PREMIÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE
mise en évidence par le fait que la rosée se produit seulement sous un ciel serein et qu'on s'oppose à sa formation en interposant un abri. La rosée est plus abondante dans les régions où la température est plus fraîche : Hervé-Mangon a observé dans le département de la Manche une couche journalière de rosée atteignant 0 m. 0001 à 0 m. 0005 d'épaisseur, tandis que dans le midi de la France il fallait 100 jours de rosée pour fournir une tranche totale de 0 m. 0064. Si le refroidissement nocturne est plus marqué, de petites masses de glace viennent remplacer les gouttes de rosée : c'est ce qu'on appelle la gelée blanche.
Le verglas^ qui recouvre la terre d'une couche plus ou moins épaisse de glace, est la conséquence d'une pluie tombant sur un sol assez froid pour en déterminer immédiatement la congélation. En pareil cas les plantes ou les objets voisins du sol se recouvrent de givre,
lO. Composition des eaux météoriques. — Quel que soit Tétat sous lequel elles se présentent, les eaux météoriques n'ont pas, comme on serait tenté de le croire en raison de leur origine, la pureté de l'eau distillée dans les laboratoires. Loin de là — toutes les analyses s'accordent à le montrer — elles renferment toujours des corps étrangers, qu'elles ont rencontrés dans les couches atmosphériques et dissous ou englobés, soit au moment même de leur formation, soit au cours de leur chute. Ces corps étrangers, en moindre quantité sans doute que dans les eaux qui ont ruisselé à la surface ou se sont infiltrées dans les profondeurs du sol, sont des substances diverses provenant de la respiration des êtres vivants, de la combustion ou de la décomposition lente des matières organiques ou minérales à la surface du sol^ ou des poussières mises en suspension par les vents, particules inertes ou germes organisés. Ils s'y trouvent en proportions naturellement variables, de sorte que la composition des eaux météoriques diffère d'un point à l'autre et à chaque instant.
On s'explique par là que les eaux météoriques soient, comme on l'a fréquemment observé, plus chargées de corps étrangers au commencement d'une averse qu'à la fin, qu'on les trouve plus