PREMIÈRE PARTIE. - HYDROLOGIE
d'abréger considérablemenL les parcours : ce n'est pas à dire qu'on doive leur accorder, pour ce seul molif et dans la majorité des cas, une préférence irraisonnée ; elles sont en effet presque toujours plus coûteuses que les aqueducs libres, à cause du surcroît de résistance que doivent présenter les parois pour supporter les pressions intérieures, elles donnent lieu en outre à des frottements plus considérables et enfin sont plus exposées aux ruptures accidentelles.
Pour un débit donné, Isl seclion d'un aqueduc libre varie avec les pentes, qui dépendent elles-mêmes des déclivités naturelles du sol et qui déterminent les vitesses d'écoulement, tandis que pour une conduite forcée, où la vitesse ne dépend que de la différence de niveau entre les points extrêmes, la section demeure le plus habituellement constante. Dans le premier cas d'ailleurs, les vitesses doivent être maintenues entre certaines limites : trop prononcées, elles pourraient provoquer la désagrégation des parois, plus ou moins résistantes suivant la nature des matériaux employés; trop faibles, elles se prêteraient à la formation de dépôts^ à la pousse des herbes, etc. ; c'est pourquoi Genieys a recommandé de ne pas admettre en général de vitesses inférieures à 0 m. 35 par seconde ; c'est pourquoi^ d'autre part, on s'impose fréquemment de ne pas dépasser, selon les cas, certaines vitesses extrêmes, 0 m. 60 à 1 mètre par exemple, dans les rigoles ouvertes en terrain graveleux, 2 mètres dans les tranchées rocheuses ou les conduits en maçonnerie. On en est quitte, si la déclivité du sol est grande, à la racheter de temps à autre par des chutes plus ou moins espacées. On peut au reste obtenir les vitesses convenables avec des pentes très faibles — on a cité plus haut celle de 0 m. 10 par kilomètre adoptée pour l'aqueduc de la Vanne — ; or, pour aménager de pareilles pentes, il faut opérer des nivellements de précision, que les instruments modernes permettent d'aborder sans peine, mais qui n'étaient pas à la portée des anciens et qui constituent dès lors une des supériorités des ouvrages récents. Ici encore les facilités sont plus grandes avec les conduites forcées : la pente est indifférente, et par suite les nivellemenls de précision inutiles ; la pousse des herbes aquatiques n'est pas à redouter ; et les parois très résistantes,