‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 120 sur 415 · PREMIÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE

employées en Espagne, en Algérie en vue de Firrigalion, ailleurs pour ralimentation des canaux, la régularisation du débit des rivières, l'établissement d'un système de compeMsation destiné à restituer à certains cours d'eau la fraction de leur débit qui leur a été enlevée d'autre part pour divers usages, etc.. enfin pour l'alimentation des villes : New-York, Manchester, Liverpool, Saint-Etienne, Verviers, etc. . y ont eu recours.

Quand on se propose d'établir une réserve de ce genre, il faut tout d'abord se livrer à une étude approfondie des circonstances locales, relever la superficie du bassin versant, constater la hauteur annuelle normale de pluie, sauf à la réduire d'un sixième à un quart pour tenir compte des années de sécheresse, se rendre compte de la fraction qu'on en peut recueillir^ 0,25 à 0,33 dans la plupart des cas, 0,40 au maximum, rechercher l'influence de l'infiltration, qui dépend de la constitution géologique du sol, celle de l'évaporation, qui est en rapport avec le climat et atteint 0 m. 55 à 0 m. 60 par an dans le Nord de la France pour s'élever à 1 ou 2 mètres dans le Midi. Il faut aussi calculer l'importance des besoins à desservir, la capacité nécessaire, apprécier autant que faire se peut le régime probable. Toutes questions délicates qui bien souvent ne comportent pas de réponses parfaitement précises, de sorte qu'il reste la plupart du temps une incertitude assez grande et la possibilité de graves mécomptes. On ne peut d^ailleurs établir une digue-barrage que si Ton trouve un emplacement favorable^ dans une partie rétrécie de la vallée; il convient aussi que les terres où s'épandront les eaux soient de peu de valeur, car on ne peut généralement pas faire des expropriations coûteuses et supprimer des villages entiers, comme il est arrivé en Angleterre; on doit enfin se placer aussi loin que possible des centres habités, de peur des catastrophes auxquelles donne lieu la rupture d'une digue et dont quelques-unes ont laissé de tristes souvenirs^ comme la destruction du barrage de l'Habra (Algérie) le 16 décembre 1881, qui a eu pour conséquence la ruine des cultures et le ravage de toute une contrée florissante, celle du barrage de Sheffield (Angleterre) en 1864, qui a entraîné la perle de 798 maisons et la mort de 238 personnes, celle du barrage de Puentès (Espagne) le 30 avril 1802, qui a fait périr

Page 1