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CHAPITRE XI. — ADDUCTION DES EAUX PAR LA GRAVITE

Peyrou, construit en 1752 par Pitot, comporte deux étages d'ar-

cades d'un heureux aspect ; l'aqueduc de Roquefavour, sur le canal de Marseille, qui a fait ajuste titre la réputation de l'ingénieur de Montricher, est uq ouvrage splendide, dont la hauteur atteint 82 m. 65 et dont les dispositions élégantes et hardies, la triple série d'arcades superposées, rappellent la fameux pont du Gard^ qui^, à l'époque romaine^ servait à l'alimentation de la ville de Nîmes ; plus récemment^ sur le parcours de la dérivation de la Vanne (1868-1874), Belgrand n'a pas établi moins de

16.600 mètres d'arcades de formes et de dimensions diverses, dont on donne ici deux spécimens, et parmi lesquelles il

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convient de mentionner celles qui, à la traversée de la vallée de la Bièvre, s,ont venues se superposer aux deux aqueducs

PRÈMIERË PARTIE. — HYDROLOGIE

de l'empereur Julien et de Marie de Médicis. Mais ces grands ouvrages sont extrêmement coûteux, surtout quand la hauteur devient un peu considérable. L'entretien en est d'ailleurs difficile, parce que les variations de température auxquelles ils sont exposés y déterminent des fissures, par oia Teau suinte, délavant les mortiers, attaquant les fondations et préparant de la sorte la ruine des ouvrages en apparence les plus résistants : si l'on y pare, dans la mesure du possible, en garnissant la cuvette de revêlements étanches (enduits de ciment, feuilles de plomb), en la protégeant par une couverture, garantie elle-même par une couche de terre gazonnée, c'est au prix de nouvelles augmentations de dépense, qui justifient la tendance de plus en plus marquée à remplacer les arcades, dans les dérivations modernes, par les siphons^ d'application plus facile en général et presque toujours plus économique.

Un siphon n'est autre chose, en efTet, qu'une conduite forcée, substituée sur une partie du parcours à l'aqueduc libre, dans laquelle l'eau descend jusqu'au fond de la dépression à franchir pour remonter ensuite, et qui ne présente d'ailleurs aucune particularité, sauf à ses deux extrémités, où les raccordements avec l'aqueduc de part et d'autre doivent être étudiés de manière à réduire au minimum les remous et les perles de charge qui en résultent, et à faciliter les opérations de remplissage, de mise en service ou d'arrêt. Ce type d'ouvrage, si simple, constitue la véritable supériorité des dérivations modernes, car il fournit à l'ingénieur le moyen de vaincre sans peine et à peu de frais des obstacles qu'on eût jugés autrefois infranchissables : il n'est pas rare de trouver des siphons dont la flèche atteint et dépasse 100 mètres ; la dérivation, qui alimente aujourd'hui la ville de Naples, n'eût sans doute pu être exécutée si l'on n^avait pas eu à sa disposition le siphon, pour traverser la plaine basse de 20 kilomètres de largeur, qui sépare les collines dominant la ville du massif montagneux où ont été captées les sources, et dont le sol est à 170 mètres au-dessus de la ligne de charge ; et l'on n'aurait pu songer, comme on le faisait naguère en vue d'alimenter Athènes au moyen de l'eau du lac Stymphale, à franchir l'isthme de Corinthe, qui constitue sur le profil longitudinal une dépression

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