les Autrichiens fonnaieot une armée autrement redoutable que les bandes indisciplinées des croisés allemands. M^ùs l'expédition projetée ne fut pas même entreprise. Les.causes de cet échec nous sont mal connues, mais une des plus graves fut sans doute le peu d'entente qui rég-nait entre les alliés, Wladislav n'inspirait que très peu de confiance à Albert d'Autriche, et si ces craintes étaient injustes, s'appllquant au roi de Pologne, elles étaient assez expliquées par l'attitude de Witold. Les Russes et les Lithuaniens ne répondaient pas aui appels de Wladislav (2) et leur prince ne montrait aucune ardeur pour une entreprise à laquelle il avait été forcé de consentir, mais dont il désirait peu le succès. Il n'iivjû; pas encore complètement renoncé à son ancien projet d'alliance polonaise-bohême et èi ce moment même, il envoyait à Prague un ambassadeur. Sans doute Sieatrecz, cet ambassadeur, n'i^vait d'autre mission que de travailler au bien et & l'affaire commune de toute k chrétienté (3), mais ce zèle était aussi suspect à Slgismond qu'à Martin V.
A peine fut-on sur en Bohême que l'alliance de Sigismond et de Wladislav n'aurait pas de suite, que les hostilités recommencèrent entre ^izka et les Taborites d une part, les
(l)Urk. Baitr., I, p. 3Ù0.
(!) VA. Beilr., I, 303.
(3) Sripl. rer. Sileskc, VI, p. «.
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seigneurs et les Pragruois dé l'autre. Uds nouvelle trêve fnt conclue presque aussitôt, et l'infatigable aveugle conduisit ses soldats dévaater la Moravie et la Hongrie (1). Les Pra^ guoîs profitèrent de son absence pour se rapprocher deSigismond : une grande diàte se réunit & Prague au mois de novembre 1423; les Utraquiates et les catholiques étaient fort nombreux, mais les Taborites n'étaient pas représentée. Une trêve générale fut conclue jusqu'au mois de novembre 1424 : les prisonniers devaient être remis en liberté et les propriétés rendues; si cependant la paix n'était pas signée avant l'expiration de l'armistice, les catholiques et les Hussites reprendraient leurs prisonnîera et leurs conquêtes. 12 seigneurs étaient chargés d'administr«r et de pacifier le pays; tout le inonde serait tenu de leur obéir et de leur prêtei main forte pour réduire les rebeUea; les expéditions militaires restaient interdites, et les seigneurs avaient mission de veiller à la sûreté des routes ; une grande conférence religieuse aurait lieu à Brno au nouvel an ou à la mi-carème de 1424; les seigneurs catholiques s'engageaient à obtenir des saufs-conduits pour les Utraquistes (2). Bien qu'il ne fût fait aucune mention des Taborites, il était évident que les résolutions de la diète étaient surtout dirigées contre eux; aussi, & la nouvelle de ces décrets, Zixka résolut d'en finir avec ses perfides alliés. Au moment où il venait d'attaquer Sigismond jusque dans son royaume, pendant qu'il exposait Bon armée à une destruction presque certaine et évitée seulement k force de prudence, de courage et d'énergie, les Vtrar quîstes ne songeaient qu'à traiter, trafiquaient de la vérité.
(1) L'upédition de ZhfiA en Hangiia est une de ses pins belle* campaimea. BUe nous aélérBcaDtéepar an timoin oculaire (Script, rer. Boheia.,111, p. SS-61). Lei Hon^roia reeulèreat devant luiet l'attirèrant pen A peu dani l'intirieur, espérant l'afTamer et le ruiner en détail. Miîb il opéra sa retraîte •ani avoii- été entamé, lamena te» chuiots, sei canons, ton butin. Lea ennemii furent repousiéa dans toutes les attaques qu'ils tentèrent. Décoongéa, ils finirent par abandonner la poursuite ; ce n'est paa un homme, dïsaientila, c'est le diable. Depuis que 2ifka arait eonuuEneé à combattre, dit la a plus difficile opératian (p. 61).
