PREMIÈRE PARTIE. - HYDROLOGIE
puits artésien de Grenelle, élail un véritable château d'eau ; on en a établi à Toulouse, à Brive, etc. La ville de Paris y a eu encore récemment recours aux usines de Montmartre et de la Villette. En Angleterre, en Amérique, on a substitué au château d'eau, sous la désignation de stand-pipe, un simple tuyau vertical d'assez grand diamètre, ouvert à la partie supérieure et
qui commande de même la conduite forcée : ce type n'est pas aussi satisfaisant, parce qu'il ne constitue pas, comme le précédent, une solution de continuité affranchissant la pompe du contre-coup des effets qui peuvent se produire au delà dans la conduite forcée, et aussi parce qu'à la base de ce tuyau les pressions sont énormes et deviennent inévitablement une source de danger, une cause redoutable d'accidents.
On obtient la régularisation de l'écoulement dans la colonne ascensionnelle d'une manière beaucoup plus commode et plus économique au moyen des réservoirs d'air^ dont le prix insignifiant et l'efficacité incontestable ont fait désormais l'accessoire obligé de toute pompe élévatoire à mouvement alternatif. Ils se composent, comme ceux de l'aspiration, d'une simple cloche, placée sur le parcours de la conduite de refoulement le plus près possible de la pompe, et qu'on maintient remplie d'air à un niveau convenable : mais ici^ Tair est à une pression supérieure à celle de l'atmosphère ; il est comprimé à chaque coup de piston, par l'effet de la pénétration dans la cloche du volume d'eau refoulé, puis, en se détendant il refoule un égal volume d'eau dans la conduite ascensionnelle par un mouvement progressif et régulier. Si les proportions relatives de l'air emmagasiné et de la cylindrée sont bien calculées, ce qui, dans la majorité des cas de la pratique, se traduit par un rapport de 10 à 20, le résultat obtenu est tellement parfait que le mouvement de l'eau dans la conduite devient absolument uniforme et qu'elle arrive à l'extrémité d'une façon continue, sans qu'on puisse saisir la moindre trace de secousses ou
GHAPITRË XII. — ÉLÉVATION MECANIQUE DE L'EAU 285
même de mouvements ondulatoires ; tout se réduit à une simple oscillation du niveau de Teau dans la cloche. Mais^ pour maintenir ce résultat, dos précautions spéciales sont nécessaires : il faut surtout pourvoir au renouvellement de l'air, qui, sous Tinfluence de la pression, a tendance à se dissoudre ; une petite pompe spéciale de compression peut être disposée à cet effet, ou tout simplement une petite prise d'air {reniflard)^ placée sur l'aspiration et dont on règle l'ouverture suivant les besoins.
La conduite ascensionnelle peut recevoir deux dispositions différentes : tantôt elle constitue un système spécial^ qui n^a pas d'autre rôle que de porter l'eau refoulée de la pompe au réservoir, sans qu'il en soit distrait aucune partie en route ; tantôt, au contraire, elle alimente sur son parcours un certain nombre de prises et n'amène au réservoir que l'excédent : de ces deux dispositions la seconde est généralement plus économique, mais elle a Tinconvénient de faire travailler les pompes sous une pression variable, tandis que la première, en raison même de la pression constante qui doit y régner, révèle, dès qu'on s'en écarte, les moindres variations de régime et surtout les fuites accidentelles. Le diamètre à donner aux conduites de refoulement est théoriquement indéterminé, puisqu'on peut, en augmentant la force des machines, vaincre l'excès de résistance résultant d'un accroissement de débit : mais, en pratique, il convient de limiter les vitesses, pour ne pas exagérer les pressions ni les frottements intérieurs. Deux conduites de refoulement valent mieux qu'une^ car, plus encore que les siphons, elles sont exposées aux ruptures, et la division des risques est un gage de sécurité.
»3. Moteurs». — Le choix des moteurs^ au moyen desquels on actionne les appareils élévatoires, dépend essentiellement des circonstances^ des quantités d'eau à élever, de la nature des engins à mettre en mouvement, des ressources dont on dispose.
Le travail de \homme est trop précieux pour qu'on l'emploie d'une manière continue dans nos pays à l'élévation de l'eau : mais l'usage du seau, de l'écope, pour puiser à la main de petites quantités d'eau, est général ; et la manœuvre à bras s'applique