PREMIÈRE PARTIE
HYDROLOGIE
Quoi qu'il en soit, les ouvrages auxquels on a recours pour les caplages dans les graviers d'alluvion sont identiques à ceux au moyen desquels on se procure en général l'eau des nappes phréaHques et dont il sera traité plus loin.
®I. ^a|ita$i;e des sources. — Les sources émergent souvent dans une cuvette naturelle, dite bassin sourcier \ et, si la quantité d'eau dont on a besoin est relativement faible, on se contente alors parfois d'une simple prise dans cette cuvette, d'une saignée en quelque point du pourtour. Mais l'eau ainsi recueillie est exposée à toutes les contaminations superficielles et, pour l'avoir aussi pure que possible, il faut nécessairement procéder à un travail de captage.
Ce travail consiste à rechercher les filets naturels, à les dégager et à en recueillir isolément le produit. Il est difficile d'en donner une définition plus précise, car ce travail varie essentiellement avec les circonstances et comporte l'exécution d'ouvrages très divers, suivant que l'eau s'échappe de couches rocheuses ou arénacées, émerge à flanc de coteau, sourd en jets verticaux dans le fond d'un vallon, ou, s'épandant sur le sol, s'y perd en minces ruisselets, y constitue des nappes superficielles, le transforme même parfois en marécage.
Souvent, afin d'augmenter le débit, on détermine un abaissement du plan d'eau, de manière que l'écoulement se produise sous une charge plus grande : mais il faut apporter la plus grande réserve dans ce genre de modification, car il en peut résulter, à la suite d'une augmentation momentanée du volume d'eau, un appauvrissement permanent de la réserve naturelle qui alimente la source. D'autres fois, et par suite de circonstances spéciales, on est amené au contraire à relever le pian d'eau : il faut s'attendre alors à une diminution plus ou moins marquée du débit, soit à cause de l'augmentation de la charge sur les orifices naturels, soit par suite d'infiltrations nouvelles, qui se produisent à travers les couches supérieui'es du sol.
Les Romains possédaient, on le sait, l'art de capter les sources, et l'on n'a guère jusqu^à ces derniers temps appliqué d'autres procédés que ceux qu'ils avaient mis en œuvre dans l'anti-
GUAPÎTRE iX. — TRAVAUX DE GAPTAGE
quilé. C'est à ces mêmes procédés que Belgrand, par exemple, a eu recours, pour les beaux travaux de captage exécutés dans la vallée de la Yanne par le service des eaux de Paris, parmi lesquels nous citerons comme types :
celui de la source de la Bouillarde, dont le bouillonnement a été simplement enfermé dans une chambre circulaire en maçonnerie, dépourvue de radier, et dont la paroi, percée de barbacanes dans la partie mouillée, est recouverte d'une voûte sphérique également en maçonnerie ;
celui de la source d'x\rmentières, où des galeries de recherches ont été percées dans le roc pour recueillir les filets liquides et les faire converger vers une chambre circulaire en maçonnerie de 10 mètres de diamètre, avec banquette
de pourtour, recouverte d'une voûte légère en calotte sphérique et entièrement enveloppée de terre ;
ceux des sources de Saint-Philbert, Saint-Marcouf, du Miroir,