- Caro, liber Cancellaria Stanislai Cîofek,
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Il reviot sar eux, le cœur ulcéré, impitoyable; il avait le pressentiment de sa mort prochaine, et il voulait mettre hors de combat cea tîèdea « que Jéaus-Christ a vomis de sa bouche. > € L'ange de l'extermination » parcourut encore une fois le royaume, laissant derrière lui une large traînée de sang et de ruines, et dans certaines provinces, les légendes populaires gardent encore le souvenir de Vannée sanglanU de ^izka.
n avait déjà mis k feu et h sang plusieurs villes et villages, lorsqu'il fut atteint sur les bords de l'Elbe par l'armée praguoise. Il était très-inférieur en nombre, maia les renforts que lui amenèrent les seigneurs de Podebrad lui permirent, Binon d'accepter le combat, du moins de se replier en bon ordre. Les Praguois se jetèrent k sa poursuite, mais, sur sa route, il rallia de nouvelles forces et s'arrâta dans une bonne position près de Malesov. Les Utraquistes arrivèrent en désordre, fatigués par une longue marchei ils ae croyaient eîlrs du succès et ne voulurent pas remettre la victoire au lendemain; ils craignaient de laisser échapper encore une fois leur insaisissable adversaire. Zixka avait caché derrière sa cavalerie quelques voitures chargées de pierres. Au moment où les Praguois traversaient la petite vallée qui s'ouvre au pied de la colline qu'occupait l'armée des Galixtias, la cavalerie taborite s'ébranla, les voitures lancées sur les assaillants rompirent leurs rangs ; les décharges répétées d'une artillerie habilement postée augmentèrent la oonfa> Bien, et les cavaliers, profitant des hésitations et du désordre des Praguois, en tuèrent un grand nombre. La première ligne, en fuyant, porta le trouble et la frayeur parmi ceux qui suivaient; bientôt la déroute fut générale, plusieurs milliers demorts restèrent sur le champ de bataille et ZLrka traversa la Bobôme sans être inquiété.
Pour faire face à un si redoutable adversaire, les UtTftqnistes avaient besoin d'ua chef. Ils étaient fort irrités contre Sigismond : le roi avait montré un désir extrême de conciliation, avait promis les saufs-conduits nécessaires pour la conférence de Bmo, mais avait aussitôt soulevé des questioQB de détail qui rendaient tout colloque impossible : il
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n'admettait pas que les laïques prissent part à des discussions religieuses ; à quoi bon ces réunions? écrivait-il su roi de Polog'ne ; les catlioliques dîaeut une chose, les hérétiques une autre, qui sera juge (1)? Il prêtait aux Hussitea des intentions perfides qui étaient très loin de leur pensée, supposait qu'ils n'avaient d'autre désir que de gagner du temps, d'arrêter les prépiiratifa des Allemands, et se croyait très habile d'éviter un piège qu'on ne lui tendait pas. Il donnait de nouveau h Albert d'Autriche le margraviat de Moravie, pressait les Silésiens, les Misniens, de recommencer les hostilités; la persécution contre les hérétiques reprenait avec un surcroit de violence dans les pays voisins de la Bohême; singulière façon de ramener les esprits, de calmer les inquiétudes. Les Calixtins, malgré toute leur bonne volonté et leur humeur pacifique, furent forcés de renoncer à toute espérance de réconciliation avec Sigismond, mais ils n'abandonnèrent pas leur projet de paix avec l'Église romaine, et cherchèrent un autre médiateur ; il y en avait un tout naturel, c'était Sigismond Korybut.
