‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 135 sur 415 · CHAPITRE IX. — TRAVAUX DE CAPTAGE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. — TRAVAUX DE CAPTAGE

cours d'eau voisin et se filtre au passage à travers l'épaisseur des graviers ; d'oii la qualification de filtration naturelle, qui a souvent été donnée au procédé. Mais Belgrand, dans une controverse mémorable, a démontré que Feau des graviers se tient naturellement^ dans la plupart des cas, à un niveau plus élevé que l'eau de la rivière^ qu'elle a presque toujours une composition différente et une température beaucoup plus constante, et il en a conclu que c'est plutôt l'eau de la nappe souterraine qui descend des coteaux voisins et se dirige en pente douce vers le thalweg : « Si l'on se contentait, dit il, de prendre l'eau dans les « graviers sans abaisser le plan d'eau, on serait certain de ne (( pas recevoir une seule goutte d'eau provenant de la rivière » ^ Cette observation a été confirmée par les divers auteurs qui ont examiné la question : le professeur américain Nichols % l'ingénieur allemand Salbach ont opiné nettement dans le même sens.

C'est donc seulement quand, par un effet de succion ou d'aspiration suffisamment prononcé, on détermine une baisse notable du plan d'eau naturel de la nappe des graviers, qu'on provoque par là même un appel dans la direction du cours d'eau : l'eau recueillie est alors un mélange d'eau de rivière filtrée, ou plutôt dégrossie, par son passage rapide à travers les graviers, et d'eau souterraine, provenant de la nappe phréatique, mélange dans lequel l'une ou Fautre domine suivant les cas, et qui participe par suite plus ou moins de leurs propriétés respectives.

Il est même des circonstances où, malgré un abaissement notable du plan d^eau, on recueille dans les graviers de Feau tellement différente de celle de la rivière que toute idée de mélange doit être écartée : Belgrand l'a observé notamment sur les bords de la Seine, Feau d'épuisement à l'usine d'Austerlitz marquait 135° à Fhydrolimètre alors que celle de la rivière ne dépassait pas 20° ; il faut admettre en pareil cas que la berge, colmatée et imperméable, ne se laisse pas pénétrer par les eaux qui la baignent.

(1) La Seine, page 463.

(2) Water Suppli/y page 118.

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