CHAPITRE PREMIER. — LES EAUX MÉTÉORIQUES
de la moyenne vraie. Il a reconnu ainsi que Tannée la plus sèche donne encore 60 pour 100 de la moyenne et l'année la plus humide une fois et demie, que les séries des deux ou trois années les plus humides ou les plus sèches fournissent respectivement 1,35 et 4,27 ou 0,69 et 0,76 de la moyenne, et que les séries les plus longues s'en rapprochent plus encore (i,20 et 0,82).
La fréquence des précipitations atmosphériques varie beaucoup aussi et souvent dans un sens différent : il tombe plus d'eau dans le Midi de la France que dans Je Nord, durant la saison d'été que pendant l'hiver à Paris, et cependant le nombre des jours de pluie est moindre, dans le premier cas comme dans le second. L'altitude^ le rapprochement de la mer, les conditions topographiques influent sur la fréquence des pluies, mais d'une manière moins marquée et moins nelte que sur les volumes d'eau tombée. Vers Téqualeur, on observe chaque année deux époques de pluies ; il n'y en a qu'une sous les tropiques. D'une année à l'autre d'ailleurs la fréquence des pluies peut varier considérablement dans une même localité, et il n'est pas sans exemple de voir le nombre des jours de pluie y passer du simple au double.
La durée des averses et leur intensité^ que les appareils enregistreurs permettent de connaître de façon précise, n'ont entre elles aucune relation : dans certaines régions, comme les côtes de la Méditerranée, en Provence, la plupart des pluies sont de faible durée et d'intensité relativement considérable^ tandis qu'ailleurs, en Bretagne par exemple, elles se prolongent souvent fines et drues pendant de longues heures sans qu'on recueille un volume d'eau notable. Quant aux pluies de grande intensité, qui fournissent 50 ou 60 millimètres d'eau à l'heure et parfois jusqu'à 80, 100, 150, elles sont relativement rares, durent peu, souvent moins d'une heure, parfois quelques minutes seulement, et n'intéressent d'ordinaire que des surfaces peu étendues *, cependant la pluie du 29 octobre 1860 dans le département de l'Hérault s'est déversée sur 30.000 hectares ; les désastres survenus dans l'Ardèche en 1890 et 1891 résultaient d'orages qui avaient couvert une grande partie du bassin^ et l'on en cite aux Etats-Unis qui ont atteint plusieurs centaines de mille hectares (Gonnecticut
PfiEMfÈRE PARTIE. — HYDROLOGIE
— octobre 1869 — 600.000 hectares) K Ces pluies exceptionnelles sont le plus souvent la conséquence des cyclones^ phénomènes caractérisés par la translation rapide d'immenses tourbillons atmosphériques.
En France, il tombe moyennement de 650 à 950 millimètres d'eau par an ; la moyenne générale est d environ 760 millimètres, soit 7.600 mètres cubes par hectare et par an. Le nombre des jours de pluie est d'ailleurs en moyenne de 145 dans le Nord et 91 dans le Midi.
(1) Turneaure et Russell, Public water supplies, 1901 .