Depuis la rupture momentanée de Witold et des Hussitea, la cour de Pologne n'avait pas cessé d'être le théâtre de luttes politiques très acharnées. Le pape et le roi des Romains étaient d'accord sur un point : l'Allemagne ne fera rien contre l'hérésie ; l'aide qui leur faisait défaut de ce côté, ils la demandaient à Wladislav. L'inimitié de Sigismond et de Frédéric de Brandebourg, surtout l'indifférence de Witold et lea mauvaises dispositions des Lithuaniens empêchèrent cette coalition austro-polonoise-hongroise d'aboutir jamais h rien, et les Utraquistes nourrissaient toujours la pensée de ramener à eux Wladislav. Nous ne connaissons pas le détail des négociations engagées entre la Pologne et les Cèques, mais nous savons qu'elles étaient très actives. « Que de soins, que d'efforts n'avons-nous pas dépensés, écrit le roi de Pologne aux Hussites, pour vous réconcilier avec l'Égrlise romaine. Que de fois ne nous avons-vous pas invités par des lettres, par des envoyés, k revenir aux croyances de tous les chrétiens ; vous pouvez en rendre témoignage, si vous dites (1) Liber Caneell., n> 77.
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la vérité. Souvent noua «vous reçu vos ambassadeurs, et nous vous avons offert d'intervenir auprès de votre roi légitime, si vous abjuriez vos erreurs (1). » Les Utraquistes ne demandaient pas mieux que de « revenir aux croyances de tous les chrétiens, > sauf quelques modifications qui ne leur paraissaient pas un obstacle insurmontable, ils demandaient en retour que Wladislav les dispensât de l'autorité de Sigismond, qui était décidément trop allemand, trop intolérant, trop impopulaire ; Martin V et Wladislav n'étaient pas après tout tellement dévoués au roi de Hongrie que leur passion ponr le bien de l'Église ne le sacrifiât à l'intérêt général. Cependant, lorsqu'arrivèrent en Pologne des députés de Prague pour prier le roi de leur renvoyer Korybut, Wladislav s'effraya, hésita, et finit par refuser. Les ambassadeurs se rendirent b. Wilno et Witold leur fit sans doute une réponse moins défavorable, puisque Sigismond l'accusa de violer ses engagements et de renouer ses intrigues avec les Cèques. Witold protesta, mais on apprit à ce moment même que Korybut avait pénétré en Bohême à la tête d'une bande d'aventuriers et qu'il avait été reçu à Prague en triomphe (juin 1424).
La situation de Korybut en 1424 était toute différente de celle qu'il avait eue en 1422 : alors il était venu comme représentant du grand duc de Lithuanie, sur le secours duquel il avait le droit de compter, et il avait été proclamé gouverneur général du pays par une diète régulièrement convoquée ; en 1424, bien qu'il fût probablement encouragé en secret par Witold, il agissait en son nom personnel, les soldats qu'il amenait s'étaient joints volontairement à son expédition ; il ne fut pas non plus reconnu par tous les Hussites, maia il ne fut que le chef d'un parti : il eut parmi les Calixtins une autorité analogue h celle de ^iska dans le camp taborite, et de même que Zizka ne fut pas toujours suivi par tous les radicaux, il vit se former à Prague même un groupe qui refusa d'accepter ses projets de paix à tout prix et de concessions à outrance.
L'entrée de Korybut en Bohême avait au moins ce résultat
(1) Lilier Caocell., n* 11
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heureux pour les Cèques qu'elle rendait impossible toute coalition de la Pologne et de Sigismond, en compromettant Witold et Wladislav. Ce dernier était pourtant fort innocent ; il avait été désespéré du coup de tête de Koryliut et faisait retentir toutes les cours de l'Allemagne et de l'Europe de ses lamentations et de ses regrets : < Notre esprit est abattu par une profonde tristesse, écrivait-Il au duc de Poméraaie, et notre fime succombe aux larmes et aux sanglots. Nous aurions supporté plus facilement une attaque venant d'un ennemi, mais venant de lui, de ce Korybut que nous regardions comme notre fils, elle nous est d'autant plus sensible. Jeprends à témoin Celui qui lit dans tous les cœurs et pour lequel nul secret ne reste caché, ce n'est ni par notre conseil ni avec notre consentement, mais à notre insu, qu'une action si abominable et si horrible a été commise (1). » Peu de personnes cependant se laissèrent convaincre. < SI notre frère de Pologne voulait, dit Sigiaraond, l'hérésie de Bohème ne serait pas si puissante > et Albert d'Autriche renvoya dédaigneusement les troupes que Wladislav avait mises à sa disposition. Cette injure sanglante enleva pour longtemps h Jagellon tout désir d'intervenir en faveur du roi des Romains.
