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CHAPITRE XIII. - NOTIONS DE GÉNIE RURAL

Les cuUivaleurs exercés n'ont pas attendu les révélations de la science moderne pour savoir apprécier la valeur agricole des terres arables : la végétation, qui s'y développe spontanément, constitue un premier caractère botanique^ qui permet de les différencier, la réussite plus ou moins prononcée de certaines cultures en fournit un autre ; l'utilisation en est d'ailleurs plus ou moins avantageuse suivant les conditions climatériques, les circonstances topographiques, l'exposition, la situation des nappes souterraines, et aussi la facilité des transports, les charges diverses (impôts, fermages, etc.). La connaissance des conditions géologiques, l'analyse chimique, la détermination des propriétés physiques, n'en sont pas moins de précieux et utiles éléments d^appréciation, qui apportent dans les études comparatives une précision autrefois inconnue.

09. Conditionfii néeessaîi'eis an dcTeloppemcnt de la végétation. — Pour qu'une graine puisse germer et donner naissance à une plante, pour que la plante se développe, progresse et vive^ pour qu'elle produise des fruits, que ces fruits viennent à maturité, il faut évidemment tout un concours de circonstances favorables, que la nature, abandonnée à elle-même, ne réaliserait pas spontanément dans bien des cas, et que la culture rationnelle s'efforce d'obtenir, en complétant et favorisant les effets naturels.

C'est ainsi que la germination suppose une douce température, un degré d'humidité suffisant. La pousse de la tigelle et de la radicelle se fait alors sans peine dans une terre meuble, oii elles trouvent les éléments indispensables aux phénomènes physiologiques, qui constituent la vie même du végétal. La tige se développe au-dessus de la surface du sol, les feuilles apparaissent et se multiplient, les racines s'étendent dans le sol, si la température continue à se montrer favorable, si une humidité suffisante et suffisamment renouvelée maintient le sol frais, sans noyer les racines, et leur permet d'absorber Feau nécessaire à la formation et à \d, circulation de la sève, si cette eau contient en dissolution toutes les substances minérales indispensables à la nutrition de la plante, à la constitution de ses tissus, si la respi^

ration par les feuilles se fait normalement, dans une atmosphère de composition convenable et sous Tinfluence d'une lumière abondante. Plus tard viendra la maturation^ si les circonstances saisonnières, température, lumière, etc., s'y prêtent.

On conçoit que ces conditions multiples ne seront pas toujours remplies : ici un ciel inclément, une répartition inégale des températures exposent les plantes à souffrir de la g-elée ou de chaleurs torrides, à manquer d'eau à certaines époques tandis qu'elles subiront à d'autres moments un excès d'humidité ; là une terre compacte se prêtera mal à la pénétration des racines, à l'infiltration des eaux, au renouvellement de l'air ; ailleurs l'absence de telle ou telle substance minérale essentielle s'opposera au développement de certains végétaux, etc.

L'intervention de l'homme, l'art du cultivateur, la science de Fagronome, ont précisément pour objet de corriger les effets naturels dont la végétation pourrait avoir à souffrir, de provoquer ceux qui, au contraire, doivent lui venir en aide. En retournant la terre, en brisant les mottes, au moyen des instruments aratoires, on l'amène au degré d'ameublissement convenable pour la pousse des racines, l'infiltration des eaux, la pénétration des gaz atmosphériques... ; en recherchant les expositions les plus favorables, en faisant suivant les cas un choix rationnel parmi les plantes utiles, on parvient à éviter les inconvénients des températures extrêmes...; arrosages opportuns et proportionnés aux besoins permettent de combattre la sécheresse et d'en prévenir les conséquences...; les eaux surabondantes ou nuisibles peuvent être éloignées... ; enfin^ là où certains éléments minéraux nécessaires font défaut, on y remédie, soit en modifiant, par des amendements^ la composition naturelle du sol, soit en apportant directement sur la terre ou y incorporant, sous forme à' engrais^ les matières fertilisantes qui lui manquent.

1.00. CwItMres diverses. Assolements. — Toutes les plantes cultivées n'ont pas les mêmes exigences ; loin de là. Ainsi les unes redoutent avant tout les basses températures et périssent si elles sont exposées à la gelée^ de sorte qu'on ne saurait les acclimater dans les pays froids ; d'autres ne parviennent

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