CHAPITRE VIII. — RECHERCHE ET APPRÉCIATION DES EAUX
que, surtout si l'on a soin d'agiter un peu l'échantillon ; parfois une légère élévation de température favorise le dégagement d'une odeur qui passerait inaperçue à la température ordinaire ; on peut la déceler aussi dans certains cas par Faddition d'un réactif, comme le sulfate de cuivre.
On ne peut guère se fier aux indications assez vagues du goût ; d'acuité très variable d'ailleurs suivant les individus, ce sens a besoin d'être exercé, pour parvenir à distinguer avec quelque netteté des eaux de qualité différente ; il ne décèle pas des quantités relativement importantes de sel marin, d'alun, de nitrate de chaux, de sulfate de fer.
La tem'pér attire d'une eau donne sur sa nature et son origine des indications très précises : si elle est très peu variable, on a sûrement affaire à une eau provenant de couches souterraines et qui y a séjourné longtemps ; si elle est supérieure à la température moyenne de l'air^ c'est que Feau émerge de couches profondes...
Quelque importance qu'on attache à Vanalyse chimique et à X examen micrographique ^ qui fournissent, au sujet de la qualité des eaux, des renseignements indispensables et singulièrement précieux, il ne faut jamais omettre de les discuter, de les interpréter, par l'étude attentive des circonstances locales, qui vient souvent révéler des particularités curieuses, expliquer certaines anomalies apparentes, en démêler les causes, et complète par là très heureusement ce que les méthodes les plus parfaites du laboratoire seraient impuissantes à faire ressortir dans bien des cas. Le grand chimiste J.-B. Dumas le disait déjà il y a plus d'un demi-siècle : « L'analyse chimique d'une eau ne suffit pas pour la juger » ^ ; Duclaux, directeur de l'Institut Pasteur, a dit plus récemment que « ces analyses bactériologiques sont illusoires quand elles ne sont pas accompagnées d'une étude géologique du sol et du sous-sol » ; ce sont des indications nécessaires, que rien ne saurait remplacer sans aucun doute, qui permettent de tirer immédiatement des conclusions négatives ou défavorables, de rejeter définitivement telle eau jugée impropre à un usage déter-
(1) Annuaire des eaux pour 1851.