Hais les Taborites furent peu sensibles à ces heureuses conséquences de l'intervention de Koiybut, et ^izka surtout accueillit fort mal son arrivée. Le prince polonais n'était plus pour lui le représentant de l'alliance slave, mais le vaincu de Karlov-Tyu et le négociateur de Kadan ; il était la transaction, la paix achetée par l'abandon de la vérité et de la loi de Dieu. L'armée tahorite qui guerroyait dans le Sud de la Bohème, revint à marches forcées sur Prague, et quelques jours après, elle mit le siège devant la ville. La terreur était grande dans la capitale : pas d'armée pour résister ; l'ennemi serait dans la place avant l'arrivée d'une troupe de secours.
(t) Liber CsoceU&riEe Staa. Ciolak, a- VI (18 etS4 juin 1421). Cp. un* leUre circalaire aui électeurs alleniaDdi : (Dolorct nostma quoi aobïi îdip«r*tB aUolit fatomin iDTÎJia cum eingiiltibua et planctibiii TubU hea co- (imnr il«prmmere «t Toeibu» querularuta oordis noitri vulnni apeiire (a* Xll) : un« lâtlra na roi des Romains {n<> XIII) ; à un princs ÎDCOonu (XIV} i i U femoM du due Qrnest d'Autriehe-Sljrie (XV) ; «te.
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Zuk& avait juré de détraire < cette moderne Babylone». Les Pragruois essayèrent d'émouvoir l'impitoyable chef et lui en- Toyërent uns ambassade à la tète de laquelle se trouvait Jean de Rokycana. Le choix était habile : né d'une pauvre famille qni habitait le bourg de Rokycany.puiala villedePlzeiî(l), Rokycana se distingua de bonne heure par son ardeur au travail et son intelligence souple et vive. Entré ^l'Université an moment de l'agitation réformatrice, il s'attacha à Jakoubek et fut reçu maître en 1418: éloquent, instruit, il avait bientôt acquis malgré sa jeunesse une grande autorité sur le peuple. Son habileté politique, sa Snesse, le charme et l'onction de sa parole le rendaient propre aux négociations les plus délicates. Il appartenait d'ailleurs à la fraction du parti utraquiste la plus rapprochée des Taboritea ; zélé défenseur du calice, il avait eu religion les mêmes opinions que ^irka, et en politique, tout en se rapprochant davantage des seigneurs, il ne contestait pas les droits de la nation et ne négligeait pas les intérêts du peuple. Disposé à traiter avec la cour romaine, comme tous les Galixtins, il entendait rentrer dans l'Eglise bannière déployée et sans sacrifier aucun des principes essentiels de la révolution. Il se séparait ainsi peut-être plus encore de Korybut que des radicaux. Une certaine hésitation se manifestait déj ji parmi les Taborites : au moment de porter la main sur lacapitale du pays, sur la ville de Huss et de Jérôme, sur la triomphante cité qui avait repoussé Sigismond, vaincu au Vysebrad une armée nombreuse et < dans cette guerre merveilleuse tué 80 barons • {2), le patriotisme des sectaires se réveillait : Zizkacéda, un traité fut conclu et il s'éloigna avec ses troupes.
Il leva le siège profondément triste et découragé : pour la première fois, il reculait ; sa gloire militaire, qui mettait en fuite des armées innombrables, s'était brisée devant un fantôme, une idée, le respect des Taborites pour la capitale du pays. Il n'avait nulle confiance dansla tràve qui venait d'être signée : Cela durera autant que les trêves précédentes, disait-il. Il était donc réservé à des luttes toujours renaissantes
U) Oiiraldi Dûsertatio ioaugaralia : Da Joh. Rotjcona (Alldorf 171S). ® Froeluuka, MiacsU., p. 313.
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et toujours inutiles ! Il accueillit la mort comme iine délivrance. U fut atteint de la peste devant le château de Pribialav (près des fontières de Moravie), qu'il assiégeait. Avant de mourir, il réunit ses amis, leur recommanda de défendre toujours la vérité et de combattre courageusement pour elle, puis il pendit l'âme (11 octobre 1424) : « La mort de ZizkA mit une grande désolation dans son armée, on n'entendait que lamentations et murmures contre la fortune qui avait condamné à la mort un homme immortel. Les Taborites, après avoir mis tout k feu et h sang dans les lieux où il était mort, comme pour sacrifier à ses mânes, lui rendirent les honneurs suprêmes. » 11 fut enterré à Gasiav ; plus d'un siècle après, l'empereur Ferdinand, traversant cette ville, aperçut une masse de fer suspendue près d'un tombeau. < Pensant que ce devait être la sépulture de quelque héros, il ordonna à ses courtisans de lui lire l'épitaphe. Personne ne fut assez hardi pour le faire et il lut lui-même le nom de Zizk&. — Fi ! Fi ! dît l'Empereur en reculant, cette vilaine hête, toute morte qu'elle est depuis un siècle, fait encore peur aux vivants. Là-dessus, il sortit de l'église et fît atteler pour aller coucher à une lieue de la ville, quoiqu'il eût résolu d'y passer la nuit » (1). Cette impression de terreur, qu'avait ressentie Ferdinand, la postérité la partagea, mais son épouvante se mêla d'admiration ; les légendes de Sylvius et de Hajek, acceptées sans discussion par les écrivains postérieurs, ne parvinrentpas à faire oublier aux Cèques la glcire qu'ils avaient due au terrible aveugle et le < chef des communes qui souffi-ent pour le nom de Dieu * resta un des héros nationaux de la Bohême. Aujourd'hui que la vérité est mieux connue, l'histoire, tout en condamnant les rigueurs du chef taborite et en regrettant surtout qu'il n'ait pas eu autant
(1) George Saod, Je:in Zjaka, p. 139. MaLlame Oaorge Sitnd s'oat uniquement servie pour son travail du grand ouTrage de Lanfaul. Elle n'a donc pu éTiler da très-nombreuse a erreurs. Sou récit n'en mérite pas moins d'èlre lu, pam qu'elle est la premier écrivain français qui ait réagi coatre les légeodea calholiquat et compris que Isa Taborites élaieul auiro chose qu'une bande de barbares, sans autre pensée que la dévastatioa et le massacre. Ella donna d'aprâa Tbéobnld les diverses inscriptions qui Turent gravées sur la tomba de Zi|ka. Quelques-unei sont curieuses, mais elles sont trèi-poaiiriaureai la guerre.
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d'habileté politique que de BCieace militaire, a'incline avec respect devant ce sectaire de génie, dont les succès sauvè^ rent le pays d'une réaction impitoyable et peut-être d'une raine complète.
Les effets de lamortde^izka se firent sentirsur le champ; les Taborites perdaient en lui non-seulement un grénéral invincible, mais le chef dont l'influence seule empêchait la dissolution de leur parti. Leur armée renfermât des éléments très-divers; les uns acceptaient les doctrines des Picards, les autres ne se séparaient des Praeiiois que sur quelques points de détail. Réunies sous sa main ferme et prudente, ces diverses fractions se désarmèrent, dès qu'il eut disparu: à côté des Taborites, se forma une sorte de tiers parti, les Orphelins, qui se rapprochaient des Calixtins par leurs croyances religieuses, des Taboritespar leurs idées sociales et leur ligne politique, lia eurent leurs che& partictdiers, leurs alliés, leur capitale, Kralové Hradec. En général, ils s'unirent aoi Taborites et n'en arrivèrent jamais à une rupture complète avec leurs anciens compagnons d'armes, mais les forces des radicaux furent paralysées par des hésitations, des tiraillements et des défiances dont profitèrent leurs rivaux. Korybut, pendant ces années d'incertitude et de confusion, reprit plus ouvertement ses négociations avec l'ËgUse catholique, et ni les Orphelins ni les Taborites ne s'y opposèrent ; non pas d'ailleurs qu'ils fussent prêts à trahir leur foi et & abandonner la cause pour laquelle ils avaient versé h torrents leur sang et celui de leurs adversaires, mais ils n'avaient pas comme leur ancien chef la conviction intime que tonte réconciliation avec Rome était impossible; ils espéraient amener h eux l'Église tout entière et éclairer le monde de la lumière qui avait inondé leurs cœurs. On le vit bien lorsqu'ils eurent trouvé un chef digne d'eux et digne de 2'izka, Procope le Grand, ^izka avait combattu le parti de la paix, Procope combattit pour la paix et ce ne fut qu'après avoir été lui-même h Bâle qu'il comprit toute l'inanité de des espérances et qu'il revint à la politique de l'ancien général, la guerre à outrance. Malheureusement, il était trop tard alors, et attaqué par les Hussites eux-mêmes, il tomba
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victime âes illusions qu'il avait contribué à entretenir. Les deux années qui s'écoulent depuis la mort de iTizka jusqu'au moment où Procope le Urand prend le commandement en chef des Taborites sont donc remplies par une double série de faits : d'une part, les eflbrta plus persévérants qu'heureux des Pragois pour traiter avec les catholiques, efforts auxquels les autres partis assistent plutôt qu'ils n'y prennent part, et d'autre part, dans l'intérieur même du pays, les discordes et les combats des divers groupes en présence : luttes des Taborites et des Orphelins, des Utraquistes ultra-modérés ou ardents, des Calixtîna et des Taborites, des Hussites et des royaux ; les partis, en complète dissolution, cherchent h se réorgraniser, à établir leur autorité dans le royaume, k constituer k leur profit < l'unité de la loi de Dieu. » — La Bohâme est menacée de tomber dana le mâme état d'anarchie que l'Allemagne ; aucune autorité reconnue, aucune politique générale. La confusion avait déj&été extrême de 1423 à 1424, mals^irkadonnait an moins une certaine unité, une direction centrale aux événements militaires ; après lui, la guerre s'éparpille, il n'y a plus de grandes armées, de longues entreprises, on se bat de château à château, de ville k ville, les trêves ne s'étendent pas au pays tout entier, et il est rare que le hrult des armes cesse complètement. Même pendant les armistices votés par les diètes, les hostilités ne sont pas suspendues, aucune loi n'est respectée, aucun pouvoir obéi. Cette épouvantable anarchie engendra une effroyable misère ; la prospérité qu'avalent value k la Bohême les longs et glorieux efforts de Charles IV et qui n'avait pas entièrement disparu pendant les révoltes des seigneurs contre Yaclav et mâme pendant les premières années de la guerre, ne survécut pas k ces querelles intestines. Les marchands étrangers qui avaient longtemps bravé les menaces de la cour romaine, ne s'aventurèrent plus dans un pays en proie k toutes les passions brutales; le commerce s'arrêta tout & fait, la population des villes diminua rapidement : Kutna Hora était en ruines et les mines désertes; Prague, qui était ainsi privée du plus clair de ses revenus, ne régnait plus que sur des cités ap-
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paurries et presque vides d'habitants. Dana les campagnes, La misère était encore plus g-énérale et plus profonde. Aucane sécurité : amia et ennemia. Allemands et Cèques, Utraquistes et Tuboritea br&Iaient les villages, détruisaient les moissons, exigeaient l'impôt. Puis, quand les paysans avaient donné leur dernier sou, survenajent d'autres soldats qui les accusaient de pactiser avec l'ennemi, de leur fournir des vivres, et II fallait se racheter, trouver de l'argent; si non, l'iucendîe et la mort. « Les pauvres, même les âdèles, dit Nicolas de Pelhrlmov, ont eu h souffrir de grands dommages des armées des frères, parce qu'ils avaient été forcés de payer tribut anz ennemis, et les ^èrea disaient que c'était un péché mortel de donner de l'argent aux tyrans, même si on ne pouvait faire autrement » (1). Les prdtres taborltes protestèrent contre ces violences : « Voyant comment presque tous ceux qui se prétendaient partisans de la loi de Dieu maltraitaient avec une étonnante inhumanité le peuple tout autour d'eux, le tyrannisaient comme despttfens, réclamaient les redevances de tous sans exception et mâme des âdèles, sans tenir compte de leur commune foi, des périls de la guerre auxquels ils s'exposaient encore et des spoliations dont Us étaient menacés », Us firent décider que ces redevances ne pourraient plus être exigées, surtout dans 1m régions ouvertes aux invasions (2). Mais que signifiaient des décrets contre les chefs de bandes ? Où était la force qui veillerait à leur exécution î L'autorité, qui protégerait les faibles et les désarmés (3) î Beaucoup de paysans avaient abandonné leurs cabanes, s'étalent réfugiés dans les villes ; la misère les y poursuivait. Ils mouraient par troupes. L'ennui las prenait : ils se promenaient tristement & travers les mes de Prague, hantés par la pensée de leurs champs, de
(1) Hôf., n, p. 485.
(!) Id., p. 483.
(3) Voir le Ublsau poignant dei (oulTraneat des paysans dans une Idtm- Utb contre les Hassilas (Hôr., I, p. 628). Cp. ce que dit Cholcicky dans ses PotlUla, p. 149: Beaucoup de pajsaai et de cor viables ne pouTaient rester dan* lee vilUgee à cause de la paurretà et de la faim. Car iU deTaient quaiqnaroi* pajar troii ou quatre fois aux deui partis et lej armâas prtaoiant ee
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leurs villages, condamnés au repos, seals au milieu delà foule. Qui peut l'oublier, nprès l'avoir vu, ce spectacle lamentable, ces travaiUeura des campagnes arrachés par la guerre 11, leur travail, & leur sol, et succoml)aQt sans une plainte au milieu d'une multitude inconnue et indifférente ! Beaucoup ne se résignèrent pas à cette ag^snie, préférèrent l'inquiétude, les périls de tous les instants. Revenus dans leurs demeures, après une journée de pénible labeur, ils étaient réveillés tout d'un coup par les aboiements des chiens; des étrangers approchaient, peuUêtre des hommes de même langue, de même race, de même foi, à coup sûr des ennemis ; il fallait fuir, se retirer dans les forêts, et lorsque la faim forçait enfin les fugitifs & sortir de leurs tanières, ils ne trouvaient plus que la ruine, la désolation et la mort. Les plus jeunes, les plus forts, les plus hardis se joignaient aux combattants; les bras manquaient, et par suite le pain. A la suite du terrible été de 1425, la peste s'abattit sur cette population épuisée par les privations et l'inquiétude et y fit des milliers de victimes.
Ce qui était plus terrible encore, c'était la désillusion, le désordre moral, le doute. Des prophètes étaient venus qui avaient annoncé la véritable foi, la seule religion du Christ: mais où se prendre au milieu de ces discussions, de ces disputes perpétuelles? Qui dira où est la vérité? Où sont les disciples du Sauveur? Où, les ministres de l'Antéchrisf? — Des hommes étaient venus qui avaient annoncé la fin des souflrances, qui avaient prêché l'affranchissement et le bonheur? Et voilà, les révolutionnaires oubliaient leurs promesses, torturaient eux-mêmes le peuple, se montraient plus impitoyables, plus âpres à la curée que les anciens maîtres, c Ceux qui criaient autrefois qu'il ne faut pas payer les dîmes aux prêtres, les redevances aux seig-neurs, exigent les dîmes et les redevances. Ceux qui criaient que tous les biens doivent être communs, écartent leurs compagnons de tout partage ; les biens qui étaient maudits, tant qu'ils appartenaient aux catholiques, ils les retiennent comme leurs biens particuliers et croient les sanctifier en les possédant. Ils promettaient aux leurs la jouissance absolument libre des
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eaux, des forêts et des bois, et ils les ont privés de toute liberté et réduits en servitude ; ainsi jadis Pharaon traita les Hébreux > (1). Nous touchons ici à un des points les plus graves et les plus tristes de l'histoire du Hussitisme, nous entrevoyons la véritable raison de la défaite dernière des Taborites. Traîtres aux idées qui avaient fait leur force, ils périrent victimes de leur défection. Ils sacriSèrent leurs crojauces à leurs intérêts immédiats, sans comprendre qu'ils compromettaient ainsi leur cause et eux-mêmes. Dès 1426, le parti radical était en complète dissolution : affaibli par les divisions religieuses, atteint dans sa force vitale par la ruine du peuple, il semblait n'avoir plus même de raison d'existence ; un parti qui renie on oublie son principe est un parti fini. Les défections se multipliaient; tous ceux qui n'étaient pas encore complètement ruinés se rapprochaient des Utraqoistes, ne pensaient qu'à traiter, avides de soumission et de repos, satisfaits des moindres concessions qui couvriraient leur capitulation. Même parmi ces modérés pourtant, ces fatigués, ces repus, un sentiment survivait encore, la haine de l'Allemagne, la peur de Sigiamond, cet ennemi < de la langue slave », qui détruisait de ses mains impies l'œuvre de son père, aliénait, après la Marche, la Moravie, enrichissait la Saxe de ses propres dépouilles. Mais si l'on ne voulait pas négocier avec le roi des Romains, n'avait-on pas Korybut? Sans succès militaires, sans éclat, le neveu de Wladislav avait accru son autorité, étendu sa puissance : le moment était enfin venu, cro3rait-il, où il allait réaliser son rêve, livrer l'hérésie à l'Église et recevoir en récompense la couronne royale. Il se croyait sûr d'être suivi par la noblesse et les Praguois ; les Taborites seraient bien forcés d'accepter le fait accompli ; plus d'un sans doute se soumettrait sans trop de tristesse et accueillerait sans révolte un dénouement qui paraissait désormais inévitable.
Au moment même oii il pensait toucher au but, une réaction subite sauva le Eussitisme. Malgré les défections indi^ viduelles, la masse du peuple conservait au fond du cœur un profond dévouement h la Révolution : elle souffrait, mais
(i)Hôa., I, p. 6Z] etess.
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ne voulait pas désespérer, iiccusait certains hommes, mus QOn les idées pour lesquelles elle avait combattu et auxquelles sea épreuves l'attachaient encore; elle désirait la paix, mais à condition de ne l'acheter ni par la servitude ni par Tapostasie (1). C'était surtout parmi les soldats, < les communes de combat >, que se trouvaient les adversaiies les plus décidés de toute concession et par suite de toute transaction. Leur enthousiasme avait d'ailleurs moins de gloire à trîMBpher des misères qui ne pesaient pas aussi lourdemeot axa eux. Leur fanatisme voyait dans la an des hostilités le retour des ahuB de l'ancieuDe Église et, il faut l'avouer, leur cupidité regrettait la perte du butin et du pillage. Les sentiments les plus contraires s'arrangent pour vivre ensemble dans l'ftme humaine : sectaires convaincus et partisane avides de richesses et d'aventures, les anciens compagnons de Zîzka poursuivaient à la fois le s^ut dans le ciel et, ici-bas, les biens que Dieu a promis h ses élus. Korybut qui les connaissait et les redoutait, espérait les vaincre les uns par les autres, profiter de leurs discordes, et en effet depuis la mort de Zizka, leurs divisions leur avaient fait perdre presque toute influence ; mais il se rencontra alors un homme qui réunit leure forces éparses et les rendit de nouveau maîtres de la situation. En 1426, leparti taborite se reforme; lecolloque de Pisek met fin à l'uiarchie religieuse en fixant les articles de foi qu'acceptent tous tes radicaux, et Procope le Grand prend le commandement de l'armée devenu vacant par la mort de Bohuslav de Schwamberk et de Hvezda de Wicemîlice. De ce jourlarévolutionbohêmeestgarantie contre toute attaque intérieure ou extérieure, et Korybut marche à une défaite certaine.
(1) Le» ennemïB dos Husaites ne B&iaient comment eipliquer cette per- ■UtâDce dn peupla. (V. une latira postérieure i. 1432 palUie pu Hof. I, p. 6t7 et QE8 et U onnm. Condl. putiin